Hypnose, Auto-Hypnose et Maîtrise de votre Personnalité

Qu’entend-on par maîtrise de soi-même et que peut-on maîtriser en soi-même sinon des émotions qui nous envahissent malgré nous, malgré notre volonté, malgré notre désir de ne pas subir ces émotions généralement désagréables et pénibles ?

Mais qu’est-ce qu’une émotion et d’où vient-elle ?

Toute le monde a ressenti des émotions, bonnes ou mauvaises, car il y a les émotions positives qui enhardissent, qui dynamisent, qui nous redonnent confiance en nous-mêmes et des émotions négatives, de loin les plus courantes, qui nous dépriment, nous fatiguent, nous rendent pessimistes avec un vague sentiment d’échec et d’humiliation.

Généralement, on ne cherche pas à réprimer les bonnes émotions (les émotions bleues comme les a appelées le Dr Pauchet). Si on nous annonce une bonne nouvelle nous sommes joyeux, notre visage s’anime, nous devenons volubiles, nous dansons et nous rions à gorge déployée.

Mais si nous avons peur, si nous avons le trac au cours d’un examen oral, par exemple, nous essaierons de combattre cette émotion qui nous paralyse mais, généralement, plus nous ferons des efforts pour l’enrayer, plus l’angoisse sera forte, plus nous perdrons nos moyens.

L’émotion vient de l’inconscient, zone des instincts et de l’imagination alors que notre répression a son origine dans le conscient, le moi, la volonté.

CONSCIENT ET INCONSCIENT

Il faut vous dire que pour bien connaître le mécanisme de la maîtrise de soi, il faut savoir que nous avons en nous deux aspects distincts : le conscient et l’inconscient.

Cette coexistence est facile à constater pour peu qu’on se donne la peine d’examiner certains phénomènes et qu’on veuille bien y réfléchir. Tout le monde connaît le somnambulisme, tout le monde sait qu’un somnambule se lève la nuit sans être éveillé, qu’il sort de sa chambre après s’être habillé ou non, qu’il descend des escaliers, traverse des corridors et que, après avoir exécuté certains actes ou accompli un certain travail, il revient à sa chambre, se recouche et montre le lendemain le plus grand étonnement en trouvant terminé un travail qu’il avait laissé inachevé la veille.

Cependant c’est lui qui l’a fait, bien qu’il n’en sache rien et Coué de conclure : « A quelle force son corps a-t-il obéi si ce n’est à une force inconsciente ?

On pourrait également citer le cas de l’ivrogne sous l’empire du delirium tremens.

Quelle est donc la nature de cet inconscient qui nous gouverne à notre insu, qui continue à travailler et à penser pendant que nous dormons ? Véritable ordinateur, l’inconscient ne se repose jamais car c’est lui qui nous fait vivre. Un grand psychanalyste suisse, C.G. Jung disait que le conscient est une coquille de noix sur la mer de l’inconscient.

Voici ce que nous dit Coué :

« Si nous comparons l’être conscient à l’être inconscient nous constatons que, tandis que le conscient est souvent doué d’une mémoire très infidèle, l’inconscient, au contraire, est pourvu d’une mémoire merveilleuse, impeccable, qui enregistre, à notre insu, les moindres évènements, les moindres faits de notre existence. De plus, il est crédule et accepte sans raisonner tout ce qu’on lui dit.

Et comme c’est lui qui préside au fonctionnement de tous nos organes par l’intermédiaire du cerveau, il se produit ce fait qui nous semblera plutôt paradoxal, que, s’il croit que tel ou tel organe fonctionne bien ou mal, que nous ressentons telle ou telle impression, cet organe, en effet, fonctionne bien ou mal, ou bien, nous ressentons telle ou telle impression.

