La joie du foyer est une force

Quelques-un des foyers les plus heureux que j’aie connus, foyers où régnaient l’intelligence, la paix et la concorde, étaient de pauvres foyers. Pas de riches tapis sur les planchers, ni de belles peintures aux murs, pas de piano, de bibliothèque ou d’œuvres d’art. Mais là vivaient des cœurs contents, des êtres dévoués, dont chacun contribuait au bonheur de tous, et qui essayaient de compenser, par leur intelligence et leur bonté, la pauvreté de leur milieu.

Quelle triste chose que de voir un homme lutter de toutes ses forces pour empiler quelques écus, et négliger entièrement ce pour quoi il était né : une vie heureuse, enrichie par une femme et des enfants.

Un foyer modèle est une grande sauvegarde pour un homme

L’or et l’argent peuvent acheter une maison, mais non un foyer ; quelles richesses de tendresse, d’abnégation, de bonté et de paix ont transformé d’humbles logis en palais où le cœur s’épanouissait.

Un jeune mari doit se souvenir qu’une femme sacrifie infiniment plus de choses pour l’homme qu’elle aime, que lui pour elle, et il doit s’appliquer à prévenir les désappointements du début de la vie conjugale. Si l’homme et la femme faisaient cela l’un pour l’autre, les tribunaux qui prononcent les divorces n’auraient plus rien à faire.

Les hommes se croient souvent supérieurs à leurs femmes parce qu’ils pourvoient aux besoins de la famille et qu’ils s’imaginent que le fait de gagner de l’argent prouve une habileté supérieure. Et cependant, la plus grande partie de leurs succès est due à l’influence de leur femme, à son tact, à son habileté à rendre son foyer heureux.

Une bonne femme veille à ce que son mari soit en état de bien travailler ; elle l’empêche de se tourmenter, elle le garde de la dissipation et de tout ce qui pourrait diminuer ses forces et son énergie.

Beaucoup d’hommes sont sains, normaux, économes et soigneux, grâce à l’influence de leurs femmes. Un foyer modèle est une grande sauvegarde pour un homme. Il lui insuffle de l’énergie, et l’empêche de se décourager. Il développe le côté affectueux de sa nature, et le rend plus fort et mieux équilibré. L’homme produit davantage lorsque la concorde et l’affection règnent dans son foyer.

L’homme n’aime pas comme la femme

J’ai connu, et je connais encore, bien des femmes qui ne réclament rien, qui n’ont aucun crédit dans le monde, et qui n’en sont pas moins les auteurs de la réputation de leurs maris. Il y en a d’autres qui aident si discrètement leur mari que lui-même ne s’en doute pas.

On a dit que “l’amour est un épisode dans la vie de l’homme, toute une époque dans celle de la femme”. Beaucoup d’hommes n’aiment pas autant leurs femmes que celles-ci les aiment. Une femme dévouée excuse volontiers les faiblesses de son mari. Elle ne réalise pas que les mêmes choses dont il faisait tant de cas avant son mariage, sont celles qui le retiendront après, et qu’en cela réside son pouvoir magique

L’homme n’aime pas comme la femme. Son affection est plus égoïste. Quand une bonne femme a donné son amour, c’est pour toujours, et son dévouement ne dépend pas de l’attrait, comme celui de son mari.

La femme ne peut créer seule la joie du foyer

Il est vrai que des femmes mariées commettent souvent la fatale erreur de ne pas se rendre aussi attrayantes après le mariage qu’avant. Elles pensent que leur valeur réelle sera suffisante pour retenir leur mari, sans qu’il soit besoin de surveiller leurs charmes, leurs vêtements ou leur maintien.

Si vous êtes désappointé en ce qui concerne votre compagne, examinez-vous vous-même, et voyez si ce n’est pas en partie votre faute. Une femme n’a aucun goût à bien se vêtir lorsque son mari ne s’occupe de sa toilette ou de sa coiffure que pour les critiquer. Il n’est pas aisé pour une femme d’être aimable et de causer gentiment avec un homme qui ne lui adresse, comme répliques, que des gronderies. Elle ne peut créer seule la joie du foyer.

Montrez-vous toujours affectif et courtois

Pourquoi parlez-vous à votre femme avec un ton que vous n’oseriez pas employer avec une autre femme ?

Essayez, pendant quelque temps, de la louange, des paroles aimables. Abandonnez les gronderies.

“La louange est un stimulant, le blâme déprime”, a dit Dorothée Dix.

Et Ella Wheeler Wilcox : “Si vous saviez que votre conjoint devra mourir dans une année, comment vous conduiriez-vous pendant ce laps de temps ?

“Vous impatienteriez-vous pour des bagatelles et ruineriez-vous votre bonheur et celui d’un autre parce que le repas est en retard, ou qu’il y a eu malentendu sur l’heure ou l’endroit où vous deviez vous rencontrer ? Voudriez-vous irriter, désespérer et décourager celui auquel vous êtes lié pour la vie ?

“Je suis sûre que non. Vous seriez plein d’égards, patient et bon, en sachant que le visage que vous aimez sera bientôt hors de votre vue, et que vous n’entendrez plus la voix qui vous est si chère. Vous penseriez à toutes les vertus de cet homme ou de cette femme ; vous vous rappelleriez les jours heureux de vos fiançailles, et vous vous excuseriez pour tous vos manquements, comme vous le faisiez alors.

“Pourquoi ne pas témoigner le même support, la même affection et la même courtoisie à celui ou à celle qui vivra avec vous pendant de nombreuses années, qu’à celui ou à celle qui devra bientôt mourir ? Lorsqu’un mariage est ce qu’il doit être, le vrai roman commence le jour des noces.”

Pour une femme, aucune fortune ne remplacera l’affection et l’estime de son mari

La plupart des hommes ne savent pas combien il faut peu à une femme pour être heureuse. Elle abandonnera toutes choses, supportera la pauvreté et les difficultés pour créer un foyer agréable et confortable, si son affection est encouragée. Mais si son cœur n’est pas satisfait, elle dépérira, même en vivant dans un palais, entourée de tout le luxe possible. Aucune fortune ne remplacera pour une femme l’affection et l’estime de son mari, exprimées par une multitude de petites attentions.

Le grand but des jeunes mariés devrait être de ne pas se laisser envahir par la routine, et de maintenir, non seulement leur amour, mais les témoignages de cet amour, de toutes les façons possibles. Dans le bonheur du foyer, réside leur force à tous 2.

Il faut aussi de la bonne volonté pour maintenir l’harmonie et la joie

Le sentiment ne suffit pas ; il faut de la bonne volonté pour maintenir, dans la pratique, l’harmonie et la joie. Un homme prompt devra éviter tout ce qui peut occasionner des frottements, et il n’y a pas de meilleur moyen pour cela que de former une association d’après laquelle la femme dirigera son ménage à sa guise, et l’homme ses affaires, sans l’ingérence de sa femme.

Le foyer doit être placé sous le contrôle exclusif de la femme

Le foyer doit être regardé comme le royaume de la femme, et elle doit pouvoir le gouverner à son gré. Si elle veut demander l’avis de son mari, tout est bien, mais il doit rester entendu que le foyer est son domaine, qu’il est placé sous son contrôle exclusif, et qu’elle doit s’y sentir parfaitement indépendante, comme son mari l’est dans le sien.

Une grande partie des frottements conjugaux proviennent des difficultés pécuniaires, et pourraient être évités par un emploi bien déterminé des finances du ménage.

En règle générale, il est rare qu’un homme sache dépenser l’argent du ménage aussi sagement et avec autant de bon sens que sa femme.

Heureusement, il est de plus en plus de mode que les hommes allouent une certaine somme à leur femme, chaque semaine ou chaque mois, pour l’entretien du ménage, en la laissant libre de la dépenser selon ses besoins, et sans qu’elle ait à en rendre compte.

La femme paye les provisions, le salaire de la domestique, achète les vêtements de la famille et pourvoit à ses dépenses personnelles, sans qu’aucune question lui soit posée. Elle jouit beaucoup de son indépendance, et les disputes ne s’élèvent pas aussi facilement que lorsque l’argent lui est livré euro par euro.

Rendez vos enfants aussi heureux que possible

Quand la liberté et la joie sont l’apanage de l’épouse, ils deviennent l’héritage des enfants. Une heureuse enfance est la meilleure des préparations pour une heureuse maturité.

Beaucoup de foyers sont trop sérieux. Pourquoi ne pas laisser les enfants jouer et sauter au contentement de leur cœur ? Ils seront assez matés par la vie ; ils en verront assez vite les mauvais côtés.

Prenez la résolution de les rendre aussi heureux que possible pendant qu’ils sont à la maison, afin que lorsqu’ils feront plus tard des expériences pénibles, ils puissent regarder en arrière vers la maison paternelle comme vers une oasis charmante, l’endroit le plus heureux du monde.

Il faut encourager, au foyer, la gaîté et la plaisanterie de bon aloi. Cela retient les enfants à la maison, et les éloigne de tout ce qui est vicieux ou morbide.

