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La timidité : ennemie de la santé

la reussite est en moiLa timidité est une sensation dont les con­séquences physiologiques sont très caracté­risées.

“Elle peut, dit Yoritomo, avoir, en maintes occasions, une influence néfaste sur la santé, car il n’est pas sans danger, pour le bon équi­libre du corps, de ressentir les émotions par lesquelles passent tous les timides.

“Lorsqu’elle arrive à ce degré de concen­tration qui force le système nerveux à action­ner tout le système musculaire, il en résulte un mouvement de contraction dont la répercussion a souvent des suites fâcheuses.

La timidité cause le bégaiement

“Ce phénomène de contraction, en ame­nant le trouble et l’embarras, provoque tou­jours un balbutiement prononcé qui, chez les gens très nerveux et surtout chez les enfants mal surveillés, devient en peu de temps une véritable infirmité : le bégaiement.

“On peut constater que les gens qui en sont affligés serrent leurs lèvres avec d’autant plus de force que la timidité, inhérente à leur na­ture, agit sur eux avec plus de puissance.

“Car sous la poussée des sentiments dont nous avons déjà constaté la silencieuse vio­lence, les muscles de la face et ceux de la bouche subissent des mouvements qu’il est impossible de réprimer.

“À ces causes physiques, il faut ajouter aussi le désarroi moral qui s’augmente de la honte causée par la difficulté de l’élocution.

“Bientôt, si une sollicitude intelligente n’intervient pas, les timides en arrivent à ne plus pouvoir prendre la parole sans se trouver arrêtés par ce nouvel embarras, qui achève de les jeter dans une confusion définitive.

“Le timide, nous l’avons déjà dit, est, de par la nature de son défaut, un isolé ; mais celui qui est atteint de bégaiement finit par prendre en horreur tout ce qui sert de prétex­te à la manifestation de son infirmité.

“Aussi n’est-il pas rare de voir les bègues atteints d’une hypocondrie dont les origines remontent à l’éclosion de leur timidité.

Comment guérir les bègues

“Il y a plusieurs façons de guérir les bègues et toutes ont donné quelques résultats, mais le moyen véritable, le seul qui soit infaillible, réside dans une volonté ferme, appuyée sur les préceptes de l’énergie.

“C’est ce qui manque le plus aux timides et voilà pourquoi celui qui a entrepris de les guérir doit s’armer d’une patience basée sur la persévérance et la force du vouloir.

“Car n’importe quel traitement, si excellent soit-il, ne pourra aboutir tant que le malade ne sera pas sorti de cet état de timidité qui le déprime et le met dans l’impossibilité de sou­tenir une lutte contre lui-même.

“C’est en effet contre lui-même que le timi­de doit être défendu et protégé, et avant d’en­treprendre de le ramener à la santé, – c’est-à-dire à l’état normal qui lui assurera le bien-être physique, – il faut savoir le prémunir contre la fréquence des accès de timidité qui viendraient entraver l’effort vers la guérison.

“Une cure d’énergie est aussi nécessaire – sinon davantage – que le traitement dans les cas de bégaiement.

“L’important est, avant tout, de persuader au malade qu’il “peut” s’il “veut” se débar­rasser de cet inconvénient grave.

“C’est moins à titre de patient qu’à titre de collaborateur qu’il faut l’admettre, et cette distinction ne doit pas lui être cachée.

“Une entière confiance doit être éveillée en lui en ce qui regarde la personne qui le traite.

“Cette dernière partie de la tâche est cer­tainement une des plus délicates et des plus difficiles, aussi, car le timide est, de par la na­ture de son défaut, très peu porté à la fran­chise.

La nature du timide l’empêche de se mettre en valeur

“Il est, presque toujours, très enclin au mensonge et les rares fois où il paraît s’épan­cher, c’est presque toujours pour raconter des faits dans lesquels la vérité est fortement travestie.

“Ceci, nous l’avons dit maintes fois, prend sa source dans le désir ardent qu’il a de jouer un rôle. Sa nature l’empêche de se mettre en valeur par des faits en rapport avec son imagination, mais ces faits, il les a souvent si réellement vécus par la pensée qu’il n’est pas en­tièrement convaincu de leur irréalité.

“Ces demi-mensonges se rapportent pres­que toujours à des événements dont il a été le spectateur et dans lesquels sa timidité lui a interdit de prendre la place que son désir lui assignait.

“De là à s’attribuer les gestes qu’il avait ré­solu d’accomplir ou les paroles qu’il n’a pas osé prononcer, il y a juste la différence qui existe entre ce que nous taxons de mensonge et ce qu’il prend pour une sorte de vérité.

“Il raconte comme un fait ce qui fut un projet très sincère, voilà tout.

“Le timide, on l’a déjà vu, grâce à l’état d’isolement moral où il se confine, en vient à se familiariser avec les idées les plus outrancières, qu’il laisse s’épanouir en son cerveau, loin du contrôle de toute discussion.

“Et parce qu’il se livre rarement, il ne man­que pas, lorsqu’il a le courage de le faire, d’ar­borer comme des étendards ces idées dont personne n’a pu lui faire comprendre la faus­seté et la puérilité.

Le timide retrouve seulement sa liberté d’esprit lorsqu’il est hors de la vue des gens

“J’ai eu pour ami, ajoute le philosophe, un homme d’un très grand mérite, qui, cepen­dant, était méconnu du plus grand nombre, car sa timidité ne lui permettait de se faire réellement apprécier que de ses intimes.

“Or, dès qu’il sortait d’une réunion où il avait été piteux, il ne manquait pas de repas­ser en son esprit les phases de la discussion, s’accusant de n’avoir pas eu le courage de donner les répliques, qui, dans la solitude, venaient à ses lèvres et de n’avoir pas lancé les réparties que son esprit très délié lui suggérait.

“Aussi ne croyait-il pas faire un réel men­songe en racontant la séance de la veille, de citer, comme ayant été prononcés, les avis très sages, les aperçus très larges et les répliques très spirituelles qu’il avait réellement conçus, mais que sa timidité lui avait empêché de for­muler.

“C’est, du reste, ce qu’il répondit lorsqu’un jour, voulant lutter contre ce défaut qui le di­minuait à mes yeux, j’entrepris de lui prou­ver qu’à la réunion où il prétendait avoir bril­lé, il était resté muet

“– C’est vrai, protesta-t-il, je n’ai rien dit mais puisque j’ai tout pensé et que la plupart de mes appréciations sont très personnelles, j’ai bien le droit de les revendiquer.”

Cette observation si juste a été résumée au siècle dernier par une expression pleine de fi­nesse : “l’esprit de l’escalier”.

C’est, en effet, dans l’escalier, c’est-à-dire lorsqu’il est hors de la vue des gens dont la présence le paralyse, que le timide retrouve seulement sa liberté d’esprit.

Il repasse alors les phases de l’entrevue, se désolant d’avoir été si terne en songeant à tout ce qu’il y avait à dire et qu’il n’a pas dit : dans son esprit, maintenant libre de contrainte, les opinions s’affirment, les idées nais­sent et les mots pour les exprimer lui arrive facilement.

Rencontre-t-il une phrase heureuse, un argument victorieux ou une répartie spirituelle, il se désole d’autant plus de me les avoir pas formulés.

Mais cependant ces mots étant bien réelle­ment les fils de sa propre pensée, il n’a au­cun scrupule de se les approprier. Il les ré­pète, au contraire, les cisèle amoureusement, et, lorsque l’occasion – pour lui bien rare – lui permet de sortir de sa réserve farouche, il se vante, de très bonne foi, de les avoir dits sans songer que les assistants, qui ont été témoins de son mutisme, sont prêts à le taxer d’imposture.

Le timide est très observateur par nature

“Le timide, remarque encore Yoritomo, est très observateur par nature, mais c’est un profit solitaire qu’il tire de cette faculté, puisque son défaut lui interdit de généraliser les efforts de ces observations.

“Il est vrai que beaucoup de timides” qui n’ont pas su se faire apprécier autrement, ont laissé des manuscrits très remarquables.

“Mais ceux-là sont la grande exception, car la nature du timide l’invitant, dès qu’il est loin du public, à grossir ses impressions, il lui est difficile dans ses écrits de distinguer la réalité du rêve et il serait curieux de con­trôler, à ce point de vue, les oeuvres que nous ont laissées ceux qui se sont occupés de fixer des points d’histoire.

“Les récits de faits amplifiés ou démesurément hyperboliques sont dus, la plupart du temps, à des timides qui ont extériorisé leurs déductions et leurs raisonnements solitaires.”

La timidité poussée au point extrême produit des troubles qui sont voisins de la folie

Beaucoup de timides sont sujets aux affections cérébrales : un grand nombre souffrent de maux de têtes qui se manifestent principalement au réveil.

Ces malaises, qui s’expliquent facilement par l’état de contraction des nerfs contri­buent singulièrement à augmenter leur misan­thropie et à annihiler les quelques vestiges de volonté qu’ils pourraient avoir.

La timidité poussée au point extrême pro­duit des troubles qui sont voisins de la folie.

On cite l’exemple de timides qui, un jour, en traversant une place, se sont trouvés an­goissés par un sentiment de solitude, de man­que de protection dont ils ont si violemment souffert qu’ils redoutent de s’exposer au re­tour de pareils tourments.

Cette hantise devient avec le temps une impossibilité physique et, au moment de fran­chir un vaste espace, ils s’arrêtent tout trem­blants et ne peuvent trouver en eux l’énergie de dompter cette crainte.

S’ils sont accompagnés, le phénomène cesse aussitôt et ils retrouvent leur aisance aux cô­tés d’un parent ou d’un familier.

Les autres troubles engendrés par la timidité

Tel autre timide ne pourra écrire devant témoins, sans être pris immédiatement de la crampe de l’écrivain.

Ses doigts se contractent sur le porte-plume, la souplesse du poignet fait place à une rai­deur invincible et un engourdissement total du bras vient bientôt l’empêcher de continuer.

S’il cesse d’être observé, tous ces malaises disparaissent : la douleur s’enfuit, le poignet retrouve sa souplesse et il écrit sans fatigue pendant de longs moments.

D’autres timides, ceux-là plus rares certainement, sont paralysés à l’idée de manger en compagnie de personnes étrangères.

L’origine de leur manie vient du souci ex­cessif qu’ils ont de l’opinion des autres. Cette préoccupation s’est muée lentement en crainte de ridicule : il leur a donc suffi d’avoir pensé un jour que l’acte de manger provoquait des gestes dépourvus de beauté, pour qu’ils aient le désir de s’en abstenir devant témoins.

Avec le temps, cette manie, comme toutes les autres, du reste, peut atteindre jusqu’à la limite des maladies connues sous le nom de phobies, qui sont, hélas ! bien proches pa­rentes de la folie.

“Il y a aussi, dit Yoritomo, une autre cause de désordre dans la santé des timides : les palpitations qui accompagnent habituelle­ment leurs accès de trouble en viennent par­fois à porter une atteinte véritable à l’équi­libre de leur organisme.

“Comme ces troubles s’accompagnent pres­que toujours d’essoufflement et de constriction des muscles, leur répercussion sur le cœur peut devenir funeste.”

Le timide n’osera pas parler de son affection

Et il accompagne ces études, si bien docu­mentées, d’une remarque qui fait le plus grand honneur à sa science si subtile du cœur hu­main :

“Que l’Être conduisant toutes choses, dit-il, préserve le timide des maladies, car son dé­faut d’expansion l’éloignera des guérisseurs qui pourraient le soulager.

“Il n’osera pas parler de son affection d’une façon qui renseignera les hommes de la science.

“Ou même, il la cachera entièrement, si elle est placée dans un endroit trop intime de son corps.

“Son manque d’énergie l’empêchera également de suivre le traitement qui pourrait faire disparaître son mal ou lui interdira la régularité des soins prescrits.

“S’il s’agit d’une décision de prendre, le timide remettra de jour en jour, jusqu’au moment où le mal aura fait des progrès qu’il sera difficile d’enrayer.

L’histoire d’un homme victime d’une timidité

“J’ai connu un homme qui vivait dans une maison, située sur les bords d’un grand marécage. Il était adonné à la métaphysique, et sa science elle-même, en l’éloignant du monde, avait été la cause première d’une timidité presque maladive.

“Les émanations qui, vers la fin de la belle saison, s’élèvent de ses terrains putrides, avaient lentement miné sa santé et il en était venu à souffrir d’accès de fièvre presque journaliers.

“J’eus l’occasion de le voir après un assez long espace de temps et je fus si frappé du changement qui s’était opéré en lui, que j’usai de mon influence pour le contraindre à consulter un médecin.

“L’ordonnance unique fut, comme je l’avais pensé, l’ordre formel de quitter sa maison pour s’établir dans un endroit plus sain.

“Les soins de la guerre m’ayant appelé loin de lui, vers cette époque, je le quittai avec la promesse qu’il obéirait au médecin. Pour­tant, j’avais avec regret constaté que ce changement inquiétait fort sa nature timide ; il s’agissait, en effet, de prendre des décisions, d’effectuer des démarches, de donner des ordres, et tout cela l’effarait un peu.

“Un an plus tard, j’avais la douleur, à mon retour, de le trouver mourant et il me confia que ce qui l’avait empêché de fuir l’habitation qui devait devenir son tombeau, c’était la “honte” de faire les gestes nécessaires à une nouvelle installation. Il n’avait pas “osé” en chercher une, paralysé par la peur des discussions d’intérêt. Quant à l’idée de l’initiative à prendre pour ordonner le transport de ses manuscrits, elle l’avait si fort troublé qu’il avait remis de jour en jour, espérant que le lendemain lui apporterait l’énergie nécessaire pour entreprendre toutes ces choses qui lui semblaient immenses.

“Il mourut peu de temps après, victime d’une timidité qui lui avait organisé une exis­tence misérable avant que de causer sa mort.

On ne compte pas les victimes de la timidité car la plupart du temps on les ignore

“Ce défaut, dans ses rapports avec la santé, devient un véritable péché lorsqu’il porte at­teinte, d’une façon plus ou moins directe, à la santé d’autrui :

“On voit des enfants souffrir parce que leurs parents hésitent à confier aux savants certaines affections dont le siège est situé dans une partie du corps dont ils ont “honte” de parler.

“D’autres petits êtres ont contracté de sé­rieuses maladies parce que les parents avaient mis en eux la “honte” de demander les ren­seignements nécessaires à l’expansion des be­soins naturels.

“On ne compte pas les victimes de la timi­dité, car la plupart du temps on les ignore.

“L’indifférence officielle du médecin cons­tate que telle personne est morte de telle ma­ladie, mais bien rarement on remonte à la cause de cette maladie, et cependant en thérapeutique il est un axiome que tous les gué­risseurs devraient ne jamais oublier : “Avant” de penser à faire disparaître le mal, il faudrait d’abord rechercher la cause qui le produit afin de la faire cesser”. C’est le seul moyen d’agir victorieusement.”

Et le philosophe nous conte, à ce sujet, une de ces anecdotes symboliques qui donnent tant de saveur à ses préceptes :

“Il y avait, dit-il, un homme possédant quelques plantations de riz qui lui venaient de son père.

“Un jour, il s’aperçut que l’ivraie avait en­vahi le terrain et il se mit en devoir de couper les mauvaises herbes.

“Mais le champ était assez vaste et cela l’occupa de longs jours ; si bien que, lorsqu’il crut avoir fini sa tâche, il s’aperçut que les parasites avaient de nouveau repoussé dans la première partie du champ.

“Il se remit donc à la besogne, mais cette fois encore, au lieu d’arracher l’ivraie, au risque de saisir quelques plants de riz l’avoisinant, il se contenta de la couper, si bien qu’elle croissait à mesure.

“Elle en vint bientôt à se multiplier au point que le bon grain, étouffé par les plantes étrangères, n’arriva que difficilement à s’épa­nouir en quelques maigres pieds de verdure.

“La récolte fut misérable et, l’année sui­vante, les herbes nuisibles, dont on avait né­gligé de couper et de brûler les racines, avaient tellement multiplié et s’étaient fait une si belle part, qu’il ne restait plus une place où déposer un grain de riz.

