Les problèmes de la vie

Qu’est-ce que Penser?

1. Nos leçons antérieures vous ont fourni quelques éléments de réponse à cette question.

Si vous voulez vous créer une situation et que vous en cherchiez les moyens, vous pensez. L’intérêt, sur lequel notre leçon II a attiré votre attention, est le principe moteur de la pensée. A l’appel de votre intérêt, images et idées surgissent en vous selon les lois d’association spontanée soit par la contigüité, soit par ressemblance: le leçon V vous a montré comment votre imagination brode sur le canevas qui lui fournit votre mémoire.

Comment ordonner les connaissances acquises? La leçon VI vous a sonné à ce propos des préceptes. Comment assagir l’activité, souvent capricieuse, de l’imagination, décrite à la leçon VII? Vous allez trouver ici des règles.

Elles vous serviront à trier, à filtrer pour ainsi dire ces petites inventions que sont vos opinions, pour atteindre par elles ce qu’on peut appeler des vérités, au moins provisoires et toujours sujettes à vérification.

Résoudre un Problème.

2. S’intéresser à un sujet, voilà le point de départ. Trouver, agencer des idées pêle-mêle, c’est le traintrain de la pensée vague qui se complaît dans une activité sans but précis. Mais la pensée consciente et volontaire ne se confond pas avec cette sorte de rêverie sans objet déterminé, qui va n’importe où, n’importe comment. Quand vous sentez le besoin de réfléchir, c’est qu’un problème se pose et qu’il faut lui trouver une solution précise et pratique.

Une grande diversité se manifeste à cet égard, suivant les conditions de vie, comme suivant les esprits. Bien des gens vivent leur vie, accomplissent les obligations de leur métier sans éprouver souvent le besoin de penser. D’autres, par disposition naturelle, aperçoivent partout des difficultés, et tentent de les surmonter. Les médiocres, les routiniers prétendent que s’évertuer ainsi pour des idées c’est « chercher midi à quatorze heure », « couper les cheveux en quatre »; ils allèguent sottement, paresseusement, qu’il ne faut pas « s’en faire ». Mais qui donc prépare ou réalise un progrès quelconque, si ce n’est ces chercheurs dont la vocation consiste à innover, à découvrir des questions complexes là ou la plupart n’aperçoivent rien que de tout simple? L’oscillation d’un lustre, la chute d’une pomme, faits coutumiers que nous considérons avec indifférence, furent pour Galilée, pour Newton, deux problèmes passionnants dont les solutions géniales permirent la découverte du double mouvement de la terre et des lois de la pesanteur.

Les gens qui s’élèvent vite, ou qui vont loin, soyez sûrs qu’ils ne se sont pas laissés vivre, qu’ils ne se complurent pas à rêvasser. Ils ont conçu le travail non comme la nonchalante « présence » à un atelier ou dans un bureau, non comme simple routine, mais comme matière à initiative. Ils ont défini comment, par une série de progrès partiels, ils pourraient parvenir à un certain degré de perfectionnement, et ils ont abordé tour à tour la réalisation de chacun de ces progrès partiels.

Un mathématicien dirait qu’ils ont mis en équations les conditions de leur succès, puis résolu tour à tour ces équations.

Quand les événements susciteront sous vos pas une difficulté, reportez-vous à la présente leçon. Vous y trouverez la façon de poser le problème pour qu’il s’avère soluble: par la suite, la manière de vous tirer d’affaire vous apparaîtra plus clairement et avec plus d’évidence.

Bilan des Problèmes.

3. Les divers problèmes que nous impose la vie sont au fond les mêmes pour chacun de nous quoique nous ne les apercevions pas tous avec la même netteté: ils gravitent autour de ces deux nécessités: agir, et par conséquent bien connaître pour bien agir. Les conditions de la vie humaine ne permettent à personne de rester impunément inerte, passif devant les évènements. Se résigner quand on peut agir, c’est jeter les bonnes armes sans combattre. Un but est avant tout: maintenir, gagner sa vie. Il ne s’atteint que si l’on travaille, si l’on s’ingénie, si l’on fait à propos oeuvre d’initiative. Et il est évident que, pour ne point peiner en vain, il faut connaître: connaître le milieu, les hommes, le travail, et aussi ce que nous négligeons volontiers: nous connaître nous-mêmes.

Tout cela n’est pas moins nécessaire pour le succès d’une entreprise que pour celui d’un individu. Toute entreprise reflète la personnalité de son créateur. Dressons, en bref, le bilan des problèmes qui se présentent d’eux-mêmes.

