L’art d’influencer les autres. Par l’ambition raisonnée

“L’ambition n’est accessible qu’aux forts ; eux seuls savent découvrir les trésors qu’elle renferme, en écartant les fausses gemmes des illusions et de l’intrigue.”

Ces paroles de Yoritomo devraient être connues de tous ceux qui partent à la conquête de la vie.

L’ambition devrait faire l’objet d’un enseignement raisonné

C’est en lettres d’or qu’il faudrait les inscrire au fronton des écoles, d’où les jeunes gens prennent l’élan initial qui, le plus souvent, décide de leur avenir.

“L’ambition, dit encore le vieux philosophe, devrait, au même titre que la bonté ou toute autre vertu, faire l’objet d’un enseignement raisonné.

“Mais il serait nécessaire, pour cela, de se débarrasser des préjugés qui la flétrissent à l’égal d’un défaut qu’on doit dissimuler.

“C’est un ambitieux”, dit le vulgaire quand il veut blâmer les agissements d’un homme dont les aspirations s’élè­vent au-dessus des vulgarités de son existence.

“On ne songe pas que pour faire un véritable et fécond ambitieux, il est nécessaire de posséder un grand nombre de qualités que les gens, qui se targuent de modestie, ignoreront toujours.

Qu’est-ce que la modestie ?

“Qu’entend-on généralement par modestie ?

“Est-ce l’habile réserve d’un ambitieux qui craint de montrer ses appétits pour n’être pas exposé à les refréner avant d’avoir cherché à les satisfaire ?

“N’est-ce pas trop souvent la fausse vertu qui, sous les traits empruntés de l’humilité, cache la tare terrible de la faiblesse ?

“Ne serait-ce pas plutôt l’oripeau dans lequel la paresse aime à se draper pour se livrer à l’aise à son vice favori ?

“La modestie peut servir d’étendard à tous les défauts que nous venons de citer ; elle est l’ennemie des courageuses entreprises, des actes qui demandent un déploiement d’énergie que l’ambition ou l’audace peuvent seules déter­miner.

“Elle est presque toujours aussi l’indice d’un manque de confiance en soi.

“Elle est encore la sauvegarde de l’amour-propre des incapables.

“Beaucoup d’êtres faibles, irrésolus, paresseux ou inhabiles, au lieu de chercher à acquérir les qualités qui leur font défaut, préfèrent déclarer hautement : “O moi, je ne “réussirai jamais à atteindre ce but, pour la bonne raison que “je ne l’entreprendrai pas. Je suis un modeste, moi, j’ai la “haine de la renommée et du bruit fait autour de mon nom, “je ne désire que l’obscurité et je plains vivement tous ceux “qui sont tourmentés du désir de briller.”

Celui qui se targue de modestie ne sera jamais un modeste

“Ils disent tout cela sans penser que la première condition d’être de la modestie consiste dans l’ignorance de son existence.

“Celui qui se targue de modestie ne sera jamais un modeste, car à partir du moment où il fait constater sa vertu, il agit comme un fanfaron.

“S’il est réellement convaincu de son peu d’importance, si la défiance qu’il a de soi est sincère, il faut alors le plaindre bien vivement, car il souffrira de se sentir si peu de chose et cette sensation le conduira peu à peu à l’hypocondrie, à moins qu’elle ne l’incline du côté de la jalousie.

“C’est presque sans exception la punition des faibles ; ils ne trouvent pas en eux le courage d’entreprendre de grandes choses et ne pardonnent pas à ceux qui les réalisent.

Pour être fructueux, tout dans notre vie doit se rapporter à autrui

“Il y a cependant une sorte de modestie devant laquelle il faut s’incliner : c’est celle du savant qui, trouvant son bonheur dans la recherche de la science et de la vérité, ne tente pas l’effort vers la gloire, et attend au milieu de ses cornues et de ses parchemins qu’elle vienne à lui, en s’apprêtant à la recevoir sans plus d’émotion qu’une visiteuse ordinaire.

“Ce sentiment serait digne d’admiration s’il ne se nuan­çait pas, le plus souvent, d’un égoïsme invétéré, derrière lequel se cache une indifférence pour autrui, poussée au point de ne pas admettre le souci de faire participer les autres au bénéfice de ses découvertes.

“Ce modeste qui méconnaît ainsi son devoir envers les autres est moins utile à l’humanité qu’un ambitieux, qui, pressé d’accroître son renom, fera publier à son de trompe le résultat de son travail.

“Car pour être fructueux, tout dans notre vie doit se rapporter à autrui.

“C’est en développant l’ambition dans les cœurs que les meneurs de foule sont arrivés à se faire écouter d’abord et à convaincre ensuite.

“Quel mouvement généreux peut-on attendre d’un homme qui n’a qu’un désir : se confiner dans la paix égoïste d’une existence dont il dérobe jalousement les travaux ?”

Ces choses, si vraies déjà à l’époque où le Shogun les écrivait, prennent une force nouvelle à notre époque, où elles pourraient devenir le manuel de ceux que nous désignons sous le nom d’arrivistes et qui ne sont, dans la plupart des cas, que des ambitieux… j’allais presque dire de légi­times ambitieux.

Et pourquoi pas ? L’ambition, lorsqu’elle exclut les moyens vils et qu’elle repousse l’intrigue, n’est-elle pas une des passions les plus nobles qui se puissent concevoir ?

L’Ambition raisonnée dote nos projets d’ailes qui leur per­mettent de s’élever au-dessus des conceptions vulgaires ; c’est grâce à l’ambition que nous éprouvons l’émulation qui nous entraîne sur la route du Mieux.

Sans l’ambition connaîtrions-nous ces découvertes merveilleuses qui font de notre siècle celui du progrès par excellence ? Et l’on eût dit que Yoritomo pressentait les encouragements magnifiques donnés aux ambitieux de notre époque par les bienfaiteurs, épris du perfectionnement à outrance, lorsqu’il dit :

“On commet un crime en tuant, chez les enfants, sous prétexte de modestie, la confiance en soi qui doit comme une étoile briller au cœur de tous.

“Mieux vaudrait, au contraire, instituer des récompenses pour distribuer à ceux qui, dans un noble but, se dévouent à des entreprises qualifiées parfois de téméraires.

“Ceux-là sont les véritables auxiliaires de la Destinée, puisque, par leur désir du Mieux, ils arrivent parfois à trouver un perfectionnement qui améliore la condition de vivre des autres hommes.

C’est justice que les inventeurs tirent profit de leurs inventions

“Il est, du reste, bon que tout effort soit récompensé par une augmentation des biens de celui qui l’a tenté et qui, par ses qualités particulières, a provoqué une réussite dont les bons effets ne sont jamais circonscrits à sa personne.

“C’est justice que les inventeurs tirent profit de leurs inventions, cela leur permettra de consacrer davantage de leur temps à la poursuite d’une autre découverte.”

On objectera peut-être qu’il y a des ambitieux stériles, ceux dont la réussite ne profite qu’à eux-mêmes et qui ne savent pas répandre autour d’eux la joie qui vient d’abondantes aumônes.

Le monde est certainement peuplé d’un grand nombre d’égoïstes et il sera certainement difficile d’empêcher qu’il en soit ainsi, mais ce serait une grave erreur de croire ces gens soient complètement inutiles.

L’ambition ne va jamais sans le grand désir de montrer à tous qu’elle est satisfaite, et quel meilleur moyen d’afficher sa réussite que de mener grand train ; de donner des fêtes et de faire bâtir des palais ou de planter des jardins spa­cieux ?

Même en admettant que cet ambitieux satisfait ait le cœur dur et néglige de faire l’aumône, est-ce que les ouvriers qui travaillent pour édifier les parures de sa vanité ne profitent pas largement d’une ambition qui leur procure les moyens de pourvoir à leur existence ?

De par la loi de l’évolution des choses, l’argent gagné par l’ambitieux viendra forcément améliorer l’existence des humbles, de même que ses travaux ou ses découvertes en arriveront toujours à grossir le trésor des connaissances populaires, car le modeste seul est capable de garder par devers lui le résultat de ses travaux.

Celui qui veut conquérir la fortuite ou la gloire se hâte, au contraire, de faire publier le moindre de ses succès ; il l’exagère quelquefois, c’est vrai, mais la faute n’en est pas à lui seul ; elle peut être imputée à l’habitude de dénigrer ceux pour lesquels le destin sembla avoir des sourires.

“J’entendais un jour, dit le Shogun, un homme, dont le caractère sérieux m’était connu, raconter qu’il avait passé 3 ans à terminer un travail.

“Or j’avais suivi curieusement ses études et je savais que cette besogne lui avait demandé en tout 150 jours.

“Je m’étonnai donc et le questionnai sur la cause d’un mensonge qui m’intriguait d’autant que je connaissais son habituelle sincérité.

“En fait, répliqua-t-il, n’as-tu pas compris que si j’avouais avoir employé aussi peu de temps à parfaire mon œuvre, on ne manquerait de la trouver incomplète ou trop légèrement pensée. Il ne suffit pas d’être habile, il ne faut froisser per­sonne en prouvant trop cette habileté. Car cette constatation d’une qualité qu’ils ne possèdent pas, fait souffrir les envieux qui ne manquent pas de s’en venger en cherchant à l’amoin­drir chez les autres. C’est leur façon d’arriver à se mettre sur le même rang ; ne pouvant s’élever au niveau des gens de mérite, ils essaient de les abaisser jusqu’à eux.”

L’ambition est un moyen rapide et certain d’influence

L’ambitieux échappe à ces mesquineries ; il est d’abord trop plein de ses projets pour accorder du temps à des jalousies sans importance.

Enfin il ressent rarement le sentiment de l’envie, car il est toujours convaincu d’arriver à dépasser le succès de ceux qui concourent au même but que lui.

Pourtant l’ambition est un moyen rapide et certain d’influence.

D’abord parce que les hommes ont toujours tendance à suivre celui qui les entraîne vers la lumière et le progrès.

Ensuite parce que c’est dans le cortège des ambitieux que sont presque toujours choisis ceux qui doivent arriver aux honneurs et à la fortune.

Il n’entre pas dans le programme des conquérants de traîner après eux des impuissants ou des débiles ; c’est pourquoi leur influence sur leurs adeptes s’étend d’autant plus que ces derniers cherchent à les imiter et à les seconder.

Car l’ambitieux voit sans déplaisir s’élever près de lui celui qui prendra sa place vide quand il aura franchi quelques degrés encore.

Il y a entre l’ambitieux et l’intrigant toute la différence qui sépare la beauté de la laideur

Et c’est là une des raisons primordiales de l’influence que peut avoir sur les esprits l’ambition raisonnée.

L’appât du gain ou des honneurs enchaîne les hommes à la suite de celui qui est en situation de les leur distri­buer.

C’est à celui-là de savoir mettre à profit cette influence pour semer le bien et l’amour du Mieux autour de lui ; c’est à lui de faire entrer au cœur de ses fervents les aspirations vers un noble but ; c’est à lui toujours de les mettre en garde contre les intrigues qui viendraient amoindrir la beauté de leur ambition.

Il y a entre l’ambitieux et l’intrigant toute la différence qui sépare la beauté de la laideur.

Le premier marche, la tête haute, vers un but précis qu’il a longuement et mûrement décidé de choisir ; il dédaigne les petits moyens ; il ne cherche qu’à atteindre le terme qu’il s’est fixé.

Il va, sans se préoccuper des pierres du chemin, la confiance au cœur, soutenu par la foi en son étoile qu’il ne perd jamais de vue, malgré les nuages dont elle se recouvre de temps en temps.

Il lève les yeux trop haut pour reconnaître la tourbe des envieux qui grouillent à ses pieds, il se contente de les écarter du bout de sa sandale, à moins que, trop pressé ou trop obsédé de leurs attaques constantes, il ne les écrase ; comme on le fait d’un insecte opportun, qu’on essaie de chasser d’abord et qu’on anéantit, sans haine, simplement pour se débarrasser de ses multiples et énervantes piqûres.

L’intrigant, au contraire, s’élève rarement au-dessus de la tourbe des mesquines convoitises et des jalousies médiocres.

Contrairement à l’ambitieux, il agit sans autre but que celui de se procurer de l’argent ou des jouissances.

Jamais une noble pensée n’habite son cerveau plus de temps qu’il ne fallait pour en tirer parti, en ne la considé­rant que sous son aspect mercantile, et ceci réalisé, il passe à un ordre d’idées dont la préoccupation sera toujours pareille.

Le désir de gloire ne hante jamais les rêves de l’intrigant ; il rapetisse tout jusqu’à l’étroitesse de ses aspirations et n’admet un projet que s’il sert ses sentiments de vénalité.

La plupart des réalisations exigent une application et une perte de temps considérables

Est-ce à dire qu’il faille mépriser l’argent et rechercher la pauvreté ?

“Non, dit Yoritomo, car l’homme pauvre n’exerce guerre d’influence sur les foules.

“ Puis, la plupart des réalisations exigent une application et une perte de temps considérables et on ne saurait le prodiguer ainsi s’il fallait songer à mériter sa nourriture quotidienne.

“ Il est donc bon de se créer des ressources qui permettront de suivre un but sans être obligé de l’abandonner pour parer aux nécessités de la vie journalière, et qui garderont aussi des compromis de conscience, que doivent parfois subir les meilleurs chefs de groupe, lorsqu’ils ne possèdent pas cette supériorité, indispensable à celui qui ne veut pas varier : l’assurance contre les premiers besoins de la vie.

“Ceci doit être l’ambition initiale de celui qui veut conquérir les honneurs, la fortune ou la gloire.

“Avant de s’élancer dans les difficiles chemins où on risque de les rencontrer, il doit s’assurer de la possibilité de les poursuivre et ne pas risquer de les manquer parce que la nécessité de pourvoir à ses besoins journaliers l’aura forcé à s’arrêter au moment où il espérait les atteindre.”

On ne peut qu’admirer encore une fois la sagesse de Yoritomo qui, encore une fois, se trouve d’accord avec les grands penseurs.

Théognis a dit : “L’homme dompté par la pauvreté ne peut ni parler ni agir ; sa langue est liée et ses pieds sont enchaînés”.

Il n’est que trop vrai : La pauvreté réelle est une infériorité, car elle force souvent ceux qui souffrent à flatter les heureux de ce monde.

Dans tous les cas, elle est une entrave à toutes les entre­prises qui demandent un effort suivi et une quiétude d’es­prit qu’on n’obtient que lorsqu’on est certain du lendemain.

Mais, dira t-on, tout le monde ne peut pas être riche et beaucoup, avant de le devenir, ont connu la pauvreté ; ce n’est donc pas un obstacle invincible ?

Le véritable pauvre est celui qui manque de ressources assurées, si minimes soient-elles

C’est encore le Shogun qui va nous répondre :

“La pauvreté, dit-il, n’est un empêchement que si elle réside dans le manque de tout et, dans ce cas, elle est généralement le fruit de la paresse ou de la mauvaise ges­tion de ses affaires.

“On ne doit pas compter comme pauvre celui qui gagne petitement sa vie, mais dont la sérénité ne peut être altérée par le tourment, résultant du manque de nécessaire.

“Celui-là peut, dès qu’il en a fini avec les obligations de son état, s’adonner aux aspirations d’une ambition légitime.

“Mais le véritable pauvre est celui qui manque de ressources assurées, si minimes soient-elles.

“Rarement il jouit de l’indépendance, car pour vivre il doit accepter bien des humiliations ou prendre une notable partie de son temps pour des recherches visant l’assurance de sa vie matérielle.

“S’il est sincère dans ces efforts, il ne restera pas longtemps pauvre, car il trouvera vite un emploi, n’importe lequel, et s’il est doué d’ambition, il parviendra à s’y faire remarquer rapidement.

“Dès lors, la pauvreté ne sera plus pour lui que le fantôme du passé, car il travaillera à améliorer sa situation et deviendra bientôt un de ceux que l’on envie.

“La pauvreté n’est admissible que si elle est volontaire, c’est-à-dire si elle est le résultat d’une détermination qui fait préférer cet état à un autre plus brillant, mais moins indépendant.

La richesse est la clef de bien des influences

“Pourtant la richesse est la clef de bien des miracles et celle, surtout, de bien des influences.

“Non seulement, celui qui possède de grands biens est à même de mieux faire écouter sa parole à ceux qu’il protège, mais le prestige de sa réussite lui donne une auréole d’influence, dont il se servira, s’il est sage, pour améliorer le sort du prochain.

“On ne reçoit pas de générosité d’une main vide ; on n’a rien à attendre de celui que le souci du lendemain torture.

“Quelles paroles peuvent tomber d’une bouche que la faim bâillonne ?”

Le peuple sera toujours disposé à écouter les avis d’un homme qui a été assez habile pour conquérir de grands biens

Il est vrai que la fortune, considérée simplement au point de vue richesse, n’est pas un idéal élevé, mais il faut pour­tant l’admettre comme la consécration du succès et comme une puissance dont l’homme sage sait disposer pour le bien de ses semblables.

C’est un moyen d’inspirer de l’intérêt et d’influencer la foule, car le peuple sera toujours disposé à écouter les avis d’un homme qui a été assez habile pour conquérir de grands biens.

Il dépend alors de celui qui a su se créer cette puissance de l’argent, d’en user pour établir son influence bienfaisante sur l’âme de ceux qui sont disposés à croire en lui.

Après les autres succès, celui-là ne sera pas indifférent à l’homme qui, détenant l’empire financier, sera fier de briguer l’autorité de l’empire mental.

Grâce au prestige que lui donne sa richesse il pourra étendre son rayon d’influence jusqu’aux limites de l’attraction de la pensée, et comme elle se manifeste surtout dans l’action, il formera autour de lui une cohorte d’hommes intelligents et forts, prêts à l’imiter en allant répandre les idées qu’il leur a inculquées et à dire comme il leur a appris :

“N’attendez pas que la chose désirée vienne à vous, mais levez-vous et partez à sa recherche ; quand vous l’aurez découverte, vous entreprendrez sa conquête et lorsqu’elle vous appartiendra, vous assemblerez vos amis pour leur faire part de votre bonheur et leur dire de quelle façon il vous est échu.”

En agissant ainsi, il suivra le précepte de Yoritomo qui dit :

“L’ambition est une porte ouvrant sur de magnifiques jardins, mais les heureux qui y ont pénétré ne doivent pas s’y attarder ; ils en franchiront l’entrée pour regarder sur la route et faire signe aux passants en leur indiquant le chemin.”

Et ce profond psychologue ajoute :

“Une découverte n’est réellement savourée par son inven­teur que lorsqu’il peut la proclamer, et nous devons nous réjouir de cette loi presque absolue, car elle est cause d’un perfectionnement développe par l’ambition, dont l’influence heureuse réveille les instincts de conquête endormis au cœur de chaque homme digne de ce nom.”

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