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Profil d’une femme idéale

Lettre d’un homme d’affaires à son fils pour réussir dans le vie.

De John Graham, succursale new-yorkaise de Graham et Cie., à son fils, Pierrepont, Union Stock Yards, Chicago. Sur le trajet du retour, le père a rencontré une jeune fille qui a suscité son intérêt et qui, à son tour, semble s’intéresser à M. Pierrepont.

NEW YORK, 4 Novembre,

la reussite est en moiCher Pierrepont : Qui est cette Helen Heath, et quelles sont tes intentions vis-à-vis d’elle ? Elle en sait beaucoup plus sur toi qu’elle ne devrait si tes intentions ne sont pas sérieuses, et j’en sais beaucoup moins sur elle que je ne devrais si elles le sont.

Nous n’avions pas encore perdu de vue la terre que nous avions déjà fait connaissance, et elle m’a traité comme son père pendant toute la traversée de l’Atlantique.

C’est une jeune fille très jolie, très avenant et très raisonnable – en fait elle est tellement le genre de jeune femme que je souhaiterais que tu épouses que je crains qu’il n’y ait rien entre vous.

Bien sûr, tu n’as pas encore d’importants revenus, mais tu peux acheter plein de bonheur avec 500 dollars par semaine quand tu as ta femme préposée aux achats.

Et alors, que je ne crois pas trop en l’amour dans une chaumière, l’amour dans un appartement, avec 500 dollars par semaine pour démarrer, est tout à fait convenable, si la fille est convenable aussi. Si elle ne l’est pas, peu importe en réalité avec quoi tu démarres, tu termineras mal de toute façon.

L’argent ne doit jamais être le facteur le plus important dans un mariage, mais il doit toujours être pris en considération. Quand un garçon et une fille ne pensent pas assez à l’argent avant la cérémonie de mariage, ils seront obligés de trop y penser après ; et quand un homme doit compter ses sous le soir à la maison, il aura un peu de mal à tenir son épouse sur ses genoux.

L’opinion répandue que 2 personnes peuvent vivre à moindres frais qu’une seule, est complètement fausse. Une bonne épouse double les dépenses d’un homme et double son bonheur, et c’est un bon investissement si on a de l’argent à investir.

J’ai connu des femmes qui avaient réduit de moitié les dépenses de leur mari, mais elles avaient besoin d’argent parce qu’elles avaient doublé leurs propres dépenses.

Je peux ajouter aussi que j’ai rencontré bon nombre de maris qui avaient réduit de moitié les dépenses de leurs épouses, et ceux-là font naturellement partie de nos affaires, parce qu’il s’agit de vrais porcs.

Il y a un point où l’économie devient un vice, et c’est quand un homme en charge son épouse.

Un célibataire ressemble beaucoup à un terrain constructible en friche – il peut valoir une grosse somme d’argent, mais en soi il ne sert à rien sauf pour y construire quelque chose.

Le gros problème avec beaucoup de ces gars c’est qu’ils sont de la “terre fabriquée”, et si on creuse quelques pieds, on tombe sur de la boue et de l’alcool sous la couche de dollars que leurs papas ont déversé dessus.

Bien sûr, la seule manière de traiter pareille offre est d