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La puissance motrice des idées subconscientes

Même nos pensées ignorées de notre moi conscient sont des puissances motrices. Le subconscient des médiums les fait agir à leur insu. L’écriture automatique et les mouvements de table des spirites sont dus au pouvoir moteur de pensées subconscientes. Expériences à l’appui de cette thèse. Comment obtenir l’écriture automatique. Le cas de Mme Piher. Celui de Mme Raynaud.

Les gens les plus normaux peuvent traduire en actes leurs pensées subconscientes. Nous sommes tous un peu médiums. Marcher dans la rue en lisant son journal est un phénomène médiumnique. Notre pensée subconsciente burine nos traits, fabrique notre attitude et nos gestes.

Une forme curieuse du pouvoir moteur de l’idée : son pouvoir inhibiteur. Comment, par suggestion, vous pouvez empêcher quelqu’un de séparer ses mains. Les paralysies par autosuggestion. Le cas de Mme Kin. : comment nous l’avons guéri. Les augmentations imaginaires de poids par suggestion. Com­ment on les réalise.

L’action puissante qu’exerce notre pensée, même à notre insu, sur nous-mêmes, peut être aisément mise en évidence expérimentalement.

L’idée, même ignorée de notre conscient, peut se traduire par des actes

J’installe à une table, a écrit l’un de nous (Dr G. D., Journal du Magnétisme), un de mes nerveux à synthèse psychologique faible. Je le prie de tenir dans la main droite un crayon appuyé sur un papier blanc, dans la position où d’ordinaire on écrit.

Je lui recommande de ne pas se soucier le moins du monde de sa main droite et du crayon, et je fixe toute son attention volontaire sur un livre un peu aride dont je lui impose la lecture à haute voix.

Pendant que mon sujet est bien occupé à lire, je prends sa main, et je fais tracer à celle-ci sur le papier des boucles toutes pareilles. Le sujet sent sa main remuer.

Il me demande ce que je lui fais et ce que je veux de lui : « Rien, dis-je, ne vous souciez pas de moi ; lisez attentivement ». Je continue à faire dessiner des boucles à la main armée du crayon, puis, insensiblement, pendant que le sujet lit toujours, je lâche la main.

Alors, à l’insu de son intelligence pensante, la main de mon sujet continue à tracer des boucles. Je reproduis l’expérience chaque jour. Au bout d’un temps, je peux faire écrire des mots, voire même une courte phrase sans que le sujet en ait le moins du monde conscience.

Par exemple, je prononce machinalement, toujours pendant que le sujet lit, et je répète sur un ton monotone : « maman est bonne, maman est bonne… » Cette phrase s’incruste dans le subconscient. Là, elle subit le sort commun à toute idée entrée dans la mentalité : elle « ressort par les muscles ». Le sujet écrit : « Maman est bonne ». Je lui montre alors ce qu’il a écrit ; il s’en étonne.

Un auteur, Binet, a attiré, longtemps avant nous, l’attention du monde savant sur de comparables expériences qui prouvent que l’idée, même ignorée de la conscience pensante, peut se traduire par des actes.

C’est en vertu de ce même pouvoir moteur des idées subconscientes que combien de médiums poussent à leur insu la table devant laquelle ils expérimentent avec la meilleure foi du monde. Ils font dire à celle-ci, par des coups frappés, ce qu’il y a dans leur propre subconscient.

Le cerveau humain contient des connaissances que le conscient ignore

Une de nos malades s’était ainsi retracée, en des « communications » qu’elle attribuait à l’au-delà, une foule de détails de sa vie passée que sa conscience pensante avait totalement oubliés.

Elle tombait toute seule en une sorte d’état somnambulique. Dans cet état, elle prenait une plume ou un crayon et écrivait de nombreuses pages. Quand elle revenait à l’état de veille, elle trouvait sur sa table les feuillets qu’elle n’aurait pas reconnus pour être écrits par elle-même, si elle n’avait été obligée d’y reconnaître ses signes graphologiques personnels.

Fait qu’elle considérait comme inconcevable : les phrases lui révélaient des circonstances précises de son existence passée, avec dates et détails vérifiables à l’appui, circonstances précises qu’elle affirmait ignorer. Elle pouvait les ignorer, en effet, mais son subconscient les connaissait. Et c’est en lui qu’elle allait les chercher.

Un autre de nos malades, Grec d’origine (il était né à Athènes), et qui avait quitté la Grèce à l’âge de 4 ans pour vivre en Amérique, n’avait plus, jusqu’à l’âge de 38 ans, parlé que l’anglais et croyait avoir oublié sa langue maternelle…

Un jour, une voix lui parle à l’oreille. Mystère ! Ce n’est pas en anglais qu’elle lui parle, c’est en grec ! Et elle lui parle de si étrange façon qu’il ne comprend même pas tous les mots qu’elle lui dit. Il lui faut ouvrir son dictionnaire gréco-anglais pour comprendre tout ce que la voix exprime. Il avait commencé à croire à des hallucinations, mais comment continuer à admettre cette thèse, puisque la voix lui disait des mots qu’il ne connaissait pas.

De là à conclure qu’un « esprit » lui parlait, il n’y avait qu’un pas. Il fit ce pas, et, obéissant à l’ordre de l’au-delà, il quitta Chicago pour revenir en Grèce où il croyait trouver une camarade d’enfance pour se marier.

Quand il rejoignit, à Athènes, la promise, elle était mariée et mère de famille. Il conclut, non pas qu’il était dément, mais que « l’esprit qui l’incarnait » était un mauvais guide, dont Durville seul pouvait le débarrasser. C’est cette pensée qui le fit sans tarder s’embarquer pour la France, et qui nous l’amena.