“Beaucoup de gens sont semblables à cet homme : ils s’émeuvent d’un malaise, se pré­occupent vivement de le soulager, mais négli­gent d’en rechercher les causes et, s’ils les con­naissent, ne font rien pour les supprimer ; en sorte que, malgré des soins, qui semblent éclairés, le mal continue de croître jusqu’au moment où il devient impossible de l’extir­per, car il a envahi tout l’organisme, comme l’ivraie avait couvert le champ.

Il est indispensable de rechercher la cause produisant le mal

“Dans les cas de timidité principalement, il est indispensable de rechercher la cause produisant le mal.

“On trouvera presque toujours au malaise physique une raison morale découlant de la tare du malade.

“C’est alors qu’il faut tout mettre en œuvre pour combattre, non le mal lui-même, qui, s’il n’est pas trop aigu, cessera dès que son appa­rition ne sera plus provoquée, mais les sources de ce mal qu’une énergie patiente parviendra bientôt à tarir.

“La timidité, on le sait, interdit tout effort physique à ceux qui en sont affligés et il est indéniable que la volonté de bien se porter entre en première ligne dans la conquête de la santé.

“Endiguer le mal, c’est bien ; le prévenir, c’est mieux ; et puisque la timidité est cause de tant d’incommodités physiques, c’est elle qu’il faut vaincre afin de réaliser la première condition du bonheur dans la vie : une âme droite dans un corps sain.

L’Optimisme

Par optimisme, je n’entends pas seulement le principe philosophique suivant lequel tout est pour le mieux dans le monde, mais la pratique si avantageuse dans ses résul­tats, par laquelle nous nous efforçons de rechercher et ne prendre connaissance uniquement que du plus beau et meilleur côté des gens et des choses.

Quels sont les avantages de l’optimisme ?

la reussite est en moiCet optimisme procure à ceux qui le pratiquent le courage, la confiance, la bonne humeur en même temps que la sympathie, la cordialité et la considération des personnes avec lesquelles ils sont en rapport.

Voici pourquoi l’optimisme est avantageux, non seulement pour nous, mais pour ceux avec lesquels nous, vivons.

Quand nos pensées, notre attention, notre regard entrent en action, ils émettent un fluide chargé d’un principe vivifiant ; ce fluide a une action réflexe (en retour) sur nous-mêmes. Si c’est sur le côté le meilleur, le plus beau, le plus favorable des personnes, idées et sentiments qu’ils ont été dirigés, ça sera ce côté-là qui sera vivifié soit chez nous-mêmes, soit chez ceux que nous considérons. Nous enlevons, au contraire, de la vitalité aux côtés des gens et des choses qui nous paraissent laids et mauvais en leur retirant notre attention et en refusant de les voir.

Il y aurait un intérêt très grand à expérimenter ce principe dans l’éducation des enfants. Il rendrait, j’en suis certain, de bien meilleurs services que le système des punitions qui réussit bien rarement.

Ce que vous devez faire pour devenir optimiste

Le pessimisme marche toujours de pair avec l’égoïsme ; l’optimisme avec l’altruisme. Celui qui veut devenir opti­miste doit, en conséquence, parler le moins possible de lui-même et, dans ses conversations, il doit s’appliquer à ne traiter que de sujets, idées et opinions qu’il sache inté­resser son interlocuteur et lui plaire. Chez ce dernier, il cherchera à discerner les côtés avantageux de ses actes et paroles pour les faire ressortir. Il s’attirera ainsi sa sympathie et sa confiance.

On me dira peut-être, qu’en somme, ce que je recommande c’est de flatter les gens. Interprétez ainsi si vous voulez, mais remarquez bien en même temps que cela ne présente aucun inconvénient ni pour vous ni pour votre interlocuteur.

En ce qui vous concerne, vous vous entraînez à rechercher le bien en dehors de vous et à éviter le mal. En ce qui concerne votre interlocuteur en ne prêtant attention qu’à ses qualités, vous les mettez en lumière et les faites prospérer, tandis qu’en refusant toute attention à ses défauts vous leur retirez la vie dans la mesure de votre pouvoir.

Est-ce faisable de voir tout en beau ?

Est-il possible de s’habituer à ne distinguer que les beaux cotés des êtres et des choses. Je réponds très affirmativement et en cela je suis d’accord avec un auteur que j’aime à citer, M. Samuel Smiles, qui dit :

« La répétition d’un acte quelconque crée bientôt l’aptitude et l’amélioration, et l’habitude qui semble d’abord n’avoir pas plus de force qu’une toile d’araignée finit, une fois formée, par lier comme une chaîne de fer. Il n’est pas jusqu’au bonheur qui ne puisse devenir une affaire d’habitude.

« On peut, en effet, s’accoutumer à voir tout en beau, comme on peut s’accoutumer à voir tout en laid. Nous possédons à un très haut degré le pouvoir d’exercer notre volonté de manière à pouvoir diriger nos pensées sur des objets qui peuvent être pour nous une source de plaisir et de progrès, plutôt que sur leurs contraires.

« Il en résulte que, de cette façon, nous pouvons cultiver l’habitude des heureuses pensées, tout aussi bien que nous pourrions en cultiver une autre, et cultiver chez tous, hommes et femmes, un heureux naturel, un franc caractère, une aimable disposition d’esprit, est peut-être encore plus important que de se perfectionner dans quelque science et dans quelque accomplissement que ce soit. »

« Le travail le plus productif est celui qui est fait avec amour, celui qui sort de la tête et des mains d’homme au cœur joyeux. »

Le succès contre le chaos

L’esprit a besoin d’un équilibre entre travail et loisirs. Vous devez connaitre le plaisir, le défi, la récompense, l’échec (pour évaluer le succès) et ainsi de suite. Malheureusement, nous alimentons nos esprits pauvrement. Au cours de ces dernières décennies, les « drogués » du travail abondent avec des gens qui ont plusieurs emplois pour survivre ou travaillent 60 à 80 heures par semaine de peur de perdre leur emploi s’ils ne le font pas.

Vous devez avoir une nouvelle perspective sur les besoins de l’esprit – il doit être exercé avec vigueur (au travail) et détente (activités de loisirs et de repos), comme tous muscle du corps. Trop de travail provoque dans votre esprit, du stress et de la fatigue quelle que soit la quantité de sommeil dont vous disposez. Avec trop de loisirs, votre esprit produit de la dépression et de l’apathie. Il est facile de comprendre pourquoi un déséquilibre est préjudiciable à la réalisation de votre succès.

L’équilibre permet à votre esprit de travailler avec un maximum de performances, y compris la Fenêtre de Johari « quadrant Personne ne connait« , la partie où vous accédez dans vos pensées au cours de la méditation. Une vie équilibrée vous permet de vous connecter facilement à l’univers, l’élément clé pour atteindre le succès.

La clé pour parvenir à un équilibre de vie est d’éliminer le chaos de votre vie. Le chaos n’absorbe pas seulement le temps physique dans votre vie, il absorbe le temps mental et la capacité. Le chaos est généralement l’élément qui provoque le stress. Il cause des nuits blanches et interfère avec la méditation. Avec le chaos, votre esprit se déplace à grande vitesse.

Éliminer le chaos de votre vie et atteindre l’équilibre, élimine le stress et la fatigue mentale, vous permettant de vous concentrer sur les choses importantes. Il vous donne la liberté de créer, un élément nécessaire au succès. Un autre grand avantage d’éliminer le chaos est qu’il libère du temps qui peut être utilisé dans d’autres taches, y compris des travaux pour votre réussite. Comment éliminer le chaos? En simplifiant votre vie. Le désordre provoque le chaos. Débarrassez-vous du désordre et vous simplifierez votre vie.

Éliminer le Chaos au Travail

Lorsque vous vous simplifiez la vie au travail, vous travaillez plus intelligemment, vous avez plus de temps pour faire ce qui est important en travaillant moins. Bien que les situations de travail ne soit pas toujours les mêmes, voici quelques idées à considérer pour simplifier la vie et réduire ou éliminer le chaos, le désordre et le stress:

  • Travailler moins d’heures et plus efficacement. Si vous travaillez toujours, vous n’avez pas de temps pour permettre à votre esprit de penser ou de créer votre succès.
  • Planifiez votre temps (ou simplement, prenez un moment en cas de besoin) afin de nettoyer votre tête pour que votre « créativité » soit fluide. Vous trouverez des idées et des solutions plus facilement et plus rapidement.
  • Utilisez le temps de manière plus efficace. Nettoyez votre bureau à la fin de chaque journée et rangez papiers et documents. Créer une liste des tâches. Pour la prochaine tache, vous serez prêt à commencer, vous trouverez tout ce dont vous avez besoin et vous saurez par où commencer à travailler immédiatement. Tout ce dont vous devez faire, est de prendre votre café et démarrer.
  • Prenez des vacances et restez à la maison lorsque vous êtes malade. Vous ne travaillez pas efficacement quand vous êtes fatigué. Les vacances vous rajeunissent si elles sont bien organisées (ne prévoyez pas plus que le temps vous permettra ou ne travaillez pas tout le temps à la maison – faites quelque chose de distrayant et reposant).
  • Si vous le pouvez, envisagez des alternatives différentes de travail (par rapport à votre succès choisi): à temps plein, à temps partiel, le télétravail, ne pas travailler, du temps flexible ou travailler pour vous à la maison.
  • Que pensez-vous d’un autre emploi ou une autre organisation de travail pour vous aider dans votre succès.
  • Vous pouvez avoir besoin de vous simplifier la vie en trouvant un autre emploi avec un environnement adéquat.
  • Pour des réunions, posez-vous toujours la question « ai-je vraiment besoin d’aller à cette réunion? » Évitez les réunions qui ne servent qu’à vous faire perdre temps et de l’énergie.
  • Réduisez le nombre de repas et de réunions liées au travail. Ne sautez pas de repas et faites quelque chose de relaxant. Ne travaillez pas pendant vos repas et ne mangez pas sur votre bureau.
  • Si vous le pouvez, faites une pause le matin et une l’après-midi, même si ce n’est que pour boire un café. Prenez quelques minutes pour bavarder avec vos collègues de travail (sans exagérer).
  • Prenez des pauses occasionnelles pour respirer profondément, levez-vous et détendez-vous. Il est facile de travailler pendant plus de quatre heures sans s’en rendre compte. Si vous le pouvez, utiliser une alarme sur votre ordinateur pour vous indiquer périodiquement l’heure de la journée.
  • Éliminez les distractions au travail. Faites vos affaires personnelles à la maison, y compris les appels téléphoniques et les courriels. Réduisez la socialisation des collaborateurs. Si vous avez un ou une secrétaire, déléguez-lui la tache de s’occuper des visiteurs. Levez-vous quand quelqu’un entre dans votre bureau – faites assoir ceux avec qui vous faites affaire, pour les autres, restez debout,(après qu’ils vous aient rapidement dit ce qu’ils veulent) dites leur que vous êtes en retard et que vous préférez discuter plus tard, leur faisant comprendre qu’il est temps pour eux de partir.
  • Gérer les gens qui travaillent avec vous, supervisez en fixant des limites. Ne dites pas oui systématiquement. N’acceptez pas les demandes déraisonnables ou les problèmes des autres – laissez-les les résoudre ou donnez-leurs des solutions raisonnable. Si vous n’avez pas une réponse rapide pour quelqu’un qui vous demande quelque chose de déraisonnable, dites « Laissez-moi y réfléchir, je vous tiens au courant. »
  • Gérez votre charge de travail. Beaucoup de gens font plus que ce qu’on leur demande ou ils pensent que c’est ce qu’ils doivent faire ou ils veulent impressionner leurs supérieurs.

Quatre-vingt pour cent de la satisfaction de vos supérieurs est lié à seulement à 20 pour cent de vos performance de travail.

Cela signifie que vous devriez concentrer les 80% de votre temps dans ces 20%.

  • Ne faites pas de promesses que vous ne pouvez pas tenir, en particulier dans des temps impossibles.
  • Si vous êtes étouffé par le travail, arrêtez et quittez votre lieu de travail pendant quelques minutes. Marchez un peu, montez et descendez l’escalier ou allez prendre un café. Respirez profondément et détendez votre esprit. Si vous êtes frustré, riez (si vous le pouvez, bien sur) jusqu’à ce que votre corps se détende.
  • Ne procrastinez pas. Traitez chaque affaire en une seule fois, quand c’est possible. Vous aurez un meilleur flux de travaux et moins de frustration.
  • Prenez la voie la moins compliquée mais qui résout encore la situation.
  • Réduisez les papiers. Annulez les abonnements (y compris par internet et e-mail) qui ne sont pas absolument nécessaires (journaux, rapports, newsletter etc.) Si vous avez une secrétaire ou un assistant, entraînez-le (la) à voir votre courrier et à séparer les informations qui sont importantes.
    Réduisez le courrier indésirable dans votre entreprise, il vole votre temps et énergie. Faites envoyez votre courrier personnel à votre domicile et votre courrier professionnel à votre adresse de travail. Chaque fois que vous commandez quelque chose ou faites des dons de charité, demandez que vos informations ne sont pas vendus ni transmises à d’autres.
  • Éliminez la surcharge d’e-mails. Soyez sélectif lors de la diffusion de votre e-mail. Ne l’écrivez pas dans votre carte de visite professionnelle. Demandez à être retiré des listes d’adresses e-mail. Enregistrez un compte de messagerie Yahoo ou Hotmail à utiliser lorsque vous vous inscrivez à quelque chose sur Internet. Gardez seulement vos e-mails en rapport avec le travail. Demandez à vos collaborateurs de vous envoyez des e-mails court et seulement pour le travail. Désactivez l’alerte qui annonce chaque nouveau message. Vérifiez périodiquement votre courrier électronique et à des heures précises.
    Réduisez votre temps de téléphone. Ne distribuez pas votre numéro de téléphone portable au travail quand ça n’est pas nécessaire et ne l’imprimez pas sur votre carte de visite.

Si votre téléphone portable est personnel et pour le travail et que vous devez le donner à quelqu’un, même un client, essayez d’utilisez un beeper (sinon vous risquez d’être dérangé, même si vous n’êtes pas au travail). Si votre entreprise vous offre un téléphone portable à usage professionnel, il sera difficile d’éliminer ce temps perdu mais quand vous ne travaillez pas, éteignez le téléphone.

Élimination du Chaos à la Maison

Si vous passez en revue les points énumérés ci-dessus, beaucoup reflètent réellement la vie à la maison.

  • Réfléchissez-vous pour planifier votre temps? Comment ne pas essayer de tout faire en un jour?
  • Faites-vous toujours la course contre la montre? Chacun de vos enfants doit participer à cinq activités différentes chaque semaine? Pouvez-vous combiner plusieurs tâches? Vous faites vos courses seulement une fois par semaine ou toutes les deux semaines au lieu de tous les jours? Pouvez-vous éliminer ou réduire d’autres choses?
  • Si vous pouvez, laissez votre porte-documents au travail. Ne faites pas d’heures supplémentaires (notamment le week-end). Le travail ne doit pas entraver votre temps libre, en particulier si vous avez une famille. (Beaucoup de « drogués » du travail, le sont pour éviter ces relations ou ils pensent qu’ils doivent continuer à fournir « plus » pour la famille mais la famille préfère généralement que la personne soit plus à la maison.)
  • Et toutes les petites tâches, que pensez-vous de demander à votre voisin l’adolescent pour les faire? Ou les services d’un professionnel pour couper l’herbe par exemple?
  • Développer une vie de qualité à la maison. Amusez-vous avec la famille et les amis.
  • Cultivez de nouvelles amitiés et intérêts.
  • Le téléphone à la maison. Utilisez un répondeur automatique. Éliminer des appels, sachant qui vous appelle, vous savez si vous êtes intéressé ou pas à prendre l’appel. Vous n’êtes pas obligé de parler à chaque appel. Ne répondez pas si ça n’est pas intéressant. Ne prenez jamais les appels professionnels à la maison, sauf s’il s’agit d’une question de vie ou de mort. Occupez-vous du travail seulement pendant les heures de travail.
  • Éteignez votre téléphone portable, pendant les activités de loisirs. Non pas pour embêter les autres, mais pour votre flux de créativité et la relaxation de votre esprit.
  • Réduisez votre temps de télévision. Faites des activités qui vous donnent du plaisir. Passez du temps avec votre famille.

