,

Les bienfaits de la méditation

Aujourd’hui, il existe des tonnes de façon d’augmenter nos performances mentales (étude, lecture, etc.), physique (sport, nutrition, etc.), et autres, mais rare sont ceux et celles qui prennent le temps de prendre soin de l’esprit; pourtant la partie la plus importante de l’être humain puisqu’elle gère directement tout le reste.

En méditant de façon régulière et en vous entraînant à libérer votre esprit, vous verrez graduellement un énorme changement au niveau de votre bien-être personnel, de votre perception ainsi que des interactions avec le monde extérieur, et même de votre santé physique.

Pour cela, il est recommandé de méditer chaque jour. Commencez par des méthodes simples qui vous semblent adaptées, entre 10 et 20 minutes, en une seule ou en plusieurs sessions.

Vous ressentirez éventuellement l’envie d’y consacrer plus de temps et/ou de varier vos techniques afin d’élargir vos horizons, mais dans tous les cas, gardez en tête de ne pas forcer, ni vous fatiguer à la méditation, et sachez que 5 minutes plusieurs fois par jour vaut souvent mieux qu’une heure chaque semaine.

Lorsque vous méditez, vous apprenez à rendre votre esprit plus stable et équilibré en le séparant de l’ego. Vous apprenez à vivre de façon plus sereine et ce, indépendamment des situations extérieures. Les bénéfices d’une telle pratique sont innombrables et peuvent légèrement varier d’une personne à une autre d’après vos aptitudes de base et votre prédisposition à fidéliser la méditation comme un art de vivre:

Bien-être personnel

Réduction importante du stress

Un taux de cortisol élevé indique une augmentation du stress, et inversement. Des études menées sur des gens en méditation indiquaient que leur taux de cortisol devenait plus faible et cela tend à persister en dehors de la pratique.

La diminution du stress rend ces gens plus résistants face à toutes situations, et leur permet également de parvenir à un état constant de calme mental. Cela les aide à guérir de leurs plus grandes peurs et des blessures émotionnelles profondément ancrées.

Amélioration du sommeil

Puisque la méditation élimine le stress et que l’anxiété est en général la cause première de l’insomnie, la méditation régulière parvient à régler de nombreux problèmes d’insomnie en seulement quelques mois.

Elle rend aussi le sommeil plus profond et réparateur, puis aide le sujet qui médite à récupérer plus facilement lors de phases fatigantes.

Cohérence des ondes cérébrales

Des tests avec électro-encéphalogramme ont indiqué un fonctionnement plus ordonné du cerveau chez les sujets méditant régulièrement.

La technique aide donc à augmenter l’imagination, l’anticipation, le jugement, l’attention, la concentration, la notion de temps, la mémoire, la conceptualisation, l’abstraction, la créativité, etc. Les résultats scolaires et/ou intellectuels des sujets peuvent donc grimper considérablement.

Croissance continue du QI

Certains médecins ont démontré que le QI n’augmentait généralement plus entre 16 et 18 ans et ce, malgré les nouvelles connaissances acquises par les sujets. Par contre, le QI continuerait d’augmenter légèrement chez une majorité de sujets pratiquant la méditation de façon régulière.

Créativité accentuée

Une augmentation significative de la créativité grâce à la méditation a été prouvée avec le Test de Pensée Créative de Torrance se basant sur 3 aspects : l’aisance, la flexibilité et l’originalité.

Augmentation des perceptions

Le contrôle de l’esprit, chez les gens qui pratiquent régulièrement la méditation, augmentent leur perception du monde extérieur et les montrent plus conscients d’eux-mêmes et de leur environnement.

Ils ont donc moins tendance à se perdre en rêveries, en fantasmes, et tendent à mieux s’accepter et à vivre le moment présent.

Perceptions et interactions avec le monde extérieur

Contrôle des émotions et meilleure gestion de problèmes

En diminuant ou en supprimant complètement l’état de stress continu apporté par la société d’aujourd’hui, et en ayant une vision plus claire de leur esprit et des situations hors de leur pouvoir, les gens qui méditent montrent des réactions beaucoup plus positives face aux embûches de la vie.

Leurs émotions sont dosées convenablement d’après les situations survenant, et leur capacité à régler les problèmes se voit très améliorée.

Résistance à la pression sociale

Avec la méditation, les gens apprennent à mieux se connaître et ainsi, ils se situent mieux au sein de la société qui les entoure.

L’influence de la masse atteint de moins en moins les gens qui méditent régulièrement; se basant non plus sur les autres, mais sur leur propre personne afin de porter jugement.

Capacité de perspective d’autrui

Se connaître mieux, c’est aussi apprendre à voir les autres tels qu’ils sont. Le jugement de sujets méditant a été reconnu pour être plus objectif et fiable que celui d’autres sujets. Les énergies aidant, il est plus aisé, avec l’esprit clair, de ressentir les autres et d’éviter ainsi les situations malaisées.

Perception du monde plus positive

Malgré leur meilleure capacité à juger de ce qui les entoure, les  personnes méditant sérieusement développent un sens aiguisé  d’empathie et de compassion envers ce qui les entoure.

Étant généralement plus heureux, ils voient donc les choses de façon plus positive sans pour autant avoir une opinion flouée.

Santé physique

Réduction de la pression/tension artérielle

Comme le pouls diminue durant la méditation, le cœur travaille moins et le sang circule mieux dans les veines. La respiration étant aussi mieux dosée, elle provoque un état de repos parfait autant au niveau du corps que de l’esprit.

Chez les gens pratiquant la méditation depuis plusieurs années, l’effet de réduction persiste en dehors des sessions de méditation; ce qui est fortement bénéfique pour la santé puisqu’elle réduit alors le risque de maladies cardio-vasculaires.

Stimulation du système nerveux

Puisque le système nerveux sympathique et parasympathique est stimulé durant la méditation, il amène un afflux de sang aux extrémités des membres du corps.

Le système nerveux étant responsable des sensations ainsi que de la motricité de l’humain, sa stimulation par la méditation augmente donc les performances physiques et/ou sportives du sujet, et gère l’équilibre de son métabolisme.

Abolition de toutes maladies/symptômes liés au stress

Les maladies et les symptômes liés directement au stress sont plus nombreux que l’on voudrait le croire. Certains appellent cela les maladies psychosomatiques, d’autres tendent à croire que la relation entre l’esprit et le corps du patient va au-delà des connaissances scientifiques actuelles.

De nombreuses études ont été portées sur le sujet, notamment celle du Docteur Herbert Benson (lien en anglais) associé à la Harvard Medical School qui mettait d’ailleurs en relation le support de la méditation face à une panoplie de symptômes.

Autrement dit, la méditation aide le sujet à guérir de la dépression autant que de maux de ventre, d’insomnie autant que de migraines, de problèmes dermatologiques autant que de syndromes prémenstruels.

Même les problèmes d’alimentation et l’abus de substances (alcool, drogue, tabac, etc.) est reconnu depuis des décennies pour être un comportement résultant d’une surcharge de stress. Tout ce qui est, ou peut être, causé par la source la plus achevée en matière de symptôme physique, l’esprit, peut aussi être évité avec une simple pratique régulière de méditation.

Surmonter la perte de mémoire

“L’existence de l’oubli n’a jamais été prouvée : nous savons seulement que certaines choses ne viennent pas à l’esprit lorsque nous les voulons”, a dit Friedrich Nietzsche.

Oublier cause beaucoup d’anxiété de nos jours, spécialement avec l’augmentation de la prise de conscience des maladies liées à la mémoire telles qu’Alzheimer. D’un autre côté, de nouvelles études montrent que l’esprit humain, non traumatisé par des sérieuses blessures ou maladies, n’oublie jamais. Les experts disent qu’oublier n’est pas dû à la perte d’informations, mais plutôt parce qu’il existe une erreur dans la manière dont elles ont été stockées ou sur le chemin de la récupération.

Mais ensuite, si le problème réside réellement dans la récolte et récupération des informations, pourquoi la plupart d’entre nous tendent toujours à oublier, peu importe combien nous nous creusons le cerveau ? Nous oublions où nous avons mis nos clés, quel est ce produit tellement nécessaire dans la liste de courses, ou pire, les réponses tellement importantes au cours d’un examen qui peut faire la différence dans l’obtention ou non d’un diplôme.

De nombreux facteurs contribuent à la manière dont nos cerveaux emmagasinent et fournissent les informations. Même si les écoles de pensée et de psychologie débattent toujours sur la manière dont fonctionne l’esprit humain, ils sont d’accord sur une chose : la mémoire est affectée par notre expérience générale – depuis nos gènes au genre d’enfance que nous avons eu, en passant par la nourriture que nous avons mangé ce matin au petit-déjeuner.

Certains scientifiques comparent l’esprit à une caméra vidéo en raison de ses capacités et de sa nature consistant à enregistrer tout ce qu’expérimente une personne. Ainsi, chercher un événement particulier dans votre passé est semblable à chercher une scène sur une pellicule : une personne peut sélectionner une scène ciblée, la voir en mouvement lent ou en accéléré, même faire une pause ou un zoom sur un détail spécifique. Les techniques permettant de retrouver la mémoire en utilisant l’hypnose, le sérum de vérité, la méditation, la thérapie, viennent de là.

D’un autre côté, en dépit de l’œil “videographique” de l’esprit, il a été découvert que l’esprit ne possède pas de propriétés d’archivage parfaites, semblables à une bande vidéo qui peut moisir, perdre de son acuité ou vieillir. Le cerveau est également comparé à une puce d’ordinateur. Alors qu’il peut contenir une très grande quantité d’informations, ses capacités à stocker les données possèdent toutefois des limites. Afin de faire de la place pour de “nouvelles données”, l’esprit reconstruit les informations stockées de temps en temps. Ainsi, les événements peuvent ne pas être parfaitement remémorés. Au fil du temps, certains éléments peuvent se perdre, des détails peuvent devenir flous ou disparaître graduellement. Des éléments “déclencheurs” tels qu’une chanson, une photographie ou une odeur peuvent ramener un souvenir longtemps oublié. Toutefois, certains fragments de notre passé peuvent disparaître pour toujours.

Dans ce chapitre, nous discuterons des moyens et des techniques par lesquels les humains, depuis les scientifiques aux mystiques, ont traité le trait de l’oubli.

Oublier est ce que nous référons à la perte temporaire ou à long terme de détails, d’enregistrement de stimuli ou de matériels mémoriels qui ont été appris ou stockés dans nos cerveaux. Un objet oublié peut être stocké dans notre mémoire, mais impossible à retrouver ou à ramener à la surface. Il existe plusieurs théories ou explications au sujet de l’oubli.

  1. Déclin des traces mémorielles – C’est l’explication la plus ancienne concernant l’oubli. La mémoire possède une tendance naturelle au déclin avec le temps. Lorsqu’un mot ou le nom d’une personne n’est plus utile, un tel souvenir peut perdre sa place significative à l’intérieur de notre cerveau.
  2. Déformation de la mémoire – Certaines expériences peuvent être apprises ou retrouvées sous une forme déformée. De telles imprécisions peuvent mener à un souvenir différent ou faux, et peuvent même vaincre le processus de récupération puisque nous accédons aux mauvaises traces ou voies dans notre cerveau.
  3. Interférence – Cette expérience peut avoir été le résultat de situations intermédiaires ou de variables incontrôlables subies au cours de l’expérience d’apprentissage ou de mémorisation. Cela inclut également ce qui survient avant, pendant ou après l’apprentissage. Les activités réalisées avant une tâche peuvent troubler le processus de rétention ou ce que les psychologues appellent inhibition proactive. Plus il existe de tâches précédemment apprises, plus l’oubli des nouvelles tâches ou opérations est grand. Toutefois, plus le matériel à apprendre ou retenir possède de sens, moins les effets d’une telle inhibition se font sentir.

D’un autre côté, un effet contraire survient pendant l’inhibition rétroactive, dans laquelle des activités qui interfèrent ont lieu après une période d’apprentissage. Habituellement les personnes qui doivent réaliser une seconde tâche oublient plus de la première que ceux qui n’ont qu’une seule tâche à réaliser. C’est pourquoi il est préférable de maîtriser une tâche ou une compétence spécifique avant de passer à l’activité suivante, parce que retenir trop d’informations demande des interactions complexes de votre mémoire et de vos compétences psychomotrices.

Un tel exemple est prouvé pendant la période d’apprentissage de la conduite. Les compétences moteurs et les mouvements variés sont nécessaires et peuvent parfois apparaître troublants au début, puisqu’ils réclament du synchronisme. Toutefois, à mesure que nous apprenons lentement comment placer les tâches corporelles individuelles en une action cohérente et unie, nous commençons à penser de manière très précise et totalement organisée. Cela signifie que nous avons déjà appris ou mémorisé différentes tâches et que nous les avons déjà mises en ordre. Par conséquent, afin de nous souvenir de plus de choses, il est nécessaire de maîtriser une tâche ou une compétence particulière avant de nous engager dans d’autres activités qui réclament une spécialisation.

  1. Oubli motivé – C’est une variable dans l’oubli qui implique la motivation individuelle ou le désir de se souvenir ou d’oublier. Les gens semblent réprimer certains souvenirs ou supprimer le processus de rétention ou de récupération de la mémoire. Les souvenirs agréables sont plus souvent remémorés que les désagréables. L’émotion possède également un aspect important dans cette explication concernant l’oubli. Certaines personnes préfèrent oublier les expériences tristes ou traumatiques. C’est peut-être sage.

Si vous passez moins de temps à vous souvenir de vos échecs et de vos déboires, vous posséder une meilleure capacité à retenir les informations positives et essentielles. Parce que les pensées négatives aggravent le stress, vous devez apprendre à vous détendre et à oublier les erreurs commises dans le passé. Le passé est terminé. Concentrez-vous et ne retenez que les pensées positives.

  1. Absence de repères ou de guides – Nous sommes en mesure de trouver les choses tant que nous possédons des indices qui nous y mènent. Lorsque nous nous souvenons de quelque chose, c’est comme si nous cherchions dans notre mémoire avec l’aide d’indices ou de guides qui pointent dans la direction des choses voulu. Lorsque nous oublions, c’est parce que nous pouvons manquer de ces indices ou de ces guides menant vers les informations stockés dans les vastes connexions neurales de notre cerveau.

Voici quelques techniques efficaces pour surpasser l’oubli ou la distraction :

  1. Mettez votre liste de choses à faire par écrit. Groupez ou arrangez vos tâches en catégories (et sous-catégories si applicable). Rayez les activités que vous avez réalisées et ajoutez de nouvelles tâches en cours de route. Si possible, collez vos notes sur des objets qui vous sont familiers (télévision, réfrigérateur, porte d’entrée, etc.)
  2. Utilisez votre imagination et votre humour. Disons que vous avez un rendez-vous avec un client potentiel, M. Durand, ce vendredi. Si vous aimez regarder la télé chaque soir, imaginez M. Durand agissant comme un clown à la télé. Vous pouvez même le voir surgir hors de la télévision et vous dire : “Rendez-vous vendredi !” Pour mieux vous souvenir de ce rendez-vous de vendredi, vous pouvez visualiser M. Durand sur votre télé, habillé comme un chef et vendant (vendredi) des nourritures délicieuses. Trouvez des images amusantes qui vous aideront à vous souvenir de votre emploi du temps. Plus elles sont drôles et exagérées, mieux c’est.
  3. Associez une tâche avec une activité routinière ou avec quelque chose que vous réalisez régulièrement. Disons que vous oubliez toujours d’amener votre téléphone cellulaire au travail. Faites en sorte qu’avant de vous brosser les dents ou de prendre votre douche, vous placiez votre téléphone dans votre sac. Transformez cette tâche que vous oubliez souvent, en une partie de votre routine quotidienne, une habitude.
  4. Créez une allusion visuelle. Disons que vous avez invité quelqu’un à diner samedi soir et que vous devez acheter des pommes de terre pour préparer le plat que vous allez cuisiner. Avec votre emploi du temps très chargé, vous pouvez aisément oublier d’acheter les pommes de terre. Pour vous aider à vous en souvenir, vous pouvez placer, pendant que vous y pensez, un paquet de chips ou un jouet sous forme de pomme de terre sur votre télé ou au milieu de la table pour vous rappeler que vous devez acheter des pommes de terre.
  5. Concentrez-vous sur la tâche et dites-la à haute voix. Vous est-il déjà arrivé d’aller vers quelqu’un parce que vous voulez lui demander quelque chose? La seconde qui suit, vous avez totalement oublié ce que vous vouliez lui demander… Et bien, ne paniquez pas. Vous n’êtes pas seul, beaucoup de gens vivent des situations semblables.

Avec le style de vie mouvementé d’aujourd’hui, même ceux qui possèdent une bonne mémoire peuvent oublier ce à quoi ils pensent en une fraction de seconde. Ici, la solution est de se concentrer sur une seule tâche à la fois et de dire de manière répétée et à haute voix ce que vous allez faire : “Je vais demander à Jacques quelles sont les règles pour participer à ce concours.” Si vous oubliez souvent ce genre de choses, essayez de revenir à l’endroit où vous étiez quand vous avez répété la tâche à haute voix. Souvent, cet endroit spécifique vous aidera à vous souvenir de votre tâche en l’associant à ce que vous avez répété.

