La mémoire. L’observation, faculté primordiale

«Observer», ce n’est pas seulement «voir», c’est enregistrer en son esprit tout ce qui a trait au sujet considéré.

Cette faculté de l’observation n’a pas été donnée en partage égal à chacun, mais tout le monde peut l’acquérir.

Un fait curieux a déjà été raconté maintes fois par les auteurs de biographies d’hommes célèbres. Si vous lisez beaucoup de biographies, vous avez peut-être vous-même relevé ce point qui leur est presque commun à tous.

Vous ne voyez pas ?

Les hommes ayant atteint de grandes réussites, dans n’importe quel domaine, se rappellent généralement avec une facilité déconcertante, les moindres détails de certaines circonstances ou de certaines choses.

Cette constatation suffirait à nous montrer l’intérêt qu’il y a à améliorer notre mémoire.

Ils «se rappellent», donc ils ont «observé»

Ils avaient en effet observé des détails qui avaient échappé à l’attention de 99 % des autres témoins des mêmes événements. Et il ne serait pas tellement exagéré de prétendre que certaines personnalités marquantes de la science par exemple, doivent leur réussite à cette faculté de premier ordre : la faculté d’observation. Sans elle tous leurs talents ne leur auraient servi à rien.

Voulez-vous mesurer dès à présent si vous êtes aussi observateur que vous pourriez ou que vous devriez l’être ?

Posez-vous quelques questions analogues à celles qui suivent, questions portant toujours sur des objets que vous avez vus un nombre incalculable de fois, puis essayez d’y répondre assez rapidement :

  • Quel est le diamètre d’une pièce d’un euro, comparé à celui d’une pièce de 5 centimes ?
  • Combien de clés y a-t-il à votre trousseau ? Combien votre clavier (sans regarder) a-t-il de rangées de touches ?

Avec un peu d’imagination, vous trouverez sans difficulté un certain nombre de petits tests de ce genre pour vérifier l’état de votre faculté d’observation. Selon les réponses que vous saurez vous donner, vous pourrez juger de votre situation dans ce domaine.

Si vos constatations ne sont pas flatteuses, ne vous découragez pas, car avec un peu de patience et pratiquement sans effort, vous pourrez faire des progrès énormes en très peu de temps.

Avant d’aborder directement la question du développement pratique de la faculté d’observation et de celle de la concentration, essayez ces quelques exercices. Ils doivent être exécutés consciencieusement, systématiquement, et exactement selon les indications que je vais vous donner. Leur influence est primordiale dans l’acquisition de la puissance d’observation, faculté sans laquelle on ne peut jamais posséder une bonne mémoire.

Le pouvoir de concentration est nécessaire d’abord, la puissance d’observation ensuite.

Voilà les bases nécessaires de tout travail mental. Et inversement, pour atteindre le plus haut rendement de toutes nos facultés, nous n’avons qu’un moyen absolument sûr : développer notre puissance d’observation au moyen de notre pouvoir de concentration. Par exemple, la faculté d’exprimer les idées de façon cohérente et logique dépend uniquement du pouvoir de concentration.

Les exercices qui vont suivre concernent directement ce pouvoir de concentration, base de toute amélioration rationnelle.

Le premier d’entre eux est destiné aux personnes qui ont beaucoup de difficulté à concentrer leur attention sur un objet ou une idée unique.

Concentration – Exercice N° 1

Installez-vous dans une pièce pas trop éclairée et ouverte sur une autre pièce dont l’éclairage atteint le lieu où vous vous trouvez. C’est plus facile si elle est choisie de telle façon que le bruit de la vie quotidienne ne vous dérange pas.

Prenez dans votre main un objet brillant, comme une petite cuillère par exemple et fixez-le de toute la force de vos yeux.

Prenez alors la ferme résolution de ne pas détourner les yeux de ce point de mire, puis appliquez-vous graduellement à fixer également vos pensées sur la cuillère autant que vous le pouvez.

Dites-vous en substance ceci : «Je ne m’autorise pas à penser à autre chose qu’à cette cuillère. Je ne veux laisser aucune autre pensée entrer dans ma tête. Rien ne peut détourner mon attention parce que Je veux me concentrer sur cette cuillère.

Revenez plusieurs fois à cette idée ou bien répétez cette phrase. Environ une dizaine de fois serait idéal. Mais, surtout, faites le posément et mettez-y de la conviction. Prenez le temps de vous laisser imprégner par cette idée et par la nécessité inéluctable de ne pas laisser dévier un instant votre attention dirigée sur la cuillère.

Vous pouvez le dire à voix haute, c’est encore plus efficace comme toujours en matière de mémorisation ou de mise en condition. En effet dans un tel cas vous faites coup double puisque vous pensez à une idée et que vous entendez cette idée simultanément.