Non seulement l’inconscient préside au fonctionnement de tous nos organes, mais il préside aussi à l’accomplissement de toutes nos actions quelles qu’elles soient. C’est lui que nous appelons imagination et qui, contrairement à ce qui est admis, nous fait toujours agir même et surtout contre notre volonté lorsqu’il y a antagonisme entre ces deux forces. »

ACQUISITION DE LA MAÎTRISE DE SOI

A la lumière de ces explications, il nous appartient de repenser le problème de la volonté. Qu’est-ce que la volonté ? Est-ce, comme le dit le dictionnaire, « la faculté de se déterminer librement à certains actes » ? Si cette définition est vraie, il n’y aurait pas de problème de maîtrise de soi et nous pourrions, sur commande, arrêter une émotion ou détendre immédiatement un muscle contracté.

Il suffirait de dire : « Je veux que ma peur disparaisse » pour que cette dernière tombe tout de suite comme par un coup de baguette magique. Ce serait merveilleux, mais ce serait aussi dangereux, car il suffirait de vouloir pour pouvoir, dans le bien comme dans le mal…

De la même façon, il suffirait de dire : « A partir d’aujourd’hui je ne fume plus » pour que l’on cesse définitivement de fumer. On sait que ces décisions héroïques sont la plupart du temps vouées à l’échec précisément parce que la volonté est inopérante en matière d’habitudes invétérées doublées d’intoxication.

L’entourage du tabacomane dit souvent qu’il n’a pas de volonté ce qui ne fait qu’aggraver son cas, car encore une fois, il ne s’agit pas de volonté mais de briser une habitude en agissant sur le subconscient sans que la volonté intervienne.

Seule la persévérance doit être pratiquée en se donnant tous les soirs la suggestion suivante :

« J’ai le plus grand intérêt à me débarrasser rapidement du tabac qui est néfaste pour mon organisme et mes facultés intellectuelles. Quand j’aurai cessé de fumer mon énergie aura doublé, et j’aurai augmenté ma résistance à la fatigue. Mes digestions seront facilitées, mon souffle et ma virilité renforces, mon intelligence et ma mémoire accrus, de même que mon pouvoir de concentration. Mon coeur et mes glandes seront fortifies.

Je serai un autre homme et une nouvelle vie s’ouvrira à moi. Chaque jour, la fumée du tabac me laisse de plus en plus indifférent, elle me gêne même et je ne peux plus la supporter. Dans ma bouche, le tabac a un goût âcre et repoussant. J’oublie de fumer. Ma ration de tabac s’amenuise de jour en jour et bientôt je ne fumerai plus du tout et définitivement. »

Ces suggestions vont s’enraciner dans le subconscient au moment du sommeil et poursuivre leur but au cours de la nuit. C’est pourquoi Coué recommandait de se faire de l’autosuggestion au bord du sommeil en se répétant 20 fois : « Tous les jours à tous points de vue, je vais de mieux en mieux. » En ce qui concerne la maîtrise de soi, on pourra se répéter : « Chaque jour, je suis un peu plus calme, j’ai un peu plus confiance en moi-même, j’exécute de moins en moins les actes que je ne veux pas faire, j’accomplis de plus en plus exclusivement ce que j’ai décidé de faire ».

L’acquisition de la maîtrise de soi exige une discipline personnelle assez longue, dans les domaines très divers : il s’agit d’abord de se débarrasser de certaines mauvaises habitudes, comme celles de se mettre en colère, de parler avec précipitation, de faire des mouvements impulsifs.

Il s’agit aussi de se libérer de la peur : être maître de soi, c’est ne pas s’affoler, crier et se désespérer au moment du danger ; ne pas sursauter au moindre bruit, ne pas être terrorisé par le bruit du tonnerre. Celui qui a acquis la maîtrise de soi n’est pas pris de terreur panique à la vue d’une guêpe, d’une souris ou d’un crapaud.

