La nécessité d’un but

1. Si vous voulez vraiment devenir tout ce que vous pouvez être, il vous faut un but dans la vie : non pas un but général mais un but particulier, non pas le simple et vague désir de réussir dans toute vos entreprises, mais la ferme résolution de réaliser un projet bien défini. Sans un plan de vie soigneusement arrêté, votre puissance mentale ne se développera pas.

Avez-vous un But défini ?

2. Comment prenez-vous la vie ?

Etes-vous de ceux qui se laissent balloter dans l’existence comme une épave sur les vagues ? Ou bien vous maintenez-vous seulement à l’endroit où les circonstances vous ont placé ? Ou enfin ne résistez-vous aux évènements qu’au hasard et par à-coups ?

Si vous allez à la dérive, si vous vous en tenez à votre tâche quotidienne sans plus, si vous ne prenez une initiative que forcé, vous ne pouvez pas répondre : « J’ai un but. »

Avoir un but, c’est être poussé par une idée précise et par un sentiment puissant à devenir un peintre de valeur ou un grand commerçant, un romancier illustre ou un politicien célèbre, un habile médecin ou un industriel prospère, un ingénieur-conseil ou un « as » en mécanique, un excellent chef d’entreprise ou un employé supérieur : bref, c’est arriver aux premiers rangs dans la voie choisie. Le but que vous vous proposez peut être plus ou moins élevé, mais quel qu’il soit, il a sa valeur parce qu’il vous oblige à progresser.

Vous avez besoin d’abord d’une idée directrice claire et précise. Sachez qu’elle ne se trouve que rarement du premier coup. La conception d’un but est, en effet, une opération intellectuelle complexe : elle exige une réflexion soutenue et un jugement droit.

A elle seule, cependant, l’idée du but ne vous suffira pas, il faut qu’elle soit imprégnée d’une émotion forte, d’une passion, qu’elle vienne plus du Coeur que de l’Esprit. Sentez qu’un intense désir de se développer, d’atteindre, de dominer, de conquérir, d’achever est la base de tout plan de vie et accroît fortement les chances du succès. Nous l’avons dit dans la Leçon 1 : le sentiment est toujours la force motrice qui stimule

l’intelligence et pousse la volonté à l’action.

Mais prenez garde : il y a désir et désir. Un désir quelconque, vague et faible, ne vous portera pas au but. Désirer écrire un livre est facile ; l’écrire exige une activité méthodique et une connaissance exacte des faits et des idées qu’on veut exprimer.

Avoir un but, c’est donc concentrer toutes ses énergies vers le résultat précis qu’on veut atteindre, comme une lentille concentre les rayons lumineux et caloriques sur un seul point qu’on nomme foyer.

Votre but est le foyer de vos énergies.

Le But et l’Intérêt

3. Le Sentiment, cette force motrice de votre activité, détermine l’intérêt que vous portez aux diverses manifestations de la vie. Nous prenons ici ce mot, non pas au sens courant et restreint d’intérêt matériel, mais dans son sens large. Croyez bien que pour réussir il vous faut un intérêt pour certaines choses dont l’ensemble constitue votre but.

Pourquoi restez-vous des heures à regarder un match de football. Parce que le jeu vous intéresse et que vous désirez voir gagner votre équipe préférée. Pourquoi vous réservez-vous quelques heures de loisir afin de faire du sport, d’apprendre les langues étrangères ou de secourir votre prochain ? Parce que vous vous y intéressez. Chaque homme a ses propres intérêts – artistiques, moraux, pécuniaires – qui déterminent ses actions. Le tragique, c’est de n’avoir aucun intérêt : de ne pas s’intéresser à quelque chose fortement, de n’avoir pas de passion, ni même de désir. Rien n’entraîne si sûrement l’infériorité mentale, le malheur, souvent même le désastre.

Un intérêt passionné, voilà quel à toujours été le mobile essentiel des penseurs et des hommes d’action.