N’est-elle pas puissamment étrange cette capacité qu’a le cerveau humain de contenir des connaissances que notre conscience pensante ignore. Connaissances enfouies qui peuvent déclencher des actes, bouleverser une existence.

Voilà un homme qui brise toute sa situation en Amérique, s’en va en Grèce, puis vient en France uniquement parce que des mots grecs qu’il a connus autrefois quand il avait 4 ans, tombés au fond de sa subconscience sous 34 années de vie américaine, reparaissent un jour à la surface de son moi conscient sous forme d’hallucinations verbales…

Phénomène de cérébration inconsciente

Nous avons publié (Dr G. D., Journal du Magnétisme, février 1912), un exemple curieux du pouvoir moteur des idées subconscientes. Nous en extrayons l’essentiel :

« Une dame Piher… vint nous consulter de Tunisie pour nous exposer ses curieux phénomènes spirites dont elle était l’objet ». Son fils, mort il y a quelque temps, « venait », dit-elle, chaque fois qu’elle s’installait devant une table médiumnique, « parler avec elle, et l’avertir de ce qu’il fallait faire ou ne pas faire. Il réglait les moindre actes de sa vie ».

C’était ce fils « désincarné » qui lui avait dit : « Prends de suite le paquebot et vas à Paris voir Durville ; il fera de toi le plus merveilleux des médiums » (sic).

Nous examinons cette femme. Elle était visiblement une névrosée, presque une démente. Nous résolûmes, néanmoins, de tenter avec elle quelques expériences. Dès la première séance, elle nous expliqua comment elle s’y prenait d’ordinaire pour « faire venir son fils ».

Nous nous empressâmes de réaliser les conditions expérimentales, d’ailleurs bien simples, qu’elle réclamait : elle s’installa devant une petite table à 4 pieds, légère et mobile. Elle y posa les mains, l’attente fut courte. Bientôt la table commença à s’agiter, et, par le langage conventionnel des coups frappés, elle se mit à dire et à répéter « maman, maman… ».

Un examen, même superficiel du « médium » prouvait indubitablement que c’était lui-même qui, consciemment ou non, faisait marcher la table. « Mon fils n’est pas disposé à parler dans la table, dit Mme Piher. Alors, il va certainement « écrire ». Et elle prit un crayon. Bientôt le crayon s’agitait, et écrivait encore « maman, maman, maman… »

–  » Est-ce tout ce que peut me dire votre fils ! disons-nous. Puisqu’il vous a envoyé à nous d’Afrique, c’est pour nous montrer mieux !… »

– « Attendez, ajouta-t-elle, mon fils va se manifester à une personne de votre entourage, et la faire écrire. Ce sera intéressant ».

Étaient témoins Mme Raynaud, directrice de notre Maison de Santé, et son mari. « L’esprit » désigna Mme Raynaud.

Mme Raynaud, personne parfaitement équilibrée au moral et au physique, partageait visiblement notre scepticisme au sujet des soi-disant phénomènes spirites de Mme Piher. Elle prit, néanmoins, un crayon, du papier et se plaça dans l’attitude de quelqu’un qui écrit…

Nous la prions de ne pas regarder sa main et de penser à tout ce qu’elle voudrait, sauf à écrire. La main, néanmoins, commença bientôt à glisser sur le papier. Mme Raynaud, sentant sa main bouger, en fut très surprise et regarda le papier. La main alors s’arrêta. Elle recommença à penser à autre chose, la main recommença à griffonner.

Une signature termina la communication. Nous prenons alors le papier, et parmi les griffonnages, nous y lisons distinctement le mot maman.

Que signifie cette courte, mais curieuse communication ? Beaucoup de spirites seraient tentés de croire que c’est l’esprit du fils de Mme Piher… qui est venu manifester sa présence à Mme Raynaud.

Il s’est tout simplement passé chez cette dernière un phénomène de cérébration inconsciente qui s’est manifesté par un mouvement dans le bras. Mme Piher…, convaincue que l’esprit de son fils était là, avait fait, en la poussant, prononcer à la table de nombreuses fois, le mot « maman ».

Ce mot a été saisi par l’inconscient de Mme Raynaud. À l’insu de son intelligence pensante, il s’est incrusté dans cet inconscient. Puis, toujours à l’insu de l’intelligence, il a subi le sort commun à tant d’idées : il s’est traduit par des mouvements et s’est inscrit sur le papier.

Si Mme Piher… ne nous donna aucun des phénomènes dont elle se prétendait le siège, elle nous démontra une fois de plus que même les gens les plus normaux, comme la directrice de notre Maison de Santé, peuvent être mus par des pensées dont ils ne soupçonnent même pas l’existence en eux.

Nos pensées subconscientes sont très puissantes

Combien de fois, dans la vie courante, notre pensée subconsciente meut-elle nos muscles à notre insu ! « Quand on sort dans la rue, dit le Dr de Sermyn, avec l’intention de se rendre chez un ami ou ailleurs, il arrive des fois que l’on est distrait et que les jambes fonctionnent inconsciemment.

On contourne des rues, on évite des obstacles, et cela sans le moindre effort volontaire… On ne songe pas que ce phénomène d’automatisme ne diffère pas des phénomènes présentés par la plupart des médiums hypnotisés, ni de celui des tables tournantes ou de l’écriture automatique. »

Nos pensées subconscientes sont si puissantes en nous-mêmes qu’elles créent nos gestes, nos attitudes, nos expressions de physionomie :

« La force silencieuse de la pensée agissant constamment dans le même sens, dit Hector Durville (Magnétisme personnel), façonne notre corps, burine nos traits, dirige nos manières, assure nos gestes et règle notre démarche. En imprimant à tout notre être une série de mouvements correspondant à notre état mental, elle nous rend agréable, attractif et sympathique, ou désagréable, répulsif et antipathique. Les empreintes de nos qualités et défauts se voient sur notre physionomie, dans nos manières, dans notre contenance (2) ».