  1. Les Problèmes d’Action.
  2. Ce sont les premiers qui se posent:
  3. a) Quels buts, proches ou lointains, généraux ou particuliers (problèmes de finalité), pouvons-nous nous proposer d’atteindre?
  4. b) Quels moyens convient-il de mettre en oeuvre pour atteindre ces buts? Comment agencer le travail (problèmes d’organisation)? Comment gérer les liens mobiliers ou immobiliers (problèmes de gestion), de façon que le meilleur rendement soit constamment obtenu des ressources dont on dispose? -Ce sont là des problèmes de méthode. Il se pose enfin des problèmes de discipline: comment assurer son autorité sur ses subordonnés, et sur soi-même? Beaucoup de patrons, de chefs, en effet, « voient » ce qu’il faudrait faire, mais ne l’exécutent pas et sont même impuissants à le faire exécuter complètement.
  5. Les Problèmes de Connaissance.
  6. Ils aident à résoudre les précédents.
  7. a) Problèmes d’information générale et de documentation technique.

Des connaissances étendues sans spécialité approfondie, c’est dilettantisme, non capacité réelle. De la spécialisation étroite sans information générale, c’est souvent compétence bornée et impuissante. Posséder à la fois une culture générale et de la technicité est indispensable à qui veut connaître quelque chose à fond, même dans un rayon étroitement limité.

  1. b) La connaissance, pas plus que le succès ne peut nous être infusée. D’ailleurs, tout ne s’enseigne pas, ne s’apprend pas, ni dans les écoles, ni même dans les ateliers d’apprentissage. Le savoir qui accroît la valeur d’un homme, de son entreprise, c’est surtout celui qu’il a acquis par son effort propre et non en emmagasinant le savoir d’autrui. D’où les problèmes de recherche.
  2. c) Nous parvenons à trouver de-ci, de-là, les éléments de la vérité, de notre vérité. Mais cette vérité nous ne la découvrons jamais toute faite; nous avons à l’élaborer. Et, même si d’autres l’on fixée avant nous, jamais nous ne la posséderons si nous ne la faisons pas nôtre par la réflexion et le jugement? Or, juger c’est toujours comparer. Les problèmes non plus de connaissance simplement enregistrée, mais de compréhension personnelle sont des problèmes de comparaison.

Comment, après l’énumération de tous ces problèmes, n’avoir pas l’impression qu’il est compliqué de vivre suivant ses désirs et de se tirer d’affaire ici-bas? Et oui! Aussi combien de gens échouent parce qu’ils se fourvoient! Ils ont cru que réaliser leur destinée, c’était tout simple, qu’il suffisait de se laisser vivre au jour le jour. Sans chercher plus loin, disent-ils, des millions d’hommes avant nous ont bien vécus. Pelmanistes, vous ne résonnerez pas ainsi. Par millions, certes, ont traîné et traînent encore leur existence les incapables et les médiocres; mais votre idéal est tout autre, puisque vous êtes venus à nous.

Ignorer les problèmes, ce n’est pas les supprimer; au lieu de se mettre en mesure de triompher des difficultés, on se laisse abattre par elles sans défense; car on ne les aborde pas à bon escient.

Or, nous marchons pour la plupart à l’aveuglette jusqu’à ce que nous rencontrions un obstacle qui nous force à réfléchir et qui ne peut être surmonté sans préparation.

Psychologie, Science, Logique.

6. Voici, cher Pelmaniste, une distinction qui va peut-être vous paraître abstraite. Mais elle est nécessaire, ne fût-ce que pour nous entendre sur le sens exact de trois mots dont il arrive qu’on use singulièrement. Justes ou faux, nos jugements révèlent de la psychologie, qui analyse la façon dont ils se produisent. Si la manière dont nous pensons fourmille de lacunes, d’erreurs, de confusions, c’est parce que nous ignorons d’une part la réalité, de l’autre les règles de la pensée correcte: les philosophes appellent la première la matière ou le contenu de la pensée, les secondes la forme de la pensée.

La connaissance des lois qui régissent les choses s’appelle la science.

La connaissance des règles de la pensée correcte s’appelle la logique.

Nous n’avons pas ici à traiter de la science, ou plutôt des sciences.

Nous nous contentons de renseigner individuellement, par consultations ou par lettres, ceux de nos adeptes qui cherchent à s’initier dans une science particulière. Mais nous déclarons que toute profession suppose une compétence exige, outre du savoir-connaître, c’est-à-dire de savoir tout court.

Par contre les préceptes de la logique, infiniment plus simples et d’essence plus générale que les lois de la science, vont faire de notre part l’objet de quelques développements.

reussite_7j_joie_vivre_L

1 réponse
  1. Yves
    Yves dit :

    Il faut en effet avoir conscience du problème et de bien le connaitre avant de le traiter et de la résoudre. C’est valable dans la vie quotidienne et aussi dans la vie d’entreprise. Ces conseils constitue une très bonne base pour résoudre des problèmes mais peut être adaptés au style de chacun.

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