1° Ils avaient en vue un objet précis, 2° ils ont cherché les plus sûrs moyens de l’atteindre.

Ces hommes étaient ambitieux.

Mais ne croyez pas que l’ambition ne soit réservée qu’aux grands hommes, aux conquérants qui rêvent d’asservir le monde, aux rois du pétrole ou de chemins de fer, aux politiciens qui aspirent à diriger les destinées de leur pays.

Non, l’ambition est un levier à la disposition de chacun ; nous sommes tous ambitieux, ou nous devrions l’être dans la mesure où notre ambition est légitime. Le bachelier qui prépare se licence pense déjà à l’agrégation ou au doctorat ; le poète, le littérateur qui débutent rêvent d’imposer leur nom à l’attention du public ; le savant espère se survivre par une découverte ou par une méthode nouvelle de recherche ; le journaliste anonyme qui « fait les chiens écrasés » compte bien devenir rédacteur, ou même directeur du journal auquel il collabore. Tout aussi légitime, l’ambition de l’ouvrier et de l’employé qui espèrent s’établir à leur tour comme patrons ; du petit commerçant ou du petit industriel qui travaillent à devenir des magnats du commerce ou de l’industrie.

Du bas en haut de l’échelle sociale se manifeste un mouvement perpétuel d’ascension. Resterez-vous en bas ? Vous contenterez-vous de regarder les autres monter et occuper la place confortable à laquelle vous pourriez aussi prétendre ?

Le But et l’Idéal

4. Prenez garde, pourtant, que nous ne sommes pas ceux qui ne voient un succès que là où il y a un gain d’argent. L’argent peut être la mesure du succès, il ne l’est pas toujours. Ainsi, réussir une expérience de laboratoire qui ouvre à la science et à l’industrie des voies nouvelles ne se traduit pas nécessairement pur le chimiste par un gain accru ou par une prime en argent. Le résultat, fruit de longs et pénibles labeurs, est pourtant un succès.

Nous évaluons la réussite d’après le mérite et l’effort qui ont été mis en oeuvre. Encore la notion de but et celle de succès ne sont-elles que relatives ; elles sont en rapport avec l’esprit qui les conçoit.

Un commis épicier qui rêve de devenir, dans dix ans, le patron d’une belle épicerie et qui travaille assidûment pour y arriver, est poussé par un dessein « grand » à ses yeux ; innombrables sont, en effet, les connaissances qu’il devra accumuler pour atteindre à ses fins et diriger sa vaste entreprise. Son activité est, dans un ordre différent, comparable à celle de l’astronome qui travaille à découvrir l’explication des taches du soleil ou du médecin qui s’efforce de trouver le remède du cancer. Les points de départ et d’arrivée sont matériellement autres; la valeur de l’énergie humaine déployée est la même.

Elle est due à l’exaltation que produit le désir de la réussite avec ou sans gain pécuniaire. Ce gain est un élément appréciable, disons même agréable. Mais il existe des formes supérieures d’intérêt, des « intérêts désintéressés ». On les englobe sous le nom d’idéal.

Pour notre commis épicier, la création d’une grande épicerie devra n’être qu’un échelon vers un but plus vaste et plus élevé ; il devra s’intéresser ensuite peu à peu à l’art, à la science, à la politique générale, bref à un but plus large. Autrement dit, l’intérêt peut ne revêtir qu’un caractère étroit et individuel ou bien s’ériger en une fin universelle.

Les peuples aussi s’exaltent pour les fins qu’ils poursuivent. Dès qu’ils cessent d’être inspirés par un idéal, ils ne tardent pas à disparaître. Avoir un idéal supérieur est, pour l’individu comme pour la collectivité, une nécessité absolue.

Sans idéal, ils perdraient ce qu’ils ont acquis et retomberaient à leur point de départ : la misère et la barbarie.

reussite_7j_joie_vivre_L

0 réponses

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *