La clé d’une concentration efficace : Apprendre la méditation

La méditation est un état de Concentration dans lequel entre notre esprit pour réfléchir sur un sujet quelconque, l’examiner sérieusement, l’approfondir et chercher à le connaître aussi complètement que possible.

C’est dans les grandes Méditations, où toutes les facultés de l’Ame sont concentrées par le Désir et la Volonté sur un sujet, unique.

C’est dans la Méditation que l’on cherche l’inspiration, c’est-à-dire, d’après la définition de ce mot au point de vue philosophique, que l’on met en activité toutes ses facultés intellectuelles pour découvrir quelque chose de bien, de beau et d’utile.

Si l’action de ne penser qu’à ce que l’on fait est complétée par la Concentration de la pensée sur un objet physique, la Méditation permet de fixer toute notre attention sur un sujet abstrait, philosophique ou autre, que nous voulons étudier à fond.

La Méditation consiste :

  • à conserver l’idée d’un sujet, en l’empêchant de traverser trop vite le champ de la conscience, pour l’obliger à éveiller en nous les idées et les sentiments qu’il est susceptible de donner
  • à repousser les pensées et les sentiments défavorables qui pourraient encore nous assaillir
  • à porter sur les diverses circonstances de la vie un regard pénétrant pour en saisir jusqu’aux moindres détails
  • à utiliser fructueusement les ressources qui sont à notre disposition et éviter les dangers auxquels nous sommes constamment exposés.

Elle permet d’acquérir :

  • la force,
  • l’endurance,
  • la vertu qui caractérisent les âmes élevées ; et,

comme le dit judicieusement Atkinson, elle « assure le moyen de s’équiper pour le présent et de se préparer pour l’avenir ».

La conscience est ouverte pour recevoir

Pour méditer utilement, il faut être dans de bonnes dispositions physiques et morales, et se préparer par l’Isolement pendant cinq à six minutes au moins. Ouvrir, ensuite, complètement le champ de la conscience pour recevoir :

  • toutes les influences,
  • toutes les pensées,
  • toutes les idées,
  • tous les sentiments qui peuvent, y pénétrer ;
  • les discuter,
  • garder les bons,
  • repousser les mauvais,

et concentrer son énergie sur les résolutions que l’on veut prendre.

Dans l’état méditatif ; on reçoit de toutes parts des intuitions, des pensées et des forces que l’on utilisera selon ses besoins.

Si on ne fixe pas son attention sur un sujet spécial, on cherche à évoquer les idées du beau, du bien, du bon, de l’utile ; à faire naître en soi des sentiments d’intérêt général, à éveiller des mouvements d’affection, à découvrir une voie nouvelle que l’on puisse suivre avec succès, à chercher à établir des règles de conduite.

Fixant, au contraire, son attention sur un sujet déterminé, on cherche à le considérer dans tous ses détails, sous tous ses aspects, dans le but de balancer les avantages et les inconvénients ; on raisonne sur les uns et sur les autres pour calculer les chances de réussite et parvenir, le plus sûrement, au but que l’on veut atteindre.

Au point de vue où nous nous plaçons, nous pouvons prendre comme sujet de méditation le développement de notre personnalité magnétique, en analysant toutes les impressions qui ne manqueront pas de se faire sentir, et en cherchant à bien comprendre les avantages qu’il y a à ne rien négliger pour y parvenir. On peut, ensuite, prendre un sujet particulier : vouloir, par exemple, se débarrasser d’un défaut et développer plus particulièrement telle ou telle qualité que l’on désire mettre à la place.

Presque tous, nous avons plus ou moins conscience qu’il y a en nous, c’est-à-dire en notre corps physique, comme je l’ai déjà expliqué, deux principes ; l’un qui régit nos facultés instinctives, c’est le Subconscient ; l’autre qui régit nos facultés morales, c’est le Mental, l’Ame, le Moi des philosophes. Mais cette idée est plus ou moins confuse, et il arrive, souvent, qu’en voulant la comprendre mieux on la laisse échapper.

Dans la méditation, en rapportant tout à soi- même, en se considérant comme le centre de la vie extérieure, on parvient non seulement à comprendre assez facilement le mécanisme de notre triple individualité, mais aussi, la grandeur du but que chacun de nous doit atteindre.

En parlant de l’individu qui cherche son moi, Atkinson s’exprime ainsi :

Qu’il se dépouille, pour un instant de sa personnalité physique, qu’il s’isole complètement de la vie extérieure, qu’il se réduise à une simple abstraction et se dise : « Où est et que représente mon individualité ? » Il en saisira, le plus souvent, l’idée que nous en avons nous-même, que nous ne pouvons définir — tant elle est abstraite — et que nous voudrions donner — tant elle importe à la conduite et au bonheur de l’homme.

S’il arrive que cette idée ne se dégage pas des premières expériences, d’autres essais devront être tentés jusqu’à son complet rayonnement. Quand il sera arrivé à ce résultat, un sentiment de joie immense le pénétrera.

L’oeuvre de la création lui apparaîtra dans toute sa magnificence et lui, si petit, si borné, si fugitif, se verra dans la chaîne des siècles et dans l’immense univers comme le trait impérissable et sublime qui relie les générations du passé à celles de l’avenir.

On peut méditer partout !

  • dans les champs,
  • dans les bois,
  • à toute heure du jour ou de la nuit ;

mais c’est, surtout, dans la solitude que l’on en profite le mieux. Ceux qui sont peu sensitifs méditent très bien au clair de lune, ou près d’une cascade. A mon avis, la meilleure méditation est celle que l’on fait en se couchant, à la condition de s’endormir sur la résolution que l’on vient de prendre, c’est-à-dire en pensant doucement faire à l’avenir telle ou telle chose ou éviter telle ou telle action. Il y a un écueil à éviter, c’est de s’abandonner à la rêverie car, dans cet état, l’attention sommeille, laissant les trames d’idées et de sentiments se jouer librement dans le champ de la conscience et s’enchaîner sous l’action des influences les plus insignifiantes et parfois, les plus imprévues. La rêverie sentimentale, qui mène trop facilement aux idées attendrissantes, est particulièrement nuisible au développement de la personnalité magnétique, car elle est susceptible de nous faire perdre notre énergie.

Bien dirigée, la méditation devient l’un des facteurs les plus importants du développement de l’Individualité magnétique.

Dans l’éducation de la volonté, Payot, qui ne la considère qu’au point de vue philosophique, s’exprime ainsi : « Elle donne naissance à de puissants mouvements affectueux. Elle transforme en résolutions énergiques les velléités. Elle neutralise l’influence des suggestions du langage et de la passion. Elle permet de plonger dans l’avenir un regard lucide et de prévoir les dangers d’origine interne, d’éviter que les circonstances extérieures donnent des secours à notre paresse native…

Elle permet de dégager de l’expérience de chaque jour des règles, d’abord, provisoires, qui vont se confirmant, se précisant, et finissent par acquérir l’autorité des principes directeurs de la conduite.

Elle nous fait percevoir, par les sens de l’Ame, des impressions que les sens du corps ne saisissent pas. En dehors de cela, elle nous apporte des résolutions sérieuses, des forces morales, des forces intellectuelles et même des forces physiques ».