La nécessité de la sincérité

Nous ne pensons pas qu’il soit nécessaire d’insister longuement sur le fait qu’une personne faisant usage, pour le développement de sa force de Volonté, de ses facultés subconscientes, arrivera plus vite au but visé et jouira d’un énorme avantage sur celle qui ne cherchera pas à améliorer la part de Volonté dont le destin l’a dotée.

Il est reconnu que les personnes très loquaces souffrent invariablement de faiblesse morale. Il en est de même pour les personnes excitables, nerveuses ou trop sensitives. Il est donc sage de s’efforcer de contrôler graduellement toutes ces tendances et de discipliner les diverses impulsions de l’organisme.

Il est évident qu’il ne s’agit pas ici de ruses, de secrets ou de pratiques magiques par lesquels on tenterait d’obtenir cette Volonté puissante et efficace, plus précieuse que la Richesse. Le point le plus important est de comprendre les principes fondamentaux de la Volonté et de savoir s’en servir pour arriver au but projeté. Mais ceci ne sera possible que si l’on possède le désir sincère d’améliorer et de développer la volonté.

Le développement de la Force de Volonté doit être général : il doit être étendu à toute l’activité humaine. Il ne peut être question de le diriger vers un seul but ou de vouloir obtenir seulement certains résultats. Seule la force de Volonté appliquée à tous les domaines permet d’atteindre l’idéal ardemment désiré.

C’est pour cette raison que nous n’avons pas indiqué dans notre étude d’exercices spéciaux ni de préceptes concernant l’éducation de la volonté. Si des recommandations ont été données, elles ne doivent pas être considérées comme des conseils, mais plutôt comme des suggestions basées sur le résultat d’expériences scientifiques de l’activité de la Volonté.

Rien ne peut être comparé à cette possession toute puissante de la Maîtrise de soi qui, grâce à l’emploi et à l’éducation de la Volonté, peut être obtenue par chaque individu. La maîtrise de soi requiert deux choses : Le développement des bons sentiments qui existent en nous et la sincérité absolue dans la lutte que nous entreprenons en vue de sa réalisation.

Nous rappellerons, pour terminer cette étude, une fable d’Ésope :

Celui-ci racontait un jour l’histoire d’un père qui, à son lit de mort, inculqua à ses fils, perpétuellement en discorde, les principes de l’union mutuelle. Il se fit apporter un fagot, en tira une branche qu’il cassa facilement. Il agit de même avec la suivante, puis, successivement, les brisa toutes avec la plus grande facilité.

Ses fils le regardaient avec effarement, pensant que c’était là une manifestation de l’égarement qui s’empare souvent des moribonds, mais le vieillard, se tournant vers eux, demanda à chacun d’essayer de briser non pas une seule branche, mais un faisceau composé de plusieurs baguettes.

En dépit de leurs efforts vigoureux, aucun ne put mener cette tâche à bien. Le sage vieillard leur dit alors : « Vous voyez, mes fils, que, si chaque branche peut aisément être brisée par mes mains débiles, aucun de vous n’est assez fort pour en rompre plusieurs à la fois. Que ceci vous enseigne que l’Union fait la Force et que la Division nous laisse sans défense devant le Danger ».

Cette fable contient une vérité précieuse pour ceux qui veulent éduquer leur Force de Volonté. Ésope nous montre par quel exemple un père prouva à ses fils l’Utilité de l’Union. Prenons-en maintenant le sens diamétralement opposé :

Pris en groupe, les mauvaises habitudes et les traits indésirables ne peuvent être détruits ; combattus individuellement, ils peuvent être maîtrisés.

Souvenez-vous également de la devise de l’Empire Romain : « Divide ut Regnes », Divise afin de régner. Ce fut son mot d’ordre, faites-en votre symbole.

Nous vous conseillons de vous attaquer tout d’abord à une faute légère ou à une mauvaise habitude sur quoi vous pourrez exercer votre faculté de Volonté et qui vous aiguillonnera vers une conquête future.

Cela ne doit pas être nécessairement une chose grave ; combattez une défectuosité, même vénielle, et la victoire que vous remporterez, si infime soit-elle, vous donnera cette inoubliable sensation de Pouvoir et de Force qui vous encouragera à continuer la lutte.

Prenez par exemple l’habitude de vous lever chaque matin un quart d’heure plus tôt que de coutume. Votre « Moi » physique regimbera certainement contre cette simple détermination, mais si vous la maintenez sincèrement pendant une semaine, comme s’il s’agissait d’un fait capital, vous n’aurez pas lutté en vain.

La Volonté aura acquis cette confiance en elle-même, cette sécurité en sa force et cette ténacité qui sont indispensables pour vaincre quand vous aurez à entamer des luttes plus importantes pour arriver à détruire les défauts enracinés en vous.

Nous estimons qu’il est favorable de répéter une fois de plus que l’empire sur soi-même dépend de la continuation des bons sentiments que nous possédons et de la sincérité avec laquelle nous luttons contre les mauvais. C’est ce que Shakespeare résumait en ces quelques vers :

 » … Soyez sincère avec vous-même et il s’ensuivra, « comme la nuit suit le jour », que vous ne pourrez plus être déloyal avec autrui … « 

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