L’idée devient un acte positif ou elle devient un acte négatif

La pensée peut manifester son puissant pouvoir moteur non pas seulement d’une façon active, mais également d’une façon inverse, inhibitrice. Ainsi que le dit fort bien Lévy : « La transformation de l’idée en acte peut s’opérer suivant 2 voies différentes : ou bien l’idée devient un acte positif, ou bien elle devient un acte négatif, autrement dit elle neutralise l’acte ».

Le baron du Potet enfermait les gens dans un simple cercle tracé à terre à la craie, uniquement en leur affirmant qu’ils n’en pouvaient sortir.

Qui n’a vu des hypnotiseurs de foire river sur une chaise, par une seule phrase accompagnée d’un geste énergique et d’un regard de feu, une personne qu’on ne pouvait soupçonner de compérage ?

Vous voulez expérimenter ce pouvoir inhibiteur de l’idée ? Choisissez dans une société une personne impressionnable. Placez-la debout devant vous, face vers vous. Priez-la de joindre ses 2 mains devant elle, et encastrez les doigts de l’une entre les doigts de l’autre. Affirmez alors énergiquement que vous « collez les mains l’une à l’autre ». Dites, par exemple : « Je défends à vos mains de se séparer… ».

Ajoutez la suggestion du regard, du geste. Souvent le sujet improvisé est dans l’impossibilité de séparer ses mains.

Hak Tuke raconte qu’un monsieur découvrit, dans un verger, un garçon qui, étant grimpé sur un arbre, était sur le point d’y cueillir une pomme. Il le menaça de l’ensorceler sur place et s’en alla, croyant que l’enfant allait se sauver au plus vite.

Revenu cependant du service divin, il le retrouva dans la même position le bras levé et tendu vers la pomme. Il le désensorcela par une suggestion contraire et le laissa courir.

Nous sommes tous influençables à des degrés différents

Voici maintenant quelques exemples personnels.

On nous amène un jour une femme, Mme Kin… Elle était dans l’impossibilité absolue de se tenir sur les jambes depuis la veille, et son état nerveux était indescriptible. Son mari nous conta ce qui suit.

Un individu de leur connaissance avait demandé à Mme Kin… la permission de faire sur elle quelques expériences de suggestion. Celle-ci accepta. Lors des premières séances, tout allait bien.

Le « maître » était satisfait de son sujet. Mais, bientôt, il devint autoritaire et exigeant. Il se prétendit autorisé à être familier avec la dame. Un jour, il osa même lui suggérer l’ordre de devenir sa maîtresse. Celle-ci résista. Elle résista si bien que, comme il se permettait un geste risqué, elle s’éveilla brusquement.

Lui, avec des yeux furieux, chercha à fasciner sa victime. Mais celle-ci trouva assez d’énergie pour lui donner l’ordre de sortir. « C’est bien, s’écria le criminel en claquant la porte sur lui, dans 3 jours, à midi, vous tomberez paralysée ! Adieu ».

Un jour s’était passé déjà : Mme Kin… riait du « maléfice », et son mari aussi. Mais, le soir, de sourds engourdissements apparaissaient dans les membres… La suggestion s’exécutait. Le lendemain matin, les jambes étaient devenues atrocement lourdes… Décidément, la paralysie venait.

Vers midi, la marche devenait impossible. On porta la malade dans une voiture, et on nous la conduisit. Il était aisé de voir que l’entourage avait largement contribué à la réalisation du « sort ». Sous les aspects du plus grand calme, le moi était un impressionnable.

Il s’était affolé le premier, avait commenté, raisonné la malédiction, avait cité les exemples de succès dans des cas analogues et il s’était montré fort inquiet. « Ces gaillards-là sont si puissants ! » disait-il. Il avait rivé dans l’esprit de sa femme l’idée d’une réalisation possible : elle se réalisait.

On ne peut supposer le mal que nous eûmes pour réparer le dommage causé dans le cerveau de la pauvre malade, par le cri­minel suggestionneur. Nous essayâmes de produire le sommeil, mais en vain ! Elle sentait qu’ »il » ne voulait pas qu’elle s’endormît, qu’ »il » l’influençait encore à distance, et que nous aurions « bien du mal » pour la guérir. Les banales suggestions furent impuissantes.

Nous pensons alors qu’une inhibition de ce genre ne pouvait céder que devant une émotion égale à celle qui l’avait produite. Mais comment produire cette émotion ?

Songeant alors aux conditions psychiques qui régissent la suggestion, nous nous disons que le coupable lui-même était seul capable de détruire son œuvre. Le bon moyen était de le faire « apparaître » à la malade. Pour ce faire, il fallait l’halluciner. Nous dessinâmes dans ce but, sur le tapis, un cercle qui fut baptisé « miroir ».

– « Dans ce miroir l’individu va venir : je le veux… regardez… Il va venir retirer ce qu’il vous a dit, et vous serez guérie. Vous ren­trerez chez vous à pieds. D’ailleurs, je fais renvoyer la voiture qui vous attend… ».

– « Non, il ne vient pas… »

– « Il va venir, je le veux… ».

Il est difficile de s’imaginer la peine que nous eûmes pour convaincre la malheureuse qu’ »il » était là, qu’ »il » la regardait, et qu’ »il » retirait son sort. Enfin, la malade poussa de gros soupirs, pleura. Elle était guérie. La séance avait duré 3 grandes heures !

Une idée avait produit tout cela.

Nous avons suivi pendant fort longtemps Mme Kin… Ce n’est nullement une névropathe. C’est une personne fort bien équilibrée, et sans aucune tare appréciable.

