Régime végétarien et régime mixte : lequel choisir ?

“Quelques-uns ont de la viande, et ne peuvent la manger. D’autres n’en ont point qui voudraient en manger.
Nous, nous en avons et pouvons la manger.
Que le Seigneur en soit remercié !”
Robert BURNS

Lorsqu’un grand express désire concourir pour le service le plus rapide de la malle-poste, et dépasser ses compétiteurs, on choisit morceau par morceau le charbon le plus pur qu’on puisse se procurer, afin d’éviter tout ce qui pourrait diminuer sa puissance calorique.

Le directeur sait que, quelque parfaite que soit la machine, quelque habile que soit le mécanicien, le succès dépend de la qualité du combustible employé.

En conséquence, aucune peine, aucune dépense ne sont épargnées pour donner la meilleure nourriture à la locomotive.

Prenez connaissance des besoins de votre corps

Le corps est la locomotive de l’homme, et rien n’est aussi important, pour notre vie physique, que le combustible que nous fournissons à notre machine.

Notre nourriture est ce combustible, le générateur de notre énergie, cette énergie que nous transformons en progrès et en activité utile. Sa qualité affecte nécessairement, et modifie matériellement, la qualité de notre effort. Notre ambition, notre courage et notre initiative dépendent d’elle en grande partie.

L’alimentation qui produira la meilleure santé, produira du même coup la plus grande habileté, l’intelligence la plus éveillée.

Nous sommes un tout. Ce qui est bon pour le corps est bon aussi pour l’intelligence, d’autant plus que l’intelligence n’est pas le produit du cerveau seul, mais de l’activité de toutes les cellules du corps ; et celles-ci sont si étroitement unies entre elles, que ce qui affecte l’une quelconque d’entre elles, affecte toutes les autres.

Végétarien ou carnivore ?

On a beaucoup discuté la question de savoir quels sont les meilleurs aliments réparateurs ou, en d’autres termes, si l’homme est par nature un végétarien, un carnivore ou tous les 2 à la fois.

Certaines caractéristiques de sa structure montrent qu’il a été dans les intentions de la Nature qu’il fût les 2. Sa dentition, tout spécialement combine les caractéristiques des carnivores et des herbivores. Elle possède des incisives pour déchirer la chair et des molaires pour moudre d’autres aliments.

Notre dentition ressemble à celle des chiens et des porcs, et notre système digestif présente de grandes analogies avec celui du chien.

Le canal alimentaire est 7 fois plus long chez les herbivores que chez l’homme, cette étendue étant nécessaire à l’assimilation des végétaux pris en quantité suffisante pour satisfaire les besoins du corps.

À cause de leur pauvreté en albumine, certains aliments d’une diète uniquement végétarienne doivent être pris en grande quantité pour répondre aux besoins de l’économie et risquent de fatiguer les organes de la digestion.

Il faut alors introduire dans le canal alimentaire peut-être 2 fois plus de nourriture pour obtenir l’albumine nécessaire que produiraient la viande, les œufs, le fromage et les légumineuses.

Pour que nous puissions nous nourrir suffisamment et maintenir tous nos organes en bonne santé, en n’usant que de végétaux, notre intestin devrait être beaucoup plus long qu’il ne l’est.

Les végétariens stricts

Les végétariens stricts devraient étudier l’appareil digestif de la vache qui a 4 estomacs et un très long intestin.

Un être humain n’est pas outillé de cette façon. Il est vrai que les Chinois, les Hindous et d’autres peuples végétariens ont un canal alimentaire beaucoup plus long que les Européens et les Américains. Il est probable que ce fait est dû à des siècles d’alimentation végétarienne.

Il règne une grande diversité d’opinions parmi les savants sur la question des régimes, en particulier en ce qui concerne le régime végétarien et le régime mixte, surtout celui qui admet l’usage de la viande. D’excellents arguments ont été avancés des 2 cotés, et les avantages des 2 régimes semblent presque égaux.

