L’influence qu’exerce la nourriture sur le caractère

“Être fort, cest être heureux.” H. W. Longfellow
“Sans la santé, la vie n’est rien.” Tiré du grec.
“Du travail découle la santé, de la santé provient le contentement, et le contentement ouvre la source de toute joie.” James B.

“Une mauvaise nutrition est responsable de la criminalité dans bien des cas, et par une bonne alimentation des criminels on peut, au moins en quelque mesure, diminuer leurs tendances fâcheuses”, disait le Dr A. F. Gillihan, d’Oakland, en Californie.

En collaboration avec Muer E. Jaffa, professeur de nutrition à l’Université de Californie, le Dr Gil­lihan composa récemment un programme de diète scientifique pour les prisonniers d’Oakland.

Il est persuadé que les expériences qui seront faites avec ce régime prouveront la vérité de sa théorie, à savoir qu’en nourrissant d’une certaine manière les malfaiteurs pendant qu’ils sont enfermés, on peut les débarrasser de leurs tendances vicieuses et leur rendre la faculté de pouvoir résister à la tentation.

La nourriture fait de l’homme ce qu’il est

Le proverbe allemand : “Telle est la nourriture, tel est l’homme”, renferme une grande vérité. Un régime insuffisant, une nourriture mal préparée ou non conforme aux besoins de celui qui la prend, affament lentement les tissus, et amènent une dété­rioration physique et mentale.

Ce que nous mangeons et la manière dont nous le mangeons, n’af­fecte pas seulement notre efficacité, mais détermine matériellement nos dispositions, notre tempérament et même notre caractère.

Combien peu réalisent à quel point leur succès ou leur insuccès, leur popularité ou leur sauvagerie dépendent de leur alimentation !

Les aliments qui calment les nerfs

Combien, par exemple, sont torturés par leurs nerfs, qui seraient soulagés en ayant une alimenta­tion appropriée ! Ces personnes traversent la vie, irritables, acariâtres, sujettes aux lubies, vrais fardeaux pour elles-mêmes et pour les autres, en grande partie parce qu’elles mangent des choses qui irri­tent leur système nerveux et ne les nourrissent pas suffisamment.

La plupart d’entre elles mangent beaucoup de viande, et ne se rendent pas compte que la viande rouge particulièrement est beaucoup trop stimulante pour les gens nerveux. Elles se por­teraient beaucoup mieux en adoptant un régime vé­gétarien augmenté de lait, d’œufs, de beurre et d’autres produits dérivant du lait.

Quelques légumes, comme le céleri et les laitues, sont spécialement bons pour les nerfs, ils ont un effet adoucissant et procurent un sommeil rafraîchissant. L’asperge est aussi très bonne.

Bien des facultés sont amoindries par une nour­riture mal choisie.

Une mauvaise digestion ruine la paix de la famille

La dyspepsie ou d’autres maux procurés par une mauvaise alimentation, rendent certaines gens pessimistes, mélancoliques et décou­ragés. Ils répandent une ombre de tristesse autour d’eux partout où ils vont. Ils font, sans le vouloir, du mal à tous ceux qui les entourent et ne semblent pas pouvoir s’affranchir de leur humeur noire. Ils sont les victimes d’une alimentation défectueuse.

Dans toutes les professions, nous remarquons des hommes qui souffrent de dyspepsie chronique ; ils sont acerbes et hautains avec leurs employés, irri­tables et pénibles chez eux, et rendent la vie difficile à tous ceux qui les entourent, parce qu’ils n’ont jamais appris la science d’une bonne alimentation.

Des milliers de foyers sont malheureux et man­quent d’harmonie parce que les aliments y sont mal choisis et mal préparés. Rien ne ruine plus sûre­ment la paix d’une famille qu’une mauvaise diges­tion. Un de ses membres dyspeptique suffit pour troubler son bonheur.

Combien il est triste de voir les visages de fem­mes, autrefois belles, ridés et ravagés par la dys­pepsie !

Je connais une famille dont presque tous les mem­bres sont dyspeptiques depuis plusieurs années. Ils se querellent constamment, tout particulièrement à table. Il semble que le moment du repas soit celui qu’ils choisissent pour montrer leur mauvais carac­tère. Presque à chaque repas, l’un ou l’autre se fâche et quitte la table ; parfois même, ils se jettent des objets à la tête. Il semble vraiment qu’ils ne peuvent s’accorder sur aucun sujet.

Les conséquences d’une mauvaise alimentation

La surabondance de nourriture cause plus de maux que le manque de nourriture. Beaucoup de tempé­raments sont ruinés par l’indigestion, par des ali­ments mal choisis ou mal préparés.

Plus d’un divorce n’a pas eu d’autre cause. La moitié des im­patiences, des querelles, des reproches provien­nent d’une suralimentation, d’une alimentation insuffisante ou d’une alimentation mal comprise.

