Comment maintenir son but

L’Examen de Conscience

1. Ce bilan lucide et sincère de toute votre vie, dressez-le tout de suite, pour décider d’après votre passé ce que doit être votre avenir. Que vous soyez en crédit, ou au contraire en faillite et qu’il y ait lieu à liquidation, dans les deux cas vous gagnerez immensément à faire la clarté sur votre situation, à vous rendre compte de ce que vous avez fait et de ce qu’il vous reste à faire.

Mais si cette enquête est à ce point profitable, pourquoi ne pas vous en assurer le bénéfice à intervalles réguliers ? Une maison de commerce ordonnée procède à l’inventaire de ses marchandises, à la vérification de ses comptes, une ou deux fois l’an. Suivez cet exemple : les conditions du succès sont partout les mêmes.

Grâce à cette méthode vous ne pourrez plus perdre de vue pendant longtemps votre but : vous constaterez régulièrement si vous stationnez ou rétrogradez, si vous avancez normalement ou d’un pas trop lent. Vous ne vous éterniserez pas dans un « hors-d’oeuvre », dans un intermède, vous risquerez moins de gaspiller longtemps votre application et vos forces. Vous apprécierez si les procédés essayés par vous au jour le jour fournissent ou non un rendement satisfaisant.

Vous vous préserverez à la fois de l’inconstance et de la nonchalance.

Un Exemple d’Examen de Conscience.

2. Voici, comme exemple, une question pratique : « Avez-vous de l’énergie, de la force d’action ? » Vous devez vous la poser et vous examiner à fond. Si vous pouvez répondre « oui », ce sera un encouragement ; si vous devez répondre « non », vous aurez du moins vu clair en vous.

Prenons dans nos dossiers quelques réponses négatives :

(1) « Non, je n’ai pas d’énergie. Je suis froid, incapable d’enthousiasme et de larges sympathies. »

(2) « J’ai quelque énergie, mais seulement lorsqu’il s’agit de suivre les sentiers battus. Je laisse les autres penser pour moi. J’obéis, parce que je n’ai jamais eu la force de diriger. Je suis essentiellement un « subordonné ».

(3) « Oui, j’ai de l’énergie, mais seulement pendant de courtes périodes. Je suis comme un feu de paille : je pétille et flambe d’enthousiasme, puis, tout s’éteint.

On peut fonder plus d’espoir sur des hommes qui ont appris ainsi à se connaître – pourvu qu’ils ne laissent pas inutilisée cette science de soi – que sur ceux qui n’ont jamais eu le courage de s’analyser consciencieusement. Se lamenter sur ses défauts et ne rien faire pour les corriger est funeste. Le courage que nécessite un examen de conscience, c’est de « tout voir sans crainte ». Ayons ensuite celui de mettre en ordre notre « maison mentale ». Achevons la tâche entreprise.

Questionnaire pour l’Examen de Conscience.

3. (1) Etes-vous satisfait de votre santé physique? Et de votre intelligence? Et de votre caractère? Non. Alors que faites-vous pour les améliorer? La connaissance de vos faiblesses suscite-t-elle en vous l’énergie d’y porter remède?

(2) N’avez-vous jamais comparé vos qualités à celles des personnes dont vous avez pu parfois envier les succès individuels, sociaux ou commerciaux? Si oui, quels profits avez-vous tirés de cette comparaison?

(3) Quelles ont été les périodes de votre vie les plus heureuses, celles où vous avez remporté le plus de succès? Les attribuez-vous à votre bonne santé, à certaines dispositions mentales ou aux deux ensembles?

(4) Pourriez-vous vous déplacer dans ces mêmes dispositions, de façon à obtenir des résultats semblables?

(5) Si vous n’avez traversé aucune période de ce genre, est-ce votre faute? Ou pouvez-vous en faire retomber la responsabilité sur d’autres?

(6) Certains moments de la journée conviennent mieux que d’autres à cette sorte de méditation qui conduit aux actions fécondes. Avez-vous trouvé l’heure qui vous convient le mieux personnellement? L’utilisezvous bien?

(7) Faites une liste de vos bonnes qualités et de celles qui vous semblent moins louables. Pour en juger avec impartialité, demandez-

vous quelles sont celles qui vous ont aidé à réussir et que vous seriez fier d’avouer?

(8) Quel but proposez-vous d’atteindre plus tard? Quel est celui que vous poursuivez maintenant?

(9) Quels moyens avez-vous décidé d’employer pour l’atteindre?

(10) Etes-vous absorbé dans votre travail au point de n’avoir aucun autre intérêt?

