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Enfin libre! La prise de conscience

« Nous ne sommes pas des poupées impuissantes… nous ne nous comportons pas comme nous le faisons par accident. »
— Ernst G. Beier

Prise de conscience — Lorsque vous savez que vous avez un problème

A cette étape, les gens savent qu’ils ont un problème et veulent le comprendre, mais ne savent pas quoi faire ou se sentent dans l’incapacité de changer. Les personnes dans l’étape 2 sont toujours loin de s’engager à changer.

Beaucoup restent bloqués dans cette étape. Ils passent des années à se dire qu’ils vont, « un jour », changer.

La peur ou l’échec maintient beaucoup de personnes bloquées dans cette étape. Ils se cachent la vérité en se disant qu’ils attendent le programme de perte de poids « parfait », le programme parfait pour arrêter de fumer ou le moment parfait pour arrêter de boire.

« Je changerai quand le moment sera le bon », est une des phrases que vous entendez le plus souvent de la part de gens dans cette étape du cycle de changement de soi. Le moment ne sera jamais « le bon », bien entendu, ils n’ont pas été capables de briser leur cage verbale.

Certaines personnes, dans cette étape, ne sont jamais capables de s’engager sérieusement à changer, même si leur vie en dépend. Nous sommes tous familiers avec les expériences et luttes au jour le jour de gens ordinaires bloqués dans cette étape.

Mon beau-père est mort récemment après un long combat contre un emphysème pulmonaire. Même s’il dormait avec une bouteille d’oxygène au pied de son lit, il n’a jamais arrêté de fumer. Il a réduit, mais il n’a jamais arrêté, même s’il savait que cela le tuait.

Il y a un bon nombre d’années, j’ai lu à propos d’une femme ayant eu une trachéotomie avant de mourir d’un cancer. Après sa trachéotomie, elle n’était pas en mesure de respirer par la bouche, donc elle plaçait ses cigarettes allumées dans le trou dans sa gorge et inhalait ainsi la fumée.

Signes de danger

Les gens dans l’étape 2 sont toujours focalisés sur le problème. Ils veulent parler d’eux et de leurs familles ; ils peuvent être très ouverts lorsqu’il est question de parler du problème. Ce qui retient les gens dans cette étape est la peur du changement.

Même des changements bénéfiques menacent notre sécurité. Lorsque nous sommes habitués à quelque chose, la pensée de le perdre peut causer panique et nous figer où nous sommes, peu importe combien nous pourrions gagner en changeant.

Olga est une veuve avec trois enfants entre l’adolescence et la vingtaine. Elle a rencontré un homme nommé Jean et elle se sent follement amoureuse. Jean est divorcé et a déménagé récemment dans la ville d’Olga depuis une autre partie du pays. C’est un homme qui a la quarantaine, travaille dans le bâtiment et semble n’avoir aucun problème pour trouver du travail en dépit d’un problème de boisson.

Quelque mois après que je les ai rencontrés, Olga et Jean ont quitté la ville. Lorsque les enfants d’Olga ont réalisé que leur mère sortait avec un vagabond instable, ils se sont naturellement alarmés et ont plaidé auprès de leur mère pour qu’elle rompe la relation.

Quand Olga a refusé d’arrêter de voir Jean, ses enfants ont dit à des membres de la famille qu’ils avaient peur que leur mère ne soit dans une relation dangereuse. Lorsque toute la famille a confronté Olga, elle a fait ce que n’importe quel conseiller expérimenté aurait prédit : elle a quitté la ville avec sa voiture, ses vêtements et son nouveau petit ami.

Je marchais dans le quartier, un soir, quand Olga stoppa sa voiture et me demanda si elle pouvait me parler. Ce qui suivit était une histoire triste, mais commune, d’une femme tombant amoureuse du mauvais homme.

Quand Olga et Jean sont revenus en ville, Olga a utilisé ses contacts pour trouver un bon travail pour Jean. Jean a déménagé dans un appartement qu’Olga avait acheté. L’appartement était contigu à la maison dans laquelle Olga vivait avec ses enfants. Olga me dit que Jean payait un loyer et qu’il était gentil avec les enfants.

Mais Jean a commencé à abuser Olga verbalement. Il ne l’a pas abusée physiquement, mais l’abus verbal est devenu intolérable. Olga est d’origine albanaise. Elle est née en France. Quand Jean a bu, il hurle après Olga et lui dit de retourner dans son pays. À chaque fois que Jean l’insulte, Olga lui demande pourquoi il ne retourne pas d’où il est venu.

Olga est un exemple classique d’une personne dans l’étape 2. Elle est devenue consciente du problème. La « mauvaise habitude » d’Olga est sa mauvaise estime de soi, qui est la seule chose qui l’empêche de mettre fin à une relation tellement abusive. Tout comme n’importe quelle mauvaise habitude peut être brisée, une mauvaise estime de soi peut être changée en une image de soi saine. Mais cela demande du temps.

Olga réalise que la sécurité de ses enfants peut être en danger. Jean n’a jamais rien fait de violent jusqu’à présent, mais Olga commence à comprendre qu’elle joue avec le feu. Aussi mauvaise que soit la relation, Olga ne veut pas perdre Jean. « Je l’aime », dit-elle, « Ne voit-il pas combien il me fait du mal ? »

Olga reconnaît que sa vie peut être en danger. Jean lui a dit qu’il aimerait l’emmener dans une autre partie du pays. Olga sent que déménager dans un endroit du pays où elle n’a aucune relation la rendrait encore plus vulnérable qu’elle n’est en ce moment. « Il pourrait m’emmener là-bas puis décider de me tuer », m’a-t-elle dit.

Jean n’a menacé ni Olga ni les enfants, et Olga ne veut pas demander à Jean de partir. Elle ne peut toujours pas agir, ce qui est un problème habituel pour les personnes dans l’étape 2. Au lieu de dire à Jean de partir, elle lui demande pourquoi il ne part pas de lui-même. C’est aussi loin qu’elle peut aller à ce point.

Se débloquer

Olga a peur de perdre la vie à laquelle elle s’est habituée, peu importe combien elle est insatisfaisante ou dangereuse. Elle s’inquiète jour et nuit, mais jusque là, c’est tout ce qu’elle a fait.

Un des plus grands dangers de cette étape est de substituer l’inquiétude au sujet d’un problème au travail à effectuer dessus. Ça décrit Olga. Si vous êtes dans une position où vous aidez quelqu’un dans l’étape 2 du cycle, conservez toujours ces points à l’esprit :

  • Les personnes dans cette étape ont besoin de soutien, d’écoute et de réactions.
  • Ne leur donnez pas de conseil à moins qu’ils ne le demandent.
  • Les gens dans cette étape ont généralement besoin d’être poussés dans l’action, mais cela ne signifie pas que vous êtes celui qui doit appliquer la pression.

Essayer de pousser une personne à agir avant qu’elle soit prête à changer peut être une grave erreur. La pression, à ce point, ne fera que rendre la personne plus résistante au changement. Les gens qui sont bloqués dans l’étape 2 savent réellement ce qui est meilleur, mais ils ont oublié qu’ils savent. Trop souvent, une tragédie personnelle doit survenir avant qu’une personne dans cette étape ne soit capable d’aller de l’avant.

Olga sait ce qu’elle doit faire. Pourtant, elle est toujours incapable de le faire, même si le bien-être de sa famille dépend de sa capacité à agir. C’est typique des personnes dans l’étape 2 du cycle. Olga n’est pas venue me voir pour avoir un conseil. Elle connaît déjà toutes les raisons pour lesquelles elle doit mettre fin à la relation, et elle commence à comprendre qu’aussi longtemps qu’elle ne fait rien, la situation va probablement empirer plutôt que s’améliorer.

Olga est comme un fumeur invétéré qui n’est pas prêt à arrêter. Beaucoup de fumeurs sont totalement conscients du dégât qu’ils font à leur santé. Albert répète en permanence qu’il veut arrêter, mais il ne peut pas. La vérité est qu’Albert ne veut pas arrêter de fumer.

Albert connaît les risques de santé qu’encourt un fumeur. Mais il ne veut pas abandonner toutes les petites satisfactions que fumer lui apporte : l’anticipation agréable qu’il ressent après un repas lorsqu’il est sur le point d’allumer une cigarette ; la satisfaction de sentir la cigarette entre ses doigts ; le rush de la nicotine allant droit dans son cerveau à chaque fois qu’il prend une bouffée ; la sécurité de savoir qu’il a une cartouche de cigarette de sa marque préférée mise de côté dans le placard.

La seule partie du fumer qu’Albert veut abandonner est la partie qui menace de lui donner un cancer des poumons ; il souhaite que quelqu’un puisse éliminer cette partie et conserver tous les petites avantages qui l’ont accroché au début. Les gens comme Albert ne veulent pas arrêter, peu importe combien de fois ils disent qu’ils le veulent.

Albert ne ment pas quand il dit qu’il veut arrêter. Il pense sincèrement vouloir arrêter. Son problème est qu’il n’a toujours pas mis le doigt sur la véritable raison pour laquelle il fume. Aussitôt qu’il le pourra, il sera en position pour aller de l’avant. Lorsqu’il sera capable d’admettre qu’il aime beaucoup de petites choses à propos de son habitude, il sera en position de substituer de nouvelles habitudes saines à ses anciennes habitudes destructrices.

Aussi longtemps qu’il se cache la vérité — les véritables raisons pour lesquelles il fume— il peut commodément déplacer la responsabilité de lui jusqu’à une « force » plus forte que lui. Quand un fumeur dit : « Je veux vraiment arrêter, mais je ne peux simplement pas. », ce qu’il signifie réellement est qu’il ne veut pas être tenu responsable pour ses mauvais choix.

Pour beaucoup, il y a un certain confort à penser qu’ils ne peuvent pas éviter le chemin destructeur qu’ils suivent, même s’ils savent où il mène au final. Ils sont bloqués dans un état d’esprit autodestructeur qui dit : « Je sais que je suis condamné, mais que puis-je y faire ? » La réponse est qu’ils peuvent faire beaucoup, mais pas tant qu’ils ne sont pas capable de voir à travers les jeux que joue leur esprit.

Pourquoi jouons-nous à ces jeux, même lorsque nous savons que nos habitudes nous détruisent ? Je pense que la réponse ressemble à ça : aussitôt que nous brisons la cage dans laquelle nous nous cachons, nous devrons admettre que nous que nous avions le pouvoir de le faire depuis toujours.

Cela peut être une chose effrayante. Une personne qui se libère d’une habitude qui a dominé sa vie pendant des années ou des décennies peut être terrifiée à l’idée d’avoir à admettre qu’il a perdu une grande partie de sa vie en ne prenant pas la responsabilité de son propre comportement.

Si vous êtes dans une relation d’aide avec une personne comme ça, ou si vous êtes assez courageux pour admettre que vous êtes cette personne, trouvez du courage et souvenez-vous de ceci : mieux vaut avoir gâché une partie de votre vie que l’avoir gâchée en entier. Il n’est jamais trop tard pour reprendre votre vie en main. Plus tôt vous le ferez, plus vite vous découvrirez que vous n’avez rien gâché après tout — atteindre votre objectif a pris un peu plus de temps, c’est tout.

Une femme que vous connaissez peut avoir bu jusqu’à plus soif, mais de manière subconsciente, elle se dit que ce pourrait être bien pire d’être libéré de son habitude. Si elle était libre, elle devrait passer le reste de sa vie à se demander ce qu’elle pourrait avoir fait de sa vie si elle avait réalisé plus tôt qu’elle était libre de faire de meilleurs choix.

C’est le danger de se focaliser sur le passé. Lorsque tout ce que vous pouvez voir est ce qui se tient derrière vous, vous n’êtes pas capable de comprendre que de nouvelles opportunités se présentent dès que vous marchez dans une autre direction.

La capacité d’une personne à déplacer ses pensées du passé au présent est la clé pour passer de l’étape 2 à l’étape 3. Vous ne pouvez pas prendre la décision de changer tant que vous êtes toujours focalisé sur le passé.

Aussitôt que vous décidez de changer, vous êtes à la fin de l’étape 2. L’étape suivante dans le cycle consistant à vous libérer d’une mauvaise habitude est l’étape de préparation.