Exercice

Exercice n ° 19 – Réduction du Chaos

  • Faites plusieurs copies du tableau ci-dessous.
  • Utilisez un tableau différent pour le travail et la maison, faites les choses suivantes pour chacun d’entre eux.
  • Dans la première colonne, listez tous les événements ou situations qui occupent votre temps, surtout si elles demandent beaucoup d’énergie.
  • Dans la deuxième colonne, pour chaque évènement ou situation de la première colonne, ce que vous pouvez faire pour changer la situation. Comme les exemples dans ce chapitre, quelles alternatives avez-vous pour vous débarrasser du désordre et du chaos?
  • Dans la troisième colonne, faites un plan d’action et suivez-le.

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L’éducation du subconscient

Surveillez Votre Conscient.

1. Si grande est la part du subconscient dans notre vie, qu’une éducation, ou rééducation, mentale serait insuffisante si elle ne visait pas à tirer parti de ce fond obscur de nous-mêmes ; mais il ne constitue pas à lui tout seul la vie mentale. En effet, quels que soient les facteurs que le subconscient implique et utilise, le principal élément de l’esprit est fourni par la conscience et se manifeste par la somme totale des pensées, des sentiments et des résolutions de l’état de veille. Si nous désirons que le bien s’installe dans l’inconscient, il nous faut donc penser consciemment au bien. Si nous nous efforçons d’acquérir de plus grandes capacités pendant que nous sommes éveillés, le subconscient ne manquera pas d’en être stimulé et de nous aider à atteindre notre but. Ce processus illustre en réalité le vieux dicton: « Nous récoltons ce que nous avons semé. »

Ce que nous envoyons au fond de nous-mêmes, dans le subconscient, sous forme de matières, nous est retourné en produits façonnés. Mais si nous n’envoyons que du chanvre grossier, nous n’avons pas le droit d’espérer en retour les plus belles soies et les plus riches satins.

Le subconscient réfléchit donc, si l’on peut dire, le conscient, et il faut que l’Etudiant se rende compte qu’un judicieux contrôle des pensées qu’il nourrit à l’état de veille est aussi nécessaire qu’il est avantageux. Nous voulons dire par là qu’aucun homme sage « ne pense ce qui lui plait » au point de donner asile en son esprit à toutes sortes d’idées mauvaises. S’il s’en rend coupable, il perd toute sagesse ; et plus tard l’impulsion subconsciente se manifeste au dehors par une mauvaise conduite soudaine, en apparence inexplicable.

Nul ne doit cependant s’épouvanter parce qu’il a de loin, en rêve, ou même éveillé, de mauvaises pensées qui le surprennent – la sorte de pensées dont il ne veut point et à laquelle il croyait avoir dit adieu depuis longtemps. De telles irruptions dans la conscience sont simplement les manifestations du « Vieil Homme », connues maintenant sous le nom de Libido ou désir. Elles deviennent de moins en moins nombreuses et leur pouvoir du suggestion est de plus en plus faible à mesure que les motifs conscients de la vie s’épurent.

Puisque les rapports – dans les deux sans – entre la conscience et le subconscient forment le train courant de la vie quotidienne, n’accueillez pas sans contrôle ni « censure » les élucubrations du subconscient. Beaucoup sont malvenues, ou intempestives, voire absurdes ou mauvaises. Plus nombreuses encore sont celles qui sont insignifiantes. Refusez la livraison, ou jetez-la dans le sac aux oublis. Quand vous cherchez une idée, rejetez les fantaisies inopportunes jusqu’à ce que vous obteniez de votre imagination quelque notion utilisable. Polissez, limez par un travail de réflexion les matériaux bruts qui vous sont envoyés.

Ce n’est pas assez de critiquer les élaborations de l’inconscient. Il faut discipliner vos puissances obscures. Platon déjà les comparait à un attelage fougueux qu’il faut mater, mais qui, bien en main, nous conduira au but. La méthode PELMAN vous a déjà montré comment on assouplit sa mémoire, comment on prend la direction de son imagination et de sa pensée, comment on utilise en volonté ferme autant que réfléchie la poussée intérieure du sentiment. Vous êtes donc plus avancé, sans doute, que vous ne le croyez, dans l’art de tourner en auxiliaire le redoutable subconscient.

Ne méconnaissons le rôle ni de la conscience, ni du subconscient. La conscience ne répond pas à tout, certes ; souvent elle ne fait que recueillir les suggestions du subconscient. Mais son rôle est décisif, car elle accueille ou repousse ces suggestions. Dans le subconscient s’accumulent nos réserves et bouillonnent nos impulsions: il renferme ce qui fait vivre. La conscience utilise de façon réfléchie, selon les besoins actuels, ces ressources et ces impulsions. Le subconscient est l’aveugle, la conscience est le paralytique. Toute activité humaine suppose le concours de l’un et de l’autre.

Or, de même que vous suivez soigneusement un régime, évitant les mets qui ne vous conviennent point, de même vous devez choisir, selon des principes identiques, les matériaux mentaux qui, après avoir servi sur le plan conscient, pénétreront dans le subconscient. Un homme dont l’esprit n’est à l’état de veille qu’un tourbillon de sentiments égoïstes et mauvais, ne peut espérer avoir une région subconsciente d’une radieuse pureté. Cette région est, en majeure partie, ce qu’il l’a faite. Si elle est malsaine, c’est d’abord sa faute. La vraie manière d’éduquer le subconscient, c’est d’éduquer d’abord le conscient.

La conscience a différentes manières d’exercer don autorité, légitime et salutaire, sur le subconscient:

1° Elle ne laisse pas entrer de pensées néfastes dans le subconscient et discipline les tendances ;

2° Elle peut changer le sens des habitudes acquises ;

3° Elle peut pénétrer tout notre esprit de ce qui doit l’occuper ;

4° Elle peut critiquer le travail subconscient, donc discipliner les intuitions.

La Discipline des Habitudes.

2. Nos actions, nos gestes, nos paroles, si réfléchis et volontaires qu’ils nous paraissent, ne le sont que pour une très petite part, car il y a dans tout ce que nous faisons des attitudes, des intonations, des expressions du visage tout à fait spontanées, insoupçonnées de nous, mais très visibles pour autrui. Si vous êtes un excellent joueur de billard, mais prétendez ne connaître qu’à peine le jeu, vous aurez beau jouer maladroitement, un observateur attentif découvrira bientôt les signes de votre véritable adresse: votre dextérité subconsciente se manifeste à votre insu et vous dénonce.

Toute cette activité subconsciente est le résultat de l’habitude, qui a son origine: 1° dans l’éducation que nous donnent nos parents, nos professeurs, etc… pendant l’enfance et l’adolescence ; 2° dans l’imitation du milieu où nous nous trouvons et de certaines personnes sympathiques ; 3° dans la tendance de l’individu au moindre effort pour l’accomplissement d’un acte.

Les deux premiers points sont suffisamment connus de l’Etudiant, de même que leurs conséquences pratiques, pour que nous n’ayons pas à y insister.

Analysons le troisième. La tendance au moindre effort est utile quand il s’agit d’acquérir une technique quelconque (dans un travail, un sport, etc.). Elle est nuisible quand elle est l’expression de la paresse, ou quand on exécute une action qu’on n’approuve pas, mais qui est commode dans la circonstance donnée. Par exemple: il existe des gens qui chez eux « se laissent aller » et manquent de tenue dans leurs gestes, leur langage, leurs vêtements ; il y en a d’autres qui mentent quand ils peuvent le faire impunément. Tous se disent « J’aurai une autre attitude, d’autres paroles quant il le faudra. » Profonde erreur ! Ces actes deviennent des habitudes et surgissent d’une façon subconsciente au moment même où on voudrait les éviter. Un menteur d’occasion a bientôt fait de devenir un menteur continuel qui ne peut plus par la suite s’empêcher de mentir. Donc:

1) Soyez chez vous comme vous voudriez être en présence d’autrui ; ne faites jamais, quand vous êtes seul, une chose que vous ne pourriez pas faire sans honte devant les autres.

2) Evitez les actions immorales, non pas seulement par crainte de punitions, mais pour ne pas vous nuire à vous-même par l’acquisition d’une mauvaise habitude. Quelqu’un qui, dans un tramway ou dans un train, réussit à voyager sans payer, se fait plus d mal à lui-même qu’à la compagnie de transports, car il s’habitue à une action malhonnête.

3) Profitez des moments où vous êtes seul pour acquérir de bonnes habitudes.

Habitudes Corporelles et Habitudes Mentales.

3. Que de fois ne dit-on pas: « L’habitude est une seconde nature ! » Remarquez que vous pouvez dire, à l’inverse: la nature est une première habitude.

L’état physique d’un homme est le résultat de sa vie passée. S’il descend d’une bonne souche et n’a pas contrevenu aux lois physiologiques, il possédera probablement une constitution robuste et un esprit sain. Mais s’il souffre d’une faiblesse héréditaire et qu’il ait, en outre, vécu une vie dissipée, ou qu’il ait été indifférent à l’hygiène, l’état de son corps sera la preuve vivante de sa conduite. Notre santé est la résultante de deux facteurs: l’hérédité, plus l’usage que nous avons fait de nos ressources physiologiques. Mon corps, c’est mon histoire.

De même l’état de notre esprit dépend de facultés innées, petites ou grandes, et de l’usage que nous avons fait des occasions rencontrées.

Un paresseux laisse péricliter ses talents naturels et, subit des pertes irrémédiables par son indifférence aux lois de l’intelligence et aux opportunités qui se sont offertes sur sa route. Par contre, lorsqu’à un don inné se joint un vigoureux effort, et qu’une sensibilité délicate s’unit à une grande activité, l’esprit acquiert de nouvelles puissances de travail. Notre esprit est donc la somme de l’héritage que lui ont légué nos parents, plus l’usage que nous avons fait de notre expérience psychologique. Mon esprit, c’est mon histoire.

Que cette double constatation ne vous déprime point. Ne vous croyez pas esclave de votre passé. La force dont il pèse sur vous, c’est le poids de l’habitude ; mais il dépend de vous former des habitudes nouvelles. Un clou chasse l’autre. Vos habitudes ne sont toutes-

puissantes que si vous ne leur opposez aucun effort. Or, l’expérience universelle l’atteste, et rien n’est plus encourageant: il n’y a que les premiers pas qui coûtent.

Savoir varier ses habitudes, les modifier selon la diversité des circonstances, les assouplir d’après ses besoins, c’est un aussi grand art que l’art d’utiliser ses loisirs. C’est là que se reconnaît l’homme capable de progresser. Utilisez donc votre réflexion consciente pour transformer vos mauvaises habitudes en bonnes.

Comment Créer de Nouvelles Habitudes.

4. A l’élimination des mauvaises habitudes doit s’ajouter l’acquisition de bonnes habitudes nouvelles. Pour les acquérir, il existe une technique spéciale que nous avons déjà indiquée dans la Leçon 4 et dont nous résumons ci-dessous les principes essentiels.

En premier lieu, il faut, comme on dit, se jeter à l’eau, c’est-à-dire s’obliger à une initiative en faisant appel à des moyens d’action extérieurs. Il se produit alors une réaction en quelque sorte instinctive: au début vous vous démenez, vous barbotez ; peu à peu vous régularisez vos mouvements et quelques indications suffisent pour vous faire comprendre comment on nage – comment on veut et comment on agit. Quand vous vous sentirez poussé par une habitude mauvaise, agissez résolument en sens inverse de cette habitude.

Un deuxième principe consiste à ne jamais suspendre, sous quelque prétexte que ce soit, les actes qui constituent la nouvelle habitude, pas plus que vous ne suspendriez, fût-ce un jour, l’entraînement physique qui vous serait nécessaire pour devenir un champion sportif. Il faut que la nouvelle habitude prenne racine en vous, sinon elle sera comme un peloton de fil que vos mains ont laissé échapper ; il est vite déroulé, mais il faut longtemps pour l’enrouler à nouveau. De même l’arrêt de l’entraînement mental peut déterminer un échec qui fait perdre presque tout le bénéfice des efforts passés, au lieu que

l’accumulation des réussites est un gage certain des succès futurs.

Enfin ne laissez échapper aucune occasion de mettre vos forces à l’épreuve et d’utiliser, le plus souvent possible, votre nouvelle habitude. Mettez en oeuvre, à ce moment, votre émotivité, votre volonté consciente, votre subconscient pour concentrer toutes vos forces dans la direction qui consolidera davantage l’habitude à acquérir. Courez au-devant de l’expérience ; n’attendez pas qu’elle s’impose à vous. Pourquoi attendre ? Il n’est jamais trop tard, mais il n’est jamais non plus trop tôt pour tenter de mieux faire et de créer ainsi tout un ensemble de bonnes habitudes.

La Discipline des Réflexes Conditionnels.

5. On appelle « réflexes conditionnels » les habitudes contractées par notre système nerveux. L’école psychologique russe (Pawmow Bechterew) a démontré que si deux processus nerveux différents se produisent simultanément un certain nombre de fois, ils s’associent de telle sorte que l’un d’eux est ensuite capable d’évoquer l’autre.

Celui qua rebuté le goût de l’huile de ricin dans du café noir aura ensuite des nausées en buvant du café seul. Ce phénomène se produit dans la vie affective: on a une préférence pour les couleurs que portait la personne aimée ; le noir rend tristes certaines gens qui ont eu beaucoup de deuils dans leur famille. De même l’habitude d’un mouvement tend à nous l’imposer. Les tics n’ont pas d’autre origine. On cite souvent l’histoire d’un soldat retraité qui portait chez lui son dîner et à qui un mauvais plaisant cria tout à coup: «Fixe !» Aussitôt, les mains du soldat tombèrent « dans le rang », laissant glisser au ruisseau mouton et pommes de terre.

Les Pelmanistes doivent utiliser cette loi des réflexes conditionnels pour se faire de leur système nerveux un allié et non pas un ennemi ; ils doivent se faire aider par le subconscient en utilisant certaines associations déjà existantes et en en formant des nouvelles. Ils réussiront ainsi à déterminer en eux un certain automatisme utile, qui diminuera à la fois l’effort et la fatigue du mécanisme conscient.

Citons, à titre d’exemple, le réflexe conditionnel utile que s’est créé un Pelmaniste. Obligé de se lever tous les jours de très bonne heure, il remontait son réveille-matin pour l’heure fixée. Le moment venu, le réveil sonnait, mais notre homme persistait dans son attitude confortable en se disant: « Encore cinq minutes et je me lève. » procédant ainsi « par cinq minutes » il arrivait souvent jusqu’à vingt minutes ou même une demi-heure. Bien entendu, il lui fallait ensuite subir tous les inconvénients de son manque de volonté. Sur nos conseils, il se créa un réflexe conditionnel, que voici: il associa la sonnerie du réveille-matin au mouvement de se lever brusquement. Après s’être entraîné plusieurs fois par jour, pendant un certain temps, pour renforcer l’association, maintenant, dès qu’il entend son réveil sonner, il se trouve obligé de sauter du lit, « comme si quelque chose, dit-il le poussait ». Il se garde bien de compromettre ce résultat merveilleux, et n’admet pas la moindre exception à cette règle.

La timidité.

6. La timidité est un de ces réflexes conditionnels plus ou moins complexes selon les individus. La seule idée d’un acte suffit parfois à provoquer la moiteur des mains ou du front, la rougeur du visage ; bien mieux, à elle seule la crainte de rougir peut provoquer le phénomène qu’on redoute.

Partiellement, la timidité est due à un sentiment exagéré de sa propre personnalité et de la place qu’on occupe dans l’opinion d’autrui ; il faut donc prendre l’’habitude de regarder les faits en face et ne pas supposer aux autres des jugements ou des sentiments à votre égard que probablement ils n’éprouvent pas. Le réflexe doit être combattu par toutes les armes à la fois, en créant des automatismes et des habitudes en sens contraire autant dans le subconscient que dans la conscience. (Revoir la Leçon 2.)

Le Commandement de Soi-même et le Subconscient.

7. Nous avons parlé, ci-dessus, d’un type particulier d’oublis, en relation avec le subconscient, qui implique la non-exécution d’un « ordre à échéance » qu’on s’est donné à soi-même (1). Ces oublis peuvent provenir de trois causes différentes, auxquelles correspondent trois sortes de remèdes.