Le temps nécessaire pour exprimer cette idée est d’environ 20 ou 25 secondes à chaque fois, et l’exercice entier vous prendra à peu près 4 ou 5 minutes.

Vous trouverez peut-être que c’est bien court pour un exercice sérieux de concentration. C’est au contraire assez long.

Essayez. Une fois que vous aurez tenté vous- même de mener à bien cet exercice, vous verrez que je parle en connaissance de cause. Au début, vous aurez probablement une certaine difficulté à concentrer votre attention de façon soutenue plus de 20 secondes. La mobilité des idées est causée par le phénomène bien connu de l’association des idées qui travaillent constamment dans l’esprit de chacun.

Un mot, une image visuelle, une circonstance imprévue, un bruit, souvent même un rien suffisent à lancer vos pensées dans toutes sortes de directions.

Il ne faut donc pas vous étonner que concentrer votre esprit sur une seule chose vous demande un vrai travail. Mais il n’y a pas de raison pour que vous n’arriviez pas à mener à bien cet exercice basique.

Si vous voulez réellement obtenir un contrôle meilleur des différents rouages de votre pensée, vous y arriverez assez vite. Vous éprouverez principalement des difficultés lors de vos premiers essais.

Défendez-vous du découragement. Dites- vous bien que vous ne pouvez pas acquérir en un instant ce qui vous a fait défaut pendant des années. Ce n’est pas difficile mais ce n’est pas instantané.

Vous vous rendrez vite compte que votre pouvoir de concentration n’est pas encore très musclé. Votre attention cherchera à échapper au cadre que vous voulez lui donner.

Vous combattrez mieux cette tendance grâce à un objet brillant comme la cuillère. C’est un des intérêts de la brillance, elle attire le regard et votre pensée s’y fixera plus facilement. Dans le noir total, c’est l’inverse qui se produirait. Votre pensée aurait libre cours, rien ne la capterait.

Je vous le répète, évitez de faire durer cet exercice plus de 5 minutes, au début.

Vous pourrez augmenter peu à peu la durée, mais ne dépassez cependant pas un quart d’heure. Ce serait inutile car, si vous avez fait des progrès suffisants pour arriver à vous concentrer pendant 15 minutes, vous pouvez être certain que vos pensées ne sont plus perdues dans l’agitation intérieure due auparavant à l’enchevêtrement de vos idées.

Elles ont à présent un but éminemment utile et vous aideront fortement dans l’entreprise que vous menez pour acquérir une mémoire parfaite.

Concentration – Exercice N° 2

Cet exercice est adapté plus spécialement à ceux qui sont déjà capables de concentrer leur attention un certain temps. Il permet d’améliorer la faculté de garder son attention en éveil.

Efforcez-vous d’oublier les préoccupations de la journée, puis concentrez votre attention sur un sujet assez simple d’aspect. La pièce dans laquelle vous êtes est parfaite pour faire cette expérience.

Vous avez regardé la chambre, le bureau ou le salon où vous vous trouvez un très grand nombre de fois certainement, et cependant en l’observant dans le cadre de cet exercice, vous réaliserez que vous n’auriez pas pu en donner une description conforme et précise.

Cela tient à ce que votre capacité actuelle de concentration n’est pas suffisamment développée.

Essayez. Vous allez examiner soigneusement la pièce dans laquelle vous êtes. Dans la première phase, ne vous occupez pas des meubles ni des objets qui s’y trouvent, bornez-vous à constater la couleur, la hauteur, la longueur des murs, du plancher, du plafond. Regardez la forme et le nombre des fenêtres et des portes comme vous les verriez si l’appartement était à louer non meublé. C’est déjà bien suffisant pour le début de l’exercice.

Examinez alors lentement, attentivement la pièce, en déplaçant graduellement votre regard de secteur en secteur, et efforcez-vous de garder en vous le résultat de toutes vos observations. Puis fermez vos yeux et essayez de reformer dans votre tête l’image de ce que vous venez de considérer.

Répétez maintenant exactement le même procédé pour les meubles qui sont autour de vous, et lorsque vous aurez obtenu des résultats satisfaisants dans chacune de ces deux phases distinctes, réunissez-les en une seule et même image mentale.

Reposez-vous quelques minutes, puis faites- vous mentalement une reproduction aussi fidèle que possible de cette pièce avec tout ce qui s’y trouve. Vous serez étonné de la clarté et de la justesse de l’image qui se sera ainsi formée.

J’insiste sur un point important : il ne faut pas aller vite dans l’exécution de cet exercice ; mieux vaut être trop lent que trop rapide. Ne détournez pas votre regard d’un objet avant de vous en être imprimé l’image en esprit de façon aussi exacte que possible.

