L’exemple des milliardaires

Nous ne pouvons insister ici sur l’art de réus­sir. Cette étude mériterait un ouvrage spécial. Ce que nous faisons ici est une œuvre plus générale et nous devons nous borner à des considérations pratiques résumées en quelques mots.

Il faut, avant toute chose, détruire une erreur qui s’est donné force de loi dans les esprits routiniers : on ne peut réussir dans la vie que si l’on possède une fortune. Il n’est rien de plus erroné.

Il n’y a qu’à regarder autour de soi pour cons­tater que beaucoup d’enfants riches, ayant ces possibilités données par l’argent, s’empressent de ne rien faire. Nous voyons aussi quantité d’hommes qui, aussi bien dans les arts que dans les affaires, ont commencé sans nul apport, sont réellement les fils de leurs œuvres.

Cherchez des buts élevés

En Amérique particulièrement, les sommets appartiennent à des hommes qui sont nés pau­vres. Edison, le plus grand inventeur des temps modernes ; Rockefeller, le roi du pétrole ; Carnegie sont nés dans une condition modeste. Henry Ford, le dernier venu, le roi de l’automobile, a commencé avec rien et tous affirment avec una­nimité que le Capital-Argent n’est rien ou qu’il est de bien peu de prix auprès du Capital-Intelligence.

Carnegie affirme cette vérité en ces termes :

« Les millionnaires qui travaillent ont débuté pauvres, et ont été élevés à la plus dure, mais à la plus efficace des écoles : celle de la pauvreté… Ni le capital, ni les relations, ni la science acquise au collège, ni même tous ces avantages réunis, n’ont été capables de triompher dans les affaires, de l’énergie et de l’indomptable volonté que donne la pauvreté qui conquiert tout. » (10)

Nous avons dit plus haut qu’une nécessité première est d’avoir un idéal élevé, de ne pas se limiter aux petites satisfactions du moment, mais à chercher des buts élevés, des horizons vastes. Ce n’est pas seulement notre avis.

Carnegie, dont les doctrines ont fait leurs preu­ves, le dit aussi :

« Que chacun de vous se dise : « Ma place est au sommet. » Soyez roi dans vos rêves. Faites le vœu d’atteindre cette situation, avec une répu­tation sans tache et ne faites pas d’autre vœu qui puisse distraire votre attention. » (id.)

Ces quelques mots, venant d’une bouche au­torisée, résument notre enseignement.

La foi

Il faut, avant toute chose, avoir foi, foi en soi-même, foi en l’avenir. Avoir une foi tellement assurée que rien ne puisse faire fléchir la volon­té qui repose sur cette confiance. On aurait beau être « roi dans ses rêves », le trône s’écroulerait vite si on laissait le réveil pénible détruire l’effet de ce rêve. Il faut tenir devant les réalités diffi­ciles ; tenir le temps qu’il faut, des mois ou des années.

Tous les milliardaires qui maintenant réalisent de si grandes choses ont eu des débuts plus que difficiles. Ils ne se sont cependant pas découragés. Ils ont gardé une foi entière dans le résultat de leur travail, et ce travail ne pou­vait manquer d’être couronné par le succès.

Le travail assidu

Le travail assidu est la seconde nécessité. Non pas un travail d’amateur, mais un travail achar­né, qui ne refuse rien en vue de sa réussite, sauf ce qui pourrait blesser la conscience.

Rien ne vient sans effort. Celui qui veut réus­sir ne l’ignore pas. Il sait aussi que cet effort, si dur soit-il, est passager et que la récompense sera au-dessus de la peine. Il sait encore que la foi facilite le travail, que l’intelligence le soutient. Il lutte donc. Il lutte sans trêve. Il lutte sans défaillance, avec la certitude de la victoire prochai­ne, avec la vision glorieuse de la complète réus­site, une fois accomplis les pas difficiles.

L’intelligence

La foi et le travail ne suffisent cependant pas. Il est des qualités intellectuelles que rien ne sau­rait suppléer.

Il faut, naturellement, une intelligence suffisante pour comprendre le travail auquel on s’adonne, voir les améliorations dont il est susceptible, les moyens de l’accomplir mieux et, s’il se peut, avec un moindre effort. Cette intelligence pratique comporte une grande part de réflexion. Il ne faut pas s’emballer trop sur une soi-disant découverte qui ne mènerait à rien ou demanderait des travaux et des frais disproportionnés avec le résultat que l’on peut en espérer. Cette réflexion vous fait voir l’objet ou l’action sous toutes ses faces avec toutes les possibilités que l’on peut y trouver.

