Comment se créer un but

Pourquoi bien des Gens vivent sans But.

1. La claire notion d’un but étant la condition première de la réussite, on doit se demander comment il se fait que tant de gens vivent sans but.

Aucun homme ne vit sans se sentir attiré par certaines choses ou certaines personnes. L’impassibilité, l’indifférence totale sont rares. Mais on peut être adonné à la cupidité, aux passions, sans avoir véritablement un but. Tel est, précisément, le cas de ceux qui manquent le plus de tout idéal : esclaves de leurs désirs, ballottés par les circonstances, ils sont menés par le hasard, au lieu de diriger leur destinée. Il leur a manqué de concevoir une fin assez lointaine, et d’organiser toute leur existence en vue d’atteindre cette fin.

On fit dons sans but faute d’un intérêt dominant, qui unifierait notre existence entière. N’étant plus attiré par ceci que par cela, on butine tantôt ici, tantôt là, aux hasards de la route, qui va n’importe où. Ne croyez pas que ce soit l’indépendance ; c’est le caprice, l’absence de toute maîtrise de soi. Celui-là seul à un but, qui montre de la suite dans ses idées, de l’organisation dans ses efforts.

On vit sans but par fatalisme, si l’on se persuade qu’il ne sert à rien de vouloir, parce que notre sort ne dépend pas de nous.

Rien de plus déraisonnable. Sans être entièrement maîtres de notre destinée, nous sommes largement responsables de nos mérites comme de nos défaillances.

On vit sans but faute de confiance en soi. C’est le cas du pessimiste, du timide. Ces déprimés ne nient pas qu’ils pourraient intervenir efficacement dans leur propre existence, mais ils n’osent pas, soit par crainte que leur activité tourne à leur détriment, soit par crainte de se tromper ou d’être mal jugés.

On vit sans but faute de volonté. Chez le uns, c’est de l’apathie ; chez les autres, de l’indécision ; ailleurs encore, de l’inconstance. Cette inertie est souvent la suite d’habitudes paresseuses. La peur de l’effort, voilà d’ordinaire sa cause principale. Quoique notre but nous attire, il n’oriente que ceux qui, ayant su le concevoir, s’élancent à sa poursuite.

But Immédiat et But Lointain.

2. Nous avons dit déjà que ce mot de but ne désigne pas nécessairement une grande mission, une vaste ambition, une réussite éclatante. Chacun peut trouver dans sa propre sphère professionnelle et sociale des améliorations à proposer, des progrès à réaliser. Un mineur n’est qu’un ouvrier ordinaire tant qu’il fait son travail machinalement et n’occupe ses loisirs qu’à s’amuser plus ou moins grossièrement. Mais si ce mineur cherche comment améliorer les procédés d’extraction, renforcer les boisages, assurer l’hygiène et la sécurité de ses compagnons ; si, à terre, il s’instruit par la lecture et s’intéresse à des oeuvres sociales de solidarité, par exemple à l’envoi des enfants à la montagne ou à la mer, il se complète lui-même. A ses buts immédiats, qui sont le perfectionnement du travail professionnel, l’entretien de sa famille, le développement de sa culture personnelle, il adjoint un but lointain.

Autant de professions, autant de possibilités : pour commencer, limitez votre ambition, en le rattachant aux activités dont vous avez déjà l’habitude. C’est peu à peu que votre horizon s’élargira et que vous pourrez envisager la poursuite d’un but de plus en plus complexe et de plus en plus vaste. Car ce n’est pas tant l’ampleur du but que vous visez qui lui donne la valeur d’un stimulant, que la force de votre désir d’une part, et de l’autre, la possibilité d’atteindre au succès. Si l’on vise d’abord trop haut ou trop loin, on court le risque d’être désappointé ou de s’user inutilement. On doit donc se définir soi-même les buts immédiats et le but lointain conformément aux faiblesses et aux aptitudes qu’on possède.

Prenez vis-à-vis de la vie une certaine attitude : celle de l’explorateur et du chercheur, qui sait qu’au-delà de son expérience actuelle il existe encore d’autres domaines à connaitre. Ne vous soumettez pas à la routine, mais profitez de ce que vous savez déjà pour apprendre davantage, pour voir plus loin et plus haut.

La Recherche du But.

3. On nous demande quelquefois : « Comment puis-je me créer un intérêt dans la vie et former un plan d’action ? » Mais avant de répondre à cette question si raisonnable, il nous faut connaître un peu la personne qui la pose. Une mère de famille, par exemple, a déjà comme telle une mission à accomplir, et il n’en est pas de plus belle que celle de bien élever ses enfants. Il se peut qu’elle veuille, de plus, développer ses facultés de façon à être la conseillère de ses enfants, quand ils grandiront et commenceront à penser par eux-mêmes.

