Épouser une femme au foyer ou une femme d’affaires ?

Lettre d’un homme d’affaires à son fils pour réussir dans le vie.

De John Graham, succursale bostonienne de Graham et Cie., à son fils, Pierrepont, Union Stock Yards, Chicago. M. Pierrepont a “mis au parfum” son père et a reçu une bénédiction limitée.

BOSTON, 11 novembre,

la reussite est en moiCher Pierrepont : Si ce que tu dis est vrai, alors tout va bien. Et tu ne pourras pas te marier assez vite à mon gré. Je crois en de courtes fiançailles et en de longs mariages.

Je ne vois aucun sens à rester sur le banc des pénitents avec les pécheurs, une fois qu’on s’est fait baptiser. L’heure d’évaluer la solidité de l’autre partie est avant les fiançailles.

Certains demandent en mariage une fille avant d’avoir vu la couleur de ses yeux, et ensuite ils se plaignent à tue tête qu’ils sont piégés quand ils découvrent qu’elle a une jambe en bois et un oeil en verre. Je n’ai aucune compassion pour eux.

Ils s’imaginent que les personnes mariées n’ont qu’un repas par jour, et que celui-ci est composé d’huîtres et de sorbet de fruits, après la sortie au théâtre.

Bien sûr, dans ces circonstances une fille affiche ses meilleurs côtés et son meilleur teint ; mais ce qui importe vraiment de savoir, c’est dans quel état d’esprit elle aborde le jambon et les oeufs à 7 heures du matin, et si son teint est frais au réveil.

Et ces gars font croire à une fille que leur vie entière se déroulera entre 8 et 11 du soir, qu’ils porteront ses 64 kilos de poids vivant sur leurs genoux en lui disant qu’elle est légère comme une plume. Ce qui sera intéressant de découvrir, c’est quand l’un d’entre eux devra tenir un bébé de 4 kilos et demi dans ses bras pendant 5 minutes, s’il trouvera qu’il pèse une tonne.

Une fille entend toujours quand on murmure, sur son passage, qu’elle est la plus belle de toutes, mais il est beaucoup plus important qu’un homme sache si son oreille est assez fine pour l’entendre quand il lui reproche qu’elle gaspille trop d’argent et qu’elle doit réduire ses dépenses.

Naturellement, quand vous caressez, choyez et nourrissez une femme elle ronronnera, mais rien de tel que de la provoquer un peu de temps à autre pour voir si elle crache le feu et casse les objets quand elle est en colère.

Néanmoins, il faut bien dire qu’il n’y a qu’une chose plus agaçante dans ce monde qu’une femme qui crie quand elle est furieuse, et c’est une femme qui se tait.

La première évacue sa mauvaise humeur en cassant la vaisselle, mais la seconde bout comme le moteur de locomotive près de ta couchette – tu te sens tendu et prêt à bondir de crainte qu’elle explose à tout moment ; mais elle ne le fait pas et ça lui passe – la colère s’évapore goutte par goutte.

Tu peux frapper ton frère quand il joue au martyre, mais tu dois aimer ton épouse. Une femme violente conduit un homme à la boisson, mais une enquiquineuse le mène à la folie.

Elle prend ses défauts et les lui accroche comme une boîte de conserve qu’on attache à la queue d’un chien et plus il court pour s’en éloigner plus il en entend parler.

Je mentionne simplement ces choses d’une manière générale, comme le pasteur à un enterrement, parce que la coutume exige quelques remarques appropriées à la circonstance.

D’après ce que j’ai vu, je pense que ces remarques ne s’appliquent pas à Helen Heath. Cette jeune femme est un très bon parti, si je puis m’exprimer ainsi – jolie, intelligente, raisonnable, et sans la fortune qui pourrait faire d’elle une idiote et de toi un imbécile.

En fait, tu as encore beaucoup de chemin à parcourir avant de devenir digne d’elle, même si tu lui apportais 10 millions, au lieu de tes 500 dollars par semaine.

Je suis grand adepte des femmes au foyer, et je n’aime pas beaucoup voir les femmes au bureau bien que j’avoue avoir des préjugés sur la question et que, comme c’est devenu une réalité, il faut faire avec.

Je ne fais jamais d’affaires avec une femme sans que cela me rappelle un petit incident qui s’est produit quand j’ai épousé ta mère. Nous nous étions installés dans une maisonnette de contes de fées, mais dont tu as envie de t’enfuir quand tu commences à l’habiter.

Il y avait de belles roses grimpantes sur le porche, mais pas d’eau courante dans la cuisine ; il y avait plein de petits bosquets de fleurs pittoresques dans le jardin, et plein de rats dans la cave ; il y avait un terrain immense derrière la maison, mais si peu d’espace à l’intérieur que pour m’asseoir, je devais sortir mes jambes par la fenêtre. C’était un endroit idéal pour pique-niquer, mais d’après mon expérience, on va pique-niquer surtout avant de se marier.

Ta mère faisait la cuisine, et je m’occupais des choses à cuisiner, bien que je mettais la main à la pâte timidement moi aussi, de temps à autre, et que je travaillais les muscles de mes bras en jetant les crêpes en l’air.

C’était pas toujours facile, comme tu peux l’imaginer, mais quoi qu’il en soit nous avons réussi à en tirer beaucoup de plaisir, parce que nous avions décidé de prendre les choses avec humour. Pour la majorité des gens, le bonheur est quelque chose qui ne vient toujours que le lendemain.