Tous, on peut dire tous, nous sommes influençables à des degrés différents. Ah ! comme beaucoup s’illusionnent, qui se croient les maîtres d’eux-mêmes !

Le pouvoir inhibitoire d’une idée

Voici comment on démontre le pouvoir inhibitoire d’une idée.

Je fais prendre un poids de 5 kg à quelqu’un. Je dis à ce quelqu’un en accentuant comme il convient, et en m’aidant d’un regard impératif : « ce poids, parce que je le veux, pèse maintenant 10 kg. Vous allez vous en convaincre en le soulevant : il devient lourd, très lourd, et votre bras devient faible, très faible. Il s’engourdit. »

J’accompagne ma suggestion d’une sorte d’énergique friction sur le membre que je cherche à affaiblir. Cette friction n’a d’autre but que de renforcer l’image mentale que je crée dans le cerveau de mon patient. Je dis alors : « à présent, ça y est, le poids de 5 kg pèse 10 kg et votre bras est totalement affaibli. Soulevez ! ».

Certains sujets sont si influencés que le poids reste rivé à l’endroit où il repose et que le bras ressent une vive douleur. D’au­tres, moins sensibles, enlèvent le poids avec difficulté, mais accusent une fatigue nette dans le membre et une augmentation réelle du poids.

Enfin, presque tous les autres éprouvent, au moins pendant que je prononce ma suggestion, un engourdissement net dans le bras.

Chez quelques individus, le résultat affecte un aspect spécial : nul si je ne cherche qu’à doubler ou tripler le poids, il devient véritablement cataclysmique si je le décuple ou le centuple.

Ainsi, tel homme à l’aspect très vigoureux qui sourit quand je lui affirme que le poids de 5 kg en pèse 10 et l’enlève comme une plume, s’effondre à terre, littéralement sidéré, si je lui affirme brusquement que le poids pèse 100 kg.

Il suffit de savoir s’imposer pour pouvoir influencer

Retenons que les expériences d’augmentation imaginaire de poids réussissent, à des degrés différents, on peut dire sur tout le monde.

Elles réussissent toujours mieux quand l’assistance est nombreuse (les foules sont bien plus suggestibles que les individus). Elles réussissent mieux aussi si les premières personnes soumises à l’essai ont été fortement influencées.

Nous avons toujours constaté que les assemblées d’intellectuels et de savants sont aussi accessibles aux suggestions que les assemblées où le niveau intellectuel est moyen.

Dans une réunion composée surtout de médecins passablement sceptiques, à Nancy, l’un de nous (Dr G. D.), a réussi ces expériences d’une façon surprenante.

Tout l’art consiste à savoir s’imposer.

Pour parvenir à plus de précision dans les expériences, nous avons pensé à construire un appareil qui pût traduire par un chiffre l’influençabilité de chacun. C’est ainsi qu’est né le Suggestomètre.

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L’action de la pensée sur nos muscles

« Désirer de la confiture, c’est déjà, pour l’enfant gourmand, faire le geste pour attraper le pot ».

La puissance motrice des idées conscientes

La pensée est par elle-même une véritable force motrice. Même la simple irritabilité cellulaire et la sensation la plus élémentaire contiennent en elles une puissance agissante. Démonstration de la puissance motrice des sensations par l’étude d’une démente et d’un sujet hypnotisé en catalepsie.

La suggestion pour démontrer l’action motrice des idées : le cas de notre sujet Jane ; celui de notre alcoolique Marcel. – Les suggestions à terme. – Peut-on suggérer le crime ?

Les expériences de Chevreul qui prouvent que nos pensées s’accompagnent de mouvements involontaires.

Comment Cumberland lisait la pensée des gens en observant leurs mouvements musculaires, ou en les provoquant. Détail des expériences de « trans­mission de pensée à la Cumberland ». Vous pouvez les réaliser facilement ; technique en tenant la main et sans contact.

Exemples de la vie pratique qui prouvent la puissance motrice de la pensée : l’idée de chute donne le vertige et fait tomber ; le somnambule tombe du toit si on le réveille, parce qu’il est envahi par l’idée de chute…

Tout mouvement est déclenché par une pensée

La pensée est le moteur de tout ce qui vit. On peut dire sans exagération que, à travers toute l’échelle des êtres, il n’est pas un mouvement qui ne soit déterminé, déclenché par une pensée.

Sans pensée, pas de mouvement, donc pas de vie.
Tout mouvement d’un être vivant est une « réponse » à une pensée, que cette pensée soit ce que nous appelons d’ordinaire une pensée ou qu’elle soit seulement un rudiment d’idée : sensation, irritabilité, tactisme.

Si l’on place des microbes dans le voisinage de globules blancs, ces derniers se précipitent sur leurs ennemis.

Si l’on touche une feuille de sensitive, elle ne tarde pas à se fermer.

Si un insecte se pose sur la feuille du drosera, cette plantule carnivore abaisse ses poils sur l’imprudent et le capture.

Les mouvements réflexes

L’excitation que produit l’électrisation d’une patte de grenouille détermine la contraction de celle-ci. Si je marche sur la patte d’un animal, celui-ci traduit sa sensation douloureuse par un mouvement.

L’enfant étourdi met-il son doigt dans le feu, avant même que la sensation ne soit devenue pensée consciente, le bras s’est vivement retiré du foyer. Tous ces mouvements, tant dans la série des infiniment petits que dans les séries végétale ou animale, qui succèdent à des irritations, à des sensations, sont des mouvements réflexes. Mais entre l’acte réflexe et l’acte volontaire, il n’y a que des différences de degré.

L’incitation qui crée un réflexe, c’est une pensée élémentaire.

La pensée supérieure est la seule puissance capable d’avoir par­fois sur les réflexes un pouvoir inhibiteur.

