Le seul vrai moyen de faire fortune (3)

III – LA VOLONTÉ

Quand on veut, on peut

Vouloir, c’est pouvoir. Vouloir, dans le do­maine des possibilités humaines, bien entendu ; car vouloir la lune, ce n’est pas pouvoir l’obte­nir.

Mais vouloir la santé, vouloir la richesse, vouloir les honneurs ; le vouloir avec persévérance, inlassablement, agir sans défaillance dans le sens de cette volonté, c’est pouvoir obtenir ces biens. « Le but à atteindre est un aimant pour la volonté. »

Quelle a été la vie du grand industriel que vous voyez passer dans la rue et dont vous en­viez la fortune considérable, la haute situation, les honneurs qui sont venus à lui ? Sa vie n’a été tout simplement que la mise en oeuvre d’une volonté patiente, uniforme, immuable.

Cet effort de volonté, à le prendre séparément et par jour, n’a rien eu de surhumain ; peut-être même n’a-t-il pas été aussi accentué qu’on se l’imagine.

La force de son action ne provient que de sa régularité que de la somme de volonté d’hier ajouté à celle d’aujourd’hui, que de la stricte observance du plan arrêté par notre industriel et de la subordination de toutes les facultés de cet homme aux règles qu’il s’était imposées pour atteindre le succès.

Rien n’a pu le détourner de son but, aucune critique n’a paralysé son geste. Écartant les obstacles, par l’habileté ou l’argent ; brisant les résistances, le regard insensible aux attraits du chemin, sourd à toute sentimentalité, il a marché sans arrêt, d’un pas sûr et volontaire, à la victoire qu’il désirait, à la supériorité qu’il ambition­nait.

Apprenez à vouloir, rien n’est impossible

« La volonté humaine réalisée par l’action est semblable au boulet de canon qui ne recule jamais devant l’obstacle. Elle le traverse ou elle y entre et s’y perd, lorsqu’elle est lancée avec violence ; mais, si elle marche avec pa­tience et persévérance, elle ne se perd jamais, elle est comme le flot qui revient toujours et finit par ronger le fer.

« L’homme peut être modifié par l’habitude, qui devient, suivant le proverbe, une seconde nature en lui. Au moyen d’une gymnastique persévérante et graduée, les forces et l’agilité du corps se développent ou se créent dans une proportion qui étonne.

Il en est de même des puissances de l’âme. Voulez-vous régner sur vous-mêmes et sur les autres ? Apprenez à vou­loir. » ELIPHAS LÉVI, Dogme et Rituel de la Haute Magie. (F. Alcan, éditeur.)

« Rien n’est impossible : il y a des voies qui conduisent à toutes choses. Si nous avions assez de volonté, nous aurions toujours assez de moyens. » LA ROCHEFOUCAULD.

Une volonté inflexible surmonte tout

« Notre volonté est une force qui commande à toutes les autres, lorsque nous la dirigeons avec intelligence. » BUFFON.

« Une volonté inflexible surmonte tout et l’emporte même sur le temps. » CHATEAUBRIAND.

« Vouloir, – assez fortement, assez long­temps, – tout est là… C’est la volonté persévérante, inflexible, qui reforme les abus, vainc les routines, impose les inventions nouvelles, et même fonde les religions. Si vous avez à répandre quelque idée utile, ne vous découragez jamais.

Soyez l’homme de cette idée. Propagez-la : assommez-en vos concitoyens. Peut-être mourrez-vous avant d’avoir assisté à son triomphe ; mais vos efforts ne seront point perdus. Et plus tard, si la cause à laquelle vous vous serez dévoué est vraiment noble et belle, on vous élèvera une statue. » LE BONHOMME CHRYSALE

Il n’y a pas d’homme supérieur sans volonté

Tous les philosophes, tous les penseurs, tous les écrivains de tous les temps ont reconnu la force souveraine de la volonté. Il n’y a pas d’homme supérieur sans volonté. Rien ne vous arrivera d’heureux ici-bas, si vous ne pouvez mettre au service de vos efforts cette irrésistible puissance.

Mais bien peu de personnes savent au juste ce qu’est la volonté. Elle est souvent confondue avec l’entêtement ou la violence, 2 défauts absolument incompatibles avec elle. Les indi­vidus violents ou entêtés sont incapables de se maîtriser, de se conformer à un plan, de raisonner leurs actes.

Ils ne possèdent qu’une volonté fragmentée, sans direction, sans loi ; qui disparaît aussi vite qu’elle est apparue, avec la soudaineté d’un éclair au milieu de la nuit ; poussée stérile qui ne laisse après elle qu’atonie et découragement.