Pour autant que j’en puisse juger par l’étude des meilleures autorités dans la question, le régime strictement végétarien n’a produit que peu de grands penseurs et de grands inventeurs, peu d’hommes d’initiative et d’action.

Les nations végétariennes ne sont pas celles qui font avancer la civilisation

Ceux-ci se rencontrent de préférence parmi les mangeurs de viande. Les nations les plus avancées sont formées d’individus qui se nourrissent de viande ou d’autres aliments azotés renfermant des phosphates.

D’autre part, on remarque que les nations végétariennes des temps modernes ne sont pas celles qui font avancer la civilisation.

Prenons, par exemple, la plus avancée d’entre elles, le Japon. On dit que le 75 % des Japonais ont vécu jusqu’à une date très récente presque exclusivement de végétaux.

Aucun autre peuple, peut-être, n’a su mieux tirer parti des idées des autres peuples que le Japon, mais il n’a rien créé d’original. Quoique les Japonais aient enrichi les sciences de la médecine et de la chirurgie, ils n’ont cependant fait aucune découverte importante dans ces sciences.

L’originalité n’est pas une de leurs caractéristiques, mais ils forment un peuple ambitieux, prompt à copier et à utiliser ce qu’ils trouvent de bon chez les autres nations, et ils sont des travailleurs acharnés.

Voici l’Inde, mangeuse de riz, avec ses millions d’enfants, nation conquise et soumise à un petit empire insulaire qui la gouverne à une distance de milliers de lieues.

Incapable, semble-t-il, d’affirmer son individualité, quoique ne se mélangeant pas avec ses conquérants, cette nation occupe une position exceptionnelle et anormale parmi les peuples du globe. Les peuples les plus intelligents sont ceux qui mangent de la viande ou de ses équivalents

Ce sont les peuples qui se nourrissent d’albumine, qu’ils la tirent de la viande ou de ses équivalents tels que les œufs, le lait, le fromage et le beurre, qui sont les plus intelligents, les plus originaux et les plus inventifs. Ce sont eux qui, dans les dernières périodes de l’histoire, ont accompli les plus grandes choses, et ont mené le monde.

Un autre avantage de la nourriture renfermant de l’albumine, qui ne comprend pas seulement les différentes sortes de viande, mais aussi les œufs, le lait, le beurre, le fromage, les fèves, les pois, les lentilles, etc., est que l’albumine qu’elle contient ressemble davantage à celle des tissus humains, et est plus promptement et plus facilement absorbée et assimilée que celle qu’on trouve dans les autres aliments.

Pour cette raison, les docteurs qui ont fait de cette question une étude approfondie, la déclarent le meilleur élément reconstructeur du corps.

Dans certains cas, lorsque le corps a été très éprouvé et affaibli par une maladie épuisante telle que la tuberculose, une nourriture animale s’impose ; elle peut nécessiter l’emploi presque exclusif de la viande, au moins pour quelque temps.

Mais dans des conditions ordinaires, je crois que le lait et les œufs la remplacent avantageusement.

La viande et les extraits de viandes sont à éviter si le foie ou les reins sont atteints

Dans les maladies des reins ou du foie, une alimentation carnée est positivement mauvaise, et parfois dangereuse.

Des expériences faites sur des chiens ont démontré que lorsque, par des moyens artificiels, en liant le canal biliaire par exemple, les fonctions du foie sont entravées, ils refusent instinctivement la viande, et si on les force d’en manger, ils présentent des symptômes d’empoisonnement.

Si on continuait ce genre d’alimentation, ils mourraient bientôt, parce qu’aucun autre organe que le foie ne peut neutraliser ou éliminer les poisons engendrés par la viande.

Ces expériences ont conduit les docteurs à interdire la viande et les extraits de viande aux malades souffrant du foie.

L’alimentation carnée est aussi nuisible aux personnes dont les reins sont atteints.

En tous cas, si la viande est permise à ces malades, elle doit être bouillie, parce que ce moyen de cuisson lui enlève une grande partie de ses éléments nocifs ; la viande blanche doit être aussi préférée par ces malades.