Quand cette puissance a disparu, l’effet moteur des sensations est à son comble, et il est très facile de le mettre en évidence.

Toute sensation déclenche automatiquement des mouvements

Étudions, par exemple, comment réagissent à la sensation les organismes de 2 individus privés de pensée supérieure, celui du dément précoce et celui du cataleptique.

Je prends les bras d’une de nos petites malades de la Salpetrière, Ou …, atteinte de démence précoce dite catatonique, et je les élève en croix. Au lieu de retomber, les membres restent dans la position où je les ai mis. Ils y restent si bien que je puis achever ma visite dans les salles.

Quand je reviens, 10 minutes après, les bras de Ou… sont encore comme je les ai placés. Si j’incline le torse dans la position fatigante de l’arc de cercle, il reste comme je l’ai mis. Je puis parler à ma malade : elle me répond en grimaçant, mais ne se redresse pas.

De la même façon, la démente conserve un moment l’attitude du génie de la Bastille ou telle autre qu’il me plaira de lui imprimer. Que se passe-t-il en elle pour qu’elle garde ainsi les attitudes ? Chaque sensation musculaire occasionnée par les gestes imposés à son corps se comporte dans ce cerveau vide de volonté, comme se comporte une sensation type : elle est l’origine d’un ordre de mouvement.

L’ordre, de suite, automatiquement, s’exécute et immobilise le membre ou le corps dans l’attitude correspondant à la sensation.

Chez le sujet cataleptique, il en est de même. Plaçons sur la langue de Mme Vix, un des sujets de Hector Durville, un aliment. Elle mastique et déglutit. Mettons un verre dans sa main. Elle fait le geste de boire et, au besoin, elle s’enivre. Débouchons sous son nez un flacon d’essence de rose, elle se croit dans un jardin et fait le geste de cueillir des roses.

Si nous imitons le son des cloches, le sujet s’agenouille dans l’attitude de la prière. Nous multiplierions à l’infini les exemples. Toujours, toute sensation, qu’elle soit gustative, visuelle, tactile, olfactive, auditive, déclenche automatiquement des mouvements. La sensation est une véritable force motrice.

Toute pensée est un véritable commencement d’acte

De la sensation passons à l’idée, et nous allons, de la même façon, constater que toute pensée s’accompagne de mouvements musculaires ; c’est-à-dire que toute pensée est un véritable commencement d’acte.

Je dis à notre sujet, Jane, en état d’hypnose : « Vous êtes un vieillard : vous avez 70 ans ». Instantanément, cette idée implantée en son esprit « descend dans les muscles ». Jane tremble, se courbe, fléchit sur ses jambes et s’appuie aux meubles pour ne pas tomber. – « Vous êtes un vigoureux gendarme », lui disons-nous. Jane se dresse altière, serre les poings.

Si on lui indique que son voisin est un voleur, elle le saisit avec une poigne bien masculine. Mais, me direz-vous, ces expériences ne signifient rien ; on peut si aisément les simuler. – C’est vrai, mais en voici d’autres qu’on ne simule pas.

Nous mettons un dynamomètre dans la main de Jane, sans la prévenir de l’expérience qui va suivre. Nous lui disons : « Je veux voir combien vous êtes forte. Réunissez toutes vos énergies et serrez l’appareil tant que vous pouvez ».

Elle s’exécute et marque au dynamomètre 14 kg. Nous laissons le sujet se reposer, puis nous lui disons : « Vous êtes maintenant un hercule extrêmement fort. Vous avez des muscles d’acier. Serrez à nouveau l’instrument. » Elle marque 26 kg. La seule idée d’augmentation de force a presque doublé la pesée dynamométrique de Jane.

Plaçons Jane dans cet état de sommeil léger que Hector Durville a nommé état suggestif, et que de Rochas appelait état de crédulité. Nous disons : « Quelle chaleur il fait ici, comme on transpire ! Vous êtes toute rouge, votre visage ruisselle de sueur. » De suite Jane fait comme si elle avait chaud, tire son mouchoir, s’éponge le visage.

Bientôt, la sueur perle à grosses gouttes sur son front. « Pourquoi avez-vous si chaud, disons-nous alors. Est-ce parce que vous avez couru pour échapper au chien enragé qui allait vous mordre ?… Alors Jane prend visiblement peur et son cœur qui, avant l’expérience, battait à 76 pulsations à la minute, bat maintenant à 90.

L’idée suggérée se dévoile comme étant une puissante force motrice

Sauriez-vous simuler une augmentation de votre force musculaire, l’augmentation s’inscrivant sur un dynamomètre ? Sauriez-vous simuler de la transpiration ? Faites-vous, si vous ne vous êtes pas spécialement entraîné, battre votre cœur plus vite ou moins vite, à votre gré ?

L’idée suggérée se dévoile comme étant une puissante force motrice.

L’effet moteur de l’idée est encore mis en évidence par les suggestions « à terme » ou suggestions post-hypnotiques. Depuis longtemps, les auteurs qui se sont occupés d’hypnologie en ont parlé. Ordonnez à un somnambule suggestible que demain l’idée lui viendra d’exécuter tel acte, à telle heure. Il l’exécutera plus ou moins. Dans quelles limites le plus ou le moins ?

Peut-on, par exemple, suggérer le crime ? Question complexe et qui sort du cadre de ce livre. Disons seulement ici les conclusions que l’un de nous (Dr Gaston Durville) a données dans un mémoire au Premier Congrès International de Psychologie expérimentale. Il y a lieu de distinguer 2 cas :

Le sujet est un dégénéré mental, éminemment suggestible : alors la suggestion a toute prise sur lui. Il est soumis aveuglement à l’ordre reçu, si le suggestionneur a sur le sujet donné l’autorité voulue ;

Le sujet n’est pas un dégénéré mental : la suggestion aug­mentera ses tendances. A-t-il naturellement des penchants au crime, la suggestion pourra le rendre criminel ; sinon, non.