Il faut que la volonté s’accroisse sans arrêt

La volonté n’est force que si elle est disciplinée, régulière, indifférente aux contingences ; que si son émission reste toujours égale et son action ininterrompue.

Elle ne doit être ni le résultat de circons­tances momentanées, ni motivée par des rai­sons passagères. Elle peut commencer par être très faible ; mais pour être vraie, pour être efficace et se traduire en puissance, il est indispensable qu’elle s’accroisse sans arrêt, en utilisant toutes les occasions que la vie lui offre pour naître et se développer.

Le mage antique voulant transmettre la vérité aux descendants de sa caste, la dissimulait sous le voile souvent gracieux et léger, parfois terrible, de mythes que nous connaissons tous sans en approfondir le sens.

Ariane qui permet à Thésée, vainqueur du Minotaure, de sortir du labyrinthe, en mettant dans la main du héros le fil qui l’aidera à recouvrer sa liberté, n’est-ce pas la raison conférant à l’homme, qui a triomphé de ses instincts, la volonté, capable de lui faire abandonner les routes obscures que l’aveugle fatalité confondait sous ses pas ?

Ayons, toujours en main ce fil, cette volonté salvatrice. Il faut qu’elle coopère à toutes nos actions, aux petites aussi bien qu’aux grandes.

Qu’elle soit constamment perçue par nous dans l’imbroglio des événements, des de­voirs, des travaux, des peines et des plaisirs qui remplissent nos jours, si nous voulons vaincre le Minotaure, la bête accroupie au fond de notre conscience, si nous voulons sortir du labyrinthe dont les ténébreux couloirs ont été bâtis par nos passions, nos négligences et notre paresse.

Faites de l’autosuggestion pour acquérir la volonté

La volonté n’est pas un don naturel ; elle s’acquiert comme toute autre qualité, comme la politesse ou la propreté. Point n’est besoin pour cela d’entreprendre de grandes opéra­tions. Prenez la ferme résolution d’avoir de la volonté.

Utilisez l’autosuggestion capable de modifier le caractère et le tempérament. Choisissez un moment de la journée pour vous recueillir, loin du bruit de la rue et des conver­sations de votre entourage ; pensez fortement à la volonté.

Cherchez à la comprendre, à la défi­nir : la volonté est la faculté par laquelle on se détermine à faire ou à ne pas faire une chose. Dites : j’aurai de la volonté, la volonté brise tous les obstacles, j’aurai une volonté inflexible. Ne vous endormez jamais le soir avant d’avoir formulé cette pensée.

Ne vous lassez pas de la méditer, répétez-la, saturez-en votre cerveau qui finira par suivre le penchant ardemment désiré et sécrétera de la volonté comme d’autres cerveaux sécrètent de la tristesse, de la méchanceté ou de la sottise.

Ce que vous devez faire pour augmenter l’effet de l’autosuggestion

On augmentera l’effet de la suggestion men­tale en écrivant fréquemment sur une feuille de papier blanc, en grosses lettres bien lisibles, les mots :

J’ai de la volonté.

Je fais tout ce que ma volonté commande. Je n’abandonne aucune de mes résolutions.

Je termine tout ce que j’ai commencé, pour obéir à ma volonté.

La volonté me donnera le succès.

Mettez ce papier en évidence sur votre table, au chevet de votre lit, regardez-le longuement, afin que l’image des mots tracés se grave pro­fondément dans votre mémoire visuelle. Vous constaterez sans trop attendre les bons résultats de ce curieux procédé, recommandé notamment par M. le Dr Félix Regnault.

Excitez en vous le sentiment propulseur de votre résolution

Les psychologues attribuent aux sentiments un rôle actif et prépondérant dans la manifes­tation et le développement rationnel de la volonté. Mus par les sentiments, nous obéissons à leur autorité.

Ils possèdent la force qui nous entraîne dans telle ou telle direction. Ils nous imposent, suivant leur nature, des actes profitables ou contraires à notre bonheur et à nos intérêts. C’est à nous de savoir user du pouvoir qui est en eux.

Toutes vos résolutions, avant que d’être exécutées, doivent passer au crible de la réflexion méditative. C’est-à-dire qu’il est nécessaire de s’arrêter à ces résolutions, de les envisager avec attention, de voir le but qu’elles visent, le chemin qu’il faudra parcourir pour y atteindre. Elles sont la conséquence de senti­ments particuliers.

