La volonté et l’effort

1. Au seuil d’une leçon qui doit vous apprendre à vouloir, admettez-vous qu’il soit possible de contrôler, de régir notre corps et notre esprit en vue d’atteindre nos buts?

L’expérience nous montre que certains hommes ont prétendu devenir maîtres d’eux-mêmes, et qu’ils y ont réussi dans une large mesure. Pourquoi ne pas ambitionner, à l’échelle de vos moyens, une réussite analogue?

Trop de gens demeurent faibles, faute de croire fermement qu’ils pourraient se rendre forts. Il faut que cette misère soit épargnée aux Pelmanistes.

Commencez donc par imaginer que vous possédez le contrôle de vous-

même, qui vous fait peut-être défaut. Et représentez-vous exécutant les bonnes résolutions qui ne se sont pas encore traduites en actes. On s’est tracé un but et on le poursuit, mais nombreux sont les obstacles qu’on rencontre sur le chemin de la réalisation. En dehors des circonstances d’ordre matériel, on a presque toujours à lutter contre soi-même: on doit vaincre la résistance de ses habitudes, de ses tendances, de sa paresse naturelle; bref, on est obligé de faire effort.

On Apprend par l’Effort.

2. Exceptionnellement une seule expérience peut suffire. Un écrivain anglais, Mark Rutherford, raconte qu’il nageait dans la mer, lorsqu’il vit un petit bateau amarré à deux cents mètres de la côte. Il résolut aussitôt de le rejoindre et y parvînt. Mais comme il revenait à son point de départ, il fut soudain assailli par la folle conviction qu’il ne pourrait atteindre le rivage. « En réalité, dit-il, l’échec n’était pas à redouter, mais mon coeur commença à battre furieusement, ma vue se brouilla, et je me crus perdu.

« Je tâchai pourtant de dompter ma terreur par un effort surhumain de volonté. En un instant, mon horrible excitation tomba et je me sentis très calme. Cette histoire vaut la peine d’être contée, car elle montre qu’on ne devrait jamais dire qu’on a fait tout ce qu’on était capable de faire. Remarquez aussi que ce ne fut ni la nature, ni la passion qui gagnèrent la bataille, mais une conviction imposée par la raison. Par la suite, quand je me trouvai de nouveau à toute extrémité, la victoire me fut dix fois plus facile. »

Méditez cette dernière phrase. La force de Rutherford fut décuplée par un seul effort d’énergie. Il en sera de même pour vous, si vous vous trouvez aussi dans une situation critique. Or, bien peu de gens ne s’y trouvent pas un jour ou l’autre.

Ne comptez pas trop qu’à elles seules les circonstances suffiront à susciter en vous l’énergie nécessaire pour triompher de vos difficultés. Préparez-vous sans cesse à posséder, en cas de besoin, les ressorts vigoureux et souples dont dépend l’action efficace. De même qu’on peut développer ses aptitudes, on en peut acquérir de nouvelles: on guérit de l’indolence, on se débarrasse de la paresse en apprenant à faire effort. Il n’y a que le premier pas qui coûte, et croyez-le bien, ce premier pas est infiniment moins pénible que l’ennui ou l’impuissance.

L’Effort est Nécessaire.

3. L’effort, non seulement nous permet d’accroître nos connaissances et de progresser, mais encore nous est nécessaire pour conserver les aptitudes que nous possédons déjà. L’histoire naturelle nous offre à cet égard des exemples caractéristiques. Lorsque le dodo, pigeon d’une espèce aujourd’hui disparue, arriva dans l’île Maurice, il y trouva une nourriture abondante et toute prête. Il n’avait aucun ennemi à combattre. La vie était si facile, si douce que, malgré le développement de sa taille, cet oiseau devint incapable de voler et de se défendre. Aussi, lorsque l’homme débarqua dans l’île, l’ espèce fut-elle vite éteinte.

De même un muscle qu’on laisse inactif s’atrophie; celui qu’on exerce se développe.

Une vie qui n’exige que peu d’efforts amollit nos facultés, car elles ne conservent leur vigueur que par un entraînement énergique. Un homme adulte qui accepte une pension de ses parents le fait, presque toujours, à son propre détriment. L’effort fourni pour conquérir et dominer est la source de tout progrès dans l’histoire humaine. La lutte, même pour un gain matériel, n’a rien de vil comme tant de gens voudraient nous le faire croire; la tâche de l’homme, c’est de devenir lui-même et d’accomplir sa destinée. C’est ainsi qu’il a développé les facultés qui le placent au sommet de la création. Ne mettez pas votre idéal dans une vie facile. Ne craignez pas les difficultés.

Une période de peine peut en effet donner à notre esprit une pénétration et une élasticité qui nous serviront pendant notre vie tout entière.

C’est dans la vieillesse qu’un organisme refuse de s’adapter à des

conditions nouvelles. L’homme qui, sans l’excuse de l’âge, recule devant un effort insolite, limite son développement. Comme on régresse dès que l’on ne progresse plus, il suffit de s’abstenir d’effort pour déchoir, puis mourir mentalement.

L’Enthousiasme et l’Effort.

4. On redoute d’ordinaire l’effort comme s il était toujours une fatigue. Il y a là une erreur et un préjugé funeste. La pratique des sports atteste que dépenser son énergie exalte l’individu au lieu de l’accabler, quand il ne s’astreint pas à faire plus que ses forces. Si l’on ne peut accomplir d’un coup certain progrès, on le réalisera sans grande difficulté par de petits efforts continus. Il existe d’ailleurs un moyen de diminuer la fatigue de l’effort sans en diminuer l’intensité; c’est d’imaginer par avance les résultats qu’on espère obtenir.

C est là l’une des grandes forces, dans la vie des imaginatifs: ils voient si vivement les avenues et les plaisirs du succès que leur travail devient une joie. Sans doute il y a le revers de la médaille: ils imaginent aussi vivement les échecs et leurs conséquences. Or, nous avons déjà dit que le Pelmanisme exige le oui à la vie, l’attitude optimiste. Aux Imaginatifs, nous conseillons donc d’éliminer peu à peu la représentation par avance des échecs, dressage de soi bien plus facile qu’il ne semble. Quant aux peu Imaginatifs, qu’ils s’exercent à construire l’avenir qu’ils espèrent sous forme de succès. A peine sentiront-ils la fatigue de l’effort, car elle sera masquée par l’enthousiasme, cette joie de s’éprouver plus vaillant, plus efficient grâce à un judicieux entraînement. Sans doute est-ce le seul cas où la fierté de soi-même est féconde et fondée. L’enthousiasme, c’est l’effort qui produit et qui paie. Il n’y a pas d’adjuvant plus puissant pour la Volonté.

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