Le cerveau est capable de transformer immédiatement des idées en actes

Citons un fait qui n’est pas une vraie suggestion post-hypnotique, mais qui est plutôt un petit accident post-hypnotique de la suggestion. L’un de nous endort, un jour, un de ses alcooliques en traitement, Marcel, et lui dit (1) :

« Vous êtes l’homme énergique, maître de lui et du monde… Vous êtes Napoléon ! » Puis on le réveille et le laisse rentrer chez lui. Marcel incarna si bien Napoléon que sa première occupation fut d’entrer chez un coiffeur pour se faire raser…comme Napoléon. Puis, il courut les théâtres de Paris demandant à se faire engager comme artiste pour jouer le rôle de Napoléon.

Le lendemain, sa mère qui nous l’amena, nous demanda si nous savions pourquoi, depuis la veille son Marcel ne parlait que de Pyramides, de Coup d’État et de campagne de Russie. Il nous fallut provoquer à nouveau le sommeil pour retirer de ce cerveau et l’idée suggérée et tous les actes qu’elle avait déclenchés.

C’est parce que le cerveau est capable de transformer immédiatement des idées en actes que Charcot a pu, sans s’en apercevoir, fabriquer la grande hystérie. Avant lui, elle n’existait pas, et elle disparut avec son école.

Le maître de la Salpetrière suggère un jour à une de ses névropathes les spasmes de la grande attaque de nerfs. Toutes les névropathes du service assistent à cette exhibition théâtrale. Paul Richer en immortalise les étapes par l’image : tétanisation de tout le corps d’abord, puis grands mouvements désordonnés, puis extase, et pleurs enfin.

La suggestion était puissante, l’exemple tentant, la leçon facile. Toute la Salpetrière allait désormais être la scène où l’idée de crise régnait en maîtresse, agitant des membres, et créant des spasmes.

Ah, certes, comme le dit M. de Fleury, il n’est pas difficile de reproduire à volonté des « Belles au bois dormant, des Walkyries de la légende scandinave, des Possédées du Démon »

La puissance d’une pensée sur nos muscles est grande

Ce n’est pas seulement sur le terrain du sommeil provoqué ou chez les hystériques qu’on peut constater l’effet puissamment moteur des idées.

Les expériences déjà anciennes de Chevreul (1850) l’ont mis en évidence d’une façon incontestable chez les gens éveillés et parfai­tement sains. Comme ces expériences sont très connues, disons-en un mot seulement :

Chevreul s’attachait au doigt un fil au bout duquel était fixé un anneau. Il faisait plonger cet anneau dans l’intérieur d’un verre, sans en toucher les parois ni le fond, et de telle sorte que le fil fût dans l’axe du verre. Quand l’anneau était bien immobile, Chevreul pensait fortement un nombre. Alors, bientôt, le pendule improvisé commençait à osciller et frappait sur le verre un nombre de coups égal au nombre pensé. (Chevreul. – De la baguette divinatoire, du pendule dit explorateur, etc.)

C’est une variante de cette expérience qu’imagina Gley en 1889.

Un opérateur invite une personne, dont la main est armée d’un crayon ou d’une plume, à penser fortement à un mot ou à un nombre. Il tient sa main appuyée sur celle du sujet en expérience, attentif à enregistrer les mouvements qui sont inconsciemment trans­mis à celle-ci. Le sujet se trouve bientôt avoir involontairement écrit le mot ou le nombre pensé.

Cumberland n’a-t-il pas, en utilisant cette puissance motrice des idées, créé un système original de « lecture de pensée », qui n’est qu’une lecture de mouvements. Il prie un individu de cacher un objet dans une salle, n’importe où, et cet objet, il se charge de le découvrir. Il prend alors la main de l’individu, et lui recommande de concentrer énergiquement sa pensée sur l’objet caché.

La « concentration » est sensée diriger « mentalement » l’opérateur. En réalité elle a simplement pour but de créer chez le « transmetteur » des mouvements musculaires. – L’opérateur tire, pousse le membre dont il tient la main et en observe les résistances. La direction dans laquelle le membre va le plus aisément indique celle où est caché l’objet.

L’opérateur n’a qu’à suivre le chemin qu’il se fait tracer par les tractions du sujet. Sent-il une résistance, il est allé trop loin : il s’arrête, recule. S’il sent une détente, c’est qu’il approche du but. Il est, par exemple, devant un monsieur ; c’est sur lui qu’est caché l’objet.

Tenant toujours la main du sujet, il recommande à ce dernier de penser toujours fortement. S’il lui semble que les contractions faiblissent ; il touche alors le chapeau, puis le veston. Une détente survient chez son sujet : c’est là, dans la poche, sans doute qu’est l’objet. Il saisit le portefeuille. C’était l’objet à trouver.

Il faut avoir essayé soi-même de telles expériences pour pouvoir croire combien est grande la puissance d’une pensée sur nos muscles.

Expérience : Découvrir un objet caché en étant conduit par une pensée

Nous nous sommes personnellement exercés à ces essais « à la Cumberland », et nous arrivons souvent à les réussir même sans contact avec le sujet. Avec ceux-là seuls, dont la synthèse mentale est très vigoureuse et qui peuvent par leur volonté forte dompter leurs mouvements involontaires, l’expérience échoue. Mais ils sont une minorité.

Voici comment nous faisons :

Dans une pièce assez vaste (pour avoir la place d’y évoluer librement et d’y faire évoluer celui qui va servir de sujet), nous prions un ami de cacher où il voudra un petit objet que nous ne demandons pas à connaître.

