L’approche du STRESS selon le Dr. Furter (le concept)

Une façon différente d’interpréter le psycho-somatisme ?

« L’évidence aveugle quand elle ne crève pas les yeux. »
G. Flaubert

 

Constatation des faits

  •  Nous avons interrogé beaucoup de personnes souffrant du stress.

Le constat qui nous a le plus interpellé et qui revient sans cesse est celui-ci : la majorité des personnes stressées localisent le siège de leurs plaintes à un endroit précis de leur corps physique.

Une personne qui ressent cette souffrance doit, jour après jour et sans cesse lutter pour la surmonter ou la minimiser. La vie devient de plus en plus difficile à gérer. Pour certains cela s’appelle « vivre l’enfer ! ».

Nous avons toujours été stupéfait de constater la lucidité des personnes interrogées. Combien parmi elles nous ont clairement exprimé des propos du genre :  » J’arriverais à m’en sortir si je n’avais pas ce ressenti au niveau de mon plexus « , une autre nous dit :  » C’est ma tête engourdie qui m’empêche de faire mes affaires. « , etc.
Les expressions accusant « une plainte corporelle » sont omniprésentes dans le langage des personnes stressées.

  • Nous avons également interrogé un grand nombre de personnes ne souffrant pas du stress.

Nous avons autant, sinon plus appris, à interroger « les personnes non stressées » qu’à interroger les personnes stressées.

Ce qui a retenu notre attention c’est de constater avec quelle facilité elles solutionnent le stress, sans même s’en rendre compte.

La question qui s’imposa progressivement à nous fut :
« Pourquoi possèdent-elles cette facilité de vie ?!! »
« Comment font-elles pour ne pas souffrir en situation de stress ? ».

Réponse : elles présentent toutes le dénominateur commun suivant :

un corps muet !

A l’opposé, un corps qui « parle autoritairement, voir violemment », vous prive d’une part importante de bonheur et de liberté. Cette manifestation corporelle, non désirée et mal vécue, vous gâche votre joie de vivre ; elle vous tyrannise !

Parmi les personnes interrogées, il existe une troisième catégorie : les stressés occasionnels.

Cette catégorie est composée de ceux qui surmontent la plupart des situations stressantes car ils ne ressentent que faiblement des symptômes physiques. Par contre en cas de grand stress ils basculent momentanément dans le groupe des stressés. Ils ne peuvent plus faire « face ». Mais ce n’est que passager et peu fréquent. Ils ne s’en plaignent pratiquement pas.

Interprétation des faits

Deux manières bien différentes d’interpréter une même situation.

Un jour, un confrère, de bonne foi, s’opposa avec véhémence à notre concept :
« Michel, je suis un exemple typique de psycho-somatisation. Quand j’étais étudiant, à chaque fois que je subissais les examens de fin d’année, j’étais pris d’une diarrhée. J’avais des selles impérieuses et fréquentes. Dès la fin des épreuves, le transit se normalisait aussitôt. C’est un fait ! Tu es le premier à souligner qu’il faut accepter les faits. Tu ne peux pas nier cette évidence ! »

Sa conclusion semble parfaitement logique :

UN STRESS UNE SOMATISATION (sous forme de diarrhée)
ARRET DU STRESS ARRET DE LA SOMATISATION

C’est inéluctable et reproductible à souhait.

« Admets Michel que mon exemple est irréfutable. La preuve est faite que c’est bien le stress qui est responsable de ma diarrhée. Elle n’est qu’une somatisation d’un problème réel, qui lui est psychique ».

Tous les autres confrères présents acceptaient cette conclusion logique et implacable.

Voici notre façon d’interpréter les mêmes faits :
« Cher collègue, je reconnais et admets ces faits, mais afin de t’exposer simplement une autre possibilité d’interpréter un même fait, je te propose d’écouter mon histoire.

Je pense qu’elle a beaucoup de similitude avec la tienne.

La voici :

Je connais une maison qui présente le problème suivant :

Chaque fois qu’il pleut, le propriétaire constate une gouttière dans la salle à manger.
Comme toi, le propriétaire constate la coïncidence entre les deux faits :

 LA PLUIE LA GOUTTIERE

Comme toi, il affirme qu’à chaque fois qu’il pleut, il y a apparition de la gouttière. S’il ne pleut pas pendant deux mois, la maison ne présente pas de gouttière durant ces deux mois. Pour le propriétaire de la maison, gouttière et pluie sont deux éléments indissociables. Ils apparaissent toujours en même temps. Il en est de même pour ta diarrhée liée au stress.

Imagine un instant que le propriétaire fasse appel au couvreur et que celui-ci lui affirme que la pluie est la cause de la gouttière … »

Personne ne pourra adhérer à une thèse pareille !

Le monde entier aura comme premier réflexe d’accuser la tuile cassée, comme étant responsable de la gouttière.

Notre pensée peut se résumer dans la formule caricaturale suivante :

Comme la pluie est le révélateur de la tuile défectueuse, de même
LE STRESS EST LE REVELATEUR UNIVERSEL DE L’ORGANE DEFECTUEUX.

De tels propos pourraient vous laisser croire que nous nions le concept « psycho somatique ». Non !

Nous croyons à l’action du mental mais notre interprétation des phénomènes s’est enrichie d’informations complémentaires.

Nous retenons autant les manifestations « somato psychiques » que les manifestations « psycho somatiques ».

* * * * * * * * * *

Ne confondons pas les innombrables facteurs déclenchant avec la véritable cause de nos souffrances.”

Afin d’exprimer le plus simplement ma pensée, voici l’image que je vous propose :
Je prends un verre vide pouvant contenir exactement 1.000 gouttes d’eau, pas une de plus. Devant tous mes confrères réunis je remplis le verre d’eau. J’arrive à 999 gouttes, chacun retient son souffle. J’ajoute encore une goutte, le verre ne déborde toujours pas. J’entendrais voler une mouche dans la salle. J’ajoute une dernière, la mille et unième goutte et … ce qui devait arriver arrive, le verre déborde. Je demande à l’assemblée, pourquoi le verre a-t-il débordé ? La réponse est unanime et sans hésitation: « La goutte, bien évidemment ».

Avec un verre identique, je recommence la même expérience à la différence près qu’au lieu de mettre la fatidique mille et unième goutte, je la remplace par un tout petit caillou et bien évidemment le verre déborde. A ma question, pourquoi le verre déborde-t-il ? La réponse est : « Le caillou est le responsable ».
Dans des expériences suivantes, je peux remplacer tour à tour le caillou par un léger ébranlement de la table ou par un léger souffle dirigé sur la surface du verre rempli à ras bords. A chaque fois la cause est évidente.

Dans la dernière expérience, je remplis le verre à moitié et à ce moment-là au lieu de continuer à mettre des gouttes, j’ajoute un petit caillou sans conséquence visible, en plus, j’ébranle d’une grande secousse la table sur laquelle repose le verre, je souffle fortement dans le verre à moitié vide, je me promène avec le verre en main sans aucune précaution, je l’incline, je fais de grands et violents gestes, rien ne se produit.

Rien ne le fait déborder. Car il n’est pas prêt à déborder ! »