  1. Ne tergiversez pas. Si vous devez réaliser une activité ou une tâche, terminez-en le plus tôt possible. Lorsque vous devez payer une facture, faites-le tout de suite, avant qu’elle ne dépasse la date limite et que vous deviez payer des intérêts. Si vous ne pouvez vraiment pas le faire immédiatement, utilisez votre imagination, des pense-bêtes visuels ou d’autres outils utiles.

Trouvez un compagnon. Certaines personnes vivant de manière solitaire peuvent devenir distraites et souffrir de pertes de mémoire. C’est parce qu’elles n’ont personne à qui parler, donc leurs capacités mentales sont limitées et ne sont pas bien utilisées. Posséder un compagnon intelligent avec qui parler de différents sujets et avec qui partager ses connaissances et ses expériences permet d’affûter votre mémoire. Ils peuvent souvent agir comme votre sauvegarde. Dites-leur simplement de se souvenir de quelque chose et vous possédez une autre mémoire fonctionnant en votre nom. Mais soyez reconnaissant envers votre moitié.

Hypnose, Auto-Hypnose et Maîtrise de votre Personnalité

Qu’entend-on par maîtrise de soi-même et que peut-on maîtriser en soi-même sinon des émotions qui nous envahissent malgré nous, malgré notre volonté, malgré notre désir de ne pas subir ces émotions généralement désagréables et pénibles ?

Mais qu’est-ce qu’une émotion et d’où vient-elle ?

Toute le monde a ressenti des émotions, bonnes ou mauvaises, car il y a les émotions positives qui enhardissent, qui dynamisent, qui nous redonnent confiance en nous-mêmes et des émotions négatives, de loin les plus courantes, qui nous dépriment, nous fatiguent, nous rendent pessimistes avec un vague sentiment d’échec et d’humiliation.

Généralement, on ne cherche pas à réprimer les bonnes émotions (les émotions bleues comme les a appelées le Dr Pauchet). Si on nous annonce une bonne nouvelle nous sommes joyeux, notre visage s’anime, nous devenons volubiles, nous dansons et nous rions à gorge déployée.

Mais si nous avons peur, si nous avons le trac au cours d’un examen oral, par exemple, nous essaierons de combattre cette émotion qui nous paralyse mais, généralement, plus nous ferons des efforts pour l’enrayer, plus l’angoisse sera forte, plus nous perdrons nos moyens.

L’émotion vient de l’inconscient, zone des instincts et de l’imagination alors que notre répression a son origine dans le conscient, le moi, la volonté.

CONSCIENT ET INCONSCIENT

Il faut vous dire que pour bien connaître le mécanisme de la maîtrise de soi, il faut savoir que nous avons en nous deux aspects distincts : le conscient et l’inconscient.

Cette coexistence est facile à constater pour peu qu’on se donne la peine d’examiner certains phénomènes et qu’on veuille bien y réfléchir. Tout le monde connaît le somnambulisme, tout le monde sait qu’un somnambule se lève la nuit sans être éveillé, qu’il sort de sa chambre après s’être habillé ou non, qu’il descend des escaliers, traverse des corridors et que, après avoir exécuté certains actes ou accompli un certain travail, il revient à sa chambre, se recouche et montre le lendemain le plus grand étonnement en trouvant terminé un travail qu’il avait laissé inachevé la veille.

Cependant c’est lui qui l’a fait, bien qu’il n’en sache rien et Coué de conclure : « A quelle force son corps a-t-il obéi si ce n’est à une force inconsciente ?

On pourrait également citer le cas de l’ivrogne sous l’empire du delirium tremens.

Quelle est donc la nature de cet inconscient qui nous gouverne à notre insu, qui continue à travailler et à penser pendant que nous dormons ? Véritable ordinateur, l’inconscient ne se repose jamais car c’est lui qui nous fait vivre. Un grand psychanalyste suisse, C.G. Jung disait que le conscient est une coquille de noix sur la mer de l’inconscient.

Voici ce que nous dit Coué :

« Si nous comparons l’être conscient à l’être inconscient nous constatons que, tandis que le conscient est souvent doué d’une mémoire très infidèle, l’inconscient, au contraire, est pourvu d’une mémoire merveilleuse, impeccable, qui enregistre, à notre insu, les moindres évènements, les moindres faits de notre existence. De plus, il est crédule et accepte sans raisonner tout ce qu’on lui dit.

Et comme c’est lui qui préside au fonctionnement de tous nos organes par l’intermédiaire du cerveau, il se produit ce fait qui nous semblera plutôt paradoxal, que, s’il croit que tel ou tel organe fonctionne bien ou mal, que nous ressentons telle ou telle impression, cet organe, en effet, fonctionne bien ou mal, ou bien, nous ressentons telle ou telle impression.

Non seulement l’inconscient préside au fonctionnement de tous nos organes, mais il préside aussi à l’accomplissement de toutes nos actions quelles qu’elles soient. C’est lui que nous appelons imagination et qui, contrairement à ce qui est admis, nous fait toujours agir même et surtout contre notre volonté lorsqu’il y a antagonisme entre ces deux forces. »

ACQUISITION DE LA MAÎTRISE DE SOI

A la lumière de ces explications, il nous appartient de repenser le problème de la volonté. Qu’est-ce que la volonté ? Est-ce, comme le dit le dictionnaire, « la faculté de se déterminer librement à certains actes » ? Si cette définition est vraie, il n’y aurait pas de problème de maîtrise de soi et nous pourrions, sur commande, arrêter une émotion ou détendre immédiatement un muscle contracté.

Il suffirait de dire : « Je veux que ma peur disparaisse » pour que cette dernière tombe tout de suite comme par un coup de baguette magique. Ce serait merveilleux, mais ce serait aussi dangereux, car il suffirait de vouloir pour pouvoir, dans le bien comme dans le mal…

De la même façon, il suffirait de dire : « A partir d’aujourd’hui je ne fume plus » pour que l’on cesse définitivement de fumer. On sait que ces décisions héroïques sont la plupart du temps vouées à l’échec précisément parce que la volonté est inopérante en matière d’habitudes invétérées doublées d’intoxication.

L’entourage du tabacomane dit souvent qu’il n’a pas de volonté ce qui ne fait qu’aggraver son cas, car encore une fois, il ne s’agit pas de volonté mais de briser une habitude en agissant sur le subconscient sans que la volonté intervienne.

Seule la persévérance doit être pratiquée en se donnant tous les soirs la suggestion suivante :

« J’ai le plus grand intérêt à me débarrasser rapidement du tabac qui est néfaste pour mon organisme et mes facultés intellectuelles. Quand j’aurai cessé de fumer mon énergie aura doublé, et j’aurai augmenté ma résistance à la fatigue. Mes digestions seront facilitées, mon souffle et ma virilité renforces, mon intelligence et ma mémoire accrus, de même que mon pouvoir de concentration. Mon coeur et mes glandes seront fortifies.

Je serai un autre homme et une nouvelle vie s’ouvrira à moi. Chaque jour, la fumée du tabac me laisse de plus en plus indifférent, elle me gêne même et je ne peux plus la supporter. Dans ma bouche, le tabac a un goût âcre et repoussant. J’oublie de fumer. Ma ration de tabac s’amenuise de jour en jour et bientôt je ne fumerai plus du tout et définitivement. »

Ces suggestions vont s’enraciner dans le subconscient au moment du sommeil et poursuivre leur but au cours de la nuit. C’est pourquoi Coué recommandait de se faire de l’autosuggestion au bord du sommeil en se répétant 20 fois : « Tous les jours à tous points de vue, je vais de mieux en mieux. » En ce qui concerne la maîtrise de soi, on pourra se répéter : « Chaque jour, je suis un peu plus calme, j’ai un peu plus confiance en moi-même, j’exécute de moins en moins les actes que je ne veux pas faire, j’accomplis de plus en plus exclusivement ce que j’ai décidé de faire ».

L’acquisition de la maîtrise de soi exige une discipline personnelle assez longue, dans les domaines très divers : il s’agit d’abord de se débarrasser de certaines mauvaises habitudes, comme celles de se mettre en colère, de parler avec précipitation, de faire des mouvements impulsifs.

Il s’agit aussi de se libérer de la peur : être maître de soi, c’est ne pas s’affoler, crier et se désespérer au moment du danger ; ne pas sursauter au moindre bruit, ne pas être terrorisé par le bruit du tonnerre. Celui qui a acquis la maîtrise de soi n’est pas pris de terreur panique à la vue d’une guêpe, d’une souris ou d’un crapaud.

L’HYPNOSE

Lorsque notre volonté est agissante et efficace, c’est qu’elle est en accord avec notre imagination. Par exemple, si nous voulons changer de situation et que nous nous représentions dans notre nouveau poste comme si cela était déjà fait, nous avons toutes les chances de réussir. Mais si nous cherchons du travail en priant Dieu de ne pas en trouver, nous ne trouverons rien.

De la même façon, quelqu’un qui s’est entraîné à la relaxation, à la détente musculaire, peut, non pas en faisant des efforts, mais simplement en se remémorant la séance de détente ou en employant une formule mentalement :

« je suis très calme, je suis très fort » par exemple, faire avorter une émotion forte et reprendre rapidement ses esprits au lieu de paniquer.

Donc, la clef du succès dans la maîtrise de soi est l’entraînement à la relaxation, c’est-à-dire, n’ayant pas peur du mot, à l’hypnose. Comment y arriver ?

Le moyen est très simple, mais il nécessite la persévérance. Tous les jours, pendant 2 ou 3 minutes seulement pour commencer, il faut faire sa séance de relaxation. On commencera par s’étendre sur un lit ou mieux sur un tapis, les bras étendus le long du corps et les paumes de la main dirigées vers le tapis. On placera un petit coussin sous la nuque et un autre sous l’articulation des genoux de façon à réduire le plus possible les tensions musculaires. Puis on commencera par employer la formule suivante sous forme d’autosuggestion soit mentalement, soit à voix basse :

« Mon bras droit est lourd, il est de plus en plus lourd ».

Progressivement cette lourdeur va s’étendre à l’autre bras puis aux cuisses, aux jambes et au corps tout entier. Vous ferez cette séance plusieurs fois de façon à obtenir la lourdeur presque immédiatement, puis vous passerez à l’exercice de la chaleur. Vous commencerez par vous suggérer que votre main droite est chaude comme si vous la trempiez dans l’eau à 37° ou comme si elle était exposée au soleil. Comme pour la pesanteur, la chaleur va irradier et envahir tout le bras, puis le bras gauche, les cuisses et les jambes ainsi que les pieds et le corps tout entier. Vous aurez alors l’impression d’être dans votre bain chaud ou de vous faire bronzer sur la plage. Vous pouvez compléter la séance par le rafraîchissement du front. Vous vous suggérez que votre front est frais comme si un vent léger l’affleurait ou comme si vous aviez un linge mouillé sur le front.

Par la relaxation, vous arriverez progressivement à maîtriser tout le troupeau de muscles qui s’agite ou se durcit lorsque vous êtes énervé, angoissé, agité ou tout simplement contrarié. Comme les nerfs sont intimement liés aux muscles, vous maîtriserez du même coup vos nerfs et vos émotions puisque ces dernières sont provoquées par le système nerveux. Progressivement, lorsque vous serez rompus à la relaxation, vous saurez vous faire de l’autosuggestion pour vous débarrasser de vos mauvaises habitudes, pour améliorer votre caractère, renforcer votre mémoire, développer votre volonté, en un mot, acquérir la maîtrise de vous-même.

L’HYPNOPHONOTHERAPIE

Si vous n’avez pas le temps de faire vos séances de relaxation, ce qui paraît impensable puisque on doit pouvoir se relaxer n’importe où, même sur une chaise ou debout, si vous oubliez souvent de vous faire votre autosuggestion, vous pouvez enregistrer les formules de relaxation et les écouter le soir au moment où vous vous mettez au lit. C’est l’hypnophonothérapie, du grec hypno : sommeil et phône : voix. Cette nouvelle thérapeutique utilise le sommeil nocturne au cours duquel des suggestions sont données au dormeur par l’intermédiaire d’un appareil audio spécial se déclenchant automatiquement.

Elle est basée sur la longue et solide expérience hypnotique et hypnothérapique, mais ne nécessite pas la présence d’un opérateur.

Cette méthode qui est tirée de la suggestion, utilise également, les lois régissant les phénomènes de l’inconscient.

En général, tous les traitements qui s’adressent à l’esprit visent l’inconscient. On appelle cela psychothérapie. Qu’il s’agisse d’hypnose, de suggestion, de persuasion, d’exhortations, d’incantations, le principe est toujours le même : faire accepter l’idée de guérison par le malade, c’est-à-dire intégrer l’idée dans l’inconscient.

Quand cette idée est acceptée et digérée, elle agit et fréquemment la guérison survient, plus ou moins rapidement, quand il n’y a pas de lésions organiques graves.

On peut donc formuler une première loi : la suggestion agit à condition sine qua non de se transformer en autosuggestion et ce mot nous le définissons : l’action d’imposer une idée à soi-même par soi-même.

C’est pourquoi il faut bien peser la formule de suggestion à employer. Une fois cette suggestion mise au point et acceptée consciemment, il suffit de la faire pénétrer mécaniquement dans l’inconscient. Pour cela deux facteurs importants sont nécessaires : la détente et la répétition monocorde.

Toute idée a immédiatement tendance à se réaliser, soit sous forme d’état émotif ou physiologique, soit sous forme d’acte. Lorsque je pense à un bon mets, l’eau me vient à la bouche, de même que, si je pense à une démangeaison ou si l’on se gratte devant moi, ou si l’on parle de puces ou de poux devant moi, il me vient l’envie de me gratter.

Tous les systèmes publicitaires sont basés sur la puissance de l’imagination qui actionne les ressorts moteurs des individus quels qu’ils soient.

Vous devez donc faire attention à ce que vous pensez et surtout à ce que vous ressentez. Si vous avez toujours des idées noires, ces idées sont des autosuggestions qui finiront par se matérialiser.

Dans la maladie et quand il s’agit de troubles fonctionnels ou de troubles dus à une émotion, sous l’effet d’une suggestion (idée imposée) même générale d’amélioration, l’inconscient saura discerner l’organe atteint et l’origine du mal. Tout ce processus inconscient nous conduit à une deuxième loi, celle de la finalité de l’inconscient, c’est-à-dire que l’inconscient est plus intelligent que notre petit moi et connaît le moyen de guérir ou la solution du problème.

Nombre de découvertes ont été faites pendant le sommeil par l’inconscient.

Si donc vous souhaitez acquérir la maîtrise de vous-même, vous devez commencer par élaborer une autosuggestion que vous vous administrerez tous les soirs, soit par vous-même, soit par l’intermédiaire d’un magnétophone et qui visera à l’obtention du calme. Vous pouvez dire par exemple :

« Chaque jour, je suis de plus en plus calme. Rien ne peut entamer mon sang-froid. Je garde en toute circonstance une parfaite lucidité d’esprit. Je n’ai plus de mouvements d’impatience ou de colère. Je suis toujours en possession de tous mes moyens et les choses qui m’ennuyaient, m’agaçaient, m’irritaient, me laissent, dorénavant, absolument indifférent et calme, très calme ».

D’un autre côté, il faut prendre l’attitude de l’homme ou de la femme calme au cours de la journée, ce qui complètera l’autosuggestion du soir. N’oublions pas qu’il y a une liaison réversible entre les sentiments et leur expression. Il vous appartient donc de prendre une allure de quelqu’un qui a confiance en lui-même en relevant la tête, en regardant votre interlocuteur à la racine du nez et en prenant une voix haute et ferme. Vous devez prendre le comportement du chef qui sait s’imposer, de l’homme courageux qui sait faire face à toutes les situations.

Peu à peu ces attitudes de calme et de force provoqueront les émotions positives correspondantes, à savoir, le calme, le sentiment d’être fort, imperturbable et sûr de soi. Puis ces attitudes deviendront des automatismes et feront partie intégrante de votre personnalité. Vous aurez acquis, ainsi, la maîtrise de vous-même.

,

L’idée qui agit sur les plaies

Des eczémas, des plaies de toutes sortes, peuvent guérir par l’idée. Les guérisons de Lourdes : Le cas de Gargam : ulcérations aux jambes qui se cicatrisent. Le cas de Rudler : fracture compliquée de plaie suppurante.

Le Dr Teste et le cas de Mme Périer : fistule et ulcération d’intestin. – De 2 incisions semblables faites au bistouri sur les avant-bras, l’une « magnétisée », guérit plus vite que l’autre.