Nous annonçons que nous allons décou­vrir cet objet si l’ami sait penser comme il faut et nous conduire « par la pensée ». Nous plaçons l’ami derrière nous, tout près, à 50 cm environ et le prions de nous regarder la nuque. « Pensez de toutes vos forces à votre objet, disons-nous, et suivez-nous de très près. »

Nous avançons alors doucement, mais ces premiers pas ne sont qu’une fausse manœuvre pour « tâter » les réactions du sujet. Nous revenons au point de départ et réitérons la prière de penser fort et de bien nous suivre, en conservant fidèlement la distance de 50 cm.

Nous faisons alors vite 3, 4 ou 5 pas en avant, en observant avec la plus grande attention par l’oreille, et au besoin la vue, ce que fait le sujet. Nous a-t-il suivi de très près ? Tend-il même à se rapprocher de nous, c’est que nous sommes dans la bonne direction ; il n’y a qu’à continuer à avancer.

A-t-il suivi d’abord, puis s’est-il laissé distancer ensuite, nous étions en bonne route, mais nous sommes allés trop loin ; il faut reculer. S’est-il, au contraire, laissé distancer dès le début, c’est que nous nous éloignons de l’objet ; il faut chercher une autre direction.

Quand on a ainsi trouvé l’emplacement, il reste à trouver l’objet. Supposons que nous avons acquis la conviction que ce que nous cherchons est près du piano. Il va falloir maintenant chercher à provoquer des mouvements inconscients dans un bras du sujet.

« Étendez le bras, lui disons-nous, comme nous-même, vers ce piano. Pensez toujours très vigoureusement à l’objet à trouver, et faites le même geste que nous avec votre bras « suivez exactement notre bras, très exactement, mais sans nous toucher. »

Nous passons alors la main le long du meuble, doucement, et nous observons attentivement, sans en avoir l’air, le bras du sujet qui vous suit. Si, tout à coup, ce bras se laisse distancer par le nôtre c’est qu’on vient de passer tout près de l’objet ; le sujet arrêtait sur lui sa pensée, il a aussi arrêté sur lui son bras. On saisit l’objet voisin de sa main, c’est le bon.

N’allez pas croire, d’ailleurs, que ce remarquable pouvoir moteur des idées n’a qu’un intérêt expérimental. Il joue un rôle considérable, mais par trop ignoré, dans la vie courante.

Croire qu’on va tomber, c’est déjà presque être par terre

Voici quelques exemples entre mille :

« Vous montez sur une tour. Penchez-vous pour regarder en bas sans toucher le garde-fou. Vous n’avez pas le vertige ? – Non. Eh bien ! puisque ce garde-fou ne vous sert de rien, supposez que brus­quement on le fasse disparaître.

Vous savez ce qui arrivera ; inutile de réaliser l’expérience : vous êtes sûr d’avoir le vertige alors et d’être précipité.

Pourquoi ? Vous ne vous serviez pas du garde-fou ! – Non, mais vous saviez qu’il était là. En le supprimant je vous donne l’idée d’une chute possible, et l’idée se réalise » (Eymleu).

C’est cette même idée de chute, qui tend à faire tomber le jeune soldat, quand on veut lui faire traverser la poutre du portique. Ce serait jeu d’enfant que de la franchir si elle était plus près du sol.

Le cycliste débutant, qui s’imagine qu’il va tomber sur l’obstacle qui est devant lui, sur la route, se précipite sur celui-ci.

Croire qu’on va tomber, c’est déjà presque être par terre. De même que vouloir un pot de confiture, c’est déjà, pour l’enfant, grimper sur une chaise pour le saisir.

Le somnambule ne se promène sur les toits que parce qu’il n’a pas l’idée du danger. Réveillez-le, il pense qu’il pourrait bien tomber, et cette idée le précipite.

« Je me lèverai, dit le Prodigue, j’irai vers mon père et lui dirai… »

Or, qu’arrive-t-il ? Il se lève, il va, il dit.

penser positivement

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Les rêves

Est-ce que tout le monde rêve?

Oui. Des expériences en laboratoire ont prouvées que nous rêvons plus au cours d’une phase du sommeil appelé sommeil paradoxal appelé REM (en anglais: Rapid Eye Movements, soit Mouvements Oculaires Rapides). Pendant le sommeil paradoxal le cerveau est très actif, les yeux bougent de droite à gauche sous les paupières et les gros muscles du corps sont détendus. Nous n’allons pas entrer dans les détails, mais sachons que le sommeil paradoxal se produit tous les 90 – 100 minutes, 3 ou 4 ou 5 fois par nuit, Et la phase de sommeil paradoxal devient de plus en plus longue à chaque cycle. La dernière phase REM peut durer 45 minutes. Les rêves moins agités se produisent à d’autres moments du sommeil.

Pourquoi certaines personnes ont des difficultés à se souvenir de leurs rêves?

Certaines personnes n’ont aucune difficulté à se souvenir de plusieurs rêves d’une nuit, quant à d’autres, ils se souviennent de temps en temps d’un ou même d’aucun. Presque tout ce qui arrive pendant le sommeil – y compris les rêves, les pensées qui se produisent pendant la nuit et les souvenirs que l’on a quand on se réveille rapidement – est oubliée le lendemain matin. Il existe quelque chose dans le phénomène du sommeil, qui empêche de se souvenir ce qui s’est passé et beaucoup de rêves sont perdus avant d’être enregistrés. Parfois, le souvenir d’un rêve resurgit soudain pendant la journée ou le lendemain, ce qui veut dire que la mémoire n’est pas totalement perdu, mais pour une raison quelconque, il est très difficile à récupérer. Le sommeil et les rêves sont aussi affectés par une variété de drogues et de médicaments, y compris l’alcool. D’un autre côté, l’arrêt soudain de certains médicaments peut provoquer des cauchemars. Il est conseillé de parler à votre médecin de tout médicament ou drogue que vous utilisez.