Il faut, pour donner à cette réflexion intelli­gente un poids encore plus grand, l’étayer sur une forte logique, qualité entre toute construc­tive et sans laquelle les meilleurs efforts man­quent toujours de calme et de coordination.

L’initiative

Une fois le plan déterminé par l’intelligence et la logique, il ne suffit pas de s’y complaire pour le faire aboutir. La qualité la plus utile alors est l’initiative.

Il ne faut pas, quand on a découvert soit une idée nouvelle, soit le perfectionnement utile d’une ancienne formule, se dire soudain que l’on a tort et que le mieux sera toujours de faire comme on a fait avant vous. L’initiative ne se laisse pas limiter ainsi. Elle brise les vieux moules et crée des formes inédites. Mais, avant de lui laisser libre cours, il est bon de savoir où l’on va, ce qui est le fait de l’intelligence, car l’initia­tive sans frein est un torrent débordé.

Lorsqu’on a reconnu, après lent et sûr examen, l’excellence du plan choisi, il ne faut pas se laisser arrêter par des vétilles. Il est bon que l’ini­tiative se transforme en audace, en audace opi­niâtre et volontaire, car une action entreprise doit toujours être menée à bien.

Voyez haut et grand

Rockefeller dit à ce sujet :

« Jeunes gens, rappelez-vous que la loi élémentaire du succès dans les affaires est de voir toujours haut et grand. Ne songez pas à rempor­ter des avantages temporaires. Ne gaspillez pas votre effort pour aboutir à de petits triomphes, à moins que votre ambition ne soit jamais que de remporter de petits succès.

« Regardez toujours devant vous. Étudiez avant de vous risquer : c’est une chose prodigieuse que de voir combien il y a d’hommes, même très intelligents, qui se lancent dans une affaire sans en avoir balancé les chan­ces. Gardez aussi tout votre sang-froid. Ne vous laissez pas emballer parce que vous obtenez un petit succès et ne vous laissez pas abattre parce que vous essuyez un petit revers.

« Dites-vous bien, dites-vous surtout que pour réussir dans les affaires, il n’y a ni mystères ni trucs. Il y a des lois inflexibles, des lois d’étude, de connais­sance, de travail, d’endurance, de mesure, de calme, d’honnêteté. Si vous manquez à une seu­le de ces lois, vous pourrez remporter une victoire passagère, vous ne remporterez jamais de victoire décisive et durable… » (11)

Ayez confiance en vous

Pour réussir, il faut avoir confiance en soi. Cette confiance est absolument indispensable et on ne fera rien d’utile, même si les circons­tances étaient favorables, avec la pensée qu’on ne réussira jamais. Cette idée déprimante fait partie de ces impulsivités que nous devons détruire en nous avant toute chose.

Napoléon avait, en son étoile, une foi aveugle. Dans sa jeunesse, il ne doutait nullement que l’empire du monde dût lui appartenir. Aussi ne s’arrêta-t-il jamais dans les actions qu’il com­mençait. Mais, à un moment donné de sa carrière, quand un mariage impérial et la naissance d’un héritier auraient dû lui donner le plus de confiance, il sentit pâlir cette étoile qu’il avait toujours vu rayonner et, du même coup, sa for­tune quasi miraculeuse en fut enrayée. Il se confia à Las Cases qui nous a transmis ses entretiens avec l’Empereur dans son exil de Sainte-Hélène.

À ce moment, évoquant le désastre de Waterloo, Napoléon s’exprimait en ces termes :

« Il est sûr, disait-il, que dans ces circonstan­ces, je n’avais plus en moi le sentiment du succès définitif. Ce n’était plus ma confiance première : soit que l’âge, qui d’ordinaire favorise la fortu­ne, commençât à m’échapper, soit qu’à mes pro­pres yeux, dans ma propre imagination, le mer­veilleux de ma carrière se trouvât entamé, toujours est-il certain que je sentais en moi qu’il me manquait quelque chose. Ce n’était plus cette fortune attachée à mes pas qui se plaisait à me combler, c’était le destin sévère auquel j’arrachais encore, comme par force, quelques faveurs, mais dont il se vengeait tout aussitôt. Car il est remarquable que je n’ai pas eu alors un avanta­ge qui n’ait été immédiatement suivi d’un re­vers. » (12)

Cependant les capacités de l’Empereur n’étaient nullement amoindries. Sa merveilleuse campagne de France en 1814 le démontre clai­rement. Mais la confiance l’avait fui. Des épreu­ves constantes avaient peut-être fait fléchir le riche métal de cette volonté presque surhumaine.

