L’action de la pensée sur l’arbre respiratoire

Les tousseurs impénitents pourront afficher chez eux la salutaire suggestion suivante : « Ici, il est défendu de tousser »

Les troubles respiratoires chez les traqueurs. – Comment faire cesser, par suggestion, une crise d’asthme ou d’emphysème ; exemple de la clientèle des auteurs.

La suggestion contre la toux : « Ici, il est défendu de tousser ! ». Comment Hector Durville s’est défendu par l’autosuggestion et l’automagnétisation contre une terrible pleurésie purulente.

La fonction respiratoire, véritable pont entre la vie consciente et la vie végétative, permet à l’adepte d’envoyer sa volonté vers les profondeurs organiques.

Un exercice oriental de respiration ; comparaison des résultats respiratoires obtenus par un athlète de la pensée à ceux obtenus par les cham­pions du monde de la plongée.

La suggestion peut détruire ce que l’émotion crée

L’émotion désharmonise les rythmes pulmonaires.

Elles sont bien connues les perturbations respiratoires qui accompagnent l’attaque de trac. Sous le choc de l’idée de crainte, l’inspiration et l’expiration sont saccadées, incomplètes, douloureuses ; le thorax est étreint comme en un étau ; le larynx se crispe, la voix se détimbre, « blanchit ».

(Nous avons dépeint, avec tous détails utiles, les troubles du trac, ainsi que le traitement à y opposer dans notre Art de devenir énergique ; pour ne pas faire de répétitions, nous y renvoyons le lecteur).

Chez l’asthmatique, l’emphysémateux, le tuberculeux, chez l’urémique en instance de crise pulmonaire, une émotion peut déclencher une crise d’étouffement.

Chez n’importe quel prédisposé pulmonaire et chez les névrosés à poumons même sains, l’émotion peut provoquer la toux. La toux aboyante des névropathes est banale pour les neurologiques.

Ce que l’émotion crée, la suggestion peut aisément le détruire. Rien de plus aisé que de faire disparaître par suggestion une attaque de trac (3), une crise d’asthme ou d’emphysème, et de calmer l’élément nerveux d’une toux quinteuse chez un tuberculeux.

Prenons l’exemple banal d’une crise d’asthme ou d’emphysème. Le malade est assis dans son lit, inondé de sueur, les yeux hagards, la face violette et anxieuse. Il fait des efforts inouïs pour faire descendre un filet d’air vers ses poumons en spasme.

Prenez-lui les mains et parlez-lui : « Vos poumons vont se détendre ; l’air va y pénétrer, la crise va cesser… » Appuyez votre suggestion d’une bonne friction sur le trajet des côtes, d’une vibration manuelle au cou, sur le trajet du nerf pneumogastrique.

Renouvelez la suggestion : « elle cède, déjà vous respirez mieux ». La moindre accalmie qui survient est une perche de salut à laquelle vous devez faire cramponner votre malade : « Constatez que vous respirez mieux. Un effort encore et ça y est… ». Si la crise résiste plus de 10 à 15 minutes, c’est que vous ne savez pas faire une suggestion.

L’autosuggestion fait tout ce que fait la suggestion si l’on sait croire en elle

Nous citons souvent en exemple la guérison que nous avons obtenue, non pas sur un banal asthmatique ou emphysémateux, mais sur un urémique en pleine crise d’asphyxie et à la mort, sans avoir employé le moindre médicament chimique.

Le malade n’urinait plus, surtout depuis 36 heures. Ses 2 poumons étaient congestionnés jusqu’à moitié. Le cœur était si faible qu’il ne réagissait plus ni à l’huile camphrée, ni à la caféine, ni à l’éther. La sueur froide glaçait le visage. L’homme était vieux et usé, mais il était courageux.

L’idée, si elle tient un moribond jusqu’à l’arrivée de l’être cher anxieusement attendu, peut aussi faire résister le poumon aux inva­sions de l’œdème. De tout le peu de force qui lui restait, l’homme se cramponna, nous aida.

La technique que nous employâmes fut celle que nous venons de décrire hâtivement comme faisant cesser une crise d’asthme ou d’emphysème : paroles détensives appuyées de frictions manuelles.