Le foyer devrait être le théâtre des jeux et des sports de toute nature, une place où les enfants auraient leur rôle à jouer sous la direction des parents. Un peu de gymnastique, de jeux avec vos enfants, le soir, vous procureront un bon sommeil pour la nuit. Vous serez plus éveillé et de meilleure humeur le lendemain ; vous ferez plus d’ouvrage avec moins de peine.

Nous avons tous expérimenté quel baume bienfaisant, quel rafraîchissement, quel rajeunissement nous apporte une bonne soirée passée gaîment en famille ou avec des amis, après une journée de travail fatigant qui a déprimé nos corps et nos esprits. Quel pouvoir magique une seule heure de gaîté et de délassement peut exercer sur une âme fatiguée !

Les bienfaits de la musique

Cultivez la musique à la maison.

La musique rétablit et conserve l’harmonie mentale ; elle dissipe les troubles et le désordre mental que procurent les maladies nerveuses.

“La musique donne une âme à l’univers, des ailes à l’esprit, une envolée à l’imagination, un allégement à la tristesse, de la gaîté et de la vie à toute chose. Elle rétablit l’ordre, et conduit à tout ce qui est bon, juste et beau”, disait Platon.

Le bonheur doit commencer au foyer

Le bonheur doit commencer au foyer. La réunion de la famille autour de la table, pour le repas du soir, doit être une réunion gaie où l’on babille en liberté.

Avalez de la gaîté avec vos aliments. Le résultat est splendide. C’est le meilleur élément de santé, et cela vaut mieux que d’avaler une cuillerée de dyspepsie avec chaque bouchée de nourriture.

L’heure du repas devrait pouvoir être considérée, par chacun des membres de la famille, comme une heure de gaîté, de joyeux rires, de conversation agréable. Les enfants devraient être habitués à venir à table bien disposés et à n’y parler que de choses agréables.

Rendez gai votre foyer

Qui pourra estimer ce que la société doit à un homme qui rêve d’avoir son foyer à lui ! Quel stimulant ce rêve est pour lui à tout âge ! C’est lui qui retient le jeune homme à son travail, qui le soutient aux heures de difficultés et de découragement. C’est ce rêve qui a fait sortir de la médiocrité un grand nombre de jeunes gens.

Rien n’a plus d’influence sur l’homme que la vision de son propre foyer. La pensée de sa femme et de ses enfants, qui lui sont plus chers que la vie, a empêché une multitude d’hommes de s’égarer loin du droit chemin. Pour beaucoup d’entre eux, le foyer est une oasis dans leur vie déserte.

Que ne ferait pas un homme pour le salut de son foyer ? Pour lui, les hommes traversent les mers, explorent les continents. Ils endurent la chaleur des tropiques et le froid des régions arctiques ; ils explorent les mines dans les déserts, et se séparent de toute civilisation, pendant des années, pour le bien de leur foyer.

Le foyer a toujours été le thème favori des poètes, des auteurs et des artistes. L’histoire révèle tous les sacrifices que les hommes lui ont faits.

La moitié de la misère du monde serait évitée si tous voulaient s’appliquer à rendre leur foyer gai, plutôt que d’aller chercher la gaîté ailleurs.

Ayez un intérieur gai et heureux

Il y a chez tous les jeunes un besoin irrésistible de gaîté et d’amusement, et si ce besoin était mieux satisfait à la maison, il ne serait pas si difficile d’y retenir les jeunes garçons et les jeunes filles. Je pense toujours qu’il y a quelque chose de défectueux au foyer lorsque le père et les enfants ne pensent qu’à s’échapper, le soir, pour aller dans un endroit où ils passent une joyeuse soirée.

Un intérieur gai et heureux est un puissant aimant pour les enfants et pour l’homme. La mémoire sacrée d’un tel foyer a souvent empêché un de ses membres de perdre le respect de soi-même, et de commettre une mauvaise action.

La gaîté est la médecine la meilleure et la moins chère pour vos enfants aussi bien que pour vous-mêmes. Donnez-leur en une bonne dose. Cela vous évitera les notes du docteur, et, en rendant vos enfants plus heureux, vous augmenterez leurs chances de bonheur. Nous n’aurions pas besoin de tant de prisons, de tant d’asiles d’aliénés et d’établissements de bienfaisance, si les enfants avaient une enfance plus heureuse.

“Ici l’on se repose et l’on est heureux.” “Aucun souci n’est admis ici.” Voilà les devises qui devraient être placées et mises en pratique dans chaque maison. La joie du foyer est une puissance pour le bien dans ce monde.

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