L’HYPNOSE

Lorsque notre volonté est agissante et efficace, c’est qu’elle est en accord avec notre imagination. Par exemple, si nous voulons changer de situation et que nous nous représentions dans notre nouveau poste comme si cela était déjà fait, nous avons toutes les chances de réussir. Mais si nous cherchons du travail en priant Dieu de ne pas en trouver, nous ne trouverons rien.

De la même façon, quelqu’un qui s’est entraîné à la relaxation, à la détente musculaire, peut, non pas en faisant des efforts, mais simplement en se remémorant la séance de détente ou en employant une formule mentalement :

« je suis très calme, je suis très fort » par exemple, faire avorter une émotion forte et reprendre rapidement ses esprits au lieu de paniquer.

Donc, la clef du succès dans la maîtrise de soi est l’entraînement à la relaxation, c’est-à-dire, n’ayant pas peur du mot, à l’hypnose. Comment y arriver ?

Le moyen est très simple, mais il nécessite la persévérance. Tous les jours, pendant 2 ou 3 minutes seulement pour commencer, il faut faire sa séance de relaxation. On commencera par s’étendre sur un lit ou mieux sur un tapis, les bras étendus le long du corps et les paumes de la main dirigées vers le tapis. On placera un petit coussin sous la nuque et un autre sous l’articulation des genoux de façon à réduire le plus possible les tensions musculaires. Puis on commencera par employer la formule suivante sous forme d’autosuggestion soit mentalement, soit à voix basse :

« Mon bras droit est lourd, il est de plus en plus lourd ».

Progressivement cette lourdeur va s’étendre à l’autre bras puis aux cuisses, aux jambes et au corps tout entier. Vous ferez cette séance plusieurs fois de façon à obtenir la lourdeur presque immédiatement, puis vous passerez à l’exercice de la chaleur. Vous commencerez par vous suggérer que votre main droite est chaude comme si vous la trempiez dans l’eau à 37° ou comme si elle était exposée au soleil. Comme pour la pesanteur, la chaleur va irradier et envahir tout le bras, puis le bras gauche, les cuisses et les jambes ainsi que les pieds et le corps tout entier. Vous aurez alors l’impression d’être dans votre bain chaud ou de vous faire bronzer sur la plage. Vous pouvez compléter la séance par le rafraîchissement du front. Vous vous suggérez que votre front est frais comme si un vent léger l’affleurait ou comme si vous aviez un linge mouillé sur le front.

Par la relaxation, vous arriverez progressivement à maîtriser tout le troupeau de muscles qui s’agite ou se durcit lorsque vous êtes énervé, angoissé, agité ou tout simplement contrarié. Comme les nerfs sont intimement liés aux muscles, vous maîtriserez du même coup vos nerfs et vos émotions puisque ces dernières sont provoquées par le système nerveux. Progressivement, lorsque vous serez rompus à la relaxation, vous saurez vous faire de l’autosuggestion pour vous débarrasser de vos mauvaises habitudes, pour améliorer votre caractère, renforcer votre mémoire, développer votre volonté, en un mot, acquérir la maîtrise de vous-même.

L’HYPNOPHONOTHERAPIE

Si vous n’avez pas le temps de faire vos séances de relaxation, ce qui paraît impensable puisque on doit pouvoir se relaxer n’importe où, même sur une chaise ou debout, si vous oubliez souvent de vous faire votre autosuggestion, vous pouvez enregistrer les formules de relaxation et les écouter le soir au moment où vous vous mettez au lit. C’est l’hypnophonothérapie, du grec hypno : sommeil et phône : voix. Cette nouvelle thérapeutique utilise le sommeil nocturne au cours duquel des suggestions sont données au dormeur par l’intermédiaire d’un appareil audio spécial se déclenchant automatiquement.

Elle est basée sur la longue et solide expérience hypnotique et hypnothérapique, mais ne nécessite pas la présence d’un opérateur.

Cette méthode qui est tirée de la suggestion, utilise également, les lois régissant les phénomènes de l’inconscient.