(11) Vous donnez-vous tout entier à votre travail ou vous contentez-

vous d’en faire juste assez pour satisfaire votre employeur?

(12) Avez-vous analysé votre travail pour déterminer quelles possibilités vous pouvez en tirer?

(13) Avez-vous essayé de déterminer les caractéristiques et les qualités de ceux qui vous ont surpassé et les raisons de leur avancement?

(14) Cédez-vous à la tendance de noter et de critiquer les défauts des autres plutôt que de remarquer et d’apprécier leurs qualités?

(15) Ne vous êtes-vous pas déjà aperçu que, pour réussir en quoi que ce soit, il faut travailler avec ardeur et persévérance?

(16) Recherchez-vous ou fuyez-vous la responsabilité?

(17) Comprenez-vous comment la responsabilité qui vous incombe contribue à développer l’esprit et à former le caractère?

(18) Lavater a dit : « il ya trois classes d’hommes : ceux qui rétrogradent, ceux qui restent stationnaires, et ceux qui progressent. » A laquelle croyez-vous appartenir?

(19) Après avoir quitté l’école, avez-vous continué à vous cultiver méthodiquement, ou avez-vous laissé de côté les connaissances acquises?

(20) Avez-vous jamais entrepris un travail pour amour pour les autres et sans rémunération? Combien de temps êtes-vous resté sans faire une action vraiment bonne et généreuse?

(21) Avez-vous pris la résolution de chercher de nouvelles idées, ou vous êtes-vous contenté d’accepter, celles des autres, bénissant ces derniers de vous épargner la peine de penser?

(22) Etes-vous d’une sensibilité et d’une réserve exagérées ? Ne perdez-vous pas ainsi un grand nombre des avantages de la vie?

(23) Gaspillez-vous votre énergie à imaginer des malheurs imprévus et les moyens de les prévenir : ou à livrer des batailles imaginaires à vos prétendus ennemis? Vous laissez-vous aller à des pensées pessimistes et néfastes?

(24) Si ce questionnaire vous a déprimé, n’est-ce point parce qu’il a souligné vos faiblesses? N’est-ce pas cependant une cause d’espoir, puisque vous pouvez commencer sur-le-champ à les corriger? Nous attachons une grande importance à ces questions d’examen de conscience, parce qu’elles vous permettront d’organiser vos énergies.

Ne négligez aucune question. Ne dites pas qu’elles sont faites pour les autres et non pour vous. Si vous n’avancez pas dans la vie, c’est probablement que vous manquez de méthode ; le questionnaire que nous vous proposons vous permettra de vous en rendre compte.

En somme, si nous ne pouvons pas tout obtenir de nous-mêmes, nous pouvons obtenir beaucoup. Mais notre pouvoir est fondé sur notre connaissance des lois de la nature et de nous-mêmes. La science sans la bonne volonté et la bonne volonté sans la science sont également impuissantes. On ne peut dominer la nature et se dominer soi-même que si l’on obéit aux lois naturelles et aux lois psychologiques. Nous pouvons apprendre à nous fixer un but et l’atteindre en ne négligeant aucune de nos ressources, c’est-à-dire en utilisant les lois psychologiques et en nous imposant une discipline qui s’en inspire. Le but du Pelmanisme c’est de mettre ces lois à la portée des Etudiants et d’accroître ainsi le « rendement » de leurs efforts.

Son Effet sur l’Emploi du Temps.
4. La conséquence immédiate de chaque examen de conscience doit être un meilleur arrangement de notre temps. L’organisation de notre activité sera révisée, remaniée, en chacune de ces circonstances. A quoi bon préciser où nous en sommes dans la poursuite de nos buts, si cette connaissance n’est pas pour nous l’occasion de maintes réformes?

Telle tendance doit, dans notre intérêt, être renforcée : contraignons-

nous à y consacrer davantage de notre temps. Telle autre est reconnue comme risquée ou funeste : veillons à l’exclure de notre vie. Notre tactique vis-à-vis de nous-mêmes doit ainsi s’assouplir, se modifier périodiquement selon nos besoins permanents et notre état passager. A ce prix, notre discipline sera non pas routine, mais instrument de progrès.

Fréquence de l’Examen de Conscience
5. L’examen de conscience, qu’il faut ainsi reprendre périodiquement, sera plus ou moins fréquent selon les besoins de l’Etudiant. Etes-vous inconstant, étourdi, négligent ? Astreignez-vous très souvent à cette épreuve, une fois par semaine, ou même chaque soir. Etes-vous timoré, scrupuleux à l’excès, sans confiance en vous-même ? Risquezvous que l’examen vous déprime ? Ne procédez à ce bilan qu’à des intervalles très espacés, quatre fois l’an, par exemple. En moyenne, l’expérience nous a montré qu’un bilan trimestriel est salutaire à la plupart des gens.