Si l’oubli est dû à la manière défectueuse dont l’ordre a été donné, il faut prendre l’habitude de se dicter à soi-même l’ordre avec clarté, précision et force ; en outre, il faut évoquer les actions qui peuvent accompagner celle qu’il s’agit d’exécuter. Par exemple, pour ne pas oublier de remettre une lettre à X…, que vous rencontrerez demain chez des amis, prononcez votre décision à voix basse, tout en regardant la lettre et en vous imaginant X…; de plus, représentez-

vous votre propre personne tendant la main droite à X…, et tirant de l’autre main la lettre de la poche.

L’important n’est pas l’effort violent isolé, mais la répétition naturelle et consciente. Donc, prenez l’habitude de vous redire, à mi-voix, au lit, avant de vous endormir, les actions que vous vous proposez de faire le lendemain et qui sortent du cadre de vos occupations. C’est à ce moment-là que les ordres donnés à soi-même peuvent le mieux acquérir une force suggestive. Les actions à longue échéance seront notées sur un agenda que vous prendrez l’habitude de regarder chaque soir.

Vous dresserez ainsi votre subconscient à intervenir au moment voulu dans votre vie consciente. Le subconscient doit être éduqué à recevoir des ordres et à les exécuter correctement. Voici, dans ce but, quelques exercices très simples, que vous pourrez adapter à vos besoins personnels:

(1) Les observations et les conseils qui suivent sont empruntés à un certain docteur S. Hosiasson, sur Les Oublis et le Subconscient publié dans le numéro de juillet 1928 de La Psychologie et le Vie. Exercice I.-Donnez-vous l’ordre de faire un certain acte à un moment fixé d’avance, par exemple de sortir votre stylo de la poche au moment de quitter l’autobus que vous prenez l’après-midi. Faites tous les jours un exercice de ce genre, en augmentant progressivement le temps entre l’ordre et l’action. Ne vous découragez point des échecs du début.

Exercice II.-En regardant votre montre, fixez-vous une heure à laquelle vous ferez un geste, une action quelconque, sans la rattacher à un événement comme c’était le cas dans l’exercice précédent. L’exercice II ne devra être pratiqué qu’après réussite de l’exercice I.

Ces exercices doivent être répétés de temps en temps, car une habitude laissée inactive tend à se déformer, et même à disparaître.

Un autre facteur des oublis « d’ordres à échéance » est la distraction. Pour la combattre, il faut:

1) Ne jamais laisser traîner les choses à faire, s’en occuper sur-lechamp ; sinon elles encombrent le conscient.

2) S’habituer, grâce à un emploi du temps, à ne pas sauter d’une action à une autre.

3) Terminer chaque action, faire des actions complètes.

4) Eliminer l’indécision, car une décision suspendue prédispose à la distraction.

5) Eviter la rêverie stérile par une discipline méthodique de l’attention.

6) Combattre l’impressionnabilité et l’émotivité excessives.

7) S’assurer une quantité suffisante de sommeil, ce qui a une influence indéniable sur la sensibilité et la capacité d’attention.

8) Faire de temps en temps l’examen de conscience, pour éliminer systématiquement les mauvaises habitudes et prendre des résolutions définitives conformes au but poursuivi.

A certains moments on est davantage prédisposé à se laisser distraire, par exemple à la veille d’un événement important, lors d’une inquiétude forte ou prolongée, ou dans le cas d’un chagrin, d’une affliction. Il convient alors de noter d’avance le programme des actes à accomplir, d’agir plus lentement que de coutume, et de limiter le nombre et l’importance des activités ne cours. L’émotivité ne doit pas être maîtresse du champ de bataille subconscient.

En alternant ou en combinant ces divers procédés pratiques, on arrive rapidement à habituer le subconscient à enregistrer des « ordres à échéance » et à les exécuter. Ainsi se trouvent corrigés un grand nombre de déficiences qu’on regarde communément comme des défaillances d la mémoire.

Utilisation de la Suggestion.

8. Le problème pratique se présente ici sous trois aspects. Il faut: 1° savoir résister à la suggestion d’autrui ; 2° savoir suggestionner les autres ; 3° savoir s suggestionner soi-même (autosuggestion). En parlant d’éviter les suggestions d’autrui, nous entendons celles qui peuvent être nuisibles. On doit leur opposer le raisonnement et le jugement critiques, c’est-à-dire vérifier les affirmations, mettre à l’épreuve les sentiments, analyser toutes les circonstances accessoires, lesquelles, souvent inaperçues, jouent cependant un rôle décisif. Vous pouvez vous en rendre facilement compte en étudiant les affiches publicitaires. Vous verrez alors que l’image, le nom ou le titre de l’objet annoncé recèlent toujours certains éléments qui vous ont influencé à votre insu.

Il faut aussi examiner avec soin l’état mental dans lequel on se trouve.

En période de dépression nerveuse, de chagrins intimes, de surmenage intellectuel, on est plus apte à se laisser « suggérer » par autrui, la défense consistera alors à ne pas fréquenter les personnes dont on redoute l’influence, à retarder les décisions graves jusqu’au moment où l’on est de nouveau « soi-même ».

En règle générale, les intimes et les indécis sont plus suggestibles que les autres: ici encore c’est l’habitude de la confiance en soi et la décision qu’il faut développer jusqu’à ce qu’on puisse traiter ave tour le monde d’égal à égal.

La première condition pour suggestionner les autres est d’être physiquement et psychiquement en bonne forme, bien équilibré, maître de soi et certain du but à atteindre. Ceci est indispensable dans les affaires où, comme nous l’avons dit, la suggestion joue un rôle considérable. A la persuasion logique doivent s’ajouter une manière d’être ferme, un regard droit, un geste précis, une parole convaincante qui réagissent sur autrui favorablement. Il faut aussi savoir choisir son moment et présenter ses arguments en allant du plus faible au plus puissant.

Bref, c’est toute une éducation à faire, qui n’a pourtant de valeur pratique réelle que si l’on cultive en même temps que la juste évaluation de ses propres intérêts la sympathie pour autrui.

Utilisez l’Autosuggestion.

9. Nous avons déjà attiré votre attention sur les bienfaits de l’autosuggestion ; il vous faut donc augmenter l’influence que vous pouvez exercer sur vous-même, et particulièrement sur votre vie subconsciente. Pour jouer un rôle, l’acteur doit le faire pour ainsi dire entrer « dans son propre sang », ou encore se mettre « dans la peau » du personnage.

Voilà pourquoi une autosuggestion de pessimisme peut être la perdition de l’homme, au lieu qu’une autosuggestion de courage et de confiance en soi sera sa planche de salut.

Ne désespérez jamais. Celui qui n’a usé de l’autosuggestion que pour sa propre ruine devrait moins que tout autre douter de l’étrange puissance de ce moyen d’action dans la direction du succès. Tournez à votre profit ce facteur dont vous avez peut-être usé à votre détriment, et votre guérison est proche.

Savoir se suggestionner soi-même n’est pas toujours facile. Aussi les praticiens de l’autosuggestion préconisent-ils d’utiliser le moment qui précède le sommeil, car c’est alors que l’idée qu’on s’impose possède le plus de force suggestive.

Le moment ou l’on éprouve une forte émotion est également très propice à l’introduction dans l’esprit d’une autosuggestion. Il faut en profiter pour renforcer une décision. Supposons que vous devez avoir à faire à un personnage important et que vous redoutiez d’avance cette entrevue. Formulez ainsi votre suggestion: « J’irai le voir tel jour, et en sa présence je serai tout à fait calme » ; profitez de tous vos moments d’émotion un peu vive pour augmenter la force suggestive de votre décision en répétant la formule ci-dessus.

Développez l’Intuition.

10. Après avoir analysé et défini l’intuition, il nous faut exposer comment on la contrôle, développe et utilise dans la vie pratique. L’intuition n’est une fonction utile qu’à la condition d’être toujours contrôlée. Ce contrôle consiste à évoquer dans la pleine lumière de la conscience ce qui se passait dans le subconscient au moment de l’intuition et à vérifier l’accord de notre supposition avec la réalité extérieure.

L’intuition s’accompagne souvent d’une sorte d’inquiétude, qui est précisément la tendance à en rechercher la confirmation. Suivons donc cette tendance naturelle de l’esprit en nous guidant selon ce principe: le plus possible de preuves extérieures et directes le moins possible d’interprétations personnelles.

L’intuition est d’autant plus développée qu’on connaît mieux la personne ou le sujet dont on s’occupe: une mère est intuitive quand il s’agit de ses enfants, un savant est intuitif dans sa science, un commerçant dans son affaire, un mécanicien en mécanique. Il s’agit là d’une rapidité de coup d’oeil, d’évaluation et de jugement qui n’a rien de mystérieux. L’intuition est une activité psychique parfaitement normale. Elle s’améliore d’autant plus que vous cultivez davantage l’observation des détails et des ensembles, le raisonnement correct et le mécanisme du jugement. Pour développer l’intuition, il faut vous astreindre à formuler toujours vos jugements afin de voir clairement où vous en êtes ; sinon vous n’avez qu’une idée vague, une tendance confuse, qui troublent et empêchent votre action. Bien mieux, il ne sera pas mauvais que vous formuliez votre jugement intuitif à haute voix, pour mettre en marche le mécanisme du contrôle dont nous avons signalé ci-dessus la nécessité ; souvent vous constaterez alors que votre intuition comporte une part considérable d’absurdité ; ceci est vrai notamment dans ce qu’on nomme les pressentiments.

La Discipline des Tendances:

11. Il faut, à n’importe quel âge, savoir et pouvoir faire un choix judicieux entre les sentiments et les tendances qui se produisent en nous, combattre les uns, favoriser les autres.

a) Comment combattre les tendances nuisibles.

Rappelons qu’on doit opérer une sélection parmi les tendances qui surgissent de l’obscurité du subconscient et non pas leur obéir aveuglément. La conscience et la volonté sont là pour prononcer de façon définitive. C’est leur rôle essentiel.

Certains psychologues voient dans le refoulement excessif des tendances un facteur nuisible à la santé physique et morale. Sans doute prennent-ils trop souvent l’effet pour la cause ; le malade souffre à cause de son refoulement parce qu’il est malade ; ce n’est pas le refoulement qui a provoqué la maladie. Tout le monde refoule un certain nombre de tendances ; c’est la condition primordiale de la vie en société ; mais tout le monde n’est pas anormal. Nous dirons au contraire: on risque de compromettre sa santé physique et morale si on ne refoule pas les tendances nuisibles au développement personnel.

Une tendance est souvent conditionnée par un fait physiologique, par un objet, une personne, un milieu, une situation. En modifiant les agents évocateurs de la tendance, on arrive à l’influencer de la manière voulue. Il s’agit donc, tout d’abord, de déterminer quels sont les facteurs en jeu. Au cas où il serait impossible de les discerner, on doit avoir recours à des moyens d’ordre général: prendre soin de son hygiène physique et morale, supprimer les mauvaises habitudes, éviter la société des gens réalisant des tendances que nous désapprouvons.

Ne pas réaliser une tendance mauvaise conduit souvent à la faire mourir d’inanition ; mais cette mesure, quoiqu’efficace, ne suffit pas toujours. Certaines tendances continuent à se présenter à nous bien que nous ne les réalisions pas. Il faut alors recourir au refoulement. On chasse la tendance importune en la remplaçant, toutes les fois qu’elle se présente, par une autre. La tendance opiniâtre revient, mais chaque fois moins consciente et, au bout d’un certain temps, elle se diffuse et s’endort dans le subconscient.

Ce qu’on appelle humeur dépend en grande partie de ces tendances refoulées. Le changement brusque de l’humeur, les accès de colère sans cause évidente sont souvent dus aux attaques furieuses des tendances non satisfaites. Elles s’agitent dans le subconscient, ayant perdu la possibilité d’en sortir, et agissent obscurément sur le conscient.

Si vous vous sentez saisi par un sentiment, par une humeur ou une impulsion que vous ne vous expliquez pas, tâchez de découvrir leurs causes et de les supprimer. Si ces causes vous échappent, dites-vous: « Quelque chose s’inquiète dans mon subconscient que je ne suis pas capable d’influencer d’’une manière directe ; attendons tranquillement que cela se passe ». Cette attitude mentale vous permettra de mieux comprendre et supporter les accès de colère, d’emportement ou de dépression inexplicables chez autrui et de diminuer, sinon même d’annuler les vôtres.

Il est quelquefois difficile de refouler une tendance plus forte que celles que nous voulons lui substituer. Il se produit dans la conscience, une lutte épuisante. On doit avoir alors recours à une activité automatique. Après un démarrage quelquefois difficile, on parvient à diminuer la force représentative de la tendance importune. C’est sur cette vérité que se fonde la « cure de travail », l’influence calmante et bienfaisante d’une activité régulière, pas trop compliquée. La pratique des sports, l’exercice de la culture physique, parfois même quelques minutes de respiration profonde peuvent faire surmonter la tendance indésirable.

On peut aussi transformer la tendance tenace en l’analysant avec soin et en changeant peu à peu son objet. On a par exemple un désir irrésistible de fumer ; à l’analyse, on trouve qu’il apparaît surtout dans les moments d’énervement, que c’est un besoin de décharge motrice plus marqué aux moments où le potentiel du système nerveux augmente. La cigarette n’est qu’un prétexte: l’essentiel est de pouvoir faire certains mouvements automatiques, de même que d’avoir quelques sensations habituelles dans la bouche. En suçant un bonbon à la menthe on satisfait le besoin moteur au moment où il se présente ; en même temps on fournit à la muqueuse de la bouche diverses sensations. C’est en la transformant de cette façon que beaucoup de fumeurs invétérés ont perdu leur mauvaise habitude.

La tendance au jeu pourra de même être déviée en s’occupant d’affaires ou en remplaçant les fortes émotions qu’il procure par des émotions artistiques, religieuses, scientifiques ou sportives de même intensité. On doit discipliner ses tendances en les sublimant, c’est-àdire en remplaçant la satisfaction égoïste par la recherche de buts supérieurs.

Les tendances nuisibles peuvent aussi être diminuées par des distractions bien choisies, théâtre, concerts, réunions mondaines ; se divertir est un bon remède, mais à la condition de savoir bien choisir le divertissement et de le limiter, sinon il peut devenir une cause de dépression. Aussi ne doit-on pas chercher de distraction quand on est fatigué, soit physiquement, soit mentalement ; il faut prendre alors sur soi de se « reposer ». ne confondez pas la distraction et la détente, qui est la récupération des forces après épuisement.

Enfin, une volonté bien entraînée réussit à accumuler des renoncements partiels qui finissent par supprimer la tendance. En fumant une cigarette de moins tous les deux ou trois jours, on peut aboutir à la cessation complète de l(habitude.

a) Comment cultiver les tendances utiles.

b) Eliminer les tendances mauvaises ou nuisibles n’est encore qu’une partie, la partie négative, de l’éducation de soi-même. La partie positive consiste à renforcer et à développer les tendances utiles, comme l’application au travail, l’esprit sportif, la joie de l’action, la poursuite d’un but idéal.

Il faut donc favoriser ces tendances en saisissant le moment de leur apparition et en les transformant en bonne habitudes. Ceci est très important pendant l’enfance et l’adolescence ; aussi la pédagogie consiste-t-elle essentiellement à déterminer chez les enfants et les jeunes gens la formation de tendances utiles à l’individu et à la société. Chez l’adulte, il peut y avoir une lutte incessante entre ses bonnes et mauvaises tendances et c’est ici qu’il convient d’appliquer la méthode Pelman de réforme mentale. Elle peut se résumer dans les deux conseils suivants:

1° Comprenez que tout compromis louche et inavouable entre vos instincts profonds et votre condition sociale est un manque de sincérité, de loyauté envers vous-même comme envers autrui: vous risquez d’en être puni par de graves troubles mentaux. Pas de santé morale sans lucidité envers soi-même ni sociabilité envers autrui. Au lieu de comprimer votre poussée affective, donnez-lui libre cours dans les limites des affections normales: amitié, vie de famille, société, sympathie esthétique permettant à vos sentiments de se magnifier à l’unisson de l’art et de la nature.

2° Utilisez comme source d’énergie la poussée intérieure qui continue de sourdre en vous. Il faut de la force vive, il faut de l’ « allant » pour transformer en réalité les fantaisies du désir. Ainsi l’amour peut devenir l’occasion d’un grand nombre de déviations mentales. C’est pourtant le plus puissant levier de l’enthousiasme et du progrès. Sans sincérité, sans désintéressement, il égare, il avilit. Dans la loyauté, dans l’altruisme, il élève et il sauve.