En ce cas, la fin qu’elle se propose est encore plus claire et plus définie. Beaucoup de nos Etudiants ont un but général bien déterminé, lorsqu’il s’agit de leurs affaires ou de leur profession ; mais ce peut être insuffisant. Pourquoi ne proposeraient-ils pas quelques buts secondaires, qui contribueraient à développer plus largement leur culture ?

Les hommes et les femmes qui ont un revenu assuré n’ont pas à se proposer un but leur permettant de gagner leur vie. Ils chercheront surtout à lire, à développer leur esprit, à participer à de bonnes oeuvres ; quelle que soit l’occupation à laquelle on s’adonne, tout intérêt assez vif tend à révéler les aptitudes cachées de l’esprit aussi bien qu’à en développer les facultés les plus apparentes.

On peut dire que les hommes exerçant une profession libérale ont déjà un but fixé et de suffisantes causes d’intérêt. Ils sont artistes, avocats, médecins, ingénieurs, fonctionnaires. Le plan général de leur destinée est arrêté, quoique les détails ne le soient pas. Le but du médecin est évidemment d’exercer son art, mais sous quelle forme ? Se spécialisera-t-il ? Pratiquera-t-il la médecine générale ? Visera-t-il à devenir professeur de Faculté ? Dans quelle voie l’intérêt le poussera-til ? Une fois la question résolue, il lui faut encore réfléchir et se tracer un plan d’action.

Il y a des milliers de personnes dont l’avenir, en général, est déterminé, mais qui, en dehors de leur tâche journalière, n’ont aucun intérêt particulier. Elles considèrent volontiers leurs occupations comme un labeur obligatoire et ennuyeux : et elles vivent leur vraie vie la maison, parmi des livres, des collections ou des fleurs. Ces personnes ont souvent une vie longue, heureuse et utile, mais ne tirent pas parti de toutes leurs aptitudes.

Si elles font de mauvaises affaires, ou si les temps deviennent plus durs, elles en souffrent cruellement. Une meilleure attitude mentale à l’égard de leur travail leur aurait sans doute épargné cette souffrance, ou du moins leur eût permis de l’endurer avec plus de stoïcisme, et peut-être même avec une parfaite sérénité.

But Principal. But Secondaire

4. En règle générale, le but principal est constitué par la profession : c’est elle qui utilise la majeur partie de votre énergie, c’est elle qui vous assure une aisance de plus en plus grande, parfois même la richesse et par là une possibilité croissante de développer votre personnalité entière.

Tant mieux si cette profession correspond à vos goûts et à vos aptitudes, surtout si son domaine est riche et vaste. Sinon, exercez-la de votre mieux ; efforcez-vous d’y prendre intérêt, d’en découvrir les attraits cachés – il y en a toujours – et transformez le travail machinal en activité consciente et féconde.

Ne croyez pas, cependant, que vous deviez vous regarder comme enchaîné à un métier ou à une profession parce qu’ils vous ont été imposés par les circonstances. Après une étude sérieuse de possibilités extérieures et personnelles, cherchez la voie qui vous conviendrait vraiment et ne craignez pas de vous y engager.

Si cette profession ne satisfait pas vos aspirations et ne met pas en oeuvre toutes vos capacités, adjoignez-y un but secondaire à la poursuite duquel vous consacrerez vos loisirs.

Il convient, d’ailleurs, le plus souvent, de compléter l’activité professionnelle par une autre activité méthodique d’un ordre différent ou supérieure : peinture, musique, culture personnelle, recherches scientifiques, oeuvres sociales ou politiques.

Questions à se poser.

5. Il a manqué aux gens qui vivent sans but de se poser les questions suivantes :

1) Y a-t-il quelque chose qui me plaît plus que tout ?

2) Cette chose mérite-t-elle d’être recherchée ?

3) Est-elle accessible ?

4) Est-elle accessible pour moi ?

5) Quels sont les obstacles ?

6) Par quels moyens pourrai-je les surmonter ?

7) Ai-je, non seulement les qualités suffisantes, mais la ténacité nécessaire ?

8) La victoire sera-t-elle achetée trop cher ?

9) Aurai-je de la joie à poursuivre ce but, même si je devais échouer ?

Bref, c’est la sensibilité qui fait qu’il y a pour nous des objets désirables, c’est l’intelligence et la volonté qui font que nous sommes capables de nous assigner de buts et de les atteindre.