Mais je me suis fixé comme règle de ne jamais reporter le bonheur au lendemain. N’accepte jamais de billets à ordre pour le bonheur, parce que tu constateras que lorsqu’ ils parviennent à échéance ils ne sont jamais payés, mais juste renouvelés pour encore 30 jours.

Je travaillais alors dans une grande épicerie, mais j’avais déjà un petit faible pour le bétail ; mais même si je ne pouvais pas encore me permettre de me lancer dans cette affaire, j’ai réussi à acheter un petit cochon de lait que je comptais entretenir pendant l’été à crédit et lui présenter à l’automne la facture de la pension complète.

C’était juste un cochon ordinaire quand il est venu chez nous, et nous l’avons installé dans une petite porcherie, mais nous avons très vite découvert qu’il ne s’agissait pas du tout d’un simple cochon fouilleur et grogneur.

La première chose que je remarquai, c’est que ta mère l’appelait Toby, et elle le laissait gambader en liberté. Il répondait à son nom comme un chien.

Je n’avais jamais vu de porc si sociable. Il voulait rester assis avec nous sur la véranda. Il essayait de s’introduire dans les soirées qu’on organisait à la maison. Il descendait la rue en courant et en couinant de joie quand il me voyait rentrer du travail.

Novembre approchait et Toby profitait au mieux de son aubaine. Je n’ai jamais vu de cochon qui ait transformé le maïs en graisse aussi rapidement, et plus il engraissait, meilleur était son caractère.

Je reconnais que je m’étais attaché à lui moi aussi, d’une façon plus discrète, mais j’étais aussi très friand de viande de porc, et nous avions besoin de Toby à la cuisine.

Aussi l’ai-je expédié à la boucherie. Le lendemain, quand je suis venu déjeuner à la maison, j’ai remarqué que ta maman avait une mine grave en posant le rôti de porc sur la table devant moi, mais je ne l’ai pas vraiment relevé car je pensais à autre chose et quand j’ai commencé à découper la viande, mes pensées avaient du déjà complètement s’égarer, puisque je dis :

“Veux-tu que je te serve un morceau de Toby, chérie ?”

Eh bien, elle me regarda un instant puis elle éclata en sanglots et quitta précipitamment la table. Mais quand je la suivis pour lui demander ce qu’elle avait, elle arrêta de pleurer et se transforma en furie en une minute.

Elle me traita d’homme sans cœur, de cannibale cruel. Ceci semble avoir apaisé sa colère, car elle se remit à pleurer. Elle me supplia de sortir Toby de la saumure et de l’enterrer dans le jardin. J’ai tenté de la raisonner, et à la fin j’ai réussi à lui faire comprendre que les obsèques de Toby, compte tenu que 500 grammes de viande de porc coûtait 80 centimes, seraient trop chères pour nous

Mais elle a quand même réussi à me couper l’appétit de sorte que je n’ai plus voulu de rôti de porc pour le déjeuner ou de porc froid pour le dîner.

Cette nuit là, j’ai pris ce qui était resté de Toby et je l’ai amené au propriétaire d’un magasin à Crossing, car je savais qu’il pourrait regarder ses jambons sans se mettre à pleurer, et il me l’acheta à un prix tout à fait raisonnable.

Je mentionne simplement Toby en passant, pour montrer pourquoi je crois que les femmes ne sont pas faites pour les affaires – en tout cas, pas pour l’abattage et la boucherie.

J’ai eu maintes fois l’occasion de traiter affaires avec des femmes et l’expérience m’a montré que lorsqu’elles ont de faibles arguments, elles y ajoutent leur sexe et gagnent et quand elles ont des arguments forts elles leur soustraient leur sexe et traitent avec vous avec plus de dureté que les hommes.

Quoi qu’il en soit, elles ne peuvent que gagner et je n’aime pas jouer le jeu où d’avance je n’ai aucune chance. Quand un employé fait une erreur idiote je ne vais pas aller m’excuser auprès de lui de devoir attirer son attention sur celle-ci, et je ne veux pas non plus qu’il rougisse et tremble et qu’il fasse couler un peu d’eau salée dans son délicat mouchoir de poche.

Un petit changement est toujours très rafraîchissant, et j’aime trop les manières d’une femme à la maison pour qu’elles puissent me plaire au bureau.

Au lieu d’employer des femmes, j’essaye d’employer leurs maris, et alors je les fais habituellement travailler tous les 2 pour moi. Il n’y a rien de tel qu’une femme à la maison pour stimuler un homme au bureau.

Un homme marié mérite un salaire plus élevé qu’un célibataire, parce que son épouse lui ajoute de la valeur. Il a tendance à se coucher et à se lever un peu plus tôt ; à être un peu plus stable et à travailler un peu plus dur que le gars qui doit divertir une fille différente chaque nuit, et qui ne peut pas rester à la maison pour le faire.

C’est pourquoi le jour où tu épouseras Helen j’augmenterais ton salaire à 750 dollars par semaine, et c’est pourquoi j’arrêterai d’écrire ces lettres – je te confierai simplement à elle et lui laisserai les rênes. Je parie qu’elle fera un meilleur travail que moi.

Bien affectueusement, ton père, JOHN GRAHAM

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