A quoi Sert le Sommeil.

c) Le sommeil détermine la suppression de l’activité consciente et volontaire ; l’organisme, qui a dépensé ses forces physiques et psychiques pendant l’état de veille, les récupère pendant le sommeil. Mais la vie subconsciente continue, selon les lois propres ; à ce moment ce sont nos tendances obscures seules qui agissent sur le « moi » volontaire.

Celui-ci subit, par suite, pendant le sommeil, des transformations considérables ; toutes les impressions, tous les sentiments qui l’avaient assailli pendant la journée s’en vont dans le subconscient, et au réveil, le moi conscient, débarrassé de ces adjonctions parasitaires, se retrouve libre et fort.

La transition du sommeil à l’état de veille n’est pas instantanée. Il y a entre le sommeil et le retour à la conscience une période intermédiaire qui est plus ou moins longue, plus ou moins pénible, selon les individus. Le moi conscient s’était habitué à l’inertie et doit revenir à l’activité. Il faut se dresser à limiter cette période de transition, en se levant tout de suite, en se lavant à l’eau froide, bref en déterminant une réaction qui supprime les luttes intérieures et les bonnes excuses qu’on se donne pour ne pas s’éveiller complètement. On y arrive par un entraînement progressif.

Ces observations s’appliquent aussi au passage inverse, celui de la veille au sommeil. Il faut prendre l’habitude de s’endormir aussitôt couché, en déterminant une association entre l’idée de lit et de sommeil. Evitez par suite de lire au lit. Comme le réveil, le passage au sommeil est plus au moins rapide selon les individus. Les uns s’endorment n’importe où et à volonté (c’était le cas de Napoléon) ; d’autres se tournent et se retournent quelque temps dans leur lit, d’autres enfin ont des insomnies, parfois longues et périodiques.

Ils doivent avant tout rechercher des causes physiologiques, s’il y en a, de l’insomnie et suivre un traitement en conséquence. La cause la plus fréquente est la digestion: évitez de manger trop de viande le soir et faites une courte promenade après le dîner.

On prend très facilement l’habitude de l’insomnie. Pour la rompre ou pour l’empêcher de se former, il est bon de ne pas se coucher toute une nuit et de ne pas se reposer pendant toute la journée qui suit.

Dès qu’on est au lit, il faut prendre l’attitude de relaxation, c’est-à-dire d étendre ses muscles*. Il convient de ne « penser à rien », d’éviter avec soin de réfléchir aux ennuis de la journée ou du lendemain.

De toutes manières, imposez-vous l’habitude de vous coucher et de vous lever tous les jours à la même heure. Votre corps et votre subconscient prendront ainsi l’habitude des alternatives régulières et votre moi conscient pourra se reposer le nombre d’heures voulues.

*. Voir sur ce point, à la fin de cette Leçon, l’Appendice sur la Relaxation Progressive.

Que votre Subconscient soit votre Allié.

d) Votre subconscient, qui pourrait être pour vous un facteur de perdition, c’est à vous de le transformer en ami fidèle, en bon conseiller. Par la vertu, c’est-à-dire par les habitudes salutaires, le bien nous devient naturel au lieu d’être toujours imposé de haute lutte par l’esprit à une chair rebelle. L’effet d’une constante sagesse pratique, comme celle que préconise le Pelmanisme, est que les éléments les plus rétifs de notre personnalité se disciplinent, sans avoir besoin d’être désarmés, et que l’individu, sans se trouver dans la nécessité de se mutiler, épanouit au contraire harmonieusement les divers aspects de son être. Les conditions de notre plus grande liberté sont celles de notre travail le plus fécond et de notre plus intime bonheur.

Aucun progrès n’est possible sans discipline ; aucune discipline n’est possible sans un effort constant pour se dompter soi-même.

Mais n’oubliez pas que l’excès en tout est un défaut. N’exagérez pas la maîtrise de vous-même par un refoulement définitif de toutes vos aspirations. Tuer l’instinct, sous prétexte de raison et de moralité, équivaudrait à un suicide. Spinoza, reflétant la sagesse antique, déclare que la philosophie est une méditation non de la mort, mais de la vie. Dans le même sens le Pelmanisme est une technique, non de stérilité, mais de fécondité ; non d’inertie, mais d’action. Loin de réprimer les puissances de vie, il les contrôle et les régularise pour les intensifier.

Comment vivre vos passions. Définissez des objectifs

Définir des objectifs est important pour de nombreuses raisons. Lorsque vous définissez les objectifs, vous pouvez voir la progression, vous avez des étapes à accomplir, et cela vous aide à créer de l’ambition. Vous devez vous fixer des objectifs pour les atteindre.

Lorsque vous définissez des objectifs, la meilleure chose que vous puissiez faire est de fixer une date pour chaque étape. Donnez-vous date d’achèvement pour votre objectif. Une fois que vous avez une date d’achèvement, vous divisez votre objectif en plusieurs étapes pour atteindre votre objectif. Chacune de ces étapes sont des repères. Vous pouvez envisager de mettre une date sur chaque étape en vous basant sur le temps nécessaire pour y arriver. Ces dates peuvent être estimées à quelques jours, voir à quelques semaines près. Toutefois, une étape importante peut être accomplie plus rapidement qu’une autre.

En utilisant cette méthode vous aurez à chaque fois la fierté d’avoir accompli quelque chose et cela ne pourra que vous motiver. La meilleure chose que vous pouvez faire est de vous récompenser à la fin de chaque étape ou bien voyez la récompense finale de plus en plus proche, l’aboutissement de votre rêve. Lorsque vous avez une date d’achèvement, vous êtes plus susceptibles de travailler sur votre objectif plutôt que de vous dire ce que vous devez éventuellement faire. Une date rend un objectif plus réaliste.

Les objectifs avec des étapes vous permettent de voir les progrès que vous faites en vue d’atteindre votre objectif. Vous pouvez envisager de faire un tableau avec les dates et les étapes qui s’y rattachent. Décomposez chaque étape avec les tâches que vous devez accomplir et les choses qui doivent être faites. Chaque fois que vous finaliserez une étape importante, vous serez plus près de votre objectif.

Plus vous vous rapprocherez de votre objectif et plus vous aurez de l’ambition pour vivre vos rêves et en faire une réalité. Si vous avez besoin d’améliorer vos compétences avant, prenez quelques cours. Ces cours seront une de vos étapes.

Si vos objectifs comprennent des tâches difficiles et qui exigent beaucoup de travail de votre part, n’hésitez pas à vous récompenser pour marquer le stade où vous en êtes dans votre projet. Par exemple, achetez une bonne bouteille de vin et célébrez l’étape que vous avez atteint. Faites quelque chose pour vous récompenser de votre travail acharné. Cela vous motivera pour la suite, et puis vous le méritez et vous êtes à la hauteur.

Pour tout projet que vous décidez d’attaquer ou effort que vous voulez atteindre, vous devez le concevoir comme un but avec une succession de marches à gravir une par une. Cela rendra l’objectif plus facile à atteindre et vous allez travailler plus dur pour y parvenir. De plus, vous disposerez d’un moyen pour évaluer à quel point vous êtes proche de réaliser dans votre vie ce dont vous avez toujours rêvé.

Soyez tout entier à ce que vous faites

« La seule manière valable d’étudier, dit Sydney Smith, est de lire en s’absorbant tellement dans sa lec­ture que l’heure du dîner paraisse venir beaucoup trop vite, de s’identifier si bien avec ce qu’on lit, qu’il faille 2 ou 3 secondes avant de réaliser où l’on est lorsque quelqu’un frappe à la porte. »

« La qualité fondamentale, sûre, indispensable de toute étude est la concentration, a dit Charles Dickens. Mes facultés d’invention, mon imagination n’auraient jamais pu me servir comme elles l’ont fait si je ne m’étais astreint journellement, patiemment, laborieusement à concentrer mes pensées. »

À quelqu’un qui, dans une autre occasion, lui demandait le secret de son succès, il répondit : « Je n’ai jamais rien entrepris sans m’y donner tout entier. » « Sois tout entier à ce que tu fais, écrivait Joseph Gurney à son fils, tout entier à tes études, tout entier à ton travail, tout entier à tes jeux. »

Ne jouez pas avec votre avenir.

« Je me mets à mon travail, dit Charles Kingley comme s’il n’y avait rien d’autre à faire dans le monde. C’est le secret de tous les bons travailleurs. Mais la plupart d’entre eux ne peuvent l’appliquer à leurs amusements. »

Beaucoup d’hommes ne s’élèvent jamais parce qu’ils restent « bons à tout faire » sans se spécialiser en rien.

« Bien des personnes, en me voyant engagé dans la vie active, dit Edward Bulwer Lytton, m’ont demandé : Quand trouvez-vous le temps d’écrire tous vos livres ? Comment parvenez-vous à abattre autant d’ouvrage ?

Ma réponse vous étonnera. Je leur ai dit : Je réussis à faire autant d’ouvrage en ne faisant jamais trop de choses à la fois. Pour pouvoir bien travailler, il ne faut pas se surmener ; car lorsqu’on abat trop d’ouvrage un jour, la fatigue empêche de bien travailler le lende­main.

Lorsque j’ai commencé à étudier réellement et sérieusement, ce qui n’est arrivé que lorsque j’ai quitté le collège, je puis dire que j’ai lu autant que la plu­part des hommes cultivés de mon temps. J’ai aussi beaucoup voyagé, je me suis occupé de politique et des différentes affaires de la vie, et en plus de tout ceci j’ai publié environ soixante volumes dont quelques-uns exigeaient des recherches spéciales.

Et combien pensez-vous que j’aie consacré de temps, en règle générale, á étudier, à lire et à écrire ? Pas plus de trois heures par jour, et pas même autant lorsque le Parlement était assemblé. Mais pendant ces 3 heures, je donnais toute mon attention à ce que je faisais. »

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La tragédie des joies différées

Le moulin ne moudra jamais avec l’eau qui a déjà passé.

Il y avait une fois un très brillant et charmant jeune homme qui décida d’employer la première moitié de sa vie à amasser un million, et le reste à jouir de ce qu’il aurait amassé. Il résolut de sacrifier tout ce qui l’empêcherait d’atteindre son but. Il fit taire le désir ardent qu’il avait de faire de la musique, et se refusa toute incursion dans l’art, dans tout ce qui aurait pu satisfaire les goûts de sa nature artistique et raffinée. Plus tard, disait-il, je m’accorderai toutes ces jouissances.

Mais lorsque ce jeune homme eut gagné son million, il désira en amasser un second, en travaillant quelques années de plus. Quand les 2 millions furent en sa possession, son ambition s’était encore considérablement accrue, et réclamait toujours davantage.

Ne soyez pas esclave de votre ambition

Il résolut cependant d’en rester là, et de jouir de ce qu’il avait amassé ; mais il découvrit bientôt qu’il était devenu l’esclave de son ambition, qui ne lui laissait aucun repos, et il continua à travailler, en refoulant toujours sa nature supérieure, jusqu’à ce qu’un jour, il se vit dans un miroir tel qu’il était.

Il fut peiné de constater que ses cheveux étaient déjà gris, que son visage avait des rides, et que sa taille se courbait. Pendant un moment, il ne put en croire ses yeux ; mais il dut se rendre à l’évidence ; il résolut alors de cesser sa chasse aux millions, et de jouir enfin de la vie.

Il s’aperçut bien vite, cependant, qu’il avait perdu le goût de ce qui était le but de ses aspirations juvéniles. Lorsqu’il commença à voyager, il dut constater que les chefs-d’œuvre d’architecture, de peinture, de sculpture, dont il se promettait autrefois tant de jouissance, étaient maintenant un livre fermé pour lui, parce que ses facultés esthétiques, étant restées si longtemps sans emploi, s’étaient atrophiées.

Il résolut alors de s’entourer d’amis. Mais la faculté d’aimer avait été absorbée par ses affaires. Il avait sacrifié ses amitiés à la poursuite de la fortune. Il pensa alors que son premier amour, la musique, ne s’était au moins pas éteint en lui, et il alla partout où il pouvait entendre de belles œuvres. Mais il découvrit bientôt que les affaires avaient aussi tué son sens musical.

Dans son désespoir, il essaya de tout pour découvrir ce qui pourrait l’intéresser et le rendre heureux, mais rien ne put lui procurer une jouissance durable. Il avait sacrifié sa jeunesse, sa santé, ses amis, ses goûts artistiques et littéraires, et il se trouvait maintenant posséder une fortune, sans pouvoir en jouir. Il avait l’argent, mais rien d’autre.

Que reste-t-il d’humain dans un être semblable ? Les nobles, grandes et sublimes qualités qui constituent les êtres normaux, ceux qui ressemblent à Dieu, ont été détruites par l’amour de l’argent.

Le temps viendra où ces monstres humains, à fortunes colossales, seront considérés comme les ennemis de tout ce qui est élevé et noble, doux et pur dans la vie humaine. Les hommes et les femmes n’adoreront pas toujours le Veau d’or.

Apprenez à jouir de tout au jour le jour

Le seul moyen d’être heureux est d’accueillir avec joie, au jour le jour, tout ce qui vient illuminer le chemin de notre existence. Renvoyer d’en jouir, jour après jour, année après année, jusqu’à ce que nous ayons acquis une meilleure position ou de la fortune, c’est nous priver, non seulement de la joie du moment présent, mais encore de la faculté de jouir dans l’avenir.

Une des plus grandes tragédies de la vie est le renvoi de la jouissance. Je crois qu’un des grands regrets de beaucoup de personnes approchant de la fin de leur existence, est de ne pas avoir vraiment vécu, d’avoir renvoyé les joies de la vie à plus tard, au lieu d’en jouir, comme elles venaient, au jour le jour.

Combien souvent nous voyons des jeunes s’élancer dans la vie avec un petit capital, et travailler pendant des années comme des esclaves, en mettant de côté tout plaisir et toute distraction, en se refusant le luxe d’une vacance, d’une soirée au théâtre ou au concert, l’achat d’un livre convoité, en se refusant même le temps de lire et de cultiver leur esprit, jusqu’à ce qu’ils aient plus de loisir et plus d’argent ! Ils se déçoivent eux-mêmes par la pensée que plus tard ils pourront avoir une vie plus agréable et se permettre ce qu’ils se sont refusé jusqu’alors.

Lorsqu’à la fin le moment arrive où ils décident qu’ils peuvent s’accorder un peu de plaisir, ils commencent à voyager, essayent de jouir de la musique ou des œuvres d’art, ou encore de cultiver leur intelligence par la lecture et l’étude. Mais il est trop tard. Ils se sont figés dans la routine de la vie qu’ils se sont imposée.

Des vies semblables se comptent par centaines autour de nous. Des milliers d’hommes font naufrage nerveusement, se trouvent pratiquement sans amis et sans foyer, tout simplement parce qu’ils ont tout sacrifié à l’acquisition d’une fortune. En valait-elle la peine ?

Ne laissez pas l’amour de l’argent rabaisser votre idéal

Combien de vies perdues pour avoir voulu sauver un chapeau, un paquet, etc., en s’élançant au-devant d’une automobile ou d’une voiture ! Quelle folie ! disons-nous, mais des milliers d’hommes ont perdu tout ce qui fait le charme de la vie pour avoir essayé de gagner quelques milliers d’euros de plus.

La Nature tient un bazar à prix unique. Elle vous laisse choisir ce que vous voulez, mais vous en payez le prix, et souvent vous dédaignez ce qui aurait eu infiniment plus de valeur que ce que vous avez pris.

Combien prennent l’argent, mais laissent leur caractère en échange ! Combien échangent leur habileté, leur éducation contre des billets de banque ! Combien troquent tout ce qui est délicat, fin et doux dans leur nature contre ce qui ne peut que leur donner une grossière satisfaction, et nourrir leurs instincts les plus vils !

Tandis que vous faites la chasse aux écus, votre virilité s’en va, votre caractère s’endurcit, votre sympathie pour vos semblables diminue, vos affections s’évanouissent. Vous découvrez que vous devenez toujours plus matériel, que les gens cultivés, bien élevés, ne vous intéressent plus autant qu’autrefois. Vous glissez sur la pente. L’amour de l’argent a rabaissé votre idéal.