La Vocation

6. Il faut donc déterminer avec soin l’occupation préférée, l’intérêt dominant, le « but principal ». Pour certaines personnes favorisées, ce n’est pas difficile ; elles ont une vocation, un goût spontané, comme une voix intérieure qui leur commande de s’adonner principalement à telle ou telle occupation. Cette vocation est la poussée puissante qui fait les grands hommes : dans les cas les plus marqués, elle se manifeste dès l’enfance ; le hasard peut la faire découvrir pendant l’adolescence.

La plus impérieuse est la vocation artistique ; on sait que jusqu’au vingtième siècle, les peintres, les sculpteurs, les musiciens, les poètes ont souvent été obligés de sacrifier leur bien-être à leur vocation.

De nos jours, les conditions commencent à changer et les oeuvres d’art peuvent plus ou moins « nourrir leur homme ». Malgré tout, la règle est qu’un homme poussé par une vocation artistique ou scientifique doit gagner sa vie dans une situation « à coté » ; de nombreux poètes ont été fonctionnaires ; maints peintres ont dû être dessinateurs industriels, ou illustrateurs de revue, de journaux, de maisons d’édition ; citons ici seulement le cas de Gustave Doré. Remarquons que les difficultés extérieures ne diminuent, et surtout ne tuent pas une vraie vocation. Au contraire, elles l’excitent ; c’est alors que l’homme qui possède cette poussée intérieure donne le meilleur de lui-même. Cette poussée, nommée vocation, se manifeste à divers égards. Le degré le plus fort est celui qui décide de la carrière des grands hommes. Mais on peut dire que chacun de nous a, lui aussi, plus ou moins sa vocation personnelle. Le tout est de le découvrir, et ensuite, de la développer.

Comment le But se Découvre.

7. La découverte de la vocation peut dépendre du hasard ; le cas d’Ampère et celui de Watt, deux enfants de génie, sont bien connus. Mais pourquoi s’en remettre au hasard dans une telle recherche ? Ne vaut-il pas mieux s’analyser avec soin, chercher dans son propre passé des indications précises, puis tâter le terrain et trouver enfin, par une

méthode rigoureuse, ce à quoi l’on est vraiment bon, et pour quoi l’on se sent fait ?

Il se peut qu’en vous aussi sommeille une vocation et que nos conseils déterminent en vous comme une « illumination ». Alors, vous verrez, en toute clarté, la voie où conduire votre vie, où consacrez vos énergies. Ne laissez pas dormir vos responsabilités.

Prenons un exemple : beaucoup d’enfants font des collections de coquillages, de plantes, de timbres… Faire une collection, c’est déjà le point de départ de la méthode scientifique ; car il faut : a) classer selon un certain ordre ; b) faire des séries aussi complètes que possible ; c) comparer ces séries entre elles. Mais la plupart ne s’intéressent qu’aux deux premières opérations ; personnes ne leur a dit que la plus importante est la troisième : base même des sciences et des arts. Mais supposez qu’on dise à l’enfant que sa collection de timbre-poste peut fixer en lui des notions précises de géographie : peut être sera-t-il, plus tard, un explorateur célèbre ; que sa collection de plantes est le commencement de la botanique ; s’il persévère, en élargissant son domaine de recherche, il peut devenir un botaniste éminent ou un biologiste, professeur de Faculté. De la collection de monnaies, il pourra passer à l’archéologie et à l’histoire et là aussi acquérir un nom honoré. Ainsi la collection peut aider à l’éclosion de la vocation.

Bref, chacun de vous possède, comme Socrate, un « démon familier », un goût profond, une tendance subconsciente, qu’il faut éveiller et nourrir.

Ce n’est souvent qu’après des années d’efforts que nous découvrons l’idéal de notre vie, la profession qui nous passionne, l’entreprise qui nous enthousiasme. Il y avait jadis un jeune commis de l’Enregistrement. On lui avait dit que la carrière administrative était agréable, ce qui est vrai sous bien des rapports.

Mais notre jeune commis s’est vite lassé d’une besogne monotone qui convient mal à son esprit actif. Il se tourne de divers cotés, vers le droit, le commerce, le journalisme ; il demande conseil à ses amis, mais leurs avis sont contradictoires. Il ne sait plus que faire, il est agité, inquiet, il a la sensation d’être emprisonné. Un jour, il lui prend fantaisie d’écrire une nouvelle dans le genre de celles qu’il a lues dans les revues. Et voici qu’il découvre que le métier d’écrivain lui plaît. Il le trouve agréable et facile. Il expédie son manuscrit à un éditeur qui lui en demande d’autres. Notre jeune commis a trouvé sa vocation : il quitte sans esprit de retour l’Enregistrement et le voilà devenu homme de lettres. Ce fut l’aventure d’André Theuriet, de l’Académie française.