Avec ferveur l’homme répéta : « Je suis calme, je respire, mon poumon se dégage, mon rein s’ouvre ». Il se calma, respira. En 8 jours, il était debout.

Si l’on sait croire en elle, l’autosuggestion fait tout ce que fait la suggestion.

Un tousseur peut, s’il sait, s’empêcher de tousser. Nous ne parlons pas seulement du tousseur nerveux, mais aussi de celui qui tousse par besoin pulmonaire, l’emphysémateux, le tuberculeux, par exemple.

En modérant par autosuggestion les débordements de la toux, en s’évitant les quintes, le tousseur laisse reposer ses poumons et permet les circulations profondes.

Dans le sanatorium d’un de nos amis, grand adepte des traitements par l’idée, on peut lire, sur les murs, des pancartes ainsi libellées : « Ici, il est défendu de tousser ».

Penser à la guérison avec ferveur et foi

À ceux qui douteraient de l’action que peut exercer une pensée bien dirigée vers les profondeurs pulmonaires, nous pouvons citer le cas de Hector Durville.

À l’âge de 66 ans, Hector Durville contracte une terrible pleu­résie purulente interlobaire gauche vérifiée par la radioscopie. Celle-ci s’ouvre dans une bronche. Le malade commence à cracher un pus infect polymicrobien (pas de bacille de Koch).

En raison de l’âge, de l’état de fatigue du cœur et des reins, de l’œdème des jambes, Hector Durville porte sur lui-même le plus sévère pronostic. Ce pro­nostic est confirmé par le chirurgien et par nous-mêmes.

Mais voici que Hector Durville veut faire une expérience. Il nous convie à suivre de près l’évolution de son cas : « Je vais guérir, nous dit-il. Je ferai le nécessaire ». À partir de ce jour, le rein s’ouvre, le malade urine, les jambes désenflent.

Pendant un an, Hector Durville « s’automagnétise ». Il pense avec ferveur et foi, pendant des heures chaque jour, pendant des heures chaque nuit : mon poumon se cicatrise, ma caverne se bouche, le pus disparaît.

Un an après le début de l’expérience, notre père ne crachait plus de pus. Celui-ci reparut d’ailleurs dans les mois qui suivirent, mais jamais en quantité considérable. La caverne s’obtura nettement. Quel tissu la combla ? Hector Durville assurait que c’était du vrai poumon qu’il reconstituait en lui.

Personne ne saura jamais si le maître disait vrai. En tout cas, nous pouvons affirmer que tout se passait, à l’auscultation, comme si le tissu reconstitué respirait : l’air semblait y pénétrer.

Hector Durville est mort dans sa 74è année, et c’est une brusque syncope cardiaque – et non la pleurésie purulente – qui le tua.

L’action de la pensée sur les rythmes pulmonaires

Mais revenons à l’action qu’exerce l’idée, non plus sur les lésions, mais sur les rythmes pulmonaires.

Ainsi que nous l’avons longuement développé dans notre Art de devenir énergique, la fonction respiratoire est la plus précieuse fonction pour l’étudiant en maîtrise de soi, parce qu’elle est la seule qui, chez tout le monde, soit autant du domaine nerveux involontaire que du domaine volontaire.

Alors que la pensée consciente n’a habituellement pas de prise sur l’estomac, le cœur, etc., elle influence aisément la respiration. La fonction respiratoire nous apparaît ainsi comme établissant une sorte de pont entre la vie inconsciente et la vie consciente.

Sur ce pont, la volonté de l’adepte peut s’engager vers les profondeurs organiques, à la conquête du sympathique. C’est une fort jolie tâche que cette conquête du sympathique par la volonté, une tâche qui n’a rien d’une régression évolutive. Par elle, l’esprit étend son royaume.

Ce n’est pas, croyez-le, une minime satisfaction de constater que les forces mentales, accrues par l’entraînement, apportent jusqu’à nos mouvements cellulaires les plus lointains des ordres de plus en plus harmonieux, véhiculateurs de sécurité physique et morale.

Les Orientaux, les Hindous en particulier, ont fort bien compris l’importance que peut jouer l’entraînement volontaire respiratoire dans l’acquisition des hauts pouvoirs psychiques. Aussi la pratique des exercices de Yoga est-elle très répandue dans l’Inde.