Cet exercice est ultra simple en apparence, mais vous risquez d’être surpris des pièges qu’il dissimule sous son aspect peu compliqué.

En tout cas, il constitue un excellent moyen de constater la valeur du pouvoir de concentration. Lorsque vous serez arrivé à exécuter avec succès cet exercice, vous pourrez en étendre le champ d’expérimentation.

Vous vous appliquerez, par exemple, à bien observer votre maison, son jardin, vos environs, ou tout autre assemblage de choses, et à vous les représenter ensuite en esprit.

Vous procéderez naturellement en décomposant toujours l’ensemble en différentes parties que vous observerez séparément et que vous réunirez ensuite pour en faire un tout parfaitement clair en vous.

Concentration – Exercice N° 3

Asseyez-vous à votre table ; fermez la main, en laissant le pouce en dehors ; mettez votre poing fermé sur la table. Étendez lentement votre index, jusqu’à ce qu’il soit complètement allongé, mais ayez soin de garder pendant ce temps les autres doigts bien fermés.

Faites faire le même mouvement à votre médius ; l’index ne change pas de position, évidemment. Ce sera ensuite le tour de l’annulaire, puis de l’auriculaire. (Au cours de l’expérience, vous remarquerez que l’annulaire a une tendance très marquée à faire les mêmes mouvements que le médius ; mais vous surmonterez cette petite difficulté après quelques essais.)

Laissez votre main immobile pendant une minute, les doigts étendus. Puis reprenez l’opération en sens inverse. Repliez d’abord l’auriculaire contre la paume de votre main, puis l’annulaire, puis le médius, enfin l’index ; votre main sera de nouveau fermée. Décomposez chaque mouvement de doigt en ayant fortement conscience de ce que vous faites exactement.

Le geste étant très simple à réaliser vous serez disponible pour une attention soutenue.

Recommencez 2 fois de plus cet exercice, et concentrez votre regard et votre pensée sur les mouvements des doigts de votre main en vous interdisant de les laisser s’en détourner même une fraction de seconde.

Quand vous aurez fait 3 fois l’exercice avec votre main droite, recommencez avec votre main gauche.

Les gens qui ont une mémoire médiocre sont presque toujours de mauvais observateurs et vous verrez clairement le premier obstacle à franchir dans cet exercice: l’impatience, et la difficulté à rester fixé sur son objectif qui caractérisent le défaut de mémoire.

Observez sans vous presser, réfléchissez et reposez votre esprit de temps à autre, ménagez des espaces convenables entre les différentes images que vous vous imposez. Vous poserez ainsi les fondations nécessaires à une mémoire excellente.

Conformément à l’ordre que je vous ai proposé de suivre, nous allons maintenant passer à la deuxième caractéristique d’une bonne mémoire, la faculté de conservation.

APPRENEZ A LÂCHER PRISE

Lâcher Prise, ce n’est pas se montrer indifférent mais simplement admettre que l’on ne peut agir à la place de quelqu’un d’autre.

Lâcher prise, ce n’est pas couper les liens mais prendre conscience qu’il ne doit pas y avoir contrôle d’autrui.

Lâcher prise, ce n’est pas être passif, mais au contraire tirer une leçon des conséquences inhérentes à un évènement.

Lâcher prise, c’est reconnaître ses limites, c’est à dire que le résultat final n’est pas entre nos mains.

Lâcher prise, ce n’est pas blâmer ou vouloir changer autrui, mais donner le meilleur de soi-même.

Lâcher prise, ce n’est pas prendre soin des autres mais se sentir concerné par eux.

Lâcher prise, ce n’est pas juger, mais accorder à autrui le droit d’Etre avec toutes ses imperfections comme champ d’expériences.

Lâcher prise, ce n’est pas s’occuper de tout ce qui arrive, mais laisser les autres gérer leur propre destin, source d’éveil.

Lâcher prise, ce n’est pas materner les autres, mais leur permettre d’affronter la réalité.

Lâcher prise, ce n’est pas rejeter, c’est au contraire accepter.

Lâcher prise, ce n’est pas harceler, sermonner ou gronder mais tenter de déceler ses propres faiblesses et de s’en défaire.

Lâcher prise, ce n’est pas adapter les choses à ses propres désirs, mais prendre chaque jour comme il vient et l’apprécier sans oublier de s’aider soi-même.

Lâcher prise, ce n’est pas critiquer ou corriger autrui, mais s’efforcer de devenir ce que l’on rêve de devenir.

Lâcher prise, ce n’est pas regretter le passé, mais vivre et grandir pour l’avenir dans l’ici et maintenant.

Lâcher prise, c’est craindre de moins en moins pour aimer de plus en plus.

Et pour vous, c’est quoi le Lâcher prise ?