Les végétariens ont un grand pouvoir d’endurance et les carnivores des muscles puissants

Nous avons vu que la nourriture animale nous donne, sous un beaucoup plus petit volume que les végétaux, les éléments nécessaires aux besoins du corps.

Ceci explique pourquoi les végétariens, quoiqu’ils aient un grand pouvoir d’endurance, n’ont pas autant de force musculaire immédiate que les mangeurs de viande.

Les amidons et les sucres renfermés dans beaucoup de fruits et de végétaux doivent subir une transformation pour pouvoir être assimilés, tandis que les sucs de la viande et d’autres substances sont beaucoup plus vite absorbés.

Napoléon avait l’habitude de dire : “Faisons combattre nos soldats pendant qu’ils ont encore du bœuf dans leur estomac”.

Des muscles puissants se construisent avec de l’albumine. Le lion, qui est un grand carnassier, peut sauter une palissade en tenant un bouvillon de 2 ans dans ses mâchoires. Tandis que le bœuf, qui ne pourrait accomplir un pareil exploit, pourra traîner une charge beaucoup plus lourde bien plus longtemps que le lion ne le ferait.

La nourriture azotée donne des forces, aussi quand une énergie spéciale est requise, elle est nécessaire.

D’autre part, les végétariens vainquent souvent les athlètes parce que le succès, dans cette lutte, dépend surtout de l’endurance.

Les guides indiens qui conduisent les touristes sur les monts Himalaya, et peuvent faire des ascensions de 5 000 ou 6 000 pieds en 3 ou 4 heures, sont presque exclusivement soumis au régime végétarien, tel que dattes, riz, etc.

Ces hommes sont si maigres qu’ils n’ont presque que la peau sur les os, mais leur endurance pour la marche est merveilleuse.

Les nègres du Congo qui sont naturellement végétariens, sont aussi renommés pour leurs exploits physiques. 30 d’entre eux conduisirent à la rame en luttant contre le courant, jour et nuit, pendant 36 heures, le bateau du commissaire général du Congo.

Il est à remarquer que, quoique les nègres suivent généralement un régime végétarien, ils éprouvent occasionnellement un grand désir de manger de la viande, et lorsqu’ils peuvent attraper un chevreau ou quelque autre animal, ils le dévorent sans en rien laisser.

Ceci est dû sans doute au besoin d’albumine que ressentent leurs tissus, albumine qu’ils ne trouvent pas dans leur nourriture végétale.

Les végétariens fatiguent constamment leurs organes digestifs

Il n’y a pas seulement déficit d’albumine dans la diète des végétariens stricts, mais aussi déficit de graisses et d’hydrocarbones, tels que les amidons et le sucre.

En d’autres termes, une diète exclusivement végétale ne contient pas les 3 groupes d’aliments qui sont absolument nécessaires pour maintenir l’intégrité absolue du corps.

C’est pourquoi les végétariens fatiguent constamment leurs organes digestifs, car pour obtenir les mêmes résultats, ils doivent absorber beaucoup plus de certains aliments que dans un régime plus varié.

Les végétariens qui excluent de leur régime tous les produits animaux, tels que le lait, les œufs et le beurre, souffrent d’une surabondance de certaines substances nutritives, et du manque d’autres substances.

Pas de viande pour les très jeunes enfants et peu de viande pour les personnes âgées

Le fait qu’aucun enfant ne puisse vivre avec un régime purement végétal (sans lait) est un argument probant.

D’autre part, on ne doit jamais donner de la viande à de très jeunes enfants, parce que leur organisme n’est pas développé pour éliminer les poisons chimiques qu’elle forme dans le corps.

Les personnes avancées en âge ne doivent pas non plus en manger beaucoup parce que leurs fonctions éliminatrices ne sont plus aussi actives ; les poisons s’accumulent dans leur corps, leurs organes éliminateurs n’ayant plus la force nécessaire pour les expulser.