L’envie, la jalousie et l’égoïsme sont renforcés par les péchés de la table ; les caractères doux sont ruinés et les heureuses dispositions annihilées.

Souvent une mère naturellement douce se met dans des colères affreuses, pour des bagatelles, unique­ment parce que son estomac est en mauvais état.

La gaieté qui constitue un devoir vis-à-vis des au­tres, et qui ensoleille le caractère, s’enfuit avec le courage. Le monde entier est couvert d’un brouil­lard pour le dyspeptique. Si ce brouillard s’élève parfois un instant, c’est pour reparaître et plonger le malade dans une tristesse encore plus profonde.

Notre nourriture détermine en partie notre tempérament

Nous avons besoin d’hommes qui soient bien équilibrés et dont l’efficacité ne soit pas neutra­lisée par de petits défauts ou de petites faiblesses. Nous avons besoin d’hommes gais et courageux, sans ombre de lâcheté. Personne ne peut avoir une vie féconde et belle à moins de posséder une bonne santé.

Répondant à un admirateur qui vantait le génie de son mari, Jane Welch Carlyle lui dit : “Ah! Monsieur, pensez à ce qu’il aurait donné s’il avait eu un bon estomac !”

“Qui ne sait, dit le Dr William Matthews, que le 90 % de la mauvaise humeur, de l’impatience et de la mélancolie des hommes provient d’une mauvaise santé ?

Qui, en lisant la biographie de Carlyle, le Prométhée au foie rongé par un aigle, n’a éprouvé une profonde pitié pour la souffrance qu’endurait cet esprit fort, luttant pendant de longues années contre son bourreau ? Son irritabilité, son humeur acariâtre, son esprit de critique n’étaient pas dus à un mauvais caractère, mais aux angoisses que lui infligeait une maladie obstinée qui déformait son caractère.”

Si Carlyle avait pu faire une étude scientifique de l’alimentation, nul doute qu’il aurait pu se débar­rasser lui-même de la dyspepsie qui ruinait son estomac et assombrissait sa vie.

Je crois que même nos convictions religieuses sont influencées par notre nourriture. Si Calvin avait mené une vie différente, s’il avait eu un autre genre d’alimentation, et s’il avait pris plus d’exer­cice au grand air, il aurait donné au monde une théologie toute différente.

Il est difficile à un théo­logien, même très pieux, d’être affranchi de son estomac au point qu’il n’influence pas ses idées religieuses. Elles dépendent en grande partie de sa digestion. C’est elle qui détermine son horizon mental.

Suivant qu’un homme est pessimiste ou optimiste, sa manière de considérer les choses est toute différente, et sa nourriture détermine en partie son tempérament.

Le rapport entre le mental et le physique est si intime que l’un réagit constamment sur l’autre. C’est pourquoi il est très important que nous nous nourrissions tous d’une manière scientifique.

Il est tout particulièrement important pour les jeunes d’être forts et robustes ; cela aide puissamment à la formation de leur caractère. Une nourriture appropriée fait une vie normale.

Il faut apprendre aux enfants q’une mauvaise santé est le résultat d’une mauvaise alimentation

Quelques philosophes ont essayé d’ériger la ma­ladie en sainteté, et de louer la faiblesse physique comme un moyen de croissance spirituelle.

Les prêtres et les pasteurs nous disent que la douleur, la faiblesse et la maladie ont une influence morali­satrice, qu’elles entrent dans le plan de Dieu pour adoucir nos rudes natures, pour nous empêcher de devenir trop matériels, et pour maintenir nos es­prits en contact avec les choses célestes.

Pensez à ce que c’est que d’élever un enfant de manière à lui faire croire que le Dieu d’amour, le Dieu de bonté, voudrait, par cruauté ou indiffé­rence, affliger un être humain par la détresse et la maladie ou entraver un enfant innocent en lui infligeant la souffrance, au lieu de lui montrer que ces choses ne sont que le résultat de sa mauvaise conduite, ou des péchés commis contre les lois de la santé par ses ancêtres !

On devrait enseigner aux enfants que le Créateur voulait que tous les êtres humains fussent forts et robustes, en bonne santé, et qu’ils irradient la joie et la bonté.

On devrait leur enseigner qu’il y a mille évidences, dans la structure humaine, que la dis­corde physique de toute espèce est tout à fait anor­male ; qu’elle est le résultat d’une mauvaise ma­nière de se nourrir, d’une fausse manière de penser, du péché, toujours d’une violation de quelque loi de la santé ou de la vie.

Si la douleur et la faiblesse physique peuvent avoir une influence purifiante sur quelques natures, elles produisent l’effet contraire sur beaucoup d’autres, et, sans aucun doute, la faiblesse corpo­relle est un grand obstacle.

Il faut apprendre tôt à l’enfant à bien se nourrir et à bien construire son corps

On devrait de bonne heure enseigner à chaque enfant à distinguer les aliments qui lui sont profi­tables de ceux qui lui sont nuisibles, lui dire qu’une nourriture saine, bien mastiquée, adaptée à son âge, à son tempérament et à son activité.

Avec un sommeil suffisant et rafraîchissant et beaucoup d’exercice au grand air, avec des jeux et des récréa­tions salutaires, ainsi qu’une attitude mentale juste, sont les amis qui l’aideront à construire son corps, qui développeront son efficacité, et lui procureront la plus grande somme de bonheur.

Il devait appren­dre que tout ce qui diminue sa vitalité, la dissipa­tion, une vie irrégulière, la suralimentation, la mauvaise alimentation ou certaines passions comme la crainte, l’anxiété, la jalousie, la haine, l’envie et la mauvaise humeur sont des ennemis de son bien-être qui diminueront sa puissance et troubleront son bonheur.

On devrait lui enseigner que toute violation d’une des lois de son être, que ce soit une pensée fausse, une mauvaise action, une mauvaise alimentation, diminuera son efficacité et ses chances de succès dans les années qui suivront.

Nos écoles enseignent beaucoup de choses qui ont peu de valeur pratique, parce qu’on ne les em­ploie jamais, tandis qu’elles omettent d’enseigner ce qu’il faut manger, et comment il faut vivre pour arriver à donner le maximum de ses capacités, et obtenir le bonheur.

La malnutrition

Partout nous voyons des enfants, des hommes et des femmes dont le développement a été arrêté et dont le squelette, les muscles et le cerveau sont fai­bles, grâce à une alimentation défectueuse.

Beaucoup de bébés et d’enfants qui sont toujours de mauvaise humeur, qui crient la plupart du temps, et rendent leurs alentours malheureux nuit et jour, ne sont ainsi que parce qu’on les nourrit mal. Là réside la cause de tous leurs maux. Plus d’un tempérament a été ruiné de cette façon.

Le corps et ses organes ne peuvent contenir que les éléments qu’ils retirent de la nourriture qu’on leur donne, de l’air qu’ils respirent et du soleil qui les réchauffe.

L’alimentation que les jeunes gens devraient adopter

Il est hors de doute que, chez l’homme, les pas­sions animales sont sérieusement influencées par la nourriture, particulièrement par la viande, les sauces épicées et les mets trop riches et trop stimulants.

La viande grasse, particulièrement, est très échauffante pour les jeunes gens, et tend à surexciter leur nature sexuelle. Pour cette raison, une nourri­ture trop riche et trop carnée est mauvaise pour ceux qui approchent de la puberté. Ils doivent avoir la nourriture la plus simple et de la meilleure qualité.

La nourriture simple conduit à une vie simple et à la pureté des pensées.

Longtemps avant leur 20ème année, nos enfants vont au théâtre, dans des soirées, voient toutes sortes de représentations et veillent très tard ; rien d’étonnant à ce qu’ils soient pubères trop vite. Leur vie est trop compliquée, trop excitante, et les résultats s’en font parfois sentir d’une façon néfaste.

Un des principaux arguments en faveur du régime végétarien est qu’il ne stimule pas les passions viles chez l’homme, qu’il tend au contraire à les déraciner.

Parmi les races civilisées, celles qui vivent presque uniquement de légumes, de fruits et de céréales ont un tempérament doux et pacifique. Elles sont plus tranquilles et bien moins disposées à faire la guerre que les mangeurs de viande.

Les végétariens sont des penseurs et des rêveurs ; ils ont introduit dans le monde quelques-unes des philosophies les plus spirituelles.

Il semble donc que plus grossière et plus animale est la nourriture, plus grossières et plus animales seront les ambitions et les efforts qu’elles suggé­reront.

Notre caractère dépend de notre nourriture

Que nous soyons végétariens ou mangeurs de viande, une chose est certaine : c’est que la qualité de notre nourriture influence nos dispositions, notre tempérament et notre manière de considérer la vie.

Que nous soyons matériels ou spirituels, optimistes ou pessimistes, que nous ayons un haut idéal ou que nous nous fassions une philosophie terre à terre, que nous ayons un jugement sain ou que nous soyons irresponsables, tout cela dépend en grande partie de la manière dont nous nous nourrissons.

Si un homme n’est pas fermement ancré dans les principes spirituels, une mauvaise alimentation transformera en peu de temps un optimiste en un pessimiste.

De mauvaises conditions physiques affectent l’harmonie mentale et causent la discorde mentale, puis cette discorde se répercute dans tout l’organisme.

La justice, la vérité et la santé marchent ensemble. La santé et le péché sont des ennemis naturels, et la santé est en rapport plus étroit avec l’estomac qu’avec tout autre organe du corps.

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