L’histoire abonde en faits de ce genre. Corneille était d’abord destiné au barreau et ne découvrit le véritable intérêt de sa vie que le jour où il écrivit sa première comédie. Et de nos jours, bien des hommes qui ont joué dans la vie politique un rôle de premier plan commencèrent par être avocats, médecins, ingénieurs, voire simples ouvriers. Il y a ainsi dans toutes les professions, des hommes, des femmes qui mènent une vie incomplète, parce que les circonstances ne leur ont pas révélé leur véritable voie. Les évènements leur permettront peut-

être un jour de se découvrir une vocation qui sommeillait. Mais même alors ces gens devront penser et vouloir pour faire d’un beau rêve un but positif. Si donc vous avez la sensation de n’être pas à votre place, prenez patience, cherchez, sans découragement, avec ténacité, à découvrir ce qui vous intéresse le plus au monde ; ce sera le vrai but de votre vie : vos efforts seront récompensés.

Comment éveiller l’intérêt

8. A quoi nous intéressons-nous le plus ? A l’objet qui convient à notre activité. Ce qui « ne nous dit rien » ne nous intéresse pas. On ne s’intéresse qu’aux choses pour lesquelles on a une certaine compétence. Est-ce à dire que celui qui jusqu’alors ne s’intéressait à rien est définitivement indifférent ? – Nullement, car l’intérêt naîtra si cet homme donne à son activité un objet précis. Qu’il s’applique, qu’il s’efforce de faire mieux chaque jour, qu’il tienne compte de ses progrès et songe au bénéfice qu’il retirera de ses efforts s’ils réussissent : il finira par prendre goût à son entreprise et sera sauvé. Les choses les plus insignifiantes prennent de la valeur à nos yeux quand nous nous appliquons à leur recherche. Mais il faut s’y appliquer avec méthode et persévérance, sinon on reste un « raté ».

La Supériorité de celui qui Veut.

9. La nécessité de gagner sa vie oblige la plupart des gens à accepter avec trop de hâte une profession, et souvent ce n’est pas celle qui conviendrait le mieux à leurs aptitudes. Ils sentent bientôt qu’ils ne sont pas à leur place.

Ils ont cependant ce grand avantage de vouloir quelque chose, alors que tant d’autres restent indécis. S’ils sont adroits et prudents, ils arrivent souvent à sortir de leur fâcheuse situation. Ils consacrent leurs loisirs à se donner une autre compétence et, lorsqu’ils sont prêts, ils n’ont plus qu’à abandonner la profession qui ne leur convient pas.

Savoir ce dont on est capable est surtout une affaire personnelle. C’est à nous de considérer nos goûts, nos aptitudes, nos capacités, d’observer autour de nous et de juger d’après ce que font les autres de ce que nous pourrions faire nous-mêmes.

Si notre but définitif tarde à se manifester, nous pouvons nous proposer un but provisoire et attendre les évènements, mais soyons toujours aux aguets pour ne pas laisser passer l’occasion. D’ailleurs, les buts momentanés doivent autant que possible marquer une étape vers le but final. Quoi qu’il en soit, il sera toujours utile de fixer à notre activité des buts temporaires, pourvu que nous travaillions obstinément à les atteindre et qu’ils ne nous fassent pas négliger notre but définitif ; ils exerceront sur nos facultés une influence aussi bienfaisante qu’un idéal plus durable et les protégeront contre toute déchéance.

Après le But, les Moyens.

10. Lorsque nous avons enfin trouvé notre véritable voie et que nous avons en vue un but bien déterminé, il nous faut songer aux moyens de l’atteindre. Commençons par nous documenter le plus complètement possible sur tous les aspects de ce qui fera désormais l’objet de notre activité et, une fois munis de tous les renseignements indispensables, traçons-nous un plan d’action. Il serait présomptueux et dangereux de vouloir parcourir d’une traite le chemin qui mène au but de notre ambition. Il faut comme un voyageur prudent, procéder par étapes. Ne nous laissons pas séduire par l’appât d’un gain immédiat : ne perdons jamais de vue l’avenir et ne compromettons pas nos chances de succès pour recueillir des avantages sans lendemain. L’homme sage et méthodique sait se contenter d’abord d’un résultat modeste, si celui-ci marque une première étape vers le but final.

Ne mesurez pas vos efforts au chiffre de vos émoluments.

