Exercices spéciaux pour l’éducation de l’esprit et l’entretien de la santé. 11

Onzième Leçon

Voici encore les avantages d’un bon entraînement. Rappelez-vous que la régularité que vous apporterez à la pratique d’une chose dépend de l’intérêt que vous y apportez. S’il est assez fort, et que vous le remettiez en mémoire assez souvent, vous n’éprouverez aucune difficulté à acquérir de la régularité. Et même, la difficulté sera de faire disparaître l’habitude des exercices réguliers. Chacun devrait comprendre l’importance de puissants motifs constamment présents dans la pensée. Pourquoi la vente d’un produit est-elle parfois satisfaisante, et d’autres fois non ? Elle réussit lorsque de forts motifs d’achat sont sans cesse présentés à l’esprit du public. Elle échoue lorsque ces motifs sont oubliés.

Un grand bénéfice de la culture physique, c’est qu’elle est mieux qu’un remède: une hygiène préventive. Cependant, si le mal est là, on fait des cures merveilleuses en matière d’affections nerveuses, de constipation, d’indigestion, d’obésité, de tuberculose, de maigreur, de maladies du foie, etc… Quelle bénédiction de pouvoir se guérir soimême sans avoir à faire les lourdes dépenses des honoraires du docteur, des drogues, de la clinique et ainsi de suite !

Une personne qui, dès l’âge le plus tendre, a appris à bien respirer, à bien se nourrir, à bien penser, n’a rien à craindre des grippes et des autres maux que l’on considère presque comme normaux, tellement ils sont dans l’ordre des choses et quasi universels. Les mesures préventives non seulement valent mieux qu’une cure, mais sont décidément meilleur marché t plus agréables.

En outre, de bons exercices nous aident à devenir de bons joueurs. Voilà qui peut sembler un motif méprisable: il n’en est rien. Les jeux ont une valeur morale, intellectuelle et sociale, aussi bien qu’hygiénique. En fait, on peut dire avec raison qu’il vaut mieux ne pas jouer que de ne point chercher à bien jouer.

Il y a enfin un devoir trop souvent négligé par le public et trop souvent ignoré par les professeurs de Culture Physique.

Chacun de nous est responsable de la vie de plusieurs millions de cellules qui composent son corps. Chacun de nous préside à une vaste administration de gérants, de sous-chefs et d’employés, qui travaillent tous pour son bien. C’est à lui de les approvisionner d’air et de nourriture et de leur fournir, pour ainsi dire, la santé. S’il se nourrit mal, respire mal et pense mal, ils souffriront et il souffrira bientôt à son tour.

Au lit.

Faites l’inspiration complète et profonde que nous avons enseigné dans la Dixième Leçon. Retenez votre haleine un moment, puis rejetez l’air absorbé vivement, fortement et aussi complètement que possible. Faites une nouvelle inspiration complète et profonde, et cette fois, rejetez l’air d’une autre manière. Avancez les lèvres comme si vous vouliez siffler: puis, lancez l’air au dehors en une série de sifflements muets. Vous vous apercevrez avec surprise qu’il est bien plus facile de vider les poumons avec cette disposition des lèvres.

Faites encore une inspiration profonde et complète, mais, cette fois, laissez l’air s’échapper aussi lentement que possible inspirant et expirant à fond.

Il est tout aussi important de bien vider les poumons que de bien les remplir. Or, nombre de gens les remplissent beaucoup mieux qu’ils ne les vident. Maintenant, couché sur le dos gardez les membres gauches mous et libres. Raidissez la main droite, les doigts écartés et renversés en arrière. Etendez la jambe droite, le genou bien effacé et les orteils en extension complète. Alors, tout en gardant la jambe et le bras droit raidis, déplacez-les dans diverses directions, d’abord en haut, puis en haut et à droite, puis en haut et à gauche ; faites-leur ensuite décrire un demi-cercle ; enfin déplacez-les dans toutes les directions. Ne forcez pas. En dernier lieu, secouez cette main et cette jambe, détendez-les, et répétez cet exercice avec la main et la jambe gauches.

Si vous êtes assez fort, exécutez-les simultanément avec les deux mains et les deux jambes. Surtout, n’avancez pas la tête. Reposez-vous enfin, et refaites ces mouvements en imagination.

Hors du lit.

Debout, le corps légèrement incliné en avant à partir des hanches, le menton rentré et les reins cambrés, levez-vous plusieurs fois sur la pointe des pieds. Alors, tandis que vous êtes ainsi soulevé, gardez la main et le bras gauches mous et libres, et élevez en l’air la main et le bras droits, juste au-dessus de votre tête, les doigts renversés en arrière et écartés. Maintenez un moment le bras et la main dans cette position, puis, lorsque vous retombez sur les talons, rejetez ce bras en arrière et en bas. Secouez-le et laissez-le se reposer. Répétez cet exercice avec la main et le bras gauches raidis, tandis que la main et le bras droits sont libres.