Les risques encourus par les végétariens et les végétaliens

De plus, une diète végétale stricte, qui exclut le lait et les œufs, ne peut pas produire les meilleures conditions mentales et physiques.

Un tel régime fait courir le risque de nutrition insuffisante, particulièrement à ceux qui étaient autrefois des mangeurs de viande et dont l’organisme n’a pas été accoutumé à prendre la grande quantité d’aliments qu’il réclame.

En règle générale, les végétariens stricts offrent moins de résistance à la maladie. Une diète végétale, sans lait ni œufs, peut faire courir des risques aux personnes qui ont hérité une tendance à la tuberculose ou à d’autres maladies chroniques, à cause du danger d’infection, qui est toujours plus grand chez ceux qui sont insuffisamment nourris.

Les végétariens stricts souffrent souvent d’affaiblissement de tel ou tel de leurs organes, particulièrement des glandes qui président à la transformation de la nourriture en tissus, et qui engendrent la chaleur et l’énergie.

Tout ce qui cause la détérioration de ces glandes, particulièrement de la glande thyroïde et des glandes du système sexuel affecte la puissance cérébrale.

C’est ainsi qu’on remarque un déficit en ingéniosité, en esprit inventif et en initiative, chez ceux dont la nourriture manque sérieusement d’albumine.

Toutes les forces physiques ou mentales proviennent du sang, et le sang est formé par la nourriture que nous absorbons. Si elle est insuffisante ou de mauvaise qualité, le sang s’appauvrit, et nos facultés avec lui.

Si nous excluons toute viande, même le poisson, de notre régime, et tous les produits animaux tels que le lait, les œufs, le beurre et le fromage, nous devrons les remplacer par autre chose, car ils sont essentiels à notre santé et à notre développement.

Quels sont les inconvénients d’un régime unique ?

Lorsque nous nous soumettons à un régime unique, n’employant qu’une certaine classe d’aliments, une partie de nos tissus restent imparfaitement nourris. Sans doute, au bout de quelque temps, ils s’accoutument à cet état de choses, mais cette accoutumance ne détruit pas les inconvénients qui résultent de cette alimentation incomplète.

Les habitants des pays où l’on emploie le riz glacé, inférieur au riz naturel, et dont cette céréale forme l’aliment important, souffrent d’une maladie nerveuse appelée le béribéri.

Cette maladie a sévi dans la marine japonaise jusqu’à ce qu’on substituât la viande au riz. Les Hindous, qui vivent surtout de riz, de millet et de légumes, sont toujours maigres, quoique le riz contienne plus de 80 % d’hydrocarbones, beaucoup plus que les autres végétaux.

Notre désir instinctif des différents aliments

La Nature nous révèle instinctivement les choses qui nous sont profitables. Elle nous donne un désir instinctif des aliments les plus propres à construire et à nourrir notre corps.

Nous ne nous sommes peut-être jamais demandé pourquoi nous aimons à manger ensemble de la viande et des pommes de terre ? C’est parce que l’amidon et le sucre qui manquent dans la viande se trouvent dans les pommes de terre, et que l’albumine qui fait défaut dans les pommes de terre se trouve dans la viande.

Si nous essayions de vivre uniquement de pommes de terre, notre corps manquerait d’albumine, que nous devrions chercher dans les œufs et le lait, qui peuvent remplacer avantageusement la viande.

À cause de la grande quantité de potasse et de la petite quantité de soude que renferment les pommes de terre, nous sentons le besoin de les assaisonner avec du sel.

D’autre part nous n’avons pas besoin de saler le riz, parce qu’il contient beaucoup de soude. Nous aimons manger le beurre avec du pain, mais nous n’aurions pas l’idée de le manger seul.

Ensemble, ils forment une nourriture complète, aussi agréable qu’elle est nourrissante. Ainsi la nature tend à assortir les différents aliments d’une manière qui tente l’appétit, qui nous donne du plaisir à nous nourrir, et maintienne l’intégrité de nos organes.