Vous les avez prises sous l’empire de l’ambition, de l’amitié, de l’orgueil, de la haine ; pour plaire à telle personne, pour honorer telle autre, pour gagner de l’argent, pour dépasser un concurrent, vaincre une animosité, abattre un ennemi, découvrir une trahi­son.

Eh bien ! Excitez en vous le sentiment propulseur de votre résolution, après l’avoir sou­mise à la méditation recommandée plus haut.

Avivez la puissance de ce sentiment en y pen­sant souvent, sans jamais oublier que la parole, les cris, les gestes diminuent son intensité, et associez-y alors la volonté. Celle-ci guidera le courant affectif qui vous entraîne, canalisera sa fougue, l’empêchera de se livrer à des écarts dangereux et le conduira sans faiblesse jusqu’au but ambitionné.

Votre volonté est la force sur laquelle vous devez compter pour réaliser vos projets

Par exemple, vous prenez la résolution de commencer un travail ardu, exigeant un long effort. Vous savez quelles sont les difficultés qu’il faut surmonter, les préventions à dissi­per, car l’entreprise est nouvelle et dérangera des routines. Mais vous prévoyez également tout le profit que vous vaudra la réussite : votre notoriété accrue, la possibilité d’augmenter le bien-être de vos proches, de leur procurer le plaisir à un beau voyage, un séjour à la mer.

Évoquez ces joies, imaginez les paroles qui seront dites, créez de toutes pièces les événements futurs. En même temps, pensez qu’il est beau, qu’il est bon d’agir pour le bien de ceux qu’on aime ; pensez que le courage, la persévérance sont de grandes vertus humaines.

Déve­loppez le plus possible l’énergie de ces senti­ments et dites que votre volonté est la force sur laquelle vous devez compter pour réaliser vos heureux projets. Votre volonté croîtra proportionnellement à la véhémence de vos désirs de bien et d’affection.

Ce sera pour elle un efficace entraînement, elle sera tous les jours plus forte, plus obstinée, plus irrésistible. Elle stimulera votre activité, rendra votre travail, attrayant et vous permettra d’accomplir votre tâche promptement, au gré de vos désirs.

Vous possédez des moyens supérieurs de lutte et de rénovation

Voici un autre cas. Quoique intelligent, par suite de circonstances malheureuses, à cause de votre isolement, parce que vous ne connais­sez personne qui puisse vous recommander avantageusement, vous végétez dans une situa­tion infime.

Vous êtes astreint à un travail mal rétribué qui ne concorde pas avec vos facultés, avec votre savoir, vous avez à subir tous les jours l’autorité ou la morgue de gens qui vous sont manifestement inférieurs.

Vous éprouvez, tout d’abord, un profond sentiment d’humiliation, des velléités de révolte. Mais hélas ! Comme il faut manger, vous vous résignez cependant, vous finissez par accepter l’humiliation, par éteindre le feu de révolte qui faisait bondir votre cœur.

Peu à peu, la résistance s’amoindrit, le caractère s’émousse, la volonté s’efface. Vous n’êtes plus, au bout de quelques années, qu’un être passif, un humble mais pro­ductif outil, dans les mains de celui qui vous paye, un employé modèle, dont il est permis d’abuser avec condescendance, eu égard à son admirable résignation.

N’acceptez pas cette déchéance, ne baissez pas votre front sous le joug de la nécessité. Vous possédez, à l’état latent, des moyens supérieurs de lutte et de rénovation. Pourquoi ne vous en serviriez-vous pas ?

Ce sentiment d’humiliation que vous éprou­viez au début, entretenez-le, affermissez-le tous les jours en vous, ne le laissez pas mourir. Eh quoi ! direz-vous, je souffre dans ma dignité méconnue, je suis obligé d’accepter respectueusement des reproches injustifiés. Je veux sortir de cette odieuse position.

Cherchez l’issue qui vous permettra d’améliorer votre sort.

D’autre part, les actes en apparence les plus insignifiants peuvent servir à l’éducation de la volonté. Lorsque vous avez décidé de faire quelque chose, allez jusqu’au bout.

Ayez de la volonté et passez à l’action sans attendre

Ne profitez pas du premier prétexte pour abandonner. Domptez votre ennui, résistez à l’envie qui vous tient de remettre au lendemain cette besogne énervante. Faites appel à votre volonté et allez jusqu’au bout, en y apportant tout le soin exigé. L’effort que vous aurez fait pour vaincre ne sera pas perdu.