Les guérisons de Lourdes

N’est-ce pas par ce même mécanisme vasodilatateur créé par l’idée que des eczémas, des dermatoses de toutes sortes, peuvent apparaître à la suite d’une émotion. Et la vasoconstriction d’origine émotive peut très bien expliquer la guérison d’affections cutanées, même graves et anciennes.

Les guérisons de Lourdes abondent en faits de ce genre. De vieilles plaies suppurantes se cicatrisent après l’immersion dans la piscine ou après le passage du Saint-Sacrement.

Nous ne trouvons pas exorbitant qu’un malade, atteint d’une plaie, crée en lui sous l’action de l’émotion religieuse, au niveau de cette plaie, des réactions nerveuses vasoconstrictrices capables de diminuer l’exsudation de sérum sanguin, donc de diminuer les sécrétions morbides.

Et de la diminution à la suppression, il n’y a qu’un pas.

Il est connu le cas de Gargam, cet employé des postes qui guérit à Lourdes, et dont le Docteur Le Bec raconte l’histoire. (Rev. de Philosophie. Janv. – Fév. 1922). Gargam, à la suite d’une collision de trains, fut paralysé à la partie inférieure du corps. Peu de temps après l’accident apparaissent des troubles de nutrition des tissus au niveau des orteils, puis des ulcérations autour des ongles.

Le Bec conclut : « lésion de la moelle avec troubles trophiques ». On mène le malade à Lourdes. Instantanément il guérit de sa paralysie. « Les troubles trophiques n’ont pas guéri tout de suite ; ils ont demandé plusieurs jours » (Le Bec ne dit pas combien).

Croire que la Sainte Vierge guérit

Le même auteur relate le cas, bien connu des catholiques, du bûcheron Pierre de Rudler qui, en 1867, avait eu la jambe cassée par la chute d’un arbre ; fracture compliquée de plaie. On mit un appareil. La plaie s’enflamma. Elle suppura 8 ans.

Au cours de la maladie, un fragment d’os de 6 cm s’élimina. On voulut amputer le membre : il existait un trou par lequel on voyait sortir les 2 bouts d’os qui se refusaient à se souder.

Désespéré, de Rudler se décide à invoquer la Sainte Vierge dans une grotte, près de Gand, à Oostacker. Il se place sur un banc. Il prie.

Tout à coup, écrit Le Bec, « il éprouva une commotion violente… il comprit qu’il était guéri…, il se mit à courir (?) (on ne dit pas si la plaie s’est fermée dans les jours qui suivirent ; c’est regrettable).

Le Bec continue : « il survécut 24 ans, et est mort d’une congestion pulmonaire des vieillards. On a enlevé le squelette de ses jambes après sa mort, et on en fait un moulage. On m’a fait l’honneur de me donner ce moulage que je vous présente : vous pouvez voir qu’il y a bien eu fracture ».

Guérir par le magnétisme

Le Dr Teste, dans son livre Magnétisme animal, cite le cas d’une dame Périer qu’il guérit par le magnétisme de « fistules et ulcères au rectum, avec rétrécissement de cet intestin ».

Depuis 11 ans, dit Teste, cette dame avait son affection qui suppurait. Mme Périer voulut être magnétisée tous les jours. On était le 6 novembre. Le 20 novembre, 2 des plaies du rectum étaient guéries. Le 21, les douleurs du rectum étaient presque dissipées. Le 25, la malade déclare que les plaies étaient guéries et que le trou fistuleux était fermé.

Magnin a relaté l’expérience suivante : il prie un confrère de lui faire, sur chacun des avant-bras, à l’aide d’un bistouri, une incision.

Le confrère s’efforce de faire les 2 incisions aussi semblables que possible en profondeur et en longueur. Le même pansement couvrira les 2 blessures. Une seule condition sera différente : Magnin se fera « magnétiser » le bras droit, et pas le gauche. L’auteur affirme que l’avant-bras droit a été cicatrisé avant le gauche.

,

L’idée qui remue l’intestin

Preuves de l’action de la pensée sur l’intestin : l’émotion qui donne la diarrhée ; les pilules de mie de pain qui purgent.

La cure de la constipation par la rééducation motrice intestinale. Expériences qui démontrent l’action de la volonté sur l’intestin. Comment les réaliser sur soi-même. Une curieuse expérience de Sollier.

La musculature intestinale est, comme celle de l’estomac, très sensible à l’idée. Si l’émotion donne la diarrhée, c’est peut-être presque autant par stimulation motrice de l’intestin que par stimulation sécrétoire.

Avoir un intestin bien réglé c’est s’imposer chaque jour une heure fixe pour exécuter la fonction

Une des causes fréquentes de la constipation, c’est l’absence d’heure fixe pour se présenter à la selle. À ne pas se contracter tous les jours à la même heure, le muscle intestinal perd l’habitude de fonctionner.

Qui veut avoir un intestin bien réglé doit s’imposer chaque jour une heure fixe pour exécuter la fonction. On s’éveille à heure fixe, on se lève de suite, on déjeune puis, invariablement, le petit endroit.

La présentation à heure fixe vaut beaucoup mieux que le meilleur des laxatifs et guérit, on peut dire toujours, les paresses intestinales les plus invétérées. Elle est une magnifique suggestion motrice.

Les pilules de mie de pain, et quantité de remèdes que le médecin emploie souvent, doivent leur pouvoir laxatif à l’idée. N’importe quel produit peut donner des coliques, c’est-à-dire créer des con­tractions intestinales douloureuses, si l’on croit qu’il peut donner la colique.

Une de nos malades qui croyait s’être empoisonnée (elle croyait avoir avalé de la strychnine, alors qu’elle avait, en réalité, bu du sirop d’écorce d’orange amère), eut des coliques terribles, tant que nous ne lui eûmes pu démontré, en buvant nous-même au même flacon, qu’elle s’était lourdement trompée.

Ce que la suggestion réalise, la volonté consciente peut le réaliser

Combien de constipations rebelles, de cause musculaire, avons-nous améliorées ou guéries par rééducation motrice de l’intestin, nous ne saurions le dire.

Nous nous efforçons d’abord de prouver à notre constipé que nous pouvons, par simple affirmation, faire apparaître dans son colon des contractions. Nous lui faisons sentir ces contractions sous sa main posée sur le ventre.

Lorsqu’il a acquis la certitude expérimentale que son intestin remue par l’effet de notre suggestion, nous l’aidons à produire le même résultat par autosuggestion : « Vous pouvez, par vos propres énergies nerveuses, faire mouvoir vous-même votre intestin…, essayez… ».

Et le patient ayant réussi, nous l’engageons à se livrer, régulièrement chaque matin, au moment où il s’efforce d’exécuter sa fonction, à une sorte de gymnastique interne qui imposera au colon des ondes contractiles allant lentement, régulièrement de la région droite de l’abdomen (cœcum), à la région gauche (rectum), et montant d’abord verticalement vers le foie, puis traversant l’abdomen horizontalement au niveau de l’ombilic pour redescendre enfin vers la fosse iliaque droite.

Ce que la suggestion réalise, la volonté consciente peut le réaliser.

Un organe sain obéit mieux qu’un organe malade

Au cours de la série de Conférences 1922-1923, faite à l’Institut de Médecine Naturelle, nous avons exposé qu’on peut, par un entraînement assez facile, parvenir à faire mouvoir son gros intestin presque à son gré.

On choisit un moment où l’on sent dans la partie droite du gros intestin (dans le cœcum et le colon ascendant) la présence de quel­ques gaz, présence qui se manifeste par une sensation de gêne, de tension, à l’endroit en question, et qui se fait voir par une saillie plus ou moins ovoïde sur la paroi abdominale. S’allonger sur le dos, mettre à plat une main, à nu sur le cœcum.

S’assurer que la région est bien immobile. Alors, et sans bouger la main, et sans contracter le moins du monde la paroi (car ce serait tricher), envoyer mentalement au colon ascendant un ordre de contraction.

Se dire, par exemple : « sous ma main, mon intestin se contracte ; il pousse les gaz en haut… ». Si l’on sait se servir de sa pensée, une onde con­tractile ne tarde pas à se créer, qui chasse devant elle les gaz.

Quand on a l’habitude, on peut, à son gré, créer une onde con­tractile dans un sens, l’arrêter à peu près où l’on veut, par exemple à l’angle du colon ou au milieu du colon transverse. On peut même créer une onde inverse, allant du colon descendant vers l’ascendant. Cette expérience est plus difficile.

Les gens à gros intestin très mou, trop mou, réalisent difficilement ces curieux essais. Nous avons d’autre part constaté que certains, qui réalisent assez facilement des mouvements à volonté dans leur colon lorsqu’ils ont un intestin à peu près normal, ne peuvent plus les réaliser s’ils font une crise de fermentation, d’entérite ou de cons­tipation un peu sévère. Cela, d’ailleurs, se conçoit : un organe sain obéit mieux qu’un organe malade.

L’action que peut exercer la pensée sur l’intestin

Voici maintenant une curieuse observation due à Paul Sollier, qui vient à l’appui de ce que nous venons de dire sur l’action que peut exercer la pensée sur l’intestin. Le fait que la malade de Sollier a « vu » le phénomène se produire, ne change rien au phénomène lui-même.

« La malade dont il s’agit, dit Sollier, avait avalé au mois de mars 1912 une épingle. Toutes les tentatives pour la lui faire rendre avaient échoué. Un jour, où je lui disais, au cours d’une séance d’hypnose, de réveiller la sensibilité de son intestin, de la sentir, elle s’arrêta tout à coup en disant que « ça la piquait ». J’insistai.

Elle fit encore quelques mouvements et s’arrêta de nouveau en disant que « ça lui faisait réellement trop mal… ». Mais je la vois très bien (continue la malade), ce n’est pas la petite épingle que j’ai avalée il y a 2 mois, c’est celle que j’ai avalée il y a 6 mois, je la recon­nais.Mais je croyais bien l’avoir rendue depuis longtemps. Elle est piquée dans mon intestin de telle façon qu’elle ne pourra plus sortir. Je souffre beaucoup.

J’interrompis la scène.

« Le lendemain, je rendors la malade et la questionne à nouveau. Elle me décrit, comme la veille, la situation exacte de l’épingle. Je lui demande alors si elle peut la déplacer. Elle fait quelques mouvements et me dit que c’est très difficile, car chaque mouvement l’enfonce davantage.

« Il faudrait, me dit-elle, que je fasse remuer mon intestin en sens inverse, et c’est très difficile. » – « Essayez ! » Elle fait d’autres mouvements et me dit : « Elle bouge, je l’ai fait bouger d’un centimètre, elle commence à ressortir, mais ça saigne et je n’ose plus bouger. »

J’arrête la séance. Journée mauvaise avec hoquets, nausées, sensation de douleur et de chaleur dans l’abdomen. »

« Le 3è jour, je la rendors. Elle me dépeint tout l’intérieur de son ventre rouge. Je lui dis de faire partir l’épingle de la place occupée. Elle fait des efforts…

« Je comprends à ses explications qu’elle est obligée de faire faire à son intestin des contractions anti-péristaltiques. Elle me dépeint les positions successives que prend cette épingle : elle se repique, elle s’accroche, elle tourne, elle bouge, elle se heurte à la paroi, etc.

« Enfin, après 15 minutes environ, elle est sortie. Elle est maintenant libre dans l’intestin, mais il faut que je la fasse descendre. – J’arrête la séance.

« Le 5è jour, je recommence. Elle me dit que l’épingle est passée dans le gros intestin. Enfin, le 6è jour, je l’endors et lui dis de faire avancer l’épingle… Je lui fais administrer un lavement pour en faciliter l’expulsion…, et elle rend cette épingle »

Transformez vos passions et vos objectifs en réalité

Passant vos passions en réalité vous oblige à faire beaucoup de choses. Maintenant que vous savez comment trouver votre passion et vivre de votre passion, vous avez besoin pour vraiment faire de votre passion une réalité. Voici que vous pouvez faire pour y arriver.

Croire

La chose la plus importante pour réussir est de croire en la réussite. Vous pouvez être vraiment efficace, mais si vous n’y croyez pas, alors vous ne devez même pas essayer de commencer. Vos compétences sont dans votre esprit et vous avez le contrôle total de votre réussite. Il ne s’agit pas d’impressionner les gens. Vous pouvez croire sans avoir à en parler à qui que ce soit. Croyez-y. Détendez-vous et croyez que vous réussirez et un jour vous serez très heureux de vous asseoir sur le plateau de Oprah Winfrey show (programme TV américain) pour parler de votre passion et comment vous l’avez transformé en réalité. Croyez-y et sentez-vous habilité, pensez à ce que vous allez entreprendre et comment vous allez réussir.

Attitude

Votre attitude peut vous aider ou vous briser. Vous devez maintenir une attitude positive. Soyez positif en tout temps. Ne laissez pas les petites choses vous démoraliser ou vous contrarier. Vous vivez votre passion et chaque obstacle est maintenant une expérience d’apprentissage. Maintenant vous avez besoin d’avoir une attitude positive dans tout ce que vous faites avec votre entreprise et votre passion.

Quand vous avez une attitude positive, elle vous aide à mieux réussir avec votre activité ou votre passion. Vous devez avoir une attitude positive et y croire. Lorsque votre attitude est positive et vos perspectives sont bonnes, les choses vont commencer à fonctionner en votre faveur, le plus souvent que jamais. Il s’agit de la façon dont vous voyez les choses et non pas comme elles sont vraiment mauvaises. Vous transformez les choses d’une mauvaise situation. Votre attitude est ce qui va les rendre positives.

Améliorez votre idée

Si vous êtes dans une situation où vous ne pouvez pas faire de votre passion une réalité d’aujourd’hui, il vous sera nécessaire de parfaire vos intentions. Vous pouvez prendre votre idée et examiner tous les détails. Schématisez le plan de votre projet ou activité dans tous les détails que vous devrez prendre en considération. Pendant que vous êtes dans une période d’attente, vous avez encore beaucoup de choses à faire. N’interprétez pas une période d’attente comme un signe pour ne pas démarrer ou comme une excuse pour tergiverser.

Créez une dynamique

La meilleure façon de créer une dynamique lorsque vous travaillez sur votre passion est d’agir sur les idées que vous avez. Agir tout de suite et ne pas s’asseoir autour de quelque chose ou de venir à vous. Il en va de même pour un problème dont vous avez besoin pour réparer. Vous avez besoin d’agir sur lui. Vous devez être le plus réactif possible pour commencer à construire une dynamique difficile à briser. Votre paresse disparaitra et vous serez plus productifs.

Soyez conscient de vos ressources

Soyez conscient de vos ressources pour arriver à tirer le meilleur parti de vos ressources. Vous pouvez ne pas avoir beaucoup d’argent et avoir besoin de trouver des solutions comme par exemple pour garder vos enfants et faire vos courses. Vous pouvez trouver des amis ou d’autres personnes qui vous soutiennent pour vous aider. Si vous êtes à court de ressources, vous pouvez en parler à des amis ou à des gens qui peuvent vous aider à résoudre ce problème.

La créativité dont je vous ai parlé dans les chapitres précédents de cet ebook va être mise à l’œuvre maintenant. Vous pouvez ne pas avoir d’argent ou les ressources dont vous avez besoin. Vous devez être créatif sur des choses que vous pouvez faire. Si vous êtes un écrivain sans ordinateur alors vous pouvez aller à la bibliothèque publique et en utiliser un gratuitement. Trouvez des ressources que vous pouvez utiliser pour faire une réalité de vos passions.

Sacrifice et Beaucoup de Travail

Dans la plupart des cas quand quelqu’un travaille à une passion est prêt à travailler dur et prêt à sacrifier un peu de tout.

La première fois que vous commencer avec votre nouveau travail, vous trouverez peut-être que vous êtes très mauvais au début. On ne peut pas s’attendre à un succès durant la nuit. Ça va prendre du temps mais l’important est que vous ferez ce que vous aimez. Il vous sera nécessaire de travailler de longues heures et le sacrifié du temps familial et beaucoup d’autres choses. Le sacrifice est la chose la plus importante que vous pouvez faire si vous voulez réussir.

Il n’existe pas de substitut pour le dur travail, si vous voulez atteindre vos objectifs. Seulement, c’est vous qui définissez les objectifs que vous voulez atteindre et vous devrez travailler très dur pour arriver là où vous voulez être. Sacrifiez de longues heures, de la sueur et des larmes, parce qu’elles seront récompensées à la fin.

Organisez votre vie

Organisez votre vie autour de votre passion. Vous avez commencé dans la nouvelle activité ou passion que vous voulez réussir. Commencez à vivre la journée réussie dont vous avez toujours rêvé. Par exemple, vous vous levez tôt le matin, vous prenez le petit déjeuner, vous lisez le journal, vous visitez votre blog, etc. Organisez votre temps de vie utile, est sain pour vous. Planifiez votre temps avec des exercices et des bonnes décisions. Assurez-vous aussi de dormir assez. Au début, vous aurez besoin de consacrer un bon nombre d’heures pour être efficace, mais vous ne pouvez pas manquer le sommeil dont vous avez besoin ou vous aurez des difficultés à profiter de votre passion. Travailler dans sa passion signifie aussi de pouvoir se reposer. L’organisation adéquate vous permettra de réussir et d’être plus productif.