En général, tous les traitements qui s’adressent à l’esprit visent l’inconscient. On appelle cela psychothérapie. Qu’il s’agisse d’hypnose, de suggestion, de persuasion, d’exhortations, d’incantations, le principe est toujours le même : faire accepter l’idée de guérison par le malade, c’est-à-dire intégrer l’idée dans l’inconscient.

Quand cette idée est acceptée et digérée, elle agit et fréquemment la guérison survient, plus ou moins rapidement, quand il n’y a pas de lésions organiques graves.

On peut donc formuler une première loi : la suggestion agit à condition sine qua non de se transformer en autosuggestion et ce mot nous le définissons : l’action d’imposer une idée à soi-même par soi-même.

C’est pourquoi il faut bien peser la formule de suggestion à employer. Une fois cette suggestion mise au point et acceptée consciemment, il suffit de la faire pénétrer mécaniquement dans l’inconscient. Pour cela deux facteurs importants sont nécessaires : la détente et la répétition monocorde.

Toute idée a immédiatement tendance à se réaliser, soit sous forme d’état émotif ou physiologique, soit sous forme d’acte. Lorsque je pense à un bon mets, l’eau me vient à la bouche, de même que, si je pense à une démangeaison ou si l’on se gratte devant moi, ou si l’on parle de puces ou de poux devant moi, il me vient l’envie de me gratter.

Tous les systèmes publicitaires sont basés sur la puissance de l’imagination qui actionne les ressorts moteurs des individus quels qu’ils soient.

Vous devez donc faire attention à ce que vous pensez et surtout à ce que vous ressentez. Si vous avez toujours des idées noires, ces idées sont des autosuggestions qui finiront par se matérialiser.

Dans la maladie et quand il s’agit de troubles fonctionnels ou de troubles dus à une émotion, sous l’effet d’une suggestion (idée imposée) même générale d’amélioration, l’inconscient saura discerner l’organe atteint et l’origine du mal. Tout ce processus inconscient nous conduit à une deuxième loi, celle de la finalité de l’inconscient, c’est-à-dire que l’inconscient est plus intelligent que notre petit moi et connaît le moyen de guérir ou la solution du problème.

Nombre de découvertes ont été faites pendant le sommeil par l’inconscient.

Si donc vous souhaitez acquérir la maîtrise de vous-même, vous devez commencer par élaborer une autosuggestion que vous vous administrerez tous les soirs, soit par vous-même, soit par l’intermédiaire d’un magnétophone et qui visera à l’obtention du calme. Vous pouvez dire par exemple :

« Chaque jour, je suis de plus en plus calme. Rien ne peut entamer mon sang-froid. Je garde en toute circonstance une parfaite lucidité d’esprit. Je n’ai plus de mouvements d’impatience ou de colère. Je suis toujours en possession de tous mes moyens et les choses qui m’ennuyaient, m’agaçaient, m’irritaient, me laissent, dorénavant, absolument indifférent et calme, très calme ».

D’un autre côté, il faut prendre l’attitude de l’homme ou de la femme calme au cours de la journée, ce qui complètera l’autosuggestion du soir. N’oublions pas qu’il y a une liaison réversible entre les sentiments et leur expression. Il vous appartient donc de prendre une allure de quelqu’un qui a confiance en lui-même en relevant la tête, en regardant votre interlocuteur à la racine du nez et en prenant une voix haute et ferme. Vous devez prendre le comportement du chef qui sait s’imposer, de l’homme courageux qui sait faire face à toutes les situations.

Peu à peu ces attitudes de calme et de force provoqueront les émotions positives correspondantes, à savoir, le calme, le sentiment d’être fort, imperturbable et sûr de soi. Puis ces attitudes deviendront des automatismes et feront partie intégrante de votre personnalité. Vous aurez acquis, ainsi, la maîtrise de vous-même.