L’homme plus avancé dans la voie du succès

Je connais des hommes d’affaires qui croient avoir bien réussi parce qu’ils ont amassé une fortune, et qui se reconnaîtraient à peine sur une photographie prise avant qu’ils se missent à la chasse aux écus. La diplomatie des affaires, la ruse, ont pris la place de leur ancienne droiture. Leur mot d’ordre : “Les affaires sont les affaires”, a complètement changé leur vie, et remplacé les principes et les convictions.

L’homme qui cultive l’habitude de jouir, qui profite de toutes les occasions pour s’accorder un innocent plaisir, pour égayer et élargir sa vie en écoutant de la belle musique ou en contemplant quelque belle œuvre d’art, en étudiant les beautés de la nature ou en lisant des livres qui inspirent, se trouvera inconsciemment bien plus avancé dans la voie du succès.

Il sera moins égoïste et moins avare, bien plus sympathique et plus en contact avec les autres, que celui qui se refuse toute jouissance et tout délassement jusqu’à ce qu’il ait amassé une fortune. Il n’y a rien de plus décevant que de croire que nous ferons demain quelque chose que nous croyons ne pas pouvoir faire aujourd’hui.

Miss Mulock l’a fort bien dit dans un de ses livres : “Personne ne sait voir ses propres bénédictions, et ouvrir son cœur pour en jouir, jusqu’à ce que l’heure dorée soit passée pour toujours. On découvre alors tout ce qu’on aurait pu avoir et faire.”

Combien de personnes se rendent esclaves, économisent sordidement pendant leurs meilleures années, en croyant fermement qu’elles seront préparées à jouir plus tard !

Oh ! le déficit de la vie, les précieuses années perdues à se préparer à jouir plus tard ! Oh ! la désillusion de toujours renvoyer le moment de jouir jusqu’à ce que les tissus du corps se soient durcis, et que les nerfs aient perdu leur faculté de transmettre les sensations agréables.

Le grand secret du bonheur

Il semble étrange que les hommes d’affaires qui réussissent bien, ne soient pas capables de se rendre compte que, lorsqu’ils se retireront de leur vie active, ils auront besoin de s’être entraînés à s’occuper d’autre chose que de ce qui a constitué leur spécialité.

Après tout, quelles sont les choses dont les hommes espèrent jouir quand ils se retireront ? Que ceux qui sont sur le point de le faire, se le demandent. Par exemple, si l’un d’eux répond : l’opéra, il y a grande chance qu’il s’y ennuie à mourir, s’il n’a pas développé son goût musical.

Qu’un homme d’affaires ordinaire choisisse les galeries de peinture, il sera fatigué de ces sortes de choses au bout de 2 jours. Son esprit n’a pas été dirigé dans cette direction. La carrière des affaires n’a rien qui puisse développer le goût des chefs-d’œuvre de l’art.

Qu’il essaye alors de voyager. Sans doute, avant 2 mois il sera fatigué de se transporter d’un lieu à un autre, et de vivre sans le confort et le luxe auquel il est habitué dans sa demeure.

Il pourra goûter pendant quelque temps la joie des sports, mais il en sera aussi bien vite fatigué. Il essayera peut-être de la philanthropie avec un désir sincère de venir en aide aux pauvres ; mais son esprit retournera sans cesse à ses anciennes occupations. Les facultés qui, pendant tant d’années, ont été constamment maintenues en activité, le ramèneront toujours à ses affaires ou à sa profession.

Le grand secret du bonheur est d’apprendre à jouir au jour le jour. Chaque journée doit être un jour de vacance, dans le sens le plus élevé du mot. Peu importe le nombre de nos occupations, quelque chose doit être introduit dans l’expérience de chaque journée qui élargira et enrichira l’esprit.

Chaque jour doit ajouter une nouvelle mesure de beauté et de joie à notre vie, avant qu’il fasse place au lendemain. Il n’a jamais été entendu qu’une seule partie de notre existence serait remplie de joie, tandis que le reste demeurerait stérile.

Cela ne sert à rien d’attendre pour jouir. Un auteur moderne dit : “On pourrait aussi bien chasser des papillons pour gagner sa vie, ou mettre le clair de lune en bouteille pour une nuit sombre ! Le seul moyen d’être heureux est de récolter les miettes de bonheur que Dieu nous offre chaque jour. Le petit garçon doit apprendre à être heureux tout en étudiant ses leçons, l’apprenti en apprenant son métier, le marchand en faisant sa fortune, ou ils risquent de ne plus pouvoir jouir lorsqu’ils seront parvenus au faîte de leur ambition.”

Celui qui est heureux

“Une légende orientale raconte qu’un puissant génie promit à une jeune fille un présent d’une grande valeur, si elle voulait se rendre dans un champ de blé, le parcourir en tous sens, et y cueillir l’épi le plus gros et le plus mûr. Elle accepta, et traversa le champ dans toutes les directions ; elle voyait partout des épis dignes d’être cueillis, mais elle continuait à chercher, espérant toujours en trouver un plus gros et plus beau. Elle arriva enfin dans une partie du champ où les épis étaient plus petits ; elle dédaigna de les cueillir, et revint de l’autre côté sans avoir jeté son dévolu sur aucun.

“Cette petite fable est la fidèle peinture de bien des gens, qui rejettent les bonnes choses qui sont sur leur chemin, et à leur portée, pour une autre chose, après laquelle ils soupirent, mais qu’ils n’atteignent jamais. Quand la nuit est noire et la place dangereuse, quand le chemin n’est pas sûr, une lanterne dans la main vaut mieux qu’une douzaine d’étoiles.”

Le garçon fréquentant l’école primaire croit qu’il sera heureux lorsqu’il entrera au collège ; le collégien rêve au moment où il sera étudiant ; l’étudiant ne vit que pour devenir professeur, et le jeune homme qui entre dans la carrière active regarde au temps heureux où il aura gagné assez d’argent pour s’acheter une jolie maison. Mais le temps qu’il met à atteindre ce but est tellement absorbé par ses occupations qu’il ne sait pas trouver le moment de jouir de la vie, et qu’il renvoie toute jouissance jusqu’au moment où il pourra se retirer des affaires.

Celui-là seul est heureux qui a appris à extraire le bonheur, non de conditions idéales, mais des conditions de la vie journalière.

“Si nous voulons voir la couleur de notre avenir, dit le diacre Farrar, nous devons la choisir dans le moment présent ; si nous voulons contempler l’étoile de notre destinée, il nous faut déjà l’avoir dans notre cœur.”

Cultivez vos qualités pendant le cours de votre carrière active

La majorité d’entre nous traversent la vie les yeux fixés sur un but lointain, les nerfs tendus pour l’atteindre. Nous laissons passer, le long de la route, les beautés indescriptibles de la terre et du ciel, et d’innombrables occasions d’aider les autres, d’embellir et d’illuminer la vie journalière, mais nous ne les voyons pas.

Inattentifs à tout ce qui ne touche pas au but désiré, nous arrivons enfin à notre destination, pour trouver quoi ? Nous avons peut-être obtenu ce que nous désirions : la fortune, les secrets de la science, la réputation ; nous avons satisfait notre ambition, mais au prix de tout ce qui adoucit, embelli, ennoblit la vie.

Il est triste de voir un homme qui a concentré toute sa vie dans ses affaires, parce qu’il s’imaginait que cette fortune serait une panacée à tous ses maux, ressentir, après avoir réalisé cette fortune, toujours le même mécontentement, les même désirs non satisfaits.

Partout nous rencontrons des hommes qui se sont voués à la vie commerciale pendant si longtemps, avec un tel zèle et un tel sérieux, qu’ils ont amoindri tous leurs plus nobles sentiments, tous les plus dignes attributs de leur nature. Ils sont devenus des automates-monnayeurs, des spécialistes du gain, et ne sont bons à rien d’autre. Ils sont malheurs dès qu’ils sortent de cette atmosphère. Leur fortune faite, ils n’ont rien à retirer.

Peu importe le chiffre de votre fortune, Monsieur le Riche, vos jouissances proviendront des facultés et des qualités que vous aurez cultivées pendant le cours de votre carrière active.

Si vous avez été bon et bienveillant, si vous avez été juste et généreux avec ceux qui vous ont aidé à gagner votre fortune, si vous avez développé la faculté de vous faire des amis, si vous vous avez été honnête et droit pendant votre période de gains, s’il n’y a aucun écu souillé dans vos piles, si, pour vous élever, vous n’avez foulé aux pieds personne, si vous avez développé votre bienfaisance et votre générosité, vous serez heureux.

N’est-il pas étrange qu’un homme égoïste et avare, pendant un quart de siècle, ose croire que la simple possession d’une fortune transformera toutes les habitudes de sa vie, et lui donnera les jouissances réservées à une plus noble existence ?

N’attendez pas pour profiter des joies et des bénédictions de chaque jour

“Nous traitons nos joies comme une de mes voisines traitait ses groseilles, écrit un auteur.

“Fais-nous un gâteau aux groseilles, disaient les enfants lorsque celles-ci commençaient à grossir. Mais la mère ne voulait pas entendre parler de les cueillir vertes ; il fallait attendre qu’elles mûrissent. Quand les groseilles furent mûres, les enfants les réclamèrent pour la table, mais la mère décida qu’elle en ferait de la gelée. Quand le moment de faire la gelée fut venu, la mère voulut attendre d’avoir terminé ce qu’elle faisait, afin de pouvoir y consacrer tout son temps. Mais hélas ! quand ce bienheureux moment fut arrivé, le soleil, les oiseaux et un orage inattendu avaient dépouillé tous les buissons !

“Voilà comment nous agissons avec les joies et les bénédictions de chaque jour. Nous disons : Oh ! combien j’aimerais pouvoir jouir de ce moment, si… et nous laissons l’épreuve, les difficultés ou le souci l’empoisonner. Nous espérons toujours pouvoir, une fois, jouir véritablement de notre santé, de notre foyer, de nos amis ; mais qui peut nous garantir que, lorsque ce jour si longtemps différé arrivera, les fruits seront encore aux buissons ?”

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Les ennemis jumeaux de notre bonheur : la crainte et le souci

J’écrivais chaque jour mes ennuis et mes soucis ; quelques années plus tard, lorsque je relus ces pages, je le fis en souriant et non en pleurant.
Le souci est la forme la plus populaire du suicide.
Les dieux que nous servons gravent leur nom sur nos visages.

Débarrassez-vous d’abord de votre crainte

Il y avait une fois un magicien qui éprouva une telle compassion pour une souris vivant dans une crainte perpétuelle du chat, qu’il la changea en chat. Mais ce chat commença à avoir peur du chien, et le magicien le changea en chien. Le chien à son tour eut peur du tigre, et le magicien le changea en tigre.

Mais ses ennuis ne finirent pas là, car le tigre se mit à craindre constamment le chasseur. Dégoûté, le magicien finit par le transformer de nouveau en souris, en lui disant : “Puisque tu n’as que les nerfs d’une souris, il m’est impossible de t’aider en te faisant revêtir la forme d’un plus noble animal.”

Beaucoup de personnes ne semblent pas capables de débarrasser leur esprit de la crainte. Quand elles sont pauvres, elles s’imaginent que la fortune et la santé les affranchiraient de toute crainte et de tout souci. Elles croient que si elles avaient ceci ou cela, si leur entourage était différent, elles pourraient être délivrées de l’inquiétude et de toute sa famille de vampires, mais quand elles ont obtenu ce qu’elles désiraient, le même vieil ennemi, quoique sous une forme différente, les poursuit encore.

Il n’y a pas de plus grands ennemis du bonheur que la crainte et le souci.

Partout et toujours, ils sont une malédiction. Rien ne peut nous atteindre, aucun désastre, aucun malheur, que nous ne puissions mieux supporter sans ces 2 destructeurs de la joie.

La crainte est vraiment un vieil, vieil ennemi, et le souci est son complice détesté. La crainte a toujours existé, mais le souci est la maladie de notre époque. Dans notre sagesse, à la fois nous avons pitié et nous nous moquons du barbare qui vivait dans une crainte mortelle de ses dieux cruels. Mais n’avons-nous pas aussi nos démons oppresseurs devant lesquels nos âmes tremblent et nos forces défaillent ?

Vous pouvez neutraliser ce grand destructeur de paix

Je connais un homme très estimable, dont la vie a été constamment entravée par la crainte. Il l’a combattue désespérément, mais ce n’est que récemment qu’il a compris qu’on pouvait la neutraliser par une suggestion mentale opposée. Il dit que la crainte a, dès son enfance, entravé l’épanouissement de son être et compromis tout ce qu’il a voulu entreprendre. Elle l’a empêché de mener à bien des choses dont il se sentait cependant parfaitement capable.

Depuis qu’il a appris comment il peut neutraliser ce grand destructeur de sa paix, de son bonheur et de ses succès, son attitude mentale a complètement changé. Il dit qu’il ne s’est jamais bien connu lui-même, et qu’il ne sut ce dont il était capable que lorsqu’il eut annihilé la crainte.

De la destruction de son ennemi est résulté un épanouissement considérable ; de faible, timide, indécis, craintif, qu’il était auparavant, il est devenu fort, vigoureux, confiant ; ses facultés latentes ont pu se développer, et son pouvoir mental s’est merveilleusement accru. Il peut accomplir maintenant, en un mois, et sans aucune peine, ce qu’il a mis autrefois une année à accomplir.

Ne soyez pas lâche

La crainte tue l’espoir ; le souci et l’inquiétude détruisent la confiance, la puissance de concentration, et paralysent l’initiative. La crainte est fatale à tout progrès. C’est l’empoisonneur du bonheur.

“Prenez un antidote contre l’impatience et le souci dès que vous percevez leur approche”, écrit un auteur.

Beaucoup de personnes craignent toujours quelque chose. Elles n’ont pas assez de courage pour jouir réellement de la vie. Elles ont peur de frayer avec ceux qui leur sont supérieurs par l’intelligence ou la fortune. De crainte que leur pauvreté d’esprit ou d’argent puisse être découverte, elles se privent des avantages et des plaisirs qu’elles retireraient d’une vie plus sociable. Ce sont des lâches, et les lâches ne sont jamais heureux.

Nous avons été créés pour dominer notre environnement, et non pour être souffletés par les accidents ou la malchance. Nos plus grands ennemis vivent dans notre propre cerveau, dans notre imagination, dans les idées fausses que nous avons sur la vie. Nous devrions être des conquérants au lieu d’être des esclaves, et il n’y a pas de plus grand esclavage que celui de la superstition.

La superstition et l’ignorance ruinent le bonheur d’une multitude de gens. On s’imagine que la superstition n’est pas nuisible, mais tout est nuisible de ce qui fait croire à un homme qu’il est le jouet des circonstances, qu’il est à la merci de signes et de symboles, qu’il y a dans le monde une puissance en opposition avec l’Omnipotent ; quelque chose qui travaille, et essaye de faire du mal aux êtres mortels.

La crainte n’est qu’un fantôme de l’imagination

On a estimé qu’il y a plus de 5000 différentes formes de crainte. Pour une multitude de personnes, la crainte de quelque malheur suspendu au-dessus de leur tête est toujours présente. Elle les hante, même dans leurs meilleurs moments. Leur joie en est empoisonnée, si bien qu’elles ne prennent aucun plaisir réel en quoi que ce soit. Le “squelette dans le buffet” est le fantôme qui les hante constamment.

La crainte de la maladie détruit aussi le bonheur d’une multitude d’autres personnes. Elles se représentent les symptômes de quelque terrible maladie dont elles se croient atteintes, et cette crainte continuelle nuit à leur nutrition, affaiblit leur force de résistance, et tend à encourager ou à développer toute tendance à la maladie, ou toute tare héréditaire qui pourrait sommeiller dans leur corps.

La crainte agit sur la circulation du sang et dilue toutes les sécrétions. Elle paralyse le système nerveux, blanchit les cheveux, ride le visage et ôte l’élasticité de la démarche.

D’autre part, tout ce qui nous rend heureux, tout ce qui nous procure une émotion joyeuse, relâche les vaisseaux capillaires et favorise la circulation du sang.