Aussi, quelques lignes plus loin, rappelant ses insuccès militaires, Napoléon dit encore :

« J’avais en moi l’instinct d’une issue malheureuse, non que cela ait influé en rien sur mes déterminations et mes mesures, assurément ; mais j’en portais le sentiment au-dedans de moi. »

C’est sans doute que Napoléon se trouvait en proie au désordre qui se trouve suscité par les ambitions matérielles. Mais celui qui ne désire que son propre et juste épanouissement ne se trouvera pas en butte à des forces de cette sorte. Celui-là peut suivre sa voie sans que les autres se sentent molestés par une ambition tout intérieure et qui n’empiète sur les désirs de personne. Celui qui vit de la sorte n’a pas besoin de se soucier des envieux. Sa vie ne peut porter om­brage qu’aux esprits chagrins et ceux-là portent en eux-mêmes leur juste et prompte condam­nation.

C’est le sentiment de cette floraison intérieure échappant à la méchanceté des hommes et du sort qui a fait dire à Marc-Aurèle :

« Tu peux vivre exempt de toute violence, dans la profonde paix du cœur, quand même tous les hommes vocifèreraient contre toi tous les outrages imaginables. Car qui empêche que la pensée ne se maintienne dans un plein calme, jugeant au vrai ce qui se passe autour d’elle ? »

Ayez une nature forte et une conscience haute

Comment pouvons-nous être sûrs que nous n’avons jamais dépassé ce qui nous est permis, ce qui peut nous laisser vivre en paix avec les hommes, quelle que soit la jalousie inhérente à leur nature ? Nous le saurons facilement si nous prenons soin d’examiner chaque jour l’emploi que nous avons fait des heures et des forces qui nous ont été accordées.

Pythagore donne, à cet égard, des conseils que tout adepte se trouvera bien de suivre :

« Que tes yeux appesantis ne donnent jamais entrée au sommeil avant que tu n’aies passé en revue toutes tes actions de la journée. Quelle loi ai-je violée ? Quel acte ai-je fait ? À quel devoir ai-je failli ? Pars de là et continue. Puis, si tu as fait du mal, reproche-le toi ; si tu as fait du bien, sois-en content. »

Ce faisant, l’homme est assuré de se connaître pleinement. Il ne doit pas se complaire dans des erreurs qu’il est bien forcé de reconnaître et dont il se corrigera s’il a compris qu’il ne peut arriver à réussir sans conscience nette et pure.

Il faut être et demeurer soi-même, se dévelop­per dans son propre sens en tendant toujours à se perfectionner, mais en respectant les limites que la Nature nous a fixées.

Ce qui fait l’homme supérieur, ce n’est pas telle ou telle faculté spéciale, tel ou tel talent, mais une nature forte, une conscience haute qui lui donnent les facultés nécessaires à son labeur et l’ascendant moral de l’être honnête. Celui qui a ces qualités et qui les développe en soi n’entreprend que des tâches auxquelles il est adapté et, travaillant avec acharnement et luci­dité, ne perdant aucun moment ni aucune force, il est assuré du succès.

Le vrai bonheur est en soi-même

Celui qui pense de la sorte considérera-t-il l’argent comme le but visé par ses efforts ? On peut dire hardiment non.

On ne saurait nier que l’argent offre à celui qui l’a gagné des moyens de travail et de bien­-être qui sont très appréciables. Mais le vrai bon­heur est en soi-même.

Celui qui, satisfait de sa journée, le cœur plein d’affections familiales et de la paix naturelle à une conscience pure, écoute le chant des oiseaux, regarde une fleur de l’herbe, ravi de sa couleur, de sa dé1icatesse, de son parfum délicieux, celui-là est plus riche que ne peut être un roi si le cœur de ce monarque est bourrelé de craintes, de remords, d’inquiétudes.

La vraie conquête du monde, c’est de goûter ces belles heures avec l’ivresse d’un poète et la paix d’un sage.

Que souhaiter quand on a cela ?

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1 réponse
  1. Yves
    Yves dit :

    Dans la vie, ceux qui persiste avec confiance et avec beaucoup de caractère plus de chance de Réussir. Comme dans le cas de l’invention de la première ampoule électrique. Si son inventeur a laissé tomber, il n’aurait jamais eu la chance de découvrir la bonne méthode.Je pense alors qu’il faut se pencher sur ce qu’on est, ce qu’on veut. Merci pour cet article, c’est très instructif.

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