Ne dites jamais, comme un employé médiocre ; j’en fais assez pour ce que je gagne. Bien au contraire, ne craignez pas de faire du zèle, de vous dépenser sans compter ; vous recueillerez un jour ou l’autre le bénéfice de vos efforts. Enfin, tâchez de vous créer le plus de relations possible dans le milieu où vous êtes dorénavant appelé à évoluer : vous pourrez ainsi ajouter l’expérience d’autrui à celle que personnellement vous acquerrez tous les jours.

Mais ne vous faites pas d’illusions. Si même vous observez scrupuleusement tous les conseils que nous venons de vous donner, il ne faut pas vous attendre à des succès immédiats. Certes, il n’est pas impossible que les circonstances vous favorisent et vous apportent, au bout de peu de temps, une réussite inespérée : accueillez-la comme une chance heureuse bien que méritée. C’est en prenant la ferme décision de réaliser chaque jour quelque nouveau progrès et en mettant toutes votre énergie à y parvenir que vous préparez le mieux votre succès futur.

Le Regard en Avant

11. On se rappelle notre distinction du but immédiat et du but lointain: ajoutons ici que tout progrès se fait par étapes successives. Toutes les fois qu’un but immédiat est atteint, une étape est franchie ; on peut se permettre alors un temps de repos, mais à condition de considérer cet arrêt comme un moyen de renouveler son énergie et de préparer les étapes suivantes, qui conduisent au but lointain.

Tout succès obtenu devient, dans ces conditions, un gage de succès futurs. Si on a éprouvé quelque échec, ou même quelque revers, inutile d’y penser, sinon pour en tirer un enseignement. On dresse son bilan, et on se remet en route pour l’étape suivante en sachant mieux maintenant éviter les ornières, tourner les obstacles, vaincre les difficultés.

Regardez en avant : voyez comme partout s’étendent les domaines à mettre en valeur ; et faites en sorte que votre vie soit véritablement une succession de progrès librement choisis et voulus.

La Réalisation de son « Moi » ou la Conscience de sa Propre Personnalité.

12. S’il a bien médité et bien compris ce que nous venons de dire, l’Etudiant doit se sentir gai et confiant. Peut-être avait-il un but bien arrêté avant d’ouvrir ce livre ; peut-être en avait-il besoin pour former ses premiers plans. Peut-être était-il encore indécis. Mais il ne doit, en aucun cas, ressentir du chagrin ou du désespoir. Si vous savez ce que vous voulez, cette Leçon et les suivantes serviront tous les intérêts qui vous tiennent à coeur. Si vous ne savez pas encore ce que vous voulez, vous avez du moins appris que vous le saurez un jour : allez donc de l’avant, le coeur plein d’espoir. Fuyez le pessimisme, qui peut vous faire croire que le monde est contre vous ! Fuyez le cynisme, qui dit que le progrès est un mirage spécialement créé pour la délectation des imbéciles ! Fuyez la doctrine de la chance, qui affirme que tous les biens de ce monde sont octroyés par le dieu Hasard !

Soyez fermement décidé à arriver, non au bruyant succès qu’applaudit le public, mais au vrai succès ; celui qu’on atteint en prenant conscience de sa propre personnalité, en « réalisant » sont Moi.

Echec et Demi-Succès.

13. Saint Paul, parvenu au terme de sa vie, faisant retour sur son passé, dit : J’ai « livré le bon combat ». Par contre, que d’hommes arrivés à un certain âge, sont obligés de s’avouer :

« J’ai gaspillé mon temps. »
« J’ai lâché la proie pour l’ombre. »
« Je me suis laissé devancer par mes inférieurs. »
« Je n’ai pas réalisé les espérances que mes parents et mes amis avaient fondées sur moi, et j’ai fait le jeu de mes ennemis. »
« J’ai suivi en toutes choses la voie la plus facile. »
« Je n’ai pas complètement échoué, mais mes succès ont été insignifiants. »

Il n’est jamais trop tard pour vous tracer un plan de vie qui vous évitera la nécessité d’une pareille confession. Commencez la réforme dès maintenant ; ne perdez pas un instant.

Les personnes d’âge mûr qui s’adressent à nous afin de développer leurs aptitudes inutilisées ou de conserver celles qu’elles possèdent, forment un groupe à part. Le principal objet de leur activité a été déterminé depuis longtemps ; mais si elles suivent notre Cours avec plaisir, elles se sentiront de nouveau empoignées par la vie. Le relâchement intellectuel qu’elles constataient en elles-mêmes fera place à l’ardeur, et leur sentiment de faiblesse cédera à une confiance croissante.

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