Les enfants qui vivent dans une atmosphère de crainte souffrent dans leur développement ; ils ne croissent pas naturellement ; leurs corps ne se développent pas normalement ; leurs vaisseaux sanguins sont plus petits, leur circulation est plus lente, leur cœur plus faible. La crainte tarit la source même de la vie, tandis que l’amour, qui bannit la crainte produit l’effet opposé.

Il est étrange qu’après tant de siècles d’expérience et d’enrichissement, la race humaine n’ait pas encore appris que la crainte n’est qu’un fantôme de l’imagination, et n’ait pas positivement refusé d’être torturée par cet ennemi de son bonheur.

Il semble que la race humaine aurait dû s’affranchir depuis longtemps de ces souffrances inutiles, mais nous nous laissons encore effrayer par les mêmes fantômes que ceux qui hantaient nos ancêtres, et qui pourraient être facilement détruits ou neutralisés par le changement de la pensée, de l’attitude mentale.

Regardez en arrière, vous qui touchez au terme de votre vie, et vous découvrirez que la crainte qui vous a vieilli prématurément, qui a ridé votre visage, détruit l’élasticité de votre démarche, l’éclat de vos joues, et vous a dérobé votre joie, était la crainte de choses qui ne sont jamais arrivées.

La crainte de la mort

Il est étrange que ce qui n’a aucune base réelle, comme la crainte, ait pu tourmenter l’humanité dès le commencement de son histoire jusqu’à maintenant. Nous savons que le Créateur n’a jamais mis, dans l’homme créé à son image, quoi que ce soit qui pût lui causer une telle détresse, et détruire son repos d’esprit et son bonheur en lui enlevant son énergie.

Un médecin a dit dernièrement que la crainte est aussi normale chez l’homme que le courage. On pourrait tout aussi bien affirmer que la discorde est de l’harmonie, que de dire que la crainte est normale.

La théologie et les credos sont trop imprégnés de terreur et de crainte, ils renferment trop d’ombre et trop peu de joie, trop de nuages et trop peu de soleil, trop de préoccupation de l’au-delà et pas assez du présent. C’est du Christ, et non pas de credos, que l’humanité a besoin.

Pendant des siècles, l’Église a propagé une si fausse idée de la mort qu’elle a aidé à en développer l’horreur. Cependant, elle est aussi naturelle que la naissance. Elle consiste simplement à franchir une des portes du chemin de la vie, à entrer dans un autre état d’existence consciente.

Le changement qu’apporte la mort est aussi naturel que le changement de la chenille en chrysalide, de la chrysalide en papillon. Elle est un nouveau stade de développement.

“La mort n’est que le pont couvert qui conduit à une plus grande lumière.”

Beaucoup de personnes ont une telle crainte de la mort, elles sont si terrifiées à sa seule pensée, qu’elles ne jouissent pas du présent, et n’en tirent pas tout le parti possible.

Certaines gens semblent toujours se préparer à la mort. Cette attitude mentale, cette vie dominée par l’ombre de la mort est démoralisante. C’est un squelette qui vient troubler toutes les fêtes. On ne jouit de rien avec cette crainte perpétuelle de la mort.

Arrêtez d’élever vos enfants dans une atmosphère de crainte perpétuelle de la mort

Je connais plusieurs personnes qui, depuis qu’elles ont dépassé le milieu de la vie, se préparent constamment à la fin, mettant en ordre leurs affaires, faisant leur testament, décidant comment leurs affaires devront être conduites après leur mort. Elles parlent constamment de la mort, la faisant sans cesse miroiter devant leur famille comme un perpétuel spectacle cinématographique.

Pensez quel mal cela peut faire à un enfant d’être élevé dans cette atmosphère de crainte perpétuelle de la mort, au point qu’il a peur d’aller se coucher, le soir ! Qu’est-ce que l’enfant sait de la mort ? Il n’en peut comprendre la signification, et n’en retient que l’horreur.

Je crois que l’image de la mort, imprimée dans les jeunes intelligences pendant leurs années de croissance (alors que l’imagination est si active), par les parents et par l’Église, est responsable d’une quantité de souffrances, et qu’elle a éloigné une grande multitude de gens de leur Créateur.

N’y a-t-il pas quelque chose d’incompatible entre l’idée du tendre amour de Dieu, que nous essayons d’inculquer à nos enfants, et l’horrible idée de la mort, qu’on leur inculque aussi comme venant de Dieu ?

Les 2 choses ne peuvent aller ensemble, et l’enfant ne peut éprouver, pour un Être responsable d’une mort aussi révoltante, le même amour que pour un Père tout aimant.

Ayez un sentiment d’absolue sécurité

Pendant des siècles, des multitudes de chrétiens ont vécu comme “des condamnés à mort dans un délai plus ou moins long”. La crainte constante de la mort leur enlevait toute joie.

L’âme confiante et calme jouit du plus noble bonheur, et éprouve un sentiment d’absolue sécurité dans toutes les circonstances. Lorsque quelqu’un croit qu’il est victime d’une destinée qu’il ne peut maîtriser, qu’il s’attend à tout instant à voir ses plans déjoués, son programme renversé, son espoir frustré sans avertissement. En d’autres termes, quand il n’a aucune certitude pour le résultat futur de ses efforts, il ne peut avoir cette solidité de caractère, cette force patiente, endurante, qui sont à la base de toute noble vie.

Il nous faut avoir la conviction qu’il y a en nous quelque chose de divin qui nous soutient en toutes circonstances, qu’un sage Créateur nous protège, pour que nous puissions développer en nous un caractère endurant.

Nous devons avoir un sentiment d’absolue sécurité, jusqu’à ce que nous ayons pu atteindre cet équilibre du caractère qui constitue la vraie virilité, chez l’homme comme chez la femme.

Aussi longtemps que, dans notre esprit, subsistera le moindre doute que nous fassions partie intégrante de l’éternel principe, du grand plan infini qui ne peut être détruit, et qui est au-dessus de l’atteinte du besoin, de la chance ou du malheur, notre caractère sera défectueux. Il manquera de cette force d’endurance qui est la caractéristique de toutes les nobles existences.

Tous les grands caractères ont eu cette foi invincible dans la réalité de l’amour divin et dans le but suprême de la vie, une confiance complète en Dieu, qui n’est pas le dieu de la mort, mais celui de la vie.

D’où vient cette crainte ?

La crainte provient de la conscience que nous avons d’être séparés du grand principe de l’Amour, de la Vérité et du Pouvoir omnipotent.

Peut-il y avoir quelque chose de plus rassurant, quelque chose qui prouve mieux notre unité avec la Divinité que cette parole si réconfortante du Christ : “Voici, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde !”

Il semble que les écrivains de la Bible, le Psalmiste tout spécialement, ont pris soin de nous fournir des remèdes pour tous les maux humains.

Toute crainte repose sur le fait que celui qui l’éprouve a la conscience d’être séparé de la Force infinie, du Secours permanent, et quand il en vient à comprendre qu’il peut être un avec le Pouvoir qui l’a créé et qui le soutient, quand il trouve la paix qui surpasse toute connaissance, alors il se sent heureux, et en repos.

Ayant touché pour ainsi dire ce Pouvoir, et en ayant goûté les bénédictions infinies, il n’aura plus jamais aucune crainte, ni aucun souci, et ne pourra plus se contenter “des potées de viande de l’Égypte”.

La crainte que nous éprouvons est toujours en proportion du sentiment de notre faiblesse, ou de notre incapacité à nous protéger nous-mêmes contre ce qui la cause.

Comment chasser la crainte ?

Le professeur Shaler, de l’Université de Harward, a dit que la plus grande découverte du siècle dernier est l’unité de toutes choses dans l’univers, la source unique de toute vie.

La vie aura pour nous une autre signification quand nous réaliserons notre communion avec le grand Principe qui a créé et soutient l’univers.

L’idée qu’il n’y a qu’un principe qui gouverne tout, une vie, une vérité, une réalité, que ce pouvoir est divin et bienfaisant, et que nous sommes dans un grand courant qui se dirige vers Dieu, vers le ciel, est une des croyances les plus inspiratrices, les plus encourageantes et des plus propres à bannir la crainte de l’esprit humain.

Le fait que, par notre être intérieur, nous faisons actuellement et nécessairement partie de ce grand et divin Principe, que nous ne pouvons pas plus être annihilés que les lois mathématiques, que nous avons part à toutes les qualités qui appartiennent à notre Créateur, que nous devons être parfaits et immortels parce que nous avons été créés par la Perfection, résout tous les grands mystères de la vie, et nous donne une merveilleuse sensation de sécurité et de contentement que rien d’autre ne pourrait nous offrir.

Donc, en proportion de ce que nous réalisons cette communion avec la Divinité, cette conformité avec notre Créateur, nos vies deviennent calmes, confiantes, productives.

Nos craintes, nos soucis, nos inquiétudes indiquent que nous avons perdu la conscience de notre filiation divine, que nous avons quitté la maison paternelle, que nous ne sommes plus à l’unisson avec l’Infini, et que nous sommes séparés du divin Principe.

Quand on sent sa main serrée par la main omnipotente, on est trop près de Dieu pour douter ou craindre, on sait qu’aucun mal ne provient de cette divine source, et tout sentiment de crainte s’évanouit. La conscience qu’actuellement “c’est en Dieu que nous avons la vie, le mouvement et l’être”, révolutionnera nos vies, et quand “l’esprit qui est en nous est le même que celui qui était en Christ”, nous ne connaissons plus la crainte.

Soyez capable de gouverner votre propre royaume mental

Chacun de nous devrait être capable de dominer sa propre mentalité, d’être le maître de son esprit en tout temps. Il est pitoyable de voir un homme fort être la victime de pensées torturantes qu’il pourrait étouffer en un instant.

L’esprit de beaucoup d’hommes est si affecté par une crainte et une inquiétude chronique, si troublé par des pressentiments, qu’on ne peut se fier à leur jugement. Quand la crainte domine, le bon sens, le jugement disparaît.

Un homme devrait être capable de gouverner son propre royaume mental. Il devrait pouvoir juger de la qualité des pensées auxquelles il donne accès ; il devrait avoir le pouvoir de leur ouvrir ou de leur fermer les portes de son intelligence. Mais quand nous regardons à notre vie passée, et constatons quels ravages la crainte et les soucis ont produits sur nos digestions, nos fonctions corporelles et nos nerfs, et le tort qu’ils nous ont fait dans nos relations de la vie journalière, nous sommes effrayés de leur pouvoir.

Gardez un idéal physique, mental ou moral très élevé

Des milliers de gens meurent chaque année de dépression mentale, d’espoirs trahis, d’ambitions avortées et d’affaiblissement prématuré. Nous n’avons pas encore appris à cultiver cette gaîté des grandes âmes bien équilibrées et bien confiantes dans la puissance que leur donne l’aide céleste, cette joie sublime qui est le plus grand remède préventif contre tous les maux terrestres.

Nous n’avons pas encore appris, en tant que peuples, que le chagrin, l’inquiétude et la crainte sont les grands ennemis de la vie humaine, et qu’on doit leur résister comme à la peste. Sans gaîté, il ne peut y avoir aucune action physique, mentale ou morale qui vaille, car la gaîté est l’atmosphère normale de notre être.

La grande chose est de garder son idéal physique, mental ou moral très élevé, de telle sorte que le souci, l’inquiétude et la crainte ne puissent pénétrer en nous. Notre force de résistance devrait être si grande que ces ennemis ne puissent s’introduire dans la place.

Dernièrement, je trouvai cette sentence qui me frappa : “Si vous ne pouvez être heureux quand vous êtes misérables, vous ne le serez jamais.”

Celui qui l’a écrite pensait sans doute que l’homme victime de son humeur, qui n’est pas maître de lui-même et de ses pensées, ne peut être le maître de son bonheur. Il ne peut dire s’il sera heureux ou non, parce qu’il ne sait pas ce qu’il éprouvera à tel ou tel moment.

Arrêtez de vous droguer

Bien des docteurs pourraient attester que l’usage croissant des narcotiques est dû à l’indulgence chronique témoignée à la crainte et à l’inquiétude. Il est regrettable qu’un grand nombre de remèdes, considérés comme des spécifiques pour toutes espèces de maux, puissent être obtenus si facilement dans les pharmacies.

Toutes les préparations qui contiennent de la morphine, de la cocaïne et de l’alcool, spécialement les remèdes contre les maux de tête, sont très dangereuses entre les mains de gens mal informés, et ont souvent de tragiques résultats. Il est si facile de se les procurer que les victimes de l’inquiétude sont tentées d’y chercher du soulagement.

L’habitude de se droguer est un des plus dangereux symptômes des temps modernes. Les remèdes sont si bien empaquetés, si faciles à porter dans la poche, si aisés à ingurgiter, que le danger d’en trop prendre est bien grand. L’usage si répandu des remèdes qui calment les nerfs indique quelle sorte de vie nous menons. La tendance à se droguer dépend de la tension anormale avec laquelle nous combattons pour gagner notre vie.

Nos nerfs sont continuellement surmenés ; nous ne savons plus trouver le temps de nous reposer ou de nous délasser. Il faut pourtant que nous arrivions à conserver notre capacité de jouir ; il faut que nous trouvions le bonheur à tout prix.

Aussi un grand nombre de personnes prennent-elles des stimulants ou des narcotiques afin de se procurer le bonheur physique. Elles recourent aux drogues pour échapper aux misères de la vie, et pour se procurer les jouissances que leurs esprits déprimés et leurs sens affaiblis peuvent encore trouver dans la vie.

Quand Frances Willard étudia, la première, les effets de l’intempérance sur les classes laborieuses de notre pays, elle dit : “Ils sont pauvres parce qu’ils boivent.” Mais avant peu, elle renversa les termes et dit : “Ils boivent parce qu’ils sont pauvres.”

Refusez que la vie fasse de vous des machines et des esclaves

Prenez le cas d’un ouvrier ordinaire, travaillant dans une grande usine ; il doit travailler comme un esclave toute la journée, et souvent même encore le soir ; il n’a que bien peu d’heures libres à sa disposition. Pouvons-nous le blâmer s’il cherche, pendant ces quelques heures, à se procurer des sensations qui coupent un peu la monotonie de sa vie journalière, et lui ouvrent le Nirvana où s’endorment ses nerfs et son corps fatigués ? S’il ne le faisait pas, il deviendrait fou, ou se tuerait. Telle est la loi de la nature.

Et comment un homme qui ne connaît que la fatigue du corps et de l’esprit, pourrait-il reconnaître et chercher pendant ses brèves heures de loisir le vrai bonheur de la vie ? Il croit qu’il n’y a qu’un moyen à sa portée de se procurer l’indispensable réaction ; une seule sorte de bonheur lui est offerte. Il pense qu’il doit boire jusqu’à ce qu’il soit assez ivre pour oublier son existence, et se procurer des sensations et des visions agréables.

Ceci est un exemple extrême. Mais il sert à faire comprendre les tendances anormales de notre époque auxquelles tous nous sommes exposés dans une certaine mesure, en tant que la vie fait de nous des machines et des esclaves.

Nous craignons de perdre notre faculté de jouir de la vie ; nous craignons que le souci et la peine nous privent du bonheur. Et si nous ne sommes pas capables de remplacer la crainte et le souci par le vrai bonheur qu’on trouve dans une vie normale, nous recourons aux moyens extérieurs, tels que les drogues et les stimulants, pour nous procurer la contrefaçon pathologique du bonheur.

Autrefois on recourait peu à ces moyens factices de donner un coup de fouet aux nerfs fatigués et au cerveau affaibli ; on avait davantage recours aux moyens naturels. Maintenant, nous voyons les hommes recourir constamment aux boissons alcooliques ou à l’usage immodéré du tabac.

Cherchez en vous-même et non à l’extérieur comment trouver le bonheur

Les hommes d’affaires forcent constamment leur système nerveux et leur cerveau à fournir un travail intensif, et ils se servent de ces moyens artificiels jusqu’à ce qu’ils aient épuisé toutes leurs réserves ; puis, lorsque survient la maladie, ils n’ont plus aucune force de résistance.

Le souci et la crainte ont fait plus d’ivrognes que toute autre cause. Tout ce qui peut faire évanouir les soucis, délivrer de l’oppression que causent l’inquiétude et la crainte, tout ce qui peut procurer du repos à l’esprit déprimé, angoissé et anxieux, voilà ce que l’humanité recherche.

