L’Idéal

Quand nous aurons, pour ainsi dire, pris possession de nous-mêmes, il s’agira de bien savoir à quoi nous allons employer cette force de volonté qui est capable d’accomplir de grandes choses.

Nous devons établir le plan de notre vie de manière que, tenant compte de nos goûts et de nos capacités, elle puisse être la plus utile et la plus bienfaisante à nous-mêmes et aux autres. Oui, aux autres aussi, car notre vie ne saurait être tout à fait bienfaisante pour nous-mêmes si elle ne l’est en même temps aux autres. Il faut nous créer un idéal.

Comment exploiter au mieux les outils de réussite dont vous disposez déjà en vous, afin d’atteindre le succès ?

Un exemple nous fera mieux saisir l’importance de cette condition de réussite :

Vous disposez d’un terrain et d’un capital que vous voulez consacrer à faire bâtir une maison. Vous vous mettez en rapport avec un entrepreneur de bâtiments et lui dites : « Je dispose d’une somme de x, bâtissez-moi une maison pour ce prix-là ». Il vous répondra sans doute : « Je veux bien, mais donnez-moi des plans bien établis ».

L’architecte auquel vous vous adresserez ensuite vous dira aussi : « C’est très bien ! mais indiquez-moi l’orientation et les dimensions que vous voulez donner à ce bâtiment, le nombre d’étages, de pièces, etc., etc., et je vous établirai un plan ».

Nous avons en nous un architecte, c’est notre intelligence ; des entrepreneurs, ce sont nos organes ; nous de­vons leur fournir des indications bien réfléchies, si nous voulons que leur travail nous satisfasse.

Nous avons aussi le capital nécessaire, c’est notre énergie ; il s’agit de ne pas le dilapider en essais infructueux.

Quand je dis que nous possédons l’énergie nécessaire, j’entends une énergie suffisante pour réussir dans une certaine mesure ; car, je le rappelle, nous ne sommes pas arrivés en ce monde, ni au point où nous nous trouvons, avec des facultés et des énergies égales ; elles sont très diverses.

Eussions-nous hérité une belle fortune, si notre éner­gie, nos facultés et notre intelligence sont bornées, nous ne pouvons prétendre à une vie brillante ; nous devons faire cadrer notre but avec nos facultés.

Quel entraînement journalier vous faut-il pour atteindre votre Idéal ?

Cependant, souvenons-nous que si nous savons désirer avec ardeur et que nous soyons persévérants, notre éner­gie, notre intelligence et nos facultés pourront être déve­loppées en proportion de nos désirs. Il suffira d’appliquer les méthodes d’entraînement qui seront développées plus loin. À cette condition, nous n’avons pas besoin de borner notre ambition et pouvons laisser la voie libre à nos aspi­rations, à notre idéal.

Cet idéal, comme je viens de l’expliquer, il est nécessaire de bien le déterminer.

Il faut consacrer à cela un certain temps, chaque jour, autant que possible, dans le même local, assis ou couché tranquillement dans le même endroit et dans une position physique identique.

Les moments qui me paraissent les plus propices sont le matin, sitôt après le réveil, et le soir, avant de s’endor­mir. Il est de grande importance de se mettre dans un état d’esprit calme et gai en le dégageant de tout souci ou pensée pénible.

Si une pensée de tristesse ou de doute venait nous distraire dans cette occupation, nous aurions beaucoup de peine à reconquérir le calme spirituel et la confiance nécessaires. Les personnes affectionnées à la religion peuvent avantageusement présenter cet idéal sous forme de prière fervente.

Chaque séance consacrée à notre idéal doit être plutôt courte, il est indispensable que toute notre attention soit bien dirigée sur lui pendant tout le temps qu’elle dure. À cet effet, il est nécessaire que nos muscles soient bien relâchés, toute contraction nuirait à l’expansion de notre énergie psychique.

Tâchons de nous persuader que nous sommes nous-mêmes notre Idéal et que nous devons en réaliser la preuve. Cet idéal, en fait, existe bien en nous, il fait par­tie de nous-mêmes. En le réalisant, il nous fait bien ce que nous devenons.

Quand nous nous sommes formé un idéal, tenons-le ferme, esquissons-en tous les détails, représentons-nous-le, pour ainsi dire, plastiquement ; puis, développons-le avec enthousiasme. Ayons surtout et conservons toujours la plus entière confiance en sa réalisation.

Définissez un but pour chacune de vos 3 personnalités

Il faut bien définir les buts que nous nous proposons. Je ne veux pas dire, en mettant le pluriel ici qu’il me pa­raisse utile ou avantageux de diviser notre activité à la réalisation de plusieurs buts. Chacun sait qu’il n’est pas bon de courir plusieurs lièvres à la fois.

Ce n’est pas une raison pour nous borner absolument à un seul but.

Nous devons, sans doute, faire un choix après avoir bien réfléchi et bien sondé nos aspirations, nos goûts et nos aptitudes. Mais notre personnalité étant multiple : corps, âme et intelligence, nous pouvons, et cela est tout à fait recommandable, nous proposer un but pour cha­cune des parties de cette trinité.

Est-ce que le bien-être matériel pourrait-il nous procurer seul le bonheur ?

Nous aspirons, cela va sans dire, à acquérir le bien-être matériel. Voyons par quels moyens nous pourrons nous le procurer, établissons-nous une ligne de vie matérielle à suivre, ce sera un de nos buts.

Soyons cependant convaincus que ce bien-être matériel, une fois réalisé, ne saurait nous satisfaire complètement, ne pourrait nous procurer seul le bonheur. Nous avons les aspirations du cœur qui sont liées dans une certaine mesure à notre ligne de vie matérielle, mais qui ne doivent pas en dépen­dre.

N’eussions-nous pas un sou vaillant quand nous aurons atteint une certaine étape de notre vie, si nous avons développé nos facultés affectives, si nous avons un cœur aimant et, ce qui en est le corollaire, si nous som­mes au bénéfice de solides affections, nous serons certainement plus heureux, que si, ayant acquis une belle aisance matérielle, nous avons laissé dessécher notre cœur et que, égoïstes nous-mêmes, nous ne soyons conséquemment entourés que d’égoïsme.

Pour que nous réussissions dans la vie, il faut aussi nous faire un idéal pour notre âme.

Ce n’est pas tout encore. Il est à conseiller de nous proposer un but intellectuel indépendant de l’intelligence que nous aurons à mettre au service de notre but matériel.

De cette façon, nous aurons établi le plan de développement de toutes les parties de notre personnalité. Elles seront toutes 3 en équilibre et nous aurons le senti­ment de nous être préparé des jouissances nombreuses et solides pour l’époque de notre complète maturité.

Nous ne devons pas craindre que le temps nous manque pour assurer la réussite de ces 3 buts ; nous n’aurons qu’a déblayer le chemin de notre existence de tout ce qui l’encombre inutilement et à répartir notre temps judicieuse­ment. Il ne nous manquera surtout pas si nous sommes diligents à développer notre force de volonté, notre énergie.

 

 

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