Les rêves sont-ils en couleur?

La plupart des rêves sont en couleur, bien qu’on puisse pas le réaliser, soit parce qu’il est difficile de les mémoriser ou parce que la couleur est un élément naturel de l’expérience visuelle. Ceux qui font plus attention aux couleurs pendant la journée sont plus susceptibles de voir les couleurs dans leurs rêves.

Comment puis-je améliorer ma capacité à me souvenir des rêves?

Avant de dormir, affirmez que vous voulez vous souvenir de vos rêves. Gardez un papier et un stylo ou de quoi enregistrer sur votre table de chevet. Lorsque vous vous réveillez, essayez de bouger le moins possible et ne pensez pas à ce que vous allez faire pendant la journée. Ecrivez tous vos rêves et vos images rapidement avant qu’ils ne s’effacent. Toute distraction peut vous empêcher de vous souvenir de vos rêve. Si vous n’arrivez pas à vous souvenir du rêve entier, essayez de vous souvenir de la dernière chose qui était dans votre esprit avant le réveil, même si ce n’est qu’un vague souvenir.

Les rêves ont-ils un sens?

Alors que les scientifiques continuent à débattre sur la question, beaucoup de gens se servent de leurs rêves, que ce soit seul ou avec d’autres, ils savent qu’ils sont très importants. Les rêves sont utiles pour en apprendre davantage sur les émotions, les pensées, les comportements, les motivations et les valeurs du rêveur. Beaucoup trouvent que les rêves peuvent les aider à résoudre des problèmes. Certains artistes, écrivains et scientifiques, ont souvent des idées créatives grâce à leurs rêves.

Comment puis-je apprendre à interpréter mes rêves?

La chose la plus importante à garder à l’esprit que vos rêves sont le reflet de vos pensées, de vos émotions et que les personnes, les actions, les lieux et les sentiments présents font partie de vous. Certains experts affirment que les rêves sont typiques ou archétypiques et que le rêve et les éléments du rêve qui sont communs à différentes personnes, cultures et époques. Cependant, la même image ou symbole vont avoir différentes significations pour différentes personnes. Par exemple, un éléphant dans un rêve peut signifier quelque chose pour un gardien de zoo et signifier autre chose pour un enfant dont le jouet préféré est un éléphant en peluche. Pour cette raison, les livres qui proposent des interprétations de rêves, ou « dictionnaire des rêves » ne sont pas à prendre à la lettre. Réfléchissez sur ce que chaque élément du rêve représente pour vous ou vous rappelle, en notant les similitudes entre ces associations et ce qui se passe dans votre vie et en étant patient et persistant, vous pourrez apprendre à interpréter vos rêves. Il peut être très utile de tenir un journal des rêves et de réfléchir sur le contenu des rêves qui se sont produits sur une longue période de temps pour obtenir une image se rapportant plus de votre cadre de vie.

Qu’est-ce que cela signifie quand je fais constamment le même rêve?

Des rêves récurrents, qui peuvent être répétés pendant des années, peuvent être considérés comme tout autre rêve. On peut trouver des similitudes entre le rêve et les pensées, les sentiments, les comportements et les motivations du rêveur. Comprendre la signification d’un rêve récurrent peut parfois aider le rêveur à résoudre un sujet contre lequel il a lutté pendant des années.

Est-il normal de faire des cauchemars?

Les cauchemars sont très fréquents chez les enfants et moins fréquents chez les adultes. Souvent, ils sont causés par le stress, des traumatismes, des difficultés émotionnelles, des drogues, des médicaments, ou la maladie. Cependant, certaines personnes ont souvent des cauchemars qui, apparemment ne sont pas liés à leur vie. Des études récentes suggèrent que ces personnes ont tendance à être plus ouverts, plus sensibles, plus fiables et plus émotionnelles que la moyenne.

Est-il vrai que la personne qui rêve qu’elle meurt ou qu’elle fait une chute, meurt vraiment pendant son sommeil?

Non, cette croyance n’est pas vraie. Beaucoup de gens ont rêvé qu’ils mourraient ou qu’ils tombaient et sont en vie pour nous le raconter! Vous pouvez explorer le sens de ces images, si déjà, vous explorez les autres images qui surgissent dans vos rêves. Toutefois, si certains aspects de vos rêves, suscitent des inquiétudes ou de la détresse, consultez un professionnel de la santé sur le sujet.

Les rêves peuvent-ils prédire l’avenir?

Il existe de nombreux exemples de rêves qui semblent avoir prédit des événements futurs. Certains peuvent être mis sur le compte du hasard, à une mémoire imparfaite, ou à l’acte de réunir inconsciemment des informations que vous connaissez déjà. Peu d’études ont été réalisées sur les rêves prémonitoires, tels que les rêves télépathique ou clairvoyants, et les résultats varient, car ce type de rêve est difficile à étudier dans un environnement de laboratoire.

Est-il possible de contrôler les rêves?

Vous pouvez souvent influencer vos rêves avec des autosuggestions avant de dormir. Une autre méthode pour influencer les rêves est nommée, rêve lucide, dans lequel vous êtes conscient du fait que vous dormez et en train de rêver. Certaines personnes expérimentent de ce type de rêve spontané. Il est possible d’apprendre à rêver en étant lucide, on augmente ainsi la capacité à influer le cours du rêve au fur et à mesure qu’il se déroule. Certaines choses du rêve sont plus faciles à contrôler que d’autres, et probablement qu’un contrôle complet est impossible. Certains professionnels travaillant sur les rêves se questionnent sur le fait d’essayer de contrôler les rêves et préfèrent stimuler les rêveurs à prendre plaisir et à comprendre leurs rêves.