Les millions d’hommes qui se ruent constamment dans les cafés le font parce qu’ils croient que la boisson leur procurera un soulagement momentané à ce qui les trouble, et qu’ils seront alors dans de meilleures conditions pour faire leur travail. Bien peu d’entre eux se rendent compte où les conduira la constante stimulation des liqueurs, du tabac, du café et des drogues.

Ils ne réalisent pas que cette excitation sera suivie d’une réaction fatale. Ils ne savent pas que l’alcool paralyse momentanément les nerfs des parois des vaisseaux sanguins du cerveau, qui retiennent ainsi une plus grande quantité de sang, et que cette congestion temporaire, qui donne l’illusion d’une activité plus intense du cerveau, est toujours suivie d’une réaction déprimante.

Tout ceci renforce la constatation de notre besoin inné de bonheur, et la fatale influence de la crainte et du souci. Pourquoi la plupart d’entre nous, qui avons cependant une assez bonne position en ce monde, ne sommes-nous pas plus capables d’être heureux ?

C’est que nous cherchons en dehors de nous l’aide qui est en nous. Et, dès que l’homme dépend d’une aide extérieure, il se sépare de la source du pouvoir ; il rompt le câble divin. Il enlève le trolley et n’est plus en contact avec le courant divin. Il a en lui tout le mécanisme nécessaire pour faire mouvoir sa machine humaine ; mais pour recevoir l’énergie divine, il faut qu’il mette le trolley de la foi et de la vérité en contact avec le courant divin.

C’est votre devoir de chasser le souci et l’inquiétude

Si nous étions en contact avec la Puissance infinie, nous serions sereins et équilibrés. C’est autant notre devoir de chasser tout ennemi de notre santé et de notre bonheur, que de chasser les voleurs de notre maison. Le souci et l’inquiétude n’ont pas plus le droit d’assombrir nos vies que les bêtes sauvages n’ont le droit de vivre dans nos demeures.

L’harmonie est aussi normale, pour l’homme que Dieu a fait, que pour la musique.

“Prenez garde de ne pas vous faire du souci.” “Restez gai et ne vous tourmentez pas.” Ces injonctions que l’on entend fréquemment tomber de la bouche du docteur lorsqu’il accompagne ses patients, montrent que les médecins croient à l’influence fatale, pour la santé, des soucis et de la tristesse ; ils les considèrent comme des malédictions.

Le souci empoisonne le sang, nuit à la nutrition ; le sang empoisonné, empoisonne à son tour la pensée, et empêche tout progrès mental. “Un jour de souci est plus fatigant qu’une semaine de travail. Le souci désorganise tout notre être, le travail le maintient en bonne santé et en équilibre.”

“Chaque moment de souci affaiblit l’âme pour son combat journalier, écrit un prédicateur bien connu. Le souci est une infirmité, il ne renferme aucune vertu. Le souci est une myopie spirituelle, une mauvaise habitude de regarder aux petites choses, et d’en exagérer la valeur.”

“Le souci est une espèce de folie. Nous traiterions d’insensé un homme qui prendrait chaque jour une dose de poison pour fortifier sa santé. Celui qui désire arriver au bonheur, et qui conserve l’habitude de se faire du souci, n’est pas moins déséquilibré. C’est se diriger vers le nord pour trouver le sud, descendre à la cave pour contempler l’arc-en-ciel ; c’est paralyser la force qui nous aiderait à surmonter le mal.”

Prenez soin de votre précieux capital

Que penseriez-vous d’un homme, sur le point de faire faillite, qui irait à la banque chercher le dernier argent dont il peut disposer, et le jetterait par la fenêtre, ou le dépenserait follement ?

Comprenez-vous, vous qui vous faites constamment du souci, que vous agissez d’une façon tout aussi insensée ? Votre puissance cérébrale, votre énergie, vos capacités sont le capital avec lequel vous devez faire face à la vie, et cependant chaque nuit d’insomnie, chaque moment d’inquiétude, d’agitation et de tension nerveuse, draine votre précieux capital.

Vous vous rendez malheureux, ainsi que ceux qui sont autour de vous ; vous détruisez le bonheur de votre foyer ; vous abrégez votre vie pour des mois, peut-être même pour des années. Vous voulez toujours dépendre des choses extérieures pour vous assurer le repos d’esprit, le confort, le bonheur, le succès. Mais ces choses sont sujettes aux accidents et, en mettant en elles votre confiance, vous repoussez tout ce que la vie pourrait vous offrir.

L’homme a un droit inaliénable au succès et au bonheur. Les enfants de Dieu ne sont pas les victimes de la chance, les jouets d’une destinée cruelle. Le courage et la gaîté sont en notre pouvoir, ils sont notre sûreté et notre préservation.

Il n’y a pas de pire tyran que le démon du souci, mais il ne peut nous tourmenter que si nous le lui permettons.

Il y a, il est vrai, des événements qui fondent sur nous sans que nous nous y attendions, certains états psychiques que nous ne pouvons ni prévoir ni empêcher. Mais une fois que nous en sommes conscients, nous pouvons les maîtriser.

Nous pouvons transformer la plus pénible expérience en bonheur. Il n’y a pas de plus grande joie que de surmonter le chagrin et l’amertume. Dans une semblable victoire, nous trouvons un bonheur plus grand que tout ce que nous aurions pu rêver.

L’antidote de la crainte

Nous sommes invités aujourd’hui à surmonter le souci, et cela nous ramène à l’ancien combat contre la crainte. La crainte doit disparaître. Cependant, à travers nos longs conflits, nous n’avons pas encore pu enlever cette citadelle. Il continue à nous terroriser, ce vieil ennemi de la race, qui nous dérobe notre bonheur et notre énergie, qui fait de nous des lâches obsédés par le souci, l’inquiétude, la jalousie et le sentiment de notre déchéance.

Il est grand temps que nous réalisions que nous ne pouvons pas le vaincre seuls. Au lieu de l’attaquer en face, nous devons inviter un autre, inconnu de lui et plus fort que lui, à venir le combattre. De même que la crainte ravage notre imagination, ce nouveau venu absorbera toutes nos pensées et nos sentiments, jusqu’à ce qu’à la fin il accapare pour lui le pouvoir que nous avons si longtemps donné à la crainte ; il sera l’antidote de la crainte – et son nom est la Foi.

Quand nous aurons donné pleins pouvoirs à la Foi, nous verrons la Crainte tomber de son trône. Nous ne pouvons pas l’en déloger par la force, mais petit à petit nous pouvons la pousser de côté pour lui faire céder la place à un maître plus puissant qu’elle. Et quand la crainte n’existera plus, le souci nous quittera aussi, et nous serons délivrés de ces 2 ennemis jumeaux de notre bonheur.

L’homme trouvera dans cette foi sublime une sécurité, une liberté, une force qu’il ne peut concevoir ; il deviendra participant du pouvoir divin.

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L’enchainement méthodique des idées

Bienfaits de la Pensée Ordonnée.

1. Par opposition à des êtres devenus veules et lâches, qui ne furent d’abord que des négligents, des indolents, voyez comment procèdent ceux qui tirent parti de leur pensée. Voici un ingénieur qui organise une usine. De même qu’il recueille les sous-produits de la fabrication, il se garde bien de laisser inemployée en lui aucune force. Le temps pendant lequel il se repose de l’étude personnelle de son affaire, il l’utilise à donner des ordres, à dicter du courrier, à surveiller le travail.

Voici un agent de publicité : au lieu de songer distraitement aux façons de répandre un certain produit, il s’enquiert des méthodes en usage, soit en France, soit à l’étranger, il combine plusieurs de ces méthodes pour les adapter au cas pratique, et par là même très précis, qui l’occupe.

Ces hommes n’assistent pas en spectateurs passifs au cours de leurs idées. Ils recherchent des analogies pour composer des groupes nouveaux de faits jusqu’alors non coordonnés; ils établissent des rapports, ils combinent des idées multiples autour de points centraux. Ils ont peut-être moins d’idées que certains rêveurs, mais ils ont des idées pratiques; ils ne sont ni paresseux, ni distraits, et leur réflexion leur « rapporte ».C’est ainsi qu’on fait son chemin, qu’on se crée une situation; de là vient la valeur d’un homme.

L’Ordre est Affaire d’Entraînement.

2. Entraînez-vous à cette réflexion méthodique : vous y prendrez vite goût. Elle fait l’intérêt de la science comme l’intérêt de la réalisation pratique.

Réfléchissez à cette question : « les conditions économiques ont-elles une influence sur le bonheur individuel ? » ; vous chercherez à rapprocher ces deux notions lointaines de conditions économiques et de bonheur, en tâchant de découvrir des rapports entre ces deux termes extrêmes; par exemple, vous vous demanderez quelles sont les causes générales du bonheur, quels sont les effets constatés des transformations économiques, en quel temps, en quels lieux on a cru distinguer une action véritable des conditions économiques sur le bonheur individuel; vous vous livrerez ainsi au travail de la pensée que nous avons décrit plus haut.

Ou bien posez-vous ce problème : « comment perfectionner chez moi le service du courrier ? »; vous tracerez les lignes générales du sujet; vous chercherez de quoi se compose un courrier, avec quels services différents il a des rapports, avec lesquels il n’en a pas; vous vous demanderez pourquoi des pertes de temps et des fuites sont possibles, où et comment se produisent des erreurs, par quels moyens on peut y remédier. Vous étudierez quelles méthodes sont employées à l’étranger, ou bien dans des maisons analogues à la vôtre. Le travail de votre pensée, ici encore, est bien du genre de celui que nous décrivions.

Imaginez ce que vaudrait la plaidoirie d’un avocat qui, ayant à défendre un client inculpé de meurtre, négligerait de se renseigner sur les circonstances exactes du crime, se fierait pour une part aux déclarations de son client, pour une part aux révélations d’une concierge, enfin à de vagues intuitions qu’il ne contrôlerait même pas; plaiderait au début les circonstances atténuantes, puis l’irresponsabilité, puis l’acquittement pur et simple ; négligerait de coordonner ses arguments, les présenterait pêle-mêle ou de façon contradictoire, et dédaignerait les règles les plus élémentaires de la progression oratoire. L’inculpé serait condamné… mais l’avocat aussi serait jugé !

Pensée Spontanée et Pensée Logique.

3. Avant de vous exposer les principes de la coordination méthodique des idées, il importe que nous écartions une possibilité de méprise. Nous ne prétendons pas vous transformer en machine logique, en classeur automatique. Il y a nécessairement, et il doit y avoir dans la vie, place pour la pensée spontanée, ne fût-ce qu’à ces moments de détente où la « distraction » est cherchée exprès, où l’on se repose, où l’on joue, où l’on dort. Nous vous enseignons les règles du meilleur travail; mais, certes, le plus travailleur ne travaille pas 24 heures par jour, de même qu’un comptable qui devient une sûre machine à calculer, ne calcule pas sans cesse. Ce n’est point avoir la superstition de la logique que de vous montrer en elle la règle du raisonnement juste.

Au surplus, la pensée méthodique non seulement se superpose à la pensée spontanée, mais elle la « suppose ». Il faut que celle-ci nous fournisse idées et souvenirs, pour que celle-là ait des matériaux à organiser. Il est donc bien entendu que nous ne faisons pas violence à votre esprit en vous indiquant, en vous prescrivant une pensée logique.

Le Jugement.

4. Laisser les images apparaître et disparaître en vous-même, telles qu’elles se présentent, c’est rêvasser, non pas penser. Penser, c’est juger, et juger, c’est comparer. Je puis comparer mes impressions ; alors je ne me contente plus de les éprouver, je les pense. Je puis, avec mes impressions relatives à certaines choses, en faire, à l’usage de mon esprit, comme un résumé : ce sera une idée. Or, comparer les idées en vue de préciser leurs ressemblances ou leurs différences, c’est penser avec logique.

Si, dans ma rêverie, l’image d’une pivoine succède à l’image d’une rose, ce n’est pas juger. Mais je jugerai si je dis : cette rose est moins rouge que cette pivoine, et aussi quand je préciserai les traits caractéristiques de ces deux fleurs. Ce que je penserai alors ne se réduira pas à énoncer des impressions personnelles ; je prétendrai reconnaître la nature des choses. C’est ainsi qu’un jugement prétend affirmer une vérité valable pour tous s’il porte sur des idées, non sur de simples impressions.

Remarquez que nous voyons plus clair en nos difficultés, en nos réflexions, quand nous les avons transposées de l’ordre de nos impressions dans l’ordre des idées qui nous sont communes avec autrui. Voilà pourquoi, tandis que la rêverie nous laisse dans le vague en nous plongeant dans notre fantaisie individuelle, la critique logique de nos idées leur donne de la rigueur et nous fait découvrir leurs défauts, aussi impartialement que si c’était autrui qui les apercevait.

Ajoutons que la pensée logique ne se borne pas à clarifier nos idées. Elle nous indique comment de leur agencement selon certaines combinaisons, peuvent résulter des conséquences utiles à connaître. On appelle cela raisonner. Le raisonnement compare des jugements, comme le jugement compare des idées.

Raisonner, c’est discuter avec nous-mêmes, décomposant et recomposant mentalement le sujet étudié. En ce sens le raisonnement précède le jugement et permet de le formuler en pleine clarté.

D’autre part plusieurs jugements peuvent se combiner en un raisonnement. De ce biais le jugement apparaît comme une condition du raisonnement, opération plus complexe.

La peur et la volonté

Synopsis

La Peur – Voir le monde comme quelque chose de grave et dangereux. La paranoïa. Souvent, vous aurez besoin d’aide pour surmonter ce niveau, sinon vous serez pris au piège pendant longtemps, comme dans une relation abusive par exemple.

La Volonté – A ne pas confondre avec le fait de fixer et de réaliser des buts, c’est le niveau de la dépendance, du besoin et de la luxure, les revenus, l’approbation, le pouvoir, la renommée, etc. La Consommation. Le Matérialisme. C’est le niveau où l’on fume, l’on boit et l’on se drogue.

Les Niveaux Suivants

La Peur

On peut trouver à ce niveau les gens qui sont sous la coupe d’une dictature ou ceux qui subissent une relation abusive. On peut y trouver de la paranoïa, quand on pense que tout le monde vous court après ou vous en veut. La suspicion et la défensive en sont la base.

Nous avons de nombreuses peurs : la peur du terrorisme, la peur de la mort, la peur de la séparation d’avec nos proches, la peur de perdre le contrôle, la peur de l’engagement, la peur de l’échec, la peur du rejet, la peur de perdre notre emploi, la liste est sans fin ! Beaucoup de nos peurs sont enracinées dans ce que l’on appelle nos “désillusions”, des moyens déformés de nous voir nous-même et le monde autour de nous. Si nous apprenons à contrôler notre esprit, à réduire et éventuellement à éliminer ces désillusions, la source même de notre peur, saine ou malsaine, est éradiquée.

Une crainte équilibrée de nos désillusions et la souffrance qu’elle engendre inévitablement est saine, car elle sert à engager une action constructive qui nous évitera un réel danger. La peur n’est qu’une impulsion jusqu’à ce que nous ayons rayé les causes de notre vulnérabilité, en nous faisant découvrir un refuge intérieur et spirituel. Une fois que nous y sommes parvenus, nous sommes sans peur car plus rien ne peut nous faire du mal.

La Volonté

La volonté est le vecteur majeur de notre société. Bien que la volonté puisse être un déclic vers le changement, l’inconvénient est qu’elle mène à l’esclavage. C’est le niveau de la dépendance à des choses telles que le sexe, l’argent, le prestige ou le pouvoir.

Nos volontés peuvent nous mener à accomplir de grandes choses ou des choses atroces. Chaque jour, nous sommes confrontés avec nos volontés. Nous sommes confrontés avec la volonté de faire des choses que nous savons mauvaises, et avec la volonté de faire des choses que nous savons justes.

Beaucoup de nos volontés sont illusoires ou au mieux exagérées. Il a été établi que quand nous n’accomplissons pas nos volontés, notre insatisfaction est un fait répandu, à cause de la fatigue du manque d’aboutissement de nos quêtes.

La conclusion finale est que l’on peut avoir une vie tolérable, non pas en éliminant toute volonté, car cela pourrait mener à l’ennui, mais en devenant un observateur détaché de notre propre volonté, et en gardant constamment à l’esprit que l’on ne peut pas assouvir tous ses désirs.

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