Essayez davantage. Recherchez les motifs de réduire votre passivité naturelle, de secouer la tendance à l’inertie que nous possédons tous, à un degré plus ou moins grand. Vous devez une visite à un indifférent, dont vous redoutez l’accueil dédaigneux et les propos aigres-doux.

Vous pourriez au besoin vous dispenser de cette corvée, le risque de mécontenter cette personne ne devant entraîner aucune catastrophe. Ce­pendant n’hésitez pas, faites votre toilette et courez-y sans délai.

Ou bien encore, vous croyez qu’un client dont vous connaissez le caractère grincheux est susceptible de traiter avec vous pour un lot de marchandises que vous venez de recevoir. Mais pour ne pas avoir à subir ses récrimina­tions, vous préférez lui faire votre offre par lettre.

N’obéissez pas à cette défaillance de votre volonté, n’écrivez pas, prenez votre cha­peau et rendez-vous incontinent chez l’homme terrible que vous devez convaincre de vive voix.

Si vous avez à acheter un objet dans un magasin éloigné de votre demeure, quittez, malgré le froid qui dessine des fleurs de givre aux vitres de votre croisée, le moelleux fauteuil où, devant la flamme réjouissante de votre foyer, vous savourez le charme d’un aimable far­niente. Allez faire votre emplette. Vous aurez vaincu l’instinct, vous aurez acquis de la volonté.

Quelques exercices faciles à mettre en pratique

Soumettez votre conduite à des obligations définies, faciles à mettre en pratique.

Dites-vous : tous les matins, je me lèverai à 6 heures précises, et levez-vous à l’heure indi­quée, jamais une minute avant, jamais une minute après.

Prenez un livre, et décidez que tous les jours, un quart d’heure avant votre déjeuner, vous apprendrez par cœur, 2 phrases de ce livre. Suivez ponctuellement votre décision.

Dites-vous encore : par tous les temps, qu’il pleuve ou gèle, je sortirai tous les soirs à 8 heures, je resterai une heure dehors, je passerai par tel chemin, je m’arrêterai à tel car­refour, j’y ramasserai un caillou, je rentrerai par tel autre chemin, et faites cela à la lettre, sans impatience et avec bonne humeur.

Cette recommandation de ramasser un caillou peut paraître puérile et même absurde. Ce n’est pourtant pas une fantaisie de l’imagina­tion, un caprice d’auteur. Les détails donnés ici ont tous, leur raison d’être.

Papus, alias Gérard Encause, le célèbre occultiste, con­seille cet humble geste et dit ce qui suit : « Cet objet, symbole de l’effort volontaire que vous avez accompli, est un talisman personnel plus efficace que toutes les amulettes… »

C’est de la volonté matérialisée qui vous incite à persévérer

Ce n’est plus la pierre quelconque que l’on pousse du pied sur la route, c’est le témoignage toujours présent de votre énergie, le souvenir tangible d’un acte que vous considérez comme important, qui vous rappelle votre devoir ; c’est de la volonté matérialisée qui vous incite à persévérer dans votre détermination première.

Humble caillou, misérable agrégat sans reflet, vers lequel s’est penchée intentionnellement l’âme d’un homme en désir de perfection, tu es plus beau, tu vaux davantage que le joyau des rois ! Tu es sans prix parce que tu exprimes le plus noble des efforts : celui de se vaincre soi-même.

Parce que la pensée pour que tu sois saisi a dit au corps : tu m’obéiras ; parce que l’apathie native, instigatrice de toutes les compromissions et de toutes les fai­blesses de la chair, s’est vue refoulée par le salutaire et vivifiant triomphe de l’activité or­donnée, itérative, soumise au vouloir réfléchi d’un esprit conscient.

Cet esprit conscient, que ne fera-t-il pas, grâce à toi ? O vraie pierre philosophale, ô merveille !

Les exercices décrits ci-dessus et tous ceux que vous pourrez imaginer d’analogues, auront sur vous une influence considérable. Vous igno­rerez désormais l’irrésolution, vos décisions seront promptes, vous les suivrez jusqu’à leur complète réalisation.

Vous ne serez plus ni paresseux, ni fatigué et, quand il s’agira d’ac­complir des choses importantes, des actes dont dépendra tout votre avenir, vous trouverez pour vous aider, pour vous fortifier et vous me­ner droit au succès, une magnifique volonté, disciplinée, vigilante, effective, qu’aucun assaut ne pourra démonter et devant laquelle plieront les volontés adverses, inexpérimentées, fragiles, disposées d’avance à accepter votre domination, à servir vos projets, à travailler à votre fortune.

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