Nous croyons devoir signaler que nous ne conseillons guère d’apprendre la Yoga hindoue. Elle donne souvent des mécomptes aux occidentaux.

Nous lui préférons notre méthode de culture respiratoire, qui est moins acrobatique, plus physiologique, et qui convient mieux aux gens d’action que nous sommes (4).

La pensée peut tout

Il nous a semblé intéressant de publier ici un exemple des résultats auxquels conduisent les exercices orientaux de respiration.

Nous avons parlé déjà d’une conférence expérimentale faite à l’Institut de Médecine Naturelle par l’un de nous, en collaboration avec un des maîtres de l’occultisme oriental, le Cheik Véhab.

Au cours de la causerie, le Cheik déclare qu’il peut rester 7 à 8 minutes sans respirer. On lui demande de faire de suite une expérience de 3 minutes. Il accepte et commence (le compte rendu qui suit a paru dans La Vie Sage, organe mensuel de l’Institut de Médecine Naturelle).

Le Cheik est debout ; il indique du doigt sur sa montre le moment où il va commencer. Le Dr G. Durville prend le pouls gauche ; le Dr A. Durville pose son oreille sur le poumon droit, en arrière. Le Cheik inspire lentement 7 à 8 secondes, puis s’arrête en inspiration moyenne… 3 minutes pleines se sont écoulées : le Dr G. Durville déclare que le pouls a continué de battre très régulièrement pendant l’expérience ; le Dr A. Durville déclare qu’il n’a pas entendu de bruit respiratoire pendant l’expérience.

La figure du Cheik est restée très calme. Elle n’a pas pâli, ne s’est pas congestionnée. Les artères temporales superficielles n’ont pas gonflé. L’expression a gardé sa sérénité habituelle.

On prie le Yogi de s’asseoir pour se reposer. « Je n’ai aucune fatigue », déclare-t-il le plus naturellement du monde, et il reprend sa causerie sur le Fakirisme oriental, parlant « de la pensée qui peut tout, de la douleur qui n’existe pas, de la maladie qui n’est qu’une erreur de conception ».

Le Cheik Véhab cite alors le cas d’un de ses maîtres de l’Orient qui, après quelques minutes de concentration psychique, a suspendu complètement sa respiration, et dans cet état s’est fait mettre dans l’eau, tout le corps baignant, y compris la tête.

On a laissé le yogi 15 minutes pleines dans l’eau, puis on l’a retiré. Il a alors recommencé à respirer. Pas une goutte d’eau n’avait pénétré dans ses voies respiratoires, ce qui prouve qu’il n’avait pas respiré.

La foi réalise tout

Pour bien comprendre ce que représentent, nous ne disons pas 15, ni 7 ou 8, mais seulement 3 minutes, sans respirer, nous avons étudié les résultats obtenus par les grands champions de la plongée.

La plongée consiste à s’immerger complètement sous l’eau, à s’y mouvoir ou à y rester immobile. Naturellement l’exercice n’est possible que si l’on ne respire pas.

Un seul athlète au monde, le splendide américain Enoch a réussi une fois un séjour sous l’eau de 4 minutes 40, établissant le record du monde de la plongée.

En 1907, un des plus magnifiques nageurs français, le professionnel Pouliquen, en tentant de battre ce record du monde, réalise la performance de 4 minutes 31 secondes 2/5 et s’approprie le record de France.

Ce temps n’est approché que par de Lalyman, recordman amateur de la plongée, qui est resté sous l’eau 3 minutes 46 secondes.

Quoique Véhab n’ait pas été mis dans l’eau, et quoiqu’il ne soit pas douteux que l’immersion eût considérablement changé l’expérience.

Quoique, aussi, on ne puisse pas assurer qu’un peu d’air n’est pas entré dans ses poumons pendant l’expérience (il eût fallu, pour être sûr scientifiquement, réaliser des contrôles précis), il faut reconnaître qu’il a réalisé, et ce sans le moindre effort, et sans la moindre préparation, une performance digne de quelques rares champions.

Il est absolument certain pour nous, Véhab d’ailleurs l’affirme, qu’il eût aisément prolongé de plusieurs minutes la suspension respiratoire.

La foi seule a réalisé cela, chez un homme qui ne ressemble en rien à un athlète, ou plutôt qui n’est un athlète que de l’idée.

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