Visualisez et Méditez

Visualiser est très important si vous voulez travailler dans votre passion. La méditation et la visualisation vous aident à voir où vous en êtes et ou vous allez avec votre passion. Vous avez des idées et vous avez besoin de les visualiser. La méditation permet à vos idées de se manifester à l’intérieur de vous pour qu’elles se réalisent. Vous devez manifester vos désirs pour être sur qu’ils se réalisent.

La volonté

L’homme, microcosme, autrement dit résumé de l’univers, peut disposer de diverses forces naturelles pour développer son bien-être physique, intellectuel et moral.

En général, il connaît imparfaitement ces forces et ne sait pas suffisamment s’en servir. Acquérir cette connaissance et cette science, c’est précisément apprendre comment on peut réussir dans la vie.

La plus importante de ces forces naturelles, c’est la volonté.

Pourquoi devons-nous éduquer notre volonté ?

Nous la possédons tous à un certain degré. Il est en notre pouvoir de l’augmenter et il est nécessaire de l’éduquer.

Quand la volonté est réfléchie, éclairée, inébranlable, elle constitue une force merveilleuse. D’une telle volonté, on est fondé de dire qu’elle peut tout.

Nous voyons cependant des personnes possédant une grande force de volonté ne pas réussir dans la vie. C’est parce qu’elles ne l’ont pas suffisamment éduquée. Il faut l’éduquer pour la mettre en harmonie avec nos facultés intellectuelles et physiques.

Comme toutes les forces naturelles, la volonté est une force latente dont il faut apprendre à faire un judicieux emploi.

Cette force peut être comparée à celle emmagasinée dans le ressort remonté d’une horloge. Si tout est bien en ordre dans le mécanisme de celle-ci, la force accumulée dans le ressort se transmet aux rouages, les met en mouvement ; son débit est régularisé par le balancier et l’hor­loge remplit sa fonction aussi longtemps qu’il reste de la force dans le ressort. Si quelque chose cloche, si le balan­cier ne marche pas, si les rouages manquent d’huile, la force emmagasinée dans le ressort existe bien, mais elle ne peut produire son effet.

Si l’échappement est dérangé, il se peut que la force ne soit plus maintenue dans le ressort, qui se détend précipitamment, et qu’elle soit dépensée en pure perte.

Il en est de même de la force hydraulique. Abandonnée à elle-même, la force de chute d’eau d’une rivière est généralement inutile et même parfois dévastatrice. Par l’établissement de canalisations et de turbines, elle peut être, pour ainsi dire, domestiquée, amenée à rendre les services les plus précieux.

C’est une force latente souvent perdue que l’homme, par l’empire qu’il prend sur elle, peut rendre utile et productive dans la plus grande mesure.

Il en est de même de la force de volonté. Nous en possé­dions tous dans une mesure suffisante, mais peu nombreux sont ceux qui en savent tirer tout le parti convenable.

Éduquer sa volonté, c’est apprendre à tirer le meilleur parti de cette force que nous possédons.

Ainsi qu’en font foi ces anciennes devises et axiomes : « Vouloir c’est pouvoir », « Avec la volonté on vient à bout de tout », « Le monde est aux vaillants », « À cœur vaillant rien d’impossible ». Les hommes ont dès longtemps reconnu la puissance de la volonté, de la vaillance, comme on l’appelait.

Pourquoi est-il si important de développer la force de volonté ?

Au commencement du siècle passé, le philanthrope et homme d’État Thomas Buxton disait qu’un jeune homme pouvait devenir à peu près tout ce qu’il voulait, pourvu qu’il formât une forte résolution et s’y tînt.

Dans son Self Help, Samuel Smiles dit : « C’est la volonté qui donne à l’homme le pouvoir de faire et d’être tout ce qu’il s’est mis dans la tête qu’il ferait ou serait ».

Paul Doumer, dans son Livre à mes fils, déclare que, « dans l’inévitable lutte pour l’existence, l’homme de vo­lonté énergique réussit mieux que tout autre », et encore : « Il faut exercer sa volonté sans trêve ni repos, l’appliquer à son propre perfectionnement, en même temps qu’à tous les actes de l’existence ».

De telles citations, que je pourrais multiplier, mon­trent qu’il est très important de développer la force de volonté. En réalité, cette force est le souffle de vie qui nous anime.

Être apathique, insouciant, paresseux, distrait, etc., c’est être pauvre en toutes choses ; c’est être une créature inférieure, un dégénéré.

Avoir une volonté ferme, intelligente et bienveillante, c’est, au contraire, être bien vivant, une créature complète. Ceux qui la possèdent forment l’élite de l’humanité.

Il faut donc avoir de la volonté. On l’entend, du reste, assez souvent dire, et il ne doit pas me suffire de le répéter. Autant vaut le dire à un aveugle : « Il faut voir clair ».

Les Orientaux, les Hindous surtout, ont reconnu depuis bien des siècles la puissance de la volonté. Plus pratiques que nous, ils ont cherché et découvert les moyens d’augmenter celle que nous possédons et surtout de l’employer utilement.

Ce sont ces moyens que je veux indiquer ici et qui nous permettront de réussir dans la vie.

La timidité : ennemie de la santé

la reussite est en moiLa timidité est une sensation dont les con­séquences physiologiques sont très caracté­risées.

“Elle peut, dit Yoritomo, avoir, en maintes occasions, une influence néfaste sur la santé, car il n’est pas sans danger, pour le bon équi­libre du corps, de ressentir les émotions par lesquelles passent tous les timides.

“Lorsqu’elle arrive à ce degré de concen­tration qui force le système nerveux à action­ner tout le système musculaire, il en résulte un mouvement de contraction dont la répercussion a souvent des suites fâcheuses.

La timidité cause le bégaiement

“Ce phénomène de contraction, en ame­nant le trouble et l’embarras, provoque tou­jours un balbutiement prononcé qui, chez les gens très nerveux et surtout chez les enfants mal surveillés, devient en peu de temps une véritable infirmité : le bégaiement.

“On peut constater que les gens qui en sont affligés serrent leurs lèvres avec d’autant plus de force que la timidité, inhérente à leur na­ture, agit sur eux avec plus de puissance.

“Car sous la poussée des sentiments dont nous avons déjà constaté la silencieuse vio­lence, les muscles de la face et ceux de la bouche subissent des mouvements qu’il est impossible de réprimer.

“À ces causes physiques, il faut ajouter aussi le désarroi moral qui s’augmente de la honte causée par la difficulté de l’élocution.

“Bientôt, si une sollicitude intelligente n’intervient pas, les timides en arrivent à ne plus pouvoir prendre la parole sans se trouver arrêtés par ce nouvel embarras, qui achève de les jeter dans une confusion définitive.

“Le timide, nous l’avons déjà dit, est, de par la nature de son défaut, un isolé ; mais celui qui est atteint de bégaiement finit par prendre en horreur tout ce qui sert de prétex­te à la manifestation de son infirmité.

“Aussi n’est-il pas rare de voir les bègues atteints d’une hypocondrie dont les origines remontent à l’éclosion de leur timidité.

Comment guérir les bègues

“Il y a plusieurs façons de guérir les bègues et toutes ont donné quelques résultats, mais le moyen véritable, le seul qui soit infaillible, réside dans une volonté ferme, appuyée sur les préceptes de l’énergie.

“C’est ce qui manque le plus aux timides et voilà pourquoi celui qui a entrepris de les guérir doit s’armer d’une patience basée sur la persévérance et la force du vouloir.

“Car n’importe quel traitement, si excellent soit-il, ne pourra aboutir tant que le malade ne sera pas sorti de cet état de timidité qui le déprime et le met dans l’impossibilité de sou­tenir une lutte contre lui-même.

“C’est en effet contre lui-même que le timi­de doit être défendu et protégé, et avant d’en­treprendre de le ramener à la santé, – c’est-à-dire à l’état normal qui lui assurera le bien-être physique, – il faut savoir le prémunir contre la fréquence des accès de timidité qui viendraient entraver l’effort vers la guérison.

“Une cure d’énergie est aussi nécessaire – sinon davantage – que le traitement dans les cas de bégaiement.

“L’important est, avant tout, de persuader au malade qu’il “peut” s’il “veut” se débar­rasser de cet inconvénient grave.

“C’est moins à titre de patient qu’à titre de collaborateur qu’il faut l’admettre, et cette distinction ne doit pas lui être cachée.

“Une entière confiance doit être éveillée en lui en ce qui regarde la personne qui le traite.

“Cette dernière partie de la tâche est cer­tainement une des plus délicates et des plus difficiles, aussi, car le timide est, de par la na­ture de son défaut, très peu porté à la fran­chise.

La nature du timide l’empêche de se mettre en valeur

“Il est, presque toujours, très enclin au mensonge et les rares fois où il paraît s’épan­cher, c’est presque toujours pour raconter des faits dans lesquels la vérité est fortement travestie.

“Ceci, nous l’avons dit maintes fois, prend sa source dans le désir ardent qu’il a de jouer un rôle. Sa nature l’empêche de se mettre en valeur par des faits en rapport avec son imagination, mais ces faits, il les a souvent si réellement vécus par la pensée qu’il n’est pas en­tièrement convaincu de leur irréalité.

“Ces demi-mensonges se rapportent pres­que toujours à des événements dont il a été le spectateur et dans lesquels sa timidité lui a interdit de prendre la place que son désir lui assignait.

“De là à s’attribuer les gestes qu’il avait ré­solu d’accomplir ou les paroles qu’il n’a pas osé prononcer, il y a juste la différence qui existe entre ce que nous taxons de mensonge et ce qu’il prend pour une sorte de vérité.

“Il raconte comme un fait ce qui fut un projet très sincère, voilà tout.

“Le timide, on l’a déjà vu, grâce à l’état d’isolement moral où il se confine, en vient à se familiariser avec les idées les plus outrancières, qu’il laisse s’épanouir en son cerveau, loin du contrôle de toute discussion.

“Et parce qu’il se livre rarement, il ne man­que pas, lorsqu’il a le courage de le faire, d’ar­borer comme des étendards ces idées dont personne n’a pu lui faire comprendre la faus­seté et la puérilité.

Le timide retrouve seulement sa liberté d’esprit lorsqu’il est hors de la vue des gens

“J’ai eu pour ami, ajoute le philosophe, un homme d’un très grand mérite, qui, cepen­dant, était méconnu du plus grand nombre, car sa timidité ne lui permettait de se faire réellement apprécier que de ses intimes.

“Or, dès qu’il sortait d’une réunion où il avait été piteux, il ne manquait pas de repas­ser en son esprit les phases de la discussion, s’accusant de n’avoir pas eu le courage de donner les répliques, qui, dans la solitude, venaient à ses lèvres et de n’avoir pas lancé les réparties que son esprit très délié lui suggérait.

“Aussi ne croyait-il pas faire un réel men­songe en racontant la séance de la veille, de citer, comme ayant été prononcés, les avis très sages, les aperçus très larges et les répliques très spirituelles qu’il avait réellement conçus, mais que sa timidité lui avait empêché de for­muler.

“C’est, du reste, ce qu’il répondit lorsqu’un jour, voulant lutter contre ce défaut qui le di­minuait à mes yeux, j’entrepris de lui prou­ver qu’à la réunion où il prétendait avoir bril­lé, il était resté muet

“– C’est vrai, protesta-t-il, je n’ai rien dit mais puisque j’ai tout pensé et que la plupart de mes appréciations sont très personnelles, j’ai bien le droit de les revendiquer.”

Cette observation si juste a été résumée au siècle dernier par une expression pleine de fi­nesse : “l’esprit de l’escalier”.

C’est, en effet, dans l’escalier, c’est-à-dire lorsqu’il est hors de la vue des gens dont la présence le paralyse, que le timide retrouve seulement sa liberté d’esprit.

Il repasse alors les phases de l’entrevue, se désolant d’avoir été si terne en songeant à tout ce qu’il y avait à dire et qu’il n’a pas dit : dans son esprit, maintenant libre de contrainte, les opinions s’affirment, les idées nais­sent et les mots pour les exprimer lui arrive facilement.

Rencontre-t-il une phrase heureuse, un argument victorieux ou une répartie spirituelle, il se désole d’autant plus de me les avoir pas formulés.

Mais cependant ces mots étant bien réelle­ment les fils de sa propre pensée, il n’a au­cun scrupule de se les approprier. Il les ré­pète, au contraire, les cisèle amoureusement, et, lorsque l’occasion – pour lui bien rare – lui permet de sortir de sa réserve farouche, il se vante, de très bonne foi, de les avoir dits sans songer que les assistants, qui ont été témoins de son mutisme, sont prêts à le taxer d’imposture.

Le timide est très observateur par nature

“Le timide, remarque encore Yoritomo, est très observateur par nature, mais c’est un profit solitaire qu’il tire de cette faculté, puisque son défaut lui interdit de généraliser les efforts de ces observations.

“Il est vrai que beaucoup de timides” qui n’ont pas su se faire apprécier autrement, ont laissé des manuscrits très remarquables.

“Mais ceux-là sont la grande exception, car la nature du timide l’invitant, dès qu’il est loin du public, à grossir ses impressions, il lui est difficile dans ses écrits de distinguer la réalité du rêve et il serait curieux de con­trôler, à ce point de vue, les oeuvres que nous ont laissées ceux qui se sont occupés de fixer des points d’histoire.

“Les récits de faits amplifiés ou démesurément hyperboliques sont dus, la plupart du temps, à des timides qui ont extériorisé leurs déductions et leurs raisonnements solitaires.”

La timidité poussée au point extrême produit des troubles qui sont voisins de la folie

Beaucoup de timides sont sujets aux affections cérébrales : un grand nombre souffrent de maux de têtes qui se manifestent principalement au réveil.

Ces malaises, qui s’expliquent facilement par l’état de contraction des nerfs contri­buent singulièrement à augmenter leur misan­thropie et à annihiler les quelques vestiges de volonté qu’ils pourraient avoir.

La timidité poussée au point extrême pro­duit des troubles qui sont voisins de la folie.

On cite l’exemple de timides qui, un jour, en traversant une place, se sont trouvés an­goissés par un sentiment de solitude, de man­que de protection dont ils ont si violemment souffert qu’ils redoutent de s’exposer au re­tour de pareils tourments.

Cette hantise devient avec le temps une impossibilité physique et, au moment de fran­chir un vaste espace, ils s’arrêtent tout trem­blants et ne peuvent trouver en eux l’énergie de dompter cette crainte.

S’ils sont accompagnés, le phénomène cesse aussitôt et ils retrouvent leur aisance aux cô­tés d’un parent ou d’un familier.

Les autres troubles engendrés par la timidité

Tel autre timide ne pourra écrire devant témoins, sans être pris immédiatement de la crampe de l’écrivain.

Ses doigts se contractent sur le porte-plume, la souplesse du poignet fait place à une rai­deur invincible et un engourdissement total du bras vient bientôt l’empêcher de continuer.

S’il cesse d’être observé, tous ces malaises disparaissent : la douleur s’enfuit, le poignet retrouve sa souplesse et il écrit sans fatigue pendant de longs moments.

D’autres timides, ceux-là plus rares certainement, sont paralysés à l’idée de manger en compagnie de personnes étrangères.

L’origine de leur manie vient du souci ex­cessif qu’ils ont de l’opinion des autres. Cette préoccupation s’est muée lentement en crainte de ridicule : il leur a donc suffi d’avoir pensé un jour que l’acte de manger provoquait des gestes dépourvus de beauté, pour qu’ils aient le désir de s’en abstenir devant témoins.

Avec le temps, cette manie, comme toutes les autres, du reste, peut atteindre jusqu’à la limite des maladies connues sous le nom de phobies, qui sont, hélas ! bien proches pa­rentes de la folie.

“Il y a aussi, dit Yoritomo, une autre cause de désordre dans la santé des timides : les palpitations qui accompagnent habituelle­ment leurs accès de trouble en viennent par­fois à porter une atteinte véritable à l’équi­libre de leur organisme.

“Comme ces troubles s’accompagnent pres­que toujours d’essoufflement et de constriction des muscles, leur répercussion sur le cœur peut devenir funeste.”

Le timide n’osera pas parler de son affection

Et il accompagne ces études, si bien docu­mentées, d’une remarque qui fait le plus grand honneur à sa science si subtile du cœur hu­main :

“Que l’Être conduisant toutes choses, dit-il, préserve le timide des maladies, car son dé­faut d’expansion l’éloignera des guérisseurs qui pourraient le soulager.

“Il n’osera pas parler de son affection d’une façon qui renseignera les hommes de la science.

“Ou même, il la cachera entièrement, si elle est placée dans un endroit trop intime de son corps.

“Son manque d’énergie l’empêchera également de suivre le traitement qui pourrait faire disparaître son mal ou lui interdira la régularité des soins prescrits.

“S’il s’agit d’une décision de prendre, le timide remettra de jour en jour, jusqu’au moment où le mal aura fait des progrès qu’il sera difficile d’enrayer.

L’histoire d’un homme victime d’une timidité

“J’ai connu un homme qui vivait dans une maison, située sur les bords d’un grand marécage. Il était adonné à la métaphysique, et sa science elle-même, en l’éloignant du monde, avait été la cause première d’une timidité presque maladive.

“Les émanations qui, vers la fin de la belle saison, s’élèvent de ses terrains putrides, avaient lentement miné sa santé et il en était venu à souffrir d’accès de fièvre presque journaliers.

“J’eus l’occasion de le voir après un assez long espace de temps et je fus si frappé du changement qui s’était opéré en lui, que j’usai de mon influence pour le contraindre à consulter un médecin.

“L’ordonnance unique fut, comme je l’avais pensé, l’ordre formel de quitter sa maison pour s’établir dans un endroit plus sain.

“Les soins de la guerre m’ayant appelé loin de lui, vers cette époque, je le quittai avec la promesse qu’il obéirait au médecin. Pour­tant, j’avais avec regret constaté que ce changement inquiétait fort sa nature timide ; il s’agissait, en effet, de prendre des décisions, d’effectuer des démarches, de donner des ordres, et tout cela l’effarait un peu.

“Un an plus tard, j’avais la douleur, à mon retour, de le trouver mourant et il me confia que ce qui l’avait empêché de fuir l’habitation qui devait devenir son tombeau, c’était la “honte” de faire les gestes nécessaires à une nouvelle installation. Il n’avait pas “osé” en chercher une, paralysé par la peur des discussions d’intérêt. Quant à l’idée de l’initiative à prendre pour ordonner le transport de ses manuscrits, elle l’avait si fort troublé qu’il avait remis de jour en jour, espérant que le lendemain lui apporterait l’énergie nécessaire pour entreprendre toutes ces choses qui lui semblaient immenses.

“Il mourut peu de temps après, victime d’une timidité qui lui avait organisé une exis­tence misérable avant que de causer sa mort.

On ne compte pas les victimes de la timidité car la plupart du temps on les ignore

“Ce défaut, dans ses rapports avec la santé, devient un véritable péché lorsqu’il porte at­teinte, d’une façon plus ou moins directe, à la santé d’autrui :

“On voit des enfants souffrir parce que leurs parents hésitent à confier aux savants certaines affections dont le siège est situé dans une partie du corps dont ils ont “honte” de parler.

“D’autres petits êtres ont contracté de sé­rieuses maladies parce que les parents avaient mis en eux la “honte” de demander les ren­seignements nécessaires à l’expansion des be­soins naturels.

“On ne compte pas les victimes de la timi­dité, car la plupart du temps on les ignore.

“L’indifférence officielle du médecin cons­tate que telle personne est morte de telle ma­ladie, mais bien rarement on remonte à la cause de cette maladie, et cependant en thérapeutique il est un axiome que tous les gué­risseurs devraient ne jamais oublier : “Avant” de penser à faire disparaître le mal, il faudrait d’abord rechercher la cause qui le produit afin de la faire cesser”. C’est le seul moyen d’agir victorieusement.”

Et le philosophe nous conte, à ce sujet, une de ces anecdotes symboliques qui donnent tant de saveur à ses préceptes :

“Il y avait, dit-il, un homme possédant quelques plantations de riz qui lui venaient de son père.

“Un jour, il s’aperçut que l’ivraie avait en­vahi le terrain et il se mit en devoir de couper les mauvaises herbes.

“Mais le champ était assez vaste et cela l’occupa de longs jours ; si bien que, lorsqu’il crut avoir fini sa tâche, il s’aperçut que les parasites avaient de nouveau repoussé dans la première partie du champ.

“Il se remit donc à la besogne, mais cette fois encore, au lieu d’arracher l’ivraie, au risque de saisir quelques plants de riz l’avoisinant, il se contenta de la couper, si bien qu’elle croissait à mesure.

“Elle en vint bientôt à se multiplier au point que le bon grain, étouffé par les plantes étrangères, n’arriva que difficilement à s’épa­nouir en quelques maigres pieds de verdure.

“La récolte fut misérable et, l’année sui­vante, les herbes nuisibles, dont on avait né­gligé de couper et de brûler les racines, avaient tellement multiplié et s’étaient fait une si belle part, qu’il ne restait plus une place où déposer un grain de riz.

“Beaucoup de gens sont semblables à cet homme : ils s’émeuvent d’un malaise, se pré­occupent vivement de le soulager, mais négli­gent d’en rechercher les causes et, s’ils les con­naissent, ne font rien pour les supprimer ; en sorte que, malgré des soins, qui semblent éclairés, le mal continue de croître jusqu’au moment où il devient impossible de l’extir­per, car il a envahi tout l’organisme, comme l’ivraie avait couvert le champ.

Il est indispensable de rechercher la cause produisant le mal

“Dans les cas de timidité principalement, il est indispensable de rechercher la cause produisant le mal.

“On trouvera presque toujours au malaise physique une raison morale découlant de la tare du malade.

“C’est alors qu’il faut tout mettre en œuvre pour combattre, non le mal lui-même, qui, s’il n’est pas trop aigu, cessera dès que son appa­rition ne sera plus provoquée, mais les sources de ce mal qu’une énergie patiente parviendra bientôt à tarir.

“La timidité, on le sait, interdit tout effort physique à ceux qui en sont affligés et il est indéniable que la volonté de bien se porter entre en première ligne dans la conquête de la santé.

“Endiguer le mal, c’est bien ; le prévenir, c’est mieux ; et puisque la timidité est cause de tant d’incommodités physiques, c’est elle qu’il faut vaincre afin de réaliser la première condition du bonheur dans la vie : une âme droite dans un corps sain.

Qualités à développer obstacles à vaincre

Dans les chapitres précédents nous avons décrit les éléments et les manifestations soit externes, soit internes de la personnalité, toujours en nous plaçant plutôt au point de vue pratique qu’au point de vue purement scientifique et théorique.

C’est encore ce même point de vue pratique qui déterminera le cours de l’exposé suivant, conformément au but général de la méthode Pelman.

1. Avoir de l’Ampleur.

La première qualité à développer est celle que nous appellerons l’ampleur. Une personnalité puissante se distingue par la profondeur des conceptions, l’intensité de l’action, une force interne qui permet, sans accablement, des entreprises de grande envergure, et même plusieurs menées de front, avec une facilité toute naturelle. Ce volume de la personnalité, cette ampleur, suppose une excellente hygiène, sans abus, ni excès d’aucune sorte ; aucun gaspillage des forces, mais leur économie rationnelle ; pas de surmenage, mais un choix intelligent des diversions, aucune déperdition de l’activité réelle sous forme de vanité ou d’orgueil, de haine, de méchanceté, de mesquinerie.

Le volume de la personnalité doit s’accroître sana cesse dans l’espace comme dans le temps, en acquérant toujours de nouvelles connaissances qui permettront de porter sur les êtres ou les événements un jugement sûr et rapide. Il faut accumuler sans cesse, non pas tant des ressources matérielles, que des richesses intellectuelles.

2. Savoir se Commander.

C’est la deuxième qualité à acquérir. Sachez disposer de votre temps comme il convient selon les conseils donnés dans les Leçons précédentes. Vous éviterez toute nervosité, toute déperdition de forces. Il faut comprendre la « valeur du temps », pour le faire travailler à votre profit.

Si donc vous désirez acquérir du prestige et de l’autorité, dites-vous bien que ce ne sera qu’à condition de vous dresser d’abord vous-même à être maître de vous dans votre vie intérieure autant que vos actes extérieurs.

Il va sans dire que si un individu doué d’une forte personnalité ne l’utilise que dans des buts égoïstes, son ascendant diminuera rapidement. Les gens acceptent bien de se soumettre, mais non en esclaves. La vie sociale est un perpétuel échange de services rendus, et il est toujours facile de se dérober si la personnalité puissante dont on dépend désire vous « exploiter ». Ce qu’il y a en définitive de plus puissant, c’est l’altruisme, la subordination du moi aux intérêts généraux, nationaux et humains.

Une personnalité sera d’autant plus noble qu’elle rendra son activité plus désintéressée.

3. L’Attitude à prendre.

Elle est double: vis-à-vis de soi-même et vis-à-vis des autres. Il convient de se traiter soi-même avec autant de soin et de propreté qu’on traite son apparence extérieure, visage te mains, vêtement. On doit être aussi propre moralement qu’on l’est physiquement. Toute atteinte à cette propreté diminue la force essentielle de la personnalité, et du point de vue purement pratique et mondain, elle donne à d’autres barres sur vous. Il faut « soigner » sa personnalité comme on soigne son corps.

Arranger sa tenue, savoir qu’on est convenablement habillé est nécessaire surtout aux timides. Une mise qui laisse à désirer peut déterminer un certain embarras interne. Donc, autant s’assurer cet atout dans la lutte sociale, en adoptant une tenue propre et conforme aux habitudes du milieu. Il est d’ailleurs inutile de susciter la curiosité ou la raillerie de la foule, ou d’exciter l’appréhension de l’interlocuteur dont votre sort peut dépendre.

Aussi faut-il se traiter soi-même avec zèle et respect. Sans doute l’humilité devant Dieu, devant un grand idéal, devant les progrès à accomplir est une vertu ; l’orgueil, la vanité sont des faiblesses.

Quiconque possède une personnalité forte et harmonieuse n’en tire pas gloire ; il a autre chose à faire: agir. Cependant il est bon dans la vie pratique non seulement de savoir ce qu’on vaut, mais de leur montrer aux autres – sans exagération et à propos évidemment. Dans la vie sociale actuelle il n’y a pas de place ni pour les timides, ni pour les hésitants, ni pour les humbles ; chacun doit conquérir sa place au soleil, lutter contre les compétitions et les concurrences.

Ceci n’oblige personne à devenir arrogant ou agressif: au contraire, les personnalités les plus fortes sont les plus modestes et les plus simples, car elles ne risquent pas d’être amoindries par les pressions extérieures. Il arrive toujours une occasion où leur personnalité passe au premier plan et où l’on fait appel à elle pour guider et conseiller.

Donc augmentez votre puissance interne, mais conservez-la en vous, sans l’imposer aux autres ni la leur dérober, de même que vous n’usez de votre force musculaire que si besoin est, nullement pour « épater la galerie ». Ni vaniteux, ni orgueilleux, ni aplati, telle doit être l’attitude du vrai Pelmanisme, toujours disposé à bien faire, à aider, à prêter secours ; bref, à faire profiter les autres de ses qualités innées ou acquises.

Par rapport à autrui, son attitude sera de respect et d’estime. Ce principe est fondamental. On n’y contreviendra que si l’on a des preuves que l’autre personne ne mérite pas cette estime ou ce respect. Aidons autrui à développer sa personnalité sans lui imposer la nôtre.

La véritable autorité ne se fonde pas sur l’obéissance passive ou sur l’amoindrissement d’autrui, mais sur une compréhension mutuelle, systématiquement voulue. Il est bon de vouloir que les autres se perfectionnent aussi. C’est le seul moyen d’une amélioration des conditions sociales.

Une personnalité aime à traiter avec d’autres personnalités, non avec des faibles. Devant quelqu’un de plus puissant et de plus développé que vous, restez vous-même ; devant quelqu’un d’inférieur, restez encore vous-même. Dans le premier cas, ne soyez pas timide ; dans le second, pas arrogant.

4. A Chacun sa Personnalité.

Ne croyez pas que seuls les individus exceptionnels puissent prétendre à une personnalité. Il y a en chacun de nous les amorces, mais qui resteront à l’état latent si nous ne travaillons pas à notre développement.

L’attitude foncière que nous prenons, le plus souvent, à l’égard de la vie, celle qui traduit les réactions de notre tempérament et de notre caractère devant les circonstances extérieures: voilà l’élément de notre individualité qui peut devenir le centre de notre personnalité. Que faut-

il pour effectuer ce développement ? Une pleine conscience de nous-

mêmes, et une ferme volonté de nous réaliser.

Une pleine conscience de nous-mêmes: cela ne signifie pas que nous devions percevoir tout ce qui se passe en nous ; la leçon XI montrera que cette connaissance intégrale est impossible. Mais cela signifie que nous nous rendions très nettement compte de l’attitude constante ou préférée qui exprime notre nature.

Une ferme volonté de nous réaliser: autrement dit nous ne posséderons une personnalité que si, étant ce que nous sommes nous prétendons devenir davantage, en liant nos ambitions à nos ressources actuelles. On parachève, on rectifie ses dispositions naturelles. C’est ainsi qu’un artiste en jardins utilise la conformation du sol, la disposition des bouquets d’arbres, pour créer un parc ; ou qu’un sculpteur de pierres dures ou de camées tire parti des singularités de la matière à travailler pour exécuter son dessein.

Ainsi, acceptation de certains aspects de nous-mêmes, et ferme propos de construire, sur cette base, un nous-mêmes plus cohérent, plus puissant, plus complet.

5. Obstacles à vaincre.

Chacun de nous possède une personnalité à un degré plus ou moins élevé. Mais comment se fait-il que si peu d’entre nous la développent ? C’est qu’un grand nombre d’obstacles doivent être vaincus ; pour les vaincre, il faut les connaître. Ils se divisent en deux groupes: ceux qui empêchent le développement du jugement personnel et ceux qui entravent la libre expression de la personnalité.

Parmi les obstacles du premier groupe on rencontre: la paresse d’esprit, ou recherche du moindre effort intellectuel: la soumission instinctive aux opinions d’autrui, par manque d’esprit critique ou entraînement insuffisant du raisonnement et de la logique ; le manque d’observation, qui fait qu’on passe dans la vie sans regarder et sans écouter, sans réfléchir ni contrôler, bref, qu’on mène une existence presque aussi inconsciente et incomplète que les animaux. De sorte que, au lieu de juger par soi-même, on accepte les jugements tout faits des autres ; et quand les circonstances vous obligent à livrer bataille, on se trouve désarmé par avance. C’est alors qu’on ressent le besoin d’une personnalité capable de s’affirmer et de résister à l’orage, et qu’on regrette d’avoir laissé passer ses années de jeunesse sans consacrer au développement de soi-même une partie au moins du temps libre.

Les causes de l’insuffisance d’expression de la personnalité sont plus ou moins en relation avec celles qui viennent d’être énumérées. A la paresse d’esprit correspond directement la paresse d’élocution ; moins on a de connaissances générales et d’idées, moins on a de sujets de conversation.

A ce même groupe d’obstacles appartiennent encore la timidité et la crainte, dont il a été parlé dans le chapitre précédent, le manque de confiance en soi, faiblesse plus générale et plus profonde que la timidité, et qui fait que dans certains cas on se sent comme en dehors et à coté du reste de l’humanité ; l’amour de la solitude et un certain dégoût pour la société de ces semblables ou de ceux d’entre eux qui n’appartiennent pas à la même profession ou au même milieu, attitude qui est souvent ressentie par les autres comme une offense et suscite leur antipathie ; par suite, cet isolement s’accroît avec les années et l’usage de la parole se réduit au minimum indispensable à la vie quotidienne.

On peut ajouter certains facteurs spéciaux, comme le bégaiement des timides ; le trac, ou angoisse quand on doit parler ou chanter en public, le dégoût de toute activité dû à un échec aux examens ou à la perte de l’idéal par suite de circonstances exceptionnelles (guerre, épidémie, etc.).

L’effort à fournir consiste donc en l’écartement de deux sortes d’obstacles: l’ignorance ou l’illusion qui nous cache à nous-mêmes, l’apathie routinière qui nous persuade de rester ce que nous sommes.

Ce ne sont là d’ailleurs que les plus graves empêchements. D’autres, moins décisifs à eux seuls, deviennent, en s’additionnant, des obstacles lourds à lever: pusillanimité, attachement aux préjugés, timidité.

6. Pusillanimité.

Des étudiants nous ont avoué de la façon suivante ce qui les retenait de se forger une personnalité:

  1. « je n’ose pas me montrer tel que je suis. Je me sens gêné par la personnalité des autres. Je redoute leurs critiques. »
  2. « Je n’ose pas affirmer mes droits. »
  3. « Je crains de ne pas être à la hauteur des mes tâches. »
  4. « J’ai peur de la malchance. »

Apeurés devant autrui, devant l’entreprise, devant eux-mêmes, devant la vie, ces gens se vouent à une stagnation misérable. Pourtant, presque aucun individu n’est tellement démuni de qualités qu’il ait le droit de désespérer de lui-même. Si, au lieu d s’obséder de ses faiblesses, il faisait confiance à soi et à son destin, no pour se croiser les bras, amis pour oser quelque initiative, certes il ne réussirait pas chaque fois, mais il n’échouerait pas non plus en toute circonstance. Les résultats qu’il obtiendrait ne sauraient manquer de l’encourager.

Que ferez-vous dès maintenant pour dissiper vos craintes ? Et d’abord précisez-les, indiquez-en par écrit tous les éléments, éliminez-en la part d’exagération personnelle, posez clairement le problème. Il faut d’avance prendre un parti. Supposons qu’il s’agisse d’inquiétudes relatives à votre situation présente. Quels sont les facteurs moraux, intellectuels, pratiques, nécessaires à la stabilité de cette situation ? Les possédez-vous ? Sur quoi porteront vos efforts pour conserver la place que vous redoutez de perdre, ou pour valoir et vous faire valoir davantage ? – En admettant, d’autre part, que les événements dépassent votre volonté et que la maison qui vous emploie soit dans l’impossibilité de vous garder, quels seront vos projets ? Comment envisagerez-vous la poursuite d’une autre situation ? Notez, par écrit, quelles sont les occupations auxquelles vous êtes particulièrement apte. Notez les démarches successives que vous aurez à faire, prévoyez en cas d’échec les tentatives nouvelles qui s’imposeront. En somme substituez un programme d’action à une inquiétude.

Il ne suffit pas de comprendre et de sentir la valeur de l’initiative. Passez à l’acte. Votre vie est constituée de plusieurs formes d’activité.

Vous suivez peut-être une routine, ou vous avez accepté des formules qui sont périmées. En notant une à une vos diverses occupations, en y réfléchissant, à l’aide des cadres fournis par nos leçons VI et VII, il vous sera possible de prendre une initiative dans un domaine ou dans l’autre. L’initiative régénère le travail, lui ouvre des perspectives, améliore des conditions qui ont vieilli et qui ne sont peut-être pas adaptées à vos progrès ni aux événements. Trouvez une idée, approfondissez-la, traduisez-la par un plan de réalisation.

7. Education du Jugement.

Les leçons précédentes vous ont enseigné comment on pense juste. Le moment est venu d’apprendre à bien vous juger vous-même, sans vous laisser décevoir par de faux raisonnements ni par des sophismes qui dénaturent la vérité. Tout le monde est porté à se juger avec une certaine indulgence, à surestimer ses qualités, à sous-estimer ses défauts. Evitez cette hypocrisie non seulement vis-à-vis de vous-

même, mais aussi vis-à-vis des autres. Admettez franchement, si votre jugement sincère vous force à le reconnaître, que votre voisin est plus intelligent que vous, ou qu’il doit ses succès à son travail et à sa compétence, non uniquement à la « chance ».

Donc, exercez et cultivez votre jugement. Dans ce but, commencez par des exercices d’observation élémentaires, semblables à ceux qui sont indiqués dans nos Leçons I et II.

La simple constatation d’un objet ou d’un événement est due à un jugement. La supériorité d’un homme « du métier » sur les autres consiste dans le nombre et la rapidité des jugements qu’il porte sur les choses et les actes de ce métier, et qui sont fondés sur les observations qu’il a faites et coordonnées au cours de son expérience.

Ne dites pas: J’observe ce qui m’intéresse, car vous ne savez jamais à quel moment vous pouvez avoir besoin d’une observation précise que vous avez négligée sous prétexte qu’elle ne vous intéressait pas. Quand on a pris l’habitude de l’observation méthodique, les impressions qui assaillent l’esprit de tous côtés, au lieu de rester confuses, inutilisables et par là fatigantes, prendront de la précision et de la consistance ; elles serviront plus qu’on ne croit. Elles auront même pour effet de stimuler les différentes facultés. Imposez-vous une petite série d’observations très humbles dans le cadre de vos sorties ou de vos occupations. Cette discipline quotidienne portera rapidement ses fruits.

Quand on connaît bien un domaine professionnel ou intellectuel, on possède sur un certain nombre de points des opinions personnelles ; posséder des opinions à soi dans u domaine ou dans plusieurs est nécessaire à quiconque veut former, ou réformer, sa personnalité. Un bon exercice, ici, consiste à examiner de près des notions abstraites comme celles de bonté, de bien et de mal, de beauté, d’amitié et d’amour, et de chercher à vérifier par l’expérience le contenu de leur définition. Même nos amusements et nos distractions peuvent servir à exercer notre jugement, à condition de noter les phases des émotions ressenties et leur réaction sur notre logique et notre raisonnement.

Si par quelque côté ces distractions tiennent à notre métier, le gain intellectuel est plus grand encore.

Il s’agit avant tout de porter sur les choses et les êtres un jugement personnel, de se faire, comme on dit, « une opinion ».

8. Les Erreurs de Jugement.

Nous avons parlé du « bovarysme », qui consiste à prendre de soi-

même une idée fausse, et des dangers de cette attitude dans la connaissance des ressources dont on dispose pour se perfectionner. Mais on peut être aussi induit en erreur par le bovarysme des autres.

La tendance naturelle est de juger les gens d’après ce qu’ils expriment d’eux-mêmes, par la parole, par le geste, par leurs affirmations. Or il est relativement facile de découvrir la mauvaise foi de certains et ceux-ci ne sont pas les plus dangereux. Il faut craindre ceux qui se font sincèrement illusion sur leur valeur, afin de ne leur accorder toute notre confiance que sous bénéfice d’inventaire. On évite ainsi une cause principale d’échec dans la vie: les erreurs de jugement sur les hommes. Il suffit d’être prévenu du décalage qui existe entre la personne telle quelle est et telle qu’elle agit, pour éviter la plupart de nos mécomptes sur nos relations professionnelles ou privées. Et l’on sera ainsi à la fois plus circonspect et plus indulgent, on rendra même service à ceux dont l’attitude est trompeuse, sans être foncièrement déloyale.

Les opinions changent au cours de la vie sous l’influence des expériences nouvelles ; il importe donc que de temps en temps vous soumettiez les vôtres à un contrôle, de manière à voir quelles sont celles qui vous sont propres, et quelles sont celles que vous avez empruntées toutes faites à autrui.

Il ne faut d’ailleurs accepter les opinions d’autrui qu’après avoir vérifié leur probabilité ou leur justesse. On ne doit rie rejeter de parti-pris ; mais on ne doit pas non plus subordonner sa propre personnalité à celle des autres dans le domaine intellectuel, le plus important de tous. Etre soi-même, c’est formuler des jugements établis sur des observations exactes et selon la logique, en sachant limiter l’influence du sentiment, dont il est impossible de faire entièrement abstraction dans la vie courante, quand on essaie d’évaluer des opinions.

9. Nécessité d’une Instruction Générale.

Ce qui précède se rapporte à des acquisitions qualitatives ; mais il convient aussi de s’assurer des acquisitions quantitatives, c’est-à-dire de faire porter nos émotions, nos sentiments et nos raisonnements sur le plus de choses possible. Plus un homme observe et suit de choses, plus est grand le nombre des jugements qu’il peut formuler ; pour bien juger, il faut pouvoir comparer beaucoup de faits de la même catégorie et distinguer les catégories de faits connus d’autres qu’on veut définir aussi. Soit un ingénieur qui a travaillé dans une même usine depuis dix ans. S’il ne s’est occupé que des choses de son métier, il est devenu incapable de porter des jugements sur d’autres catégories de faits, sur la littérature ou la peinture par exemple ; sa personnalité est donc rétrécie ; et si les circonstances le changent de milieu, s’il se trouve, par exemple, suer le bateau allant du Havre à New-York, il se sentira négligé par tous ceux qui auront une personnalité plus complexe et mieux développée.

Trop de jeunes gens, quand ils ont passé leurs examens et trouvé une situation, oublient cette nécessité d’une culture générale en plus du métier ou de la profession, et ne se doutent pas qu’à vingt ou trente ans de là ils auront été dépassés par ceux qui vont continuer à se développer avec méthode. Il ne s’agit pas d’acquérir des connaissances superficielles, comme celles que donnent la lecture des journaux ou des revues destinées au grand public, la visite d’expositions ou de musées. Ces lectures et ces visites ne doivent être regardées que comme des excitants intellectuels qui suscitent des impressions novelles et des idées neuves.

Non: ce que nous demandons à nos Etudiants, c’est de consacrer un certain temps à des études sérieuses et suivies. Celui qui s’intéresse à la peinture, qu’il lise avec soin les manuels d’histoire de l’art, les monographies consacrées à certaines écoles et à certains peintres ; qu’il prenne des notes, qu’il apprenne par coeur les noms et les dates, bref, qu’il se documente à fond de manière à pouvoir, non seulement profiter réellement des musées, des expositions, des voyages, des critiques, des conversations, mais aussi exercer méthodiquement ses sens et son jugement autrement que dans son métier et sa profession.

On peut d’ailleurs s’adonner ainsi, plus ou moins, à divers ensembles de recherches et d’études, à tels ou tels arts, à telle ou telles sciences. Utile peut être dans beaucoup de cas un choix qui permette de raccorder ces autres domaines à celui de la profession: un ingénieur peut s’intéresser à la géologie et à la préhistoire ; un menuisier à l’histoire du meuble dans les diverse civilisations ; un mécanicien à l’histoire des découvertes et de leur application à la surface du globe.

Cette gymnastique mentale développe alors la capacité professionnelle et augmente la valeur de la personnalité non seulement générale, mais aussi spéciale.

Essayez par vous-même d’en dresser le plan, avant de trouver dans la prochaine Leçon (X) un plan, sans doute plus complet, que nous vous indiquerons. La comparaison de votre plan ou du nôtre vous fera toucher du doigt ce qui vous manque pour voir le sens d’une culture assez « générale ».

10. Impression et Expression.

Vous voulez acquérir une forte personnalité ? Ne craignez pas de vous extérioriser, de vous manifester au dehors par l’action, par la parole, par l’écrit, surtout par l’action lorsqu’elle est possible.

Se développer, c’est se manifester hors de soi. Voyez comment, lors de la floraison, le bouton s’épanouit en fleur: pétales, étamines, pistil, toutes les oeuvres vives étaient là, mais non explicitées, repliées sur elles-mêmes ; il faut qu’elles s’étalent en plein air, à la lumière pour que la fécondité se réalise et que le fruit se prépare. La grâce discrète du bouton peut être un moment plein de charme, mais il est toujours funeste de prétendre éterniser une phase de la vie. L’avènement de l’âge adulte requiert l’épanouissement ; et garder à 30 ans la modeste réserve de l’adolescence, loin de valoir comme un mérite, n’est qu’arriération.

Ne vous figurez pas que votre personnalité se forme d’autant mieux que vous la concentrez davantage en vous-même. Ce n’est vrai que pour un temps très court. A se replier trop longtemps sur soi on se dessèche et s’appauvrit. Ce qui nous extériorise, nous réalise. Autant vous recevez de l’extérieur par l’expérience de la vie, par la perception des choses, par le commerce avec les gens, autant il est naturel que vous rendiez au monde extérieur de votre énergie. S’il en était autrement, vous éprouveriez du malaise à vous sentir refoulé, contraint.

L’équilibre mental et moral est rompu lorsque l’expression est paralysée, comme c’est le cas surtout chez ceux qui préfèrent la solitude ou qui ont un tempérament craintif et timide. Incapables de manifester au dehors leurs impressions et leurs jugements, ils sont dans un état de malaise dû à ce qu’on pourrait appeler une « indigestion mentale ».

Appliquez donc cette saine règle psychologique:

Pas d’impression sans expression, proportionnée, correspondante. Par impression nous entendons, d’une manière générale, les idées, les pensées, les fantaisies d’imagination et les sentiments que font naître le milieu, la nature, la vie sociale, les affaires, la lecture et les voyages. Par expression, nous désignons un essai, plus ou moins heureux, pour manifester extérieurement les pensées et les sentiments dont nous avons eu l’expérience intérieure. Ainsi lorsque vous avez vu voler un aéroplane pour la première fois, vous avez reçu une impression nouvelle et forte et, lorsque vous l’avez racontée à vos amis, vous avez exprimé vos émotions de joie et d’étonnement.

11. Utilité Sociale de l’Expression.

Remarquez-le: en vous exprimant au dehors vous rendez possible la sociabilité: vous participez à la vie collective, pour le bénéfice commun des autres et de vous-même. « Ce qui n’est pas utile à la ruche, dit Marc-Aurèle, n’est pas non plus utile à l’abeille ». Une personnalité n’est pas complète si elle ne communique pas avec les autres ; or, la vie sociale est faite, par définition, d’échanges continuels d’impressions et de pensées, ainsi que de leur comparaison.

Grâce à ce contrat intellectuel incessant, chacun s’enrichit de l’expression de tous les autres, précise ses connaissances et affermit sa mémoire.

Il y a dans notre esprit des notions qui restent vagues ou défectueuses jusqu’au moment ou nous les exprimons. Vous pouvez avoir esquissé mentalement le projet, par exemple, d(une meilleure organisation de vos affaires et en être enthousiasmé ; pourtant, lorsque vous l’expliquez à un de vos amis, il ne vous paraît plus avoir toute la valeur que vous lui attribuiez ; et votre auditeur peut même le détruire tout entier d’un seul coup en vous opposant une objection définitive dont vous être surpris de ne pas avoir eu l’idée vous-même.

La forme sociale de l’expression est ce qu’on nomme la conversation. Celle-ci est soumise à quelques règles que nous exposerons plus loin.

12. L’Expression Active de la Personnalité.

S’exprimer, c’est avant tout agir. Vous vous exprimez en prenant une décision qui engage votre vie, en briguant un poste dans quelque administration ou en achetant un fonds de commerce. Vous vous exprimez en louant un appartement dans tel ou tel quartier, en vous fournissant dans tel ou tel magasin.

Les tâches auxquelles nous nous adonnons, la façon dont nous nous en acquittons: voilà au premier chef les expressions de nous-mêmes. Notre conduite à l’égard d’autrui, voilà un autre mode d’expression. Ne croyez pas que nous puissions, étant ce que nous sommes, agissant comme nous agissons, avoir telle ou telle personnalité: les fruits montrent la nature de l’arbre.

Bien plus: nos actes réagissent sur la personnalité dont ils sont issus, soit qu’il la confirmant, soit qu’ils la transforment peu à peu. S’il y a des paroles indifférentes, il n’y a pas d’action sans portée.

Ainsi, avoir de la personnalité n’est pas seulement avoir des opinions personnelles, c’est aussi les mettre en action. La personnalité qui ne se traduit pas en actes, qui ne s’exprime pas, qui reste muette, ne peut pas se développer. Au contraire, elle s’atrophie.

L’action extérieure, de même qu’elle assouplit nos membres, donne de l’exercice à nos capacités d’observation, d’adaptation, d’initiative, tout ce qui accroît notre intelligence.

13. L’expression Verbale.

Un autre mode d’expression, c’est la parole. Celui-là, nous ne risquons guère de le méconnaître. Bien plutôt nous risquerions de croire que la parole a la valeur d’un acte, et que si l’on a discuté, péroré, les questions abordées sont par là même résolues. Or, rien n’est fait tant que les initiatives n’ont pas été prises, ou le travail effectué. Voilà pourquoi la plus vraie expression de soi-même consiste à agir, non à parler.

N’empêche que la parole a de l’importance, et que ceux qui, faute d’entraînement ou par timidité, s’y rendent inaptes, se privent d’un moyen très efficace de développement personnel.

Elle ne consiste pas seulement à nous mettre en communication avec le monde, et à donner des ordres. Elle traduit hors de nous notre propre pensée: quand nous l’entendons, pour l’avoir formulée et articulée en mots, nous apercevons mieux ses éléments.

Quand j’écoute la phrase que je prononce, c’est presque une autre personne qui juge ; les défauts de ma pensée m’apparaissent mieux. Le besoin de parler me contraint à isoler, à ordonner mes idées ; je découvre ne moi des pensées que je ne soupçonnais pas, et j’avise aux moyens de raisonner plus juste ;

Laissez dire au poète, au psychologue, que notre pensée perd beaucoup de sa sincérité, de sa vérité spontanée en se coulant de la sorte dans les moules logiques et grammaticaux. Certes, « traduire »est toujours à quelque degré « trahir » (traduttore, traditore) ; mais le logicien, le savant, le critique, et tout simplement le bon sens pratique proclament le mérite éminent d’une pensée devenue, par l’expression verbale, plus précise et plus juste.

A exprimer en paroles notre pensée, nous tirons encore un autre avantage de grande valeur: nous satisfaisons de la sorte à un besoin d’expansion que ressent tout être humain. C’est sur le langage que reposent en grande partie les relations sociales. Tant pis si quelque choses d’incommunicable demeure dans nos sentiments, et si « le meilleur de nous reste en nous-mêmes ». L’essentiel est qu’un certain commerce s’établisse entre les esprits: c’est la condition non seulement de la civilisation, mais de toute vie sentimentale. Quand l’individu ne peut trouver en autrui un confident qui le comprend et par là-même le réconforte, sa sensibilité fermente et s’altère, l’équilibre de ses facultés se rompt, et de graves déviations peuvent s’ensuivre.

Même si la « folie » proprement dite est évitée, la vie intérieure se rétrécit, les raisons de vivre se réduisant, l’activité féconde cède la place à un stérile égoïsme. Non seulement on souffre, mais on se diminue.

14. Conversation.

En conversant avec les gens, nous nous assurons un double avantage: voir plus clair en nos propres idées, nous enrichir des idées qu’on nous apporte. Voilà un des grands moyens de pousser plus avant la formation de notre personnalité, car nous nous réalisons en nous affrontant à autrui.

Mais que diriez-vous à vos interlocuteurs ? Tout le monde est d’accord que le but de la conversation est d’échanger des opinions ayant une valeur réelle de réflexion ou d’expérience. Cependant il ne faut rien exagérer: ceux qui répugnent trop à dire des banalités sous le prétexte qu’elles sont vides de sens risquent d’être méprisants, maladroits et de cultiver l’insociabilité.

Sans recommander en aucune façon le bavardage insignifiant, nous engageons très vivement nos étudiants à mettre beaucoup de bonne grâce dans les formules de convenance et dans les propos aisés. Il faut être sociable, et même affable, tant pour obtenir des résultats dans sa profession que pour développer sa personnalité. Si vous vous éprouvez contraint dans l’expression de ces mille riens qui peuvent avoir leur charme – et qui ont leur nécessité en ce qu’ils établissent un « liant » entre les partenaires – vous serez bloque en vous-même comme un anxieux et un timide.

Pensez bien aussi que des sujets plus légers sont la préparation d’une conversation plus sérieuse. Vous devez, pour ainsi dire, tâter le pouls des gens pour deviner leur capacité d’émotion et de sympathie ? En paraissant badiner, une personne experte à recevoir s’informe sur ce qui intéresse chacun et cherche par exemple, pendant le dîner, comment amorcer les entretiens plus substantiels qui s’engageront, par petits groupes, dans le salon.

Ce qu’il faut éviter, c’est de rester dans l’insignifiance et de se plaire aux <<potins >>, aux « cancans ». Si vous êtes sans indulgence pour autrui, soyez sûr qu’on vous traitera sans ménagement dès que vous serez sorti.

N’évitez pas seulement les futilités: abstenez-vous de discussions non disciplinées, abordées dans un esprit de chicane, susceptibles de dégénérer en disputes. Laissez les controverses orageuses aux réunions publiques. Donnez-vous pour règle de n’aborder que des sujets pouvant intéresser les interlocuteurs, sans déchaîner des passions violentes.

Est-ce à dire que les questions de religion ou de politique doivent être absolument exclues ? Oui, si vous manquez de la possession de vous-

même, ou si quelque partenaire en manque. Non, certes, si ces débats peuvent se dérouler dans la courtoisie et dans un intérêt sympathique pour la vérité.

Ayez aussi le tact de ne pas ennuyer autrui des questions professionnelle qui vous obsèdent, mais qu’il serait malséant d’imposer à l’attention de vos partenaires.

De quoi convient-il de s’entretenir ? De sujets qui aient chance d’agréer à vos interlocuteurs ; et de sujets relatifs à des questions générales, désintéressées, susceptibles de contribuer à la culture de chacun: théâtre, musique, littérature, expositions d’art, observations de moeurs, expériences personnelles de valeur, éducation, voyages, etc.

Ne parlez ni trop, ni trop peu. Laissez parler, si vous voulez, à d’autres moments, que l’on vous écoute. Quand vous ne parlez point, au lieu de vous replier sur vous-même, observez votre interlocuteur et envisagez dans quels sens vous allez orienter l’échange des propos.

Pour que la conversation soit agréable et utile, il convient de fréquenter des personnes avec lesquelles on possède en commun un certain nombre de sentiments et d’opinions. Mais ceci ne suffit pas ; chacun a tout avantage à fréquenter aussi des personnes d’un autre milieu, ou d’une autre profession, afin d’acquérir des connaissances plus étendues en les faisant parler de ce qui fait l’occupation principale de leur vie.

En règle générale, nous recommandons à nos Etudiants de rechercher surtout la conversation de personnes plus instruites qu’eux dans une ou plusieurs directions. Il ne faut pas craindre, quand on ne sait pas, de montrer son ignorance, et de demander des explications à ceux qui en savent plus log que vous. Pas de fausse honte ! Chacun ne peut tout savoir ; mais chacun peut aspirer à savoir le plus possible, et à pouvoir employer les termes techniques en sachant exactement ce qu’ils signifient. Nous ne vous recommanderons jamais trop la poursuite de la précision, et aussi de la concision, dans le discourt. Le dressage de la personnalité consiste, en ce qui concerne les relations d’affaires et mondaines, à acquérir ces deux qualités. Un homme bien trempé sait e qu’il veut dire, et comment le dire.

15. Pour Parler en Public.

Plus difficile est, à qui n’en a pas l’habitude, la technique de la parole en public. Il s’agit ici, non seulement de vaincre cette forme spéciale de timidité qui se nomme le trac, mais aussi de se dédoubler en deux personnalités: celle qui parle, et celle qui observe. Il importe, en effet, que l’orateur puisse distinguer dans l’assistance les personnes qui lui sont favorables ou hostiles, celles qui écoutent et celles qui causent de choses indifférentes, celles qui sont sérieuses et celles qui font du « chahut ».

Il doit de plus, après avoir préparé avec soin son discours, être prêt à répondre aux interruptions ou aux objections, garder l’esprit d’à propos, résumer brusquement quand il voit qu’il ennuie, développer quand il voit qu’il intéresse, employer tour à tour des arguments logiques et des arguments sentimentaux.

Quand on parle en public, on sent immédiatement mes oscillations de l’intérêt chez ceux qui écoutent. Le changement de ton, l’usage d’un geste approprié, l’enthousiasme dans l’expression, l’emploi de questions qui suscitent la curiosité ou préparent les esprits aux notions nouvelles, tels sont quelques-uns des moyens pour soutenir, éveiller les attentions défaillantes, pour rendre vivant son discours. Suivre les réactions de l’auditoire est de règle. C’est pourquoi un bon orateur ne doit jamais lire ou réciter. Des notes claires et bien organisées serviront de base à l’improvisation.

Une personnalité forte et bien dressée parle en public sans aucune difficulté et opère à volonté ce dédoublement dont nous venons de parler. Il ne s’agit ici nullement d’un ton spécial ; n’importe qui en

faisant des exercices préalables de lecture à haute voix et en s’identifiant au sujet traité, peut arriver à parler en public clairement et de manière à intéresser toute l’assistance. Il faut évidemment que celle-ci sente chez l’orateur la connaissance approfondie de ce dont il parle, la sincérité, le désir de convaincre.

Comme en tout, un certain apprentissage est indispensable ; mais cet apprentissage n’est ni long, ni difficile. C’est ce qui ressort d’une lettre que nous a adressée un de nos Etudiants, âgé de 30 ans, qui s’était vu dans l’obligation de parler en public sans y être suffisamment préparé:

« Votre lettre a complété l’enseignement de vos Cours. Elle à révélé des points de ma personnalité que j’ignorais presque complètement.

Elle a accru ma force de volonté et soulevé mon esprit. Grâce à vos indications j’ai pu vaincre ma timidité et réussir à m’imposer à la foule. J’avais autrefois des difficultés à parler en public et à chaque occasion j’étais obligé de lire mon sujet.

« Il y a quelques jours, j’assistais à une réunion d’anciens combattants. On discutait s’il y avait possibilité de créer une coopérative de consommation. A ce moment, je n’étais pas préparé à parler. Néanmoins, en faisant un effort de volonté, j’ai brisé tous les liens qui me liaient à mon ancien caractère, et je demandai la parole. Les mots vinrent pour ainsi dire tout seuls et mes dernières phrases furent couronnées d’un vrai succès. Je fus invité à parler la semaine après, ce que je fis sans difficultés. Je fus ensuite chargé de présenter un projet complet sur les coopératives et à rédiger les statuts. Les journaux aussi m’ont fait des éloges très encourageants. »

Il a donc suffi à cet Etudiant d’un peu de méthode et de courage pour acquérir un moyen nouveau d’expression de sa personnalité et pour rendre ainsi service à ses camarades d combat.

16. L’Expression Ecrite.

Une autre forme d’expression souveraine pour clarifier les idées, et toujours à notre disposition, consiste à écrire ce que nous pensons.

S’il est vrai qu’on ne parle pas exactement comme on pense, il est encore plus exact qu’on n’écrit pas tout à fait comme on parle. Or, rien de plus salutaire que la discipline à laquelle il se faut soumettre pour écrire – à plus forte raison si l’on veut bien écrire. C’est alors qu’on mesure ce qu’on sait, et ce qu’on ignore.

Quelqu’un a dit: « Quand je ne sais rien sur un sujet, j’écris un livre ». Il se peut que cette phrase soit un trait acéré lancé contre un certain type d’écrivain, mais cette épigramme renferme une réelle vérité. L’auteur voulait dire qu’écrire un livre sur un sujet est le meilleur moyen d’apprendre tout ce qui s’y rapporte ; l’art de poser les questions et d’exprimer ses idées par écrit en est un des principaux bénéfices. On ne peut douter qu’écrire ses opinions ne soit un admirable exercice pour la pensée, non seulement parce qu’il favorise toutes les occasions qui tendent à modifier ou à renforcer nos croyances. Au lieu de concepts isolés, nous obtenons un système d’idées mieux ordonné ; nous avons moins de préjugés, parce que nous apercevons plusieurs aspects de la question ; nous jugeons de ce qu’on nous propose avec plus de rectitude, parce que nous en distinguons les divers rapports avec les autres choses.

17. Faites par écrit la Critique de ce que vous lisez.

La meilleure manière de pratiquer l’expression écrite est la critique des livres que vous lisez, sous forme de jugements personnels énoncés avec ordre. Lire sans juger, c’est perdre son temps. Trop de gens dévorent des volumes sans rien retenir, parce qu’ils ont promené leurs yeux sur le papier sans mettre en action leur esprit.

Mais si l’on se donne pour règle d’avoir, en lisant, le crayon à la main, il en va tout autrement. Si nous nous astreignons à écrire, si brièvement que ce soit, ce que nous pensons d’un livre, nous comprenons à quel point nos idées peuvent être nébuleuses. En outre, l’exposé écrit d’une opinion, sa discussion sur le papier fortifient la réflexion et assurent le jugement.

Pour mener à bien ce travail, qui ne doit pas paraître comme un pensum, mais comme un plaisir, quelques préceptes ne seront pas hors de propos:

1° Cherchez à travers la lettre l’esprit ; vous avez perdu votre temps si vous ne voyez pas clairement, après lecture d’un ouvrage, l’idée abstraite qui l’a inspiré tout entier ;

2° Comprendre, c’est atteindre cette idée. Vous n’y parviendrez qu’en rapprochant les connaissances nouvelles que vous apporte le livre de celles que vous possédiez déjà. Faites appel à votre mémoire, consultez votre propre expérience ;

3° Critiquer, c’est apprécier si l’idée abstraite qui devait être essentielle régit bien la totalité de l’oeuvre. Un livre est mal fait s’il est incohérent, ou s’il n’établit rien ;

4° Critiquer, c’est aussi apprécier la justesse de l’idée en question. Efforcez-vous à l’impartialité dans ce jugement ; on n’est que trop porté à statuer selon ses préjugés.

Vous exécuteriez un excellent et intéressant article, si vous mettiez à l’essai ces règles à propos d’un roman célèbre. Soit Eugénie Grandet, de Balzac. Poursuivez dans le détail une analyse du même genre. Quand, par exemple, arrive une description, au lieu de passer d’un oeil distrait, cherchez en quoi elle contribue au plan de l’ouvrage, comment elle est exécutée, etc.

Croyez bien que vous progresserez, si vous redevenez assez enfant pour vous poser à vous-même, maintes fois par jour, ces questions: Pourquoi ? Et Comment ?

Rompu à cet effort sur un document littéraire, vous n’aurez qu’à suivre la même méthode pour comprendre assez facilement quoi que ce soit: une construction d’architecture, un problème de science, un événement d’histoire.

Ces indications générales suffisent pour le moment ; nous reviendrons sur ce sujet dans la Leçon X et donnerons alors des conseils plus détaillés.

18. Guérison de la Timidité.

Le principal obstacle à l’expression sous ses différentes formes, mais surtout sous la forme verbale, c’est la timidité. Elle nous enferme en nous-mêmes, anxieusement, et nous fait perdre plus ou moins de nos moyens. Elle entrave aussi, de façon grave, notre développement. Mettez à profit quelques remèdes efficaces.

Un premier remède consiste à faire des exercices physiques modérés, à assouplir ses muscles, au besoin à prendre des leçons de maintien et de danse. Beaucoup de personnes sont timides simplement parce que le jeu de leurs muscles n’est pas assez coordonné, ni assez souple, qu’elles ne savent pas s’assoir avec aisance, se lever, comme il faut, sont embarrassées de leur pieds et de leurs mains, ignorent comment saluer, comment traverser un salon plein de monde, etc… Ici, c’est la sensation vague d’un malaise physique qui réagit sur l’attitude mentale. Aussi est-il rare que des sportifs soient timides dans le monde.

Il se produit aussi le phénomène inverse: c’est la crainte mentale, l’embarras, l’indécision, qui rendent le corps malhabile, embarrassent les gestes et le maintien, troublent le regard. Celui qui vous reçoit en éprouve automatiquement une impression de maîtrise ; et plus il sent qu’il vous domine, plus votre propre timidité augmente. Les remèdes sont dans ce cas, intellectuels et fondés surtout sur le raisonnement. D’abord supposez que votre interlocuteur soit aussi timide que vous ; par choc en retour vous regagnez de l’assurance. Puis, détournez votre attention de vous-même sur lui ou sur des objets indifférents ; comptez, par exemple, les chaises ou les tableaux ; observez surtout votre interlocuteur et voyez s’il n’y a pas en lui ou sur lui quelque défaut sans importance, cravate de travers, ongles cassés, léger bégaiement, embarras ou indécision, etc…

Le résultat est de repousser dans le subconscient votre timidité, qui cesse d’avoir un objet sur lequel se fixer, et de vous assurer une supériorité, imaginaire peut-être, amis qui suffit à rétablir l’équilibre sentimental et qui intellectuel rompu. Chacun de nous est supérieur au voisin par quelque chose: adresse manuelle spéciale, connaissances scientifiques, relations mondaines, appuis politiques, etc… Il faut donc, quand on est embarrassé, mettre cet avantage en avant, dans son esprit, et se dire: « Après tout, comme homme, je te vaux bien ; pourquoi donc aurais-je peur de toi ? ».

Mais nous ne vous proposons de semblables procédés que pour « commencer ». Plus tard vous ne chercherez plus à critiquer votre prochain: vous ne penserez qu’à bien traiter le sujet qui vous intéresse.

Vous pourrez toujours utiliser, en outre, l’arme le plus efficace contre la timidité: l’autosuggestion directe et affirmative, dont nous avons expliqué le mécanisme et l’usage dans notre quatrième Leçon. Il faut se dire soir et matin: « Je suis courageux ! » et s’efforcer d’agir comme si on l’était au cours de la journée.

  1. La Timidité et l’Extériorisation.

Puisque le timide a tendance à s’examiner constamment pendant qu’il parle, écoute, agit ; puisqu’il résulte de cette intériorisation qu’il parle mal, écoute mal et agit mal, il faut en chercher le remède dans une extériorisation. Nous vous avons déjà recommandé d’observer les hommes et les choses. Vous éviterez aussi tout ce qui favorise un retour sur soi au moment de l’action ; gardez-vous, par exemple, d’apprendre par coeur le texte d’une conversation ou d’un discours.

Parlez pour votre interlocuteur, variez selon ses réactions le ton et la forme, intéressez-vous à lui, oubliez-vous pour vous plonger dans votre sujet. Inversement, si c’est vous qui écoutez un autre parler, suivez-le avec sympathie, soyez présent à la conversation, ce n’est pas le moment de ruminer une gaffe passée ou quelque autre souvenir.

20. L’Imitation des Grands Hommes.

L’un des avantages inappréciables d’une culture étendue, c’est qu’elle agrandit notre expérience et nous introduit dans la familiarité des plus grands spécimens d’humanité. Tel qui n’a que des amis médiocres, peut se créer une ambiance tonique, stimulante, exaltante, s’il sait se nourrir des plus substantielles pensées, s’éclairer à la lumière des expériences les plus documentaires.

Il a été dit que chaque personnalité possède un rythme interne qui s’extériorise dans les gestes, dans les phrases écrites ou parlées. Ce rythme est surtout visible chez les individus qui, par l’importance de leur oeuvre, ont mérité d’être appelés de « grands hommes ». Nous laissons ici de côté ceux qui se sont distingués par la force physique, ou par leur héroïsme sur les champs de bataille, ou par leur habileté politique, pour ne considérer que ceux qui ont accompli une grande oeuvre intellectuelle.

On constate en premier lieu, si non lit leur biographie, que leur qualité fondamentale a été la patience et la ténacité. On s’imagine à tort que le « génie» est une sorte d’éclair, qui illumine tout à coup n’importe qui. Plus on étudie les documents sur la vie des grands hommes, par exemple, dans des directions très différentes, sur Newton et Pasteur, Descartes, et Spinoza, Goethe et Ibsen, Molière et Hugo, Michel-Ange et Rembrandt, Beethoven et Wagner, et une cinquantaine d’autres encore, mieux on aperçoit que tous leurs efforts, poursuivis pendant des dizaines d’années, ont eu pour but essentiel de dégager le rythme profond qui était typique de leur personnalité et d’exprimer ce rythme intégralement, par des lignes, des couleurs, des formes, des sons ou des mots.

Devenir un « grand homme » n’est pas donné à chacun de nous, sans doute. Mais nous pouvons tendre à nous rapprocher le plus possible des grands hommes en étudiant leur vie et en analysant les méthodes et les procédés qu’ils ont employés pour arriver à ce niveau supérieur qui leur assure une gloire universelle.

Tout aussi utile, d’un point de vue pratique, est l’étude de la vie des grands inventeurs, des grands banquiers, des grands « hommes d’affaires »des grands industriels et en général de tous les grands chefs d’entreprise. Partout on constatera, comme chez les peintres, sculpteurs, écrivains et savants, une personnalité marquée, appuyée sur une parfaite connaissance de soi et une persévérance consciente. Carnegie et Ford n’ont pas réussi grâce à un « éclair de génie » ou à un « coup de chance », mais parce qu’ils ont su discerner de quoi ils étaient capables, exécuter ce qu’ils jugeaient faisable, et laisser de côté ce qui dépassait leurs forces ou les détournait de leur but.

Un fait remarquable est que beaucoup de grands hommes ont été des enfants et des élèves attentifs, très modestes et très imitateurs, ils se sont maintenus volontairement à l’école des autres pendant de longues années, ils se sont longtemps considérés comme inférieurs à ceux qu’ils admiraient ; ils ont d’abord imité les manières et le style, adopté les méthodes de leur prédécesseurs et de leurs professeurs.

C’est en accumulant ainsi les expériences d’autrui, en refaisant tout ce qui avait été fait avant eux, qu’ils ont dégagé peu à peu leur personnalité et qu’ils sont devenus des maîtres à leur tour en ajoutant du nouveau à ce qu’on savait et faisait déjà. Les jeunes gens qui s’imaginent, entre 20 et 30 ans, capables d’une personnalité autonome se trompent ; cette erreur leur coûte cher vers quarante ans, moment où chez ceux qui ont continué à assimiler et à travailler se manifeste enfin une vraie personnalité, réellement forte et durable.

21. Patience et Méthode.

Rien ne tient qui a été construit avec hâte ; édifier sa propre personnalité ne se fait ni en quelques jours, ni en quelques semaines ; c’est une oeuvre de longue haleine. Dites-vous bien qu’il faut autant de temps pour devenir un maître dans la pensée ou dans un art, dans l’industrie ou dans une science, qu’il en faut pour devenir un mécanicien, un ébéniste, un dessinateur industriel parfaits. Là aussi, un apprentissage est nécessaire, et un entraînement continuel ; là aussi, il faut connaître à fond les formes et la place exacte de chaque pièce, l’ordre selon lequel on doit les agencer.

On pourrait, en effet, comparer la formation d’une personnalité au montage d’une machine délicate et pourtant puissante. On établit d’abord, et on finit avec soin, toutes les pièces nécessaires ; puis on construit le bâti et le socle ; on procède à un assemblage provisoire et on loge les axes, afin que tout l’ensemble des pièces puisse être relié ; ensuite viennent le réglage et une première mise au point ; on fignole alors les détails ; enfin on complète les résultats par l’étude qui assure le fonctionnement définitif de la machine. Toutes ces opérations sont délicates, et l’achèvement de l’oeuvre entreprise exige autant de patience que sang-froid.

C’est de la même manière que l’on construit – ou reconstruit – sa personnalité. On assemble les pièces nommées impressions, perceptions, jugements, opinions, selon un plan général, qui est le but qu’on s’est proposé d’atteindre. Dès les premières semaines, parfois

dès les premiers jours, on constate les avantages de cet assemblage systématique, qui se manifestent dans la vie familiale et professionnelle sous forme de résultats pratiques.

On acquiert du calme, de la maîtrise de soi ; on redoute moins les événements imprévus, on ne fuit pas les nouvelles relations, on

comprend mieux les ordres qu’on reçoit, on combine mieux aussi les ordres qu’on donne.

Le progrès n’est pas toujours uniforme. Pour reprendre notre image de tout à l’heure, l’ajustement d’une pièce délicate exige plus de temps et de soins que celui d’une grosse pièce ; il en va de même psychiquement, et l’on éprouve parfois des difficultés à remplacer, par exemple, la timidité par le courage ; il faut des études continues pour acquérir la rapidité et la sûreté du jugement. ON peut aussi commettre des erreurs d’appréciation, se tromper sur la situation relative de deux ou de plusieurs rouages.

Mais rien ne résiste à la patience et à la méthode. Si l’on a pris fermement en main ces deux armes, le progrès est non seulement certain, mais aussi rapide. On devient un autre homme, et l’on donne à ses semblables la sensation qu’on est plus un être quelconque et amorphe, mais un individu fort et sûr de lui, parce qu’il sait ce qu’il veut. Voici ce que nous écrivait l’un de nos Etudiants, après avoir terminé notre Cours:

« J’ai acquis plus d’indépendance vis-à-vis de moi-même et plus de maîtrise dans les gestes et les pensées, plus de tolérance à l’égard d’autrui, mais aussi plus d’assurance et de fermeté. Je suis allé rendre visite à des amis que j’avais délaissés pendant l’étude de votre Cours ; ils me trouvèrent complètement changé, car je les avais quittés dans un état d’abattement et de grande dépression. Une dame, dont l’intention n’était pas de me flatter, dit: Il fait vraiment plaisir à voir ».

On lui demanda, et il indiqua, la cause de cette métamorphose: grâce au Cours Pelman il avait reconstitué sa personnalité, et de là lui venait cette assurance et cette fermeté dont il avait pleine conscience, et que tous remarquaient en lui.

Réfléchissez-y bien. Patience, persévérance, méthode, cela suppose un plan d’action. Quel sera le vôtre ? Tracez-en d’abord les lignes générales, établissez entre elles un ordre de d’importance. Considérez ensuite chaque direction à part, sans perdre de vue l’ensemble. Le but particulier que vous allez vous assigner doit comporter des étapes ; marquez-les sur votre cahier de méditations ; notez aussi la série progressive d’exercices, d’efforts, de résolutions que comportent la première étape, puis la seconde… Tous les soirs, avant de vous coucher, recueillez-vous ; mesurez le chemin parcouru et précisez le chemin à parcourir le lendemain. Sans cette orientation préalable, vos efforts seront précaires ; grâce à elle ils seront aisés et vous aurez tout de suite des résultats satisfaisants, si vous savez ce que vous voulez.

22. L’Atmosphère du Succès.

A mesure que l’instruction augmente, que l’intelligence s’affine, que la personnalité s’affermit, l’individu ressent une sorte de joie intérieure, un enthousiasme calme et profond qui sont d’autant plus grand que le chemin parcouru a été plus long et plus pénible. Cet accroissement de force intérieure se traduit nécessairement, comme d’après une loi mécanique, par des succès matériels, par la réussite dans les petites choses comme dans les grandes.

Les échecs et les insuccès ne sont jamais dus à une prétendue « malchance », mais seulement à ce que certains éléments ont été négligés lors de l’organisation du plan d’action. Ceux-là seuls réussissent qui ont tenu compte de tous les éléments et qui ont su équilibrer en eux le sentiment, l’intelligence et la volonté.

Or, comme le dit la sagesse des nations, « un succès en entraine un autre » de même que « l’eau va à la rivière » ; les propositions lucratives viennent d’elles-mêmes au grand homme d’affaires. Dans chaque profession, dans chaque entreprise, il faut créer cette atmosphère de succès qui ne s’obtient pas seulement par un optimisme facile, mais par le sang-froid, la ténacité et la confiance en soi fondée sur la conscience des progrès qu’on a faits sans cesse dans le cours de sa vie. Comme le disait la dame au Pelmaniste que nous avons cité ci-dessus, « on fait plaisir à voir »et on exerce sur son entourage et ses subordonnés une influence et une autorité naturelles.

Le véritable gage du succès, c’est une personnalité bien équilibrée, riche et sincèrement « humaine ».

L’inefficience Mentale, ses causes

L’inefficience mentale se manifeste dans la vie sous toutes formes, les unes temporaires et superficielles, les autres plus graves: toutes sont guérissables si d’une part on en supprime les causes, si d’autre part on soumet son esprit à un traitement approprié.

Les Tares Héréditaires peuvent être Compensées.

  1. Quels que soient les désavantages dont un homme ait à souffrir de par son hérédité, il peut être sûr que ses succès futurs dépendent surtout de lui-même. Certes, il est bon d’être issu d’une famille saine; mais n’oubliez pas que les influences ancestrales qui agissent sur vous sont extrêmement nombreuses et complexes, et qu’aucune fatalité ne vous astreint à « hériter » plutôt de tel ancêtre que de beaucoup d’autres. Ne soyez pas obsédé par l’idée de l’hérédité fâcheuse que peut-être vous avez dans votre lignée. Soyez vous-même, par votre activité propre. Faites-vous personnel et autonome, par votre décision à vous. Regardez-y à deux fois avant d’imputer à vos parents la responsabilité de défauts que vous avez peut-être acquis ou renforcés. Et même s’il y a des présomptions que vous deviez à vos ascendants votre faiblesse de mémoire, ou telle autre imperfection intellectuelle, ayez à coeur, vous, d’y parer par une saine discipline qui vous permettra de transmettre à vos enfants le cas échéant, une hérédité meilleure.

Les Méthodes Scolaires sont Défectueuses.

  1. Malgré les efforts de la pédagogie moderne, l’école elle-même est une cause importante d’inefficience mentale. La recherche de résultats rapidement obtenus, l’accumulation de connaissances disparates dans le seul but de s’en souvenir le jours de l’examen, la séparation plus ou moins artificielle de la vie scolaire et de la vie familiale et sociale, l’enseignement des faits et non pas des méthodes de travail, sont autant d’inconvénients qui atrophient chez la jeunesse les facultés intellectuelles. A tous ses degrés, l’enseignement donne des connaissances, mais ne développe pas systématiquement les aptitudes.

Insuffisantes au point de vue intellectuel, les méthodes scolaires le sont peut-être encore davantage quant à l’éducation de la sensibilité et de la volonté. Chez les jeunes gens, c’est à peine si elles éveillent le sentiment esthétique. Et combien peu elles cultivent en eux les indispensables qualités d’énergie, de décision, d’initiative dont ils auront plus tard si grand besoin!

Comme elles ne développent pas nos diverses facultés, a fortiori n’opèrent-elles pas le développement harmonieux de l’esprit. Elles ne préparent donc pas directement à la vie active.

Le Pelmanisme a pour but de remédier à ce défaut fondamental: aux jeunes garçons et aux jeunes filles il apprend à considérer du point de vue de l’adulte, non de l’enfant, le cycle de leurs études; il enseigne à grouper les faits autrement que d’après leurs formes extérieures, à en préparer des examens non seulement en vue d’un diplôme, mais de manière que les connaissances acquises puissent être utilisées plus tard dans les diverses circonstances.

Bref, le Pelmanisme est le Fil d’Ariane qui permet de se guider dans l’obscur et complexe Labyrinthe des faits et dans la lutte pour la vie.

L’Absence de Discipline Intellectuelle après la Scolarité est Néfaste.

  1. Malgré ses imperfections, l’enseignement public, à tous ses degrés, confère un certain maniement des mots et des idées. De plus, l’autorité du maître impose certaines habitudes d’attention; la crainte des punitions et la nécessité de passer des examens développent la mémoire.

L’important, pour réussir dans la vie, est de conserver et d’augmenter le bénéfice de l’entraînement scolaire. Or, le plus souvent, quand les années d’école sont finies, l’adolescent cesse cet entraînement; de sorte que l’absence discipline devient l’une des principales causes de l’inefficience mentale.

Hors des heures consacrées aux occupations quotidiennes, les jeunes adultes n’ont personne pour guider et organiser leurs efforts; la lecture même, telle qu’ils la pratiquent, satisfait la curiosité sans cultiver méthodiquement l’intelligence. L’âge adulte est trop souvent celui où l’on ne veut plus recevoir aucune leçon, non seulement d’autrui, mais même des faits, de l’expérience. Aucun préjugé ne fait plus de mal à l’humanité. Faut-il s’étonner, après cela, que bien des hommes et des femmes de 25 ans se trouvent incapables de concentrer leur pensée? Ils ont renoncé à la discipline mentale que l’école leur avait inculquée, et ont contracté de mauvaises habitudes intellectuelles.

Le Pelmanisme, au contraire, professe que l’éducation doit durer autant que la vie; qu’il faut chercher partout des occasions de s’instruire; et, plus encore, qu’à tout âge une discipline nécessaire, comme est nécessaire une hygiène corporelle. L’absence de règles, prise à tort pour une émancipation, n’est que dissipation et ne produit qu’impuissance. Seuls vont loin les hommes qui s’imposent une discipline volontaire alors qu’ils n’ont plus l’âge d’en subir une, soit du maitre d’école, soit de l’autorité militaire. Pensez-y.

Les Maladies, Entraves au Progrès.

  1. Les maladies, et particulièrement celles d’origine nerveuse, peuvent dans certains cas être une cause d’inefficience mentale. Ce sont surtout l’attention et la mémoire qui risquent d’être atteintes. Il sera

bon, dans ce cas, de suivre un traitement à la fois mental et physique, en agissant avec prudence, sans précipitation et sans se livrer au découragement. Il ne faut pas se laisser impressionner par des suggestions négatives, telles que: « Ma mémoire ne s’améliorera jamais! ». Il ne faut pas non plus négliger le corps. Découragement moral et négligence physique sont également préjudiciables aux facultés intellectuelles.

Soyez donc d’abord fermement résolu à vous maintenir en bonne santé: n’oubliez pas que l’hygiène, le régime, la constance dans les soins physiques requièrent un esprit maître de soi, réfléchi et persévérant; sachez qu’il n’y a pas de limite à l’influence salutaire qu’exerce sur le physique un moral excellent. Rééduquez ensuite scientifiquement les fonctions défectueuses, en évitant la fatigue, car tout surmenage compromettrait le succès.

L’Age est rarement un Obstacle.

  1. Suis-je trop vieux? -Voilà une question que nous pose, après se l’être posée à lui-même, plus d’un lecteur ayant dépassé la cinquantaine.

La limite d’âge de l’efficience mentale varie avec les individus. Si un homme a négligé, pendant une ou plusieurs dizaines d’années, de cultiver son intelligence, il lui faudra, évidemment, assez longtemps pour remédier aux défauts dont il souffre; mais il pourra du moins empêcher son esprit d’aller plus longtemps à la dérive; il est même possible qu’il recouvre une grande partie de ce qu’il avait perdu et c’est là un résultat que tout homme consciencieux devrait se procurer.

Si, d’autre part, un homme de plus de cinquante ans a conservé une intelligence active, il set fondé à croire qu’il peut encore l’améliorer. Les recherches, sur ce point, ont permis de constater que nombre d’hommes célèbres n’ont produit leurs meilleures oeuvres qu’après la cinquantaine. N’est-ce pas vers cet âge que Pasteur se lança dans la machine expérimentale? Les principaux travaux de Fabre, le célèbre entomologiste, ne datent-ils pas de sa mise à la retraite?

Une dame déclara un jour à Emile Boutroux « qu’elle ne croyait pas à l’âge »; et l’illustre philosophe, écrivant à ce sujet à l’Institut Pelman, assure que, sans nul doute, on attache à l’âge une importance excessive en s’attendant à voir baisser les facultés intellectuelles vers 55, 60 ou 70 ans.

L’expérience démontre, au contraire, que, si l’on cultive son esprit, le nombre des années a beaucoup moins d’influence qu’on ne se l’imagine.

Moins souple que le jeune homme, l’homme d’âge est à certains égards, plus apte à profiter de notre méthode, car il est moins exposé aux entraînements; l’expérience n’est plus un vain mot pour quelqu’un d’assagi par la vie.

Si réellement vos facultés « se rouillent » au seuil de la vieillesse, c’est plus que jamais le moment de les « dérouiller » par un exercice méthodique. L’esprit, comme le corps, s’entretienne dispos et alerte par une gymnastique appropriée. C’est un mérite essentiel du Pelmanisme, que de faire bénéficier les jeunes de l’expérience des vieux, les vieux de l’ardeur et de la souplesse des jeunes.