Le dédoublement de soi-même qu’implique l’examen de conscience, exceptionnel chez ceux qui se laissent emporter par la vie, est une obsession chronique, accablante et douloureuse, chez certaines personnes. Ce serait une erreur que de supprimer chez ces dernières toute analyse. Seulement, elles doivent se contraindre à ne pas s’y livrer constamment et à respecter rigoureusement la fréquence qu’elles ont adoptée. Ce qui importe surtout, c’est de ne jamais s’analyser pendant qu’on agit ou qu’on parle en présence des autres.

La Timidité.
6. C’est le moment de dire un mot des fâcheux résultats de la timidité. En voici un exemple : On vous demande, à l’issue d’un dîner, de prononcer quelques paroles. Vous n’avez pas l’habitude de parler en public et, au lieu de penser à ce que vous devez dire, vous vous sentez comme impressionné et comme paralysé. Braqués sur vous, les yeux de vos auditeurs vous hypnotisent. Vous dédirez produire une bonne impression et, afin de juger de votre succès, vous vous croyez obligé de vous écouter parler. A un certain moment, les deux activités, parler et écouter, ne s’accommodent pas très bien l’une et l’autre ; vous écoutez trop, vous perdez le fil de vos idées, et finalement vous vous arrêtez net. On saisit ici sur le vif les inconvénients d’un dédoublement intempestif de la personnalité. Si vous aviez pu vous oublier et ne penser qu’au sujet de votre allocution, si vous n’aviez pas prêté à vos propres paroles une oreille critique, vous vous seriez senti beaucoup plus éloquent. La preuve en est que certaines personnes, fort timides de leur naturel, prononcent parfois des discours émouvants : c’est qu’elles sont suprêmement désireuses de faire triompher une cause qui leur est chère et que ce désir annihile leur habituelle timidité. Leur moi est submergé par leur ferveur, leur passion du moment.

La timidité est parfois accidentelle : un homme généralement doué d’une belle assurance peut se sentir par hasard péniblement embarrassé lorsqu’on l’invite à brûle-pourpoint à prendre la parole devant un nombreux auditoire. Mais beaucoup sont timides et réservés de nature. Ils sont enclins à vivre trop en eux-mêmes, et comme ils sont d’une extrême sensibilité, le tohu-bohu journalier, les plaisanteries et les railleries, les heurts multiples de l’existence sociale les effarouchent ; bref, ils évitent tout ce qui pourrait troubler leur paix intérieure. Il faut qu’ils sachent que leur attitude n’est pas exempte de vanité ; que ce n’est pas la peur seule qui les fait reculer devant toute action publique. Or, une saine compréhension de la vie exige qu’un home sorte de réserve, sans quoi il devient si timide qu’il n’a plus le courage nécessaire pour arriver ; ses progrès se ralentissent et il devient, de la part des autres, objet de pitié.

Le meilleur moyen de parvenir à se dominer, c’est de se créer un intérêt, de former des projets et de travailler à les réaliser. Si, en outre, vous vous donner quelques divertissements, vous guérirez, si aigu que soit le mal.

Pour aider l’Intérêt à accomplir son oeuvre bienfaisante, les timides s’efforceront de suivre les quelques conseils pratiques que nous allons leur donner ; s’ils s’y conforment fidèlement, ils sentiront leur confiance en eux-mêmes s’accroître rapidement et sur monteront les obstacles dont ils s’exagéraient l’importance :

1° Adopter l’attitude corporelle qui correspond à l’état d’âme d’un homme maître de lui et sûr du succès. Prendre une démarche ferme, un regard et un ton assurés. Ralentir ses mouvements et le débit de ses paroles. Dans toute attitude physique, il y a déjà la prédisposition à un état psychique correspondant ;

2° Eviter de se rappeler les défaillances passées ;

3° Ne plus considérer les risques d’insuccès d’un acte qui a été décidé;

4° Sérier les difficultés après les avoir analysées. Les aborder progressivement, du simple au complexe ;

5° Ne pas laisser démonter par un premier insuccès, mais s’y reprendre autant de fois qu’il est nécessaire pour réussir ;

6° Ne jamais se demander : que va-t-on penser de moi ? Ne jamais s’épier soi-même quand on parle ou quand on agit. Concentrer son esprit sur le sujet dont on doit s’occuper.

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