Exercices spéciaux pour l’éducation de l’esprit et l’entretien de la santé. 3

TROISIEME LECON

Au lit.

Pratiquez la respiration abdominale (leçon I), couché sur le dos, les deux mains sur l’abdomen, que vous projetez en aspirant, et rentrez en expirant.

Pratiquez alors la respiration musculaire. Projetez l’abdomen tandis que vous aspirez; retenez votre haleine et, pendant ce temps, soulevez et abaissez alternativement les muscles abdominaux, vous aidant de la pression des mains. Ainsi le sang circulera mieux à travers les poumons.

En troisième lieu: aspirez l’air en gonflant l’abdomen; puis, tenant les épaules effacées, creusez l’abdomen; faites pression sur lui; maintenez la pression.

De cette manière, vous enverrez l’air au sommet des poumons, où les maladies de poitrine commencent si souvent.

Ensuite, asseyez-vous dans votre lit et faites quelques mouvements du cou. Asseyez-vous très droit, les épaules sur la même ligne, effacez-les, et avancez la poitrine. Inclinez légèrement le corps en avant, à partir des hanches. Regardez en l’air, droit au-dessus de vous, renversez la tête autant que vous le pourrez sans vous fatiguer. Vous .étirerez ainsi les muscles antérieurs du cou. Ne revenez pas tout de suite à votre première position, abaissez et relevez d’abord le menton, avancez ensuite le sommet de la tête. Tout en gardant le menton rentré, cambrez les reins et effacez les épaules; tournez la tête à droite aussi loin que possible, sans forcer; exécutez le même mouvement à gauche. Tous les mouvements de tête, en commençant, doivent être lents et mesurés. Répétez ce mouvement en vous tournant à droite et inclinez-vous devant une personne imaginaire. Faites de même à gauche.

Enfin, avancez la tête, levez-la, tournez-la à droite, puis à gauche; abaissez-la et tournez-la à droite et à gauche. Répétez ces mouvements plusieurs fois, puis exécutez-les en sens contraire. Faites-les à fond, mais sans vus forcer ni vous faire du mal.

Il est important de bien pratiquer ces exercices du cou, parce qu’ils améliorent la démarche et donnent une meilleure position aux organes, en les soulevant. Pour vous en rendre compte, regardez au plafond, la tête rejetée en arrière; puis, élevez et abaissez le menton et vous sentirez que vos organes sont soulevés. De nos jours, bien des indispositions proviennent de ce que nos organes internes, y compris l’estomac et le foie, sont descendus trop bas; ils ont fléchi, dérangeant ainsi le fonctionnement général du corps sans compter le leur.

Hors du lit.

Tenez-vous debout, le corps en équilibre sur les pieds suffisamment écartés; non sur les talons, mais plutôt sur la plante des pieds et les orteils. Laissez tomber le bras gauche, mollement et librement, à votre côté. Etendez le bras droit devant vous, les doigts écartés et renversés autant que possible. Ramenez la main droite au-dessus de la tète et aussi en arrière que possible, la paume en avant. Gardez cette position un instant, le bras raidi. Tournez alors les doigts, raides aussi, en arrière et à droite, arrêtez-vous, puis tournez-les autant que possible à gauche et en avant.

Tout en conservant les genoux et les jambes tendus, abaissez la main et le bras droits, encore raidis, en les ramenant devant vous. Inclinez votre corps à partir des hanches et essayez de toucher le plancher juste à droite de votre pied droit.

Surtout, n’avancez pas la tête, ni le menton. C’est là une des difficultés de l’exercice. Ne vous fatiguez pas. Répétez le mouvement plusieurs fois et vous vous apercevrez bientôt que vous vous baissez plus aisément et beaucoup plus bas. Secouez alors la main droite.

Détendez-la, gardez-la libre et molle. Faites le même exercice avec la main gauche; puis simultanément avec les deux mains, chaque main s’abaissant du côté du pied correspondant.

Aux exercices d’hygiène recommandés dans nos Leçons, et dont l’action bienfaisante est incontestable, il faut ajouter un bon régime alimentaire.

On ne doit pas prendre au pied de la lettre l’affirmation courante: « Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es. » Toutefois, notre genre de nourriture n’est pas sans avoir sur nous une certaine action. Nous continuons à boire et à manger exactement comme nous le faisons depuis des années et tomme le faisaient jadis nos pères et nos grands-pères, qui vivaient en plein air, déployaient une grande activité physique, fournissaient beaucoup moins de travail intellectuel que nous et avaient une plus faible tension nerveuse. Nous avons presque tous un régime alimentaire nuisible, car nous mangeons non seulement trop de viande, mais aussi trop d’aliments « caloriques ». Nous ne pourrions les utiliser que si nous faisions de lourds travaux manuels, en plein air, car ils servent principalement à reconstituer les muscles. On répète inconsidérément de tous côtés que « Nous mangeons tous beaucoup trop ». C’est là une de ces affirmations qui témoignent d’un manque de réflexion. Nous abusons de certains aliments, mais pas de tous; il est, au contraire, des éléments nutritifs dont nous n’absorbons pas une quantité suffisante; par exemple, certains sels minéraux: soude, chaux, fer, etc. que renferment les bons légumes verts. Ces sels ne sont pas des aliments reconstituants, ils ne réparent pas les pertes du corps, mais ils entretiennent un sang pur et vif.

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