Pourquoi l’on échoue dans la pratique de l’autosuggestion

1° Par Ignorance.

1. Parfois des Etudiants nous écrivent: « J’ai essayé l’autosuggestion pour surmonter mes difficultés personnelles, mais je n’ai pas réussi. Pourquoi ? »

D’abord, il nous faut connaître ces difficultés. Supposons qu’un homme ait lu quelque part que pour obtenir sûrement l’objet de ses désirs -à condition que cet objet soit raisonnable et bon -il lui suffira de se le représenter mentalement avec intensité, et de le vouloir avec force. S’il manque de jugement, il désirera que sa publicité lui rapporte des bénéfices immédiats, ou que sa connaissance de l’anglais s’accroisse sur-le-champ, ou que le secret dont il cherche la clef lui soit soudain révélé; il emploie l’autosuggestion pour précipiter l’accomplissement. Or, rien d’extraordinaire ne se produit!

La raison en est qu’il ne comprend pas le sujet. C’est sottise d’imaginer qu’on peut autosuggestionner » plus de réponses à une annonce: ou savoir l’anglais rien qu’en se répétant qu’on le sait, toute étude devenant ainsi superflue: ou dévoiler quelque mystère en affirmant simplement l’existence d’une découverte scientifique, ou accomplir en cinq ans un travail qui, dans les circonstances ordinaires, en exige dix ou quinze. Les choses n’arrivent pas ainsi.

Ce que l’homme peut faire, c’est se « suggérer » à lui-même que ses efforts seront plus féconds qu’ils ne l’ont été jusqu’ici; et cette suggestion convenablement exécutée amènera le succès.

2° Par Paresse.

2. « Croire » ne dispense pas d’agir, mais permet d’agir avec efficacité. L’autosuggestionne remplace pas le travail, mais elle le rend plus facile et plus productif. La pratique de l’autosuggestion ne crée pas de nouveaux pouvoirs de toutes pièces; elle développe les capacités innées, comme le levain fait gonfler la pâte, jusqu’à ce que l’esprit ait atteint le développement dont il est susceptible. Il faut avoir une base de travail. Un individu n’ayant pas un vif sentiment de la beauté ne pourra jamais s’autosuggestionner assez pour devenir un artiste; un autre, nullement doué pour les mathématiques, n’arrivera pas à s’attribuer par autosuggestion la faculté de comprendre le théorème des binômes sans presque l’étudier.

3° Par Précipitation.

3. L’échec peut provenir simplement d’une trop grande hâte. Même lorsqu’il s’agit du développement de la force de volonté, un Étudiant qui a renoncé à tout espoir aurait pu réussir s’il avait tenu bon un peu plus longtemps. Donnez-vous donc le délai qu’exige la loi de l’effort pour accomplir son oeuvre. Laissez votre corps et votre esprit s’accoutumer à la nouvelle méthode. Souvenez-vous que toute conquête personnelle a des résultats d’une telle importance qu’un effort vigoureux et persévérant mérite d’être fait.

4° Par Scepticisme.

4. Le doute nous soustrait à la loi de la suggestion positive et nous enrôle sous la bannière de la suggestion négative. Il y a des hommes et des femmes qui, par constitution, pourraient presque être classés selon l’Éternel « Oui » et l’Eternel « Non » de Carlyle. Ils sont prédisposés à dire « Oui » ou « Non » à la plupart des questions de la vie. On peut admettre que les gens du groupe « Non » ont rendu et rendent encore de grands services. Ils empêchent le reste du monde de croire que « la lune est faite de fromage vert », comme disaient les Anglais, ou d’ajouter foi à d’autres absurdités. Pourtant, les événements les plus favorables semblent se presser autour des « Oui », et l’état d’esprit idéal devrait probablement être composé de deux tiers d’énergie affirmative pour un tiers de négative. Quoi qu’il en soit, l’histoire n’enregistre que les exploits des gens qui s’écrièrent: « Je peux ». Ceux qui dirent: « Je ne peux pas » n’étaient rien et le restèrent.

Il arrive cependant qu’un effort sincère et judicieux ne permette pas d’obtenir les résultats désirés. De tels échecs se produisent souvent lorsqu’on applique l’autosuggestion à des désordres physiques; et quoique ceux-ci appartiennent à l’art médical et soient, par conséquent, hors de notre ressort, on nous permettra de dire qu’avant d’atteindre au succès, il est nécessaire de rétablir sa santé afin de créer de nouvelles et fortes voies nerveuses du cerveau à la partie affectée du corps – ce qui exige du temps et de la patience. Avant de triompher, il faut réunir les divers facteurs du succès.

La Psychologie du  » Je Peux « .

5. La raison pour laquelle le « Je peux » réussit et le « Je ne peux pas » échoue est simple. L’homme qui « peut » se forme une vive image mentale; il se la représente si souvent, et avec une telle intensité de désir, qu’elle devient comme une part de son esprit, s’établit dans le plan subconscient, et influence ses pensées et ses actes, bien qu’il ne s’en rende pas compte. Chaque faculté est favorablement disposée à réaliser sans délai l’objet de cette image. Le « Je peux » n’est pas créateur au sens absolu du mot, mais il permet la pleine mise en valeur des capacités de l’individu. L’homme qui dit:« Je ne puis » n’a que des images d’impuissance, et toutes ses capacités souffrent de cette diminution d’énergie.

Le Succès est d’abord Mental.

6. Presque tous les échecs d’autosuggestion sont dus à l’emploi d’une méthode défectueuse. L’Etudiant considère surtout le fait objectif, et il s’attend à constater un changement dans les choses au lieu d’un accroissement de sa confiance mentale. Celui qui affirme: « Je ne tousse pas », et peut à peine prononcer les mots à cause d’une violente quinte de toux, se convaincra rarement de la valeur de l’autosuggestion, et n’en convaincra pas davantage les autres; surtout si après avoir énoncé cette affirmation, il attend pour voir s’il toussera encore, suggérant ainsi directement -par le seul fait d’y penser un retour du malaise.

L’idée de guérison doit d’abord exister dans l’esprit sous forme d’image mentale précise et être ensuite revivifiée par des affirmations répétées, tandis qu’on s’occupe à autre chose -précaution très importante parce qu’ainsi, l’attention étant déviée sur un autre point, le subconscient peut élaborer librement les forces de résistance au mal. Le succès ne se réalise dans les faits que s’il s’est d’abord établi en nous-mêmes.

Contemplez l’Image Mentale.

7. La pratique de l’autosuggestion se fonde essentiellement sur le principe suivant: Contemplez l’image mentale de l’acte à effectuer. On doit se représenter, se voir soi-même, avec vivacité et précision, accomplissant l’action nécessaire. Cette image pénétrera tout votre esprit, qui bientôt s’y trouvera adapté. L’image qui bénéficie de cette attention exclusive, ou du moins insistante, fera la conquête des parties obscures, mais très agissantes, de nous-mêmes, et s’y implantera solidement. C’est ce que le lecteur comprendra mieux quand il connaîtra notre Leçon XI, sur le « Subconscient ». De plus, s’il est vrai que toute idée -même passagère -est une force, une idée sur laquelle l’esprit se concentre peut prendre, elle aussi, une puissance décisive et irrésistible.