Quels sont les éléments que l’on trouve dans les légumes ?

Lorsque la nourriture renferme trop peu d’albumine, il faut absorber plus de graisses. Beaucoup de végétariens souffrent de manque de graisse.

On en trouve en quantité considérable dans les légumes verts, surtout dans ceux qui ont crû à la lumière du soleil. Les noix sont aussi riches en graisse, ce qui les rend parfois indigestes.

Le chou-fleur est aussi riche en graisse et facile à digérer. Les champignons renferment beaucoup d’albumine. Le tapioca, le sagou et le riz sont spécialement riches en hydrocarbones.

L’asperge est un aliment délicieux et nourrissant parce qu’il renferme une forte proportion de fer, de potasse et de soude ; elle stimule les fonctions des reins.

L’épinard est un des meilleurs végétaux ; il contient beaucoup de fer, un peu d’arsenic et de la graisse. Bien des docteurs le recommandent plus que d’autres légumes lorsqu’ils sont obligés de prescrire une diète restrictive. La seule objection qu’on puisse faire à l’épinard, c’est l’acide oxalique qu’il contient et qui en restreint un peu l’usage pour les arthritiques.

Adoptez un régime mixte pour vous procurer l’albumine nécessaire

Il est inutile de se forcer à manger des quantités considérables de végétaux pour se procurer l’albumine nécessaire, quand il est tellement plus aisé de se la procurer avec un régime mixte comprenant les œufs et le lait, si l’on ne peut supporter la viande.

Le lait et les œufs forment une excellente combinaison renfermant tous les éléments qui entrent dans la composition du corps humain. Ils sont aussi à recommander dans certaines maladies.

Il est hors de doute que les gens nerveux se trouvent bien d’un régime végétarien, augmenté de lait et d’œufs. Les malades qui souffrent de calculs biliaires éprouvent une grande amélioration en formant leur alimentation de lait et de végétaux.

Le lait, les légumes et les fruits, même pris en grandes quantités, ne produisent aucun effet nuisible sur le foie et les reins, car leur décomposition dans l’intestin ne produit que peu de poisons.

Il est aussi possible de remplacer la viande par le lait et les œufs

Il est également vrai qu’une diète trop exclusivement animale excite l’instinct sexuel, le cerveau, et rend nerveux en empêchant la concentration de l’intelligence.

Bien des personnes souffrent d’un excès de nourriture solide, spécialement de pain et de viande. Elles ne mangent pas assez de fruits, de légumes et de céréales, aliments qui aident à l’élimination des poisons qui se forment dans l’organisme.

J’ai connu des gens qui ont passé d’un régime consistant presque exclusivement en viande et nourriture solide, à un régime de fruits, de légumes, de lait, d’œufs, et qui ont ainsi opéré une vraie révolution dans leur santé et dans leur apparence.

Ils sont plus robustes, leur intelligence est plus vive, leur teint est plus clair et leur peau plus douce. Ils m’assurent qu’ils ne sont plus si sensibles au froid, qu’ils se sentent plus forts, plus jeunes, et peuvent penser et travailler mieux qu’auparavant.

Si vous êtes indécis au sujet de votre alimentation, vous ne risquez pas de commettre une erreur en substituant le lait et les œufs à la viande.

Beaucoup de personnes trouvent le riz chaud et les jaunes d’œufs très nutritifs et faciles à digérer, mais il faut toujours employer du riz non glacé.

Le riz naturel est bien supérieur au riz glacé car les neuf- dixièmes de sa valeur nutritive est perdue en le polissant. Il perd aussi son enveloppe riche en phosphore et en d’autres sels nutritifs.

Quels sont les risques encourus par les gros mangeurs de viande ?

Nous savons tous que rien n’est si répugnant que la décomposition d’un corps mort ; et c’est cependant ce qui se produit, pratiquement parlant, dans l’organisme des gros mangeurs de viande.

Une grande partie de la viande introduite dans l’estomac, ne pouvant être digérée et assimilée, se décompose. Les poisons qui proviennent de cette décomposition sont absorbés par l’organisme et causent des maladies chroniques.

Quand la nourriture a fourni tous les éléments nutritifs que le processus de la digestion répand dans le corps qui se les assimile, le résidu (ordinairement très important) est une menace.

Les poisons qu’il engendre lorsqu’il n’est pas expulsé suffisamment vite, amènent toutes sortes de troubles tels que les maux de tête, l’inquiétude, la paresse mentale, le manque d’énergie et d’entrain, et prédisposent à bien des maladies. Il est reconnu que dès que la vie est partie, la décomposition commence.

D’autre part, beaucoup d’animaux sont atteints de maladies qu’il est très difficile de reconnaître sans un examen scientifique et chimique de chacun d’eux.

D’après un récent rapport des inspecteurs gouvernementaux, plus d’un million d’animaux de boucherie sont chaque année déclarés impropres à la consommation, et la plupart d’entre eux à cause de la présence de la tuberculose.

Donc, les mangeurs de viande, à côté des autres maladies qui affligent les êtres humains, sont encore exposés à contracter les maladies des animaux dont ils consomment la chair.

Il y aurait probablement moins de tendance au développement de l’acide urique, du rhumatisme, de la goutte, de l’apoplexie et d’autres maux physiques, si l’on ne mangeait pas autant de viande. Évitez de changer de régime brusquement

Beaucoup de ceux qui ont délaissé le régime carné pour adopter un régime végétarien disent qu’ils ne souffrent plus de lassitude comme autrefois, et qu’ils ont une beaucoup plus grande endurance.

D’autre part, certains intellectuels, artistes, écrivains et autres, après avoir expérimenté le régime végétarien, déclarent qu’ils ont remarqué un léger affaiblissement de leur force mentale et de leur ardeur.

Il est possible qu’ils aient commis l’erreur, que tant de personnes commettent, de changer trop brusquement de régime. L’adaptation à un nouveau régime des billions de cellules qui composent le corps demande des ménagements et un certain laps de temps.

Les organes digestifs, habitués à faire une certaine sorte d’ouvrage sont désorientés lorsqu’il leur faut adopter subitement un autre travail, et ils se révoltent.

Une transformation aussi radicale ne doit s’opérer que graduellement, pendant plusieurs mois, peut-être.

Dans la classe aisée et instruite, on constate maintenant une tendance à réduire considérablement l’usage de la viande.

Pour ma part, je suis persuadé qu’on ne devrait jamais en manger plus d’une fois par jour, en petite quantité, et, en tout cas, jamais au premier repas du matin.

L’homme était d’abord frugivore

Les anthropologistes nous disent que l’homme, dans les premiers stades de son évolution, était un frugivore, et que ce n’est que 5000 ans avant Jésus-Christ, qu’il commença à fabriquer des lances et des couteaux de chasse, premièrement pour la défense et l’attaque, puis pour tuer le gibier qu’il ajouta à sa nourriture primitive.

Après des siècles de régime carné, redeviendrions-nous végétariens et frugivores ?

Après avoir pesé tous les arguments pour ou contre une diète végétale, j’en arrive à la conclusion que nous pourrions facilement nous passer de viande et obtenir d’autres aliments l’azote qui nous est nécessaire pour maintenir nos muscles, nos nerfs et les autres tissus solides du corps en bonne condition.

Il n’est pas nécessaire de tuer des animaux pour nous nourrir. Le lait, le fromage, le beurre, les œufs, etc., remplacent avantageusement la viande. Il n’est pas nécessaire non plus d’être des végétariens stricts.

Je prends le juste milieu, et je crois être d’accord avec les principales autorités en matière d’alimentation, qui proclament que, tout bien considéré, la meilleure diète est la diète végétale augmentée de lait, d’œufs, de beurre et de fromage.

Je crois que ce système offre tous les avantages et aucun des inconvénients d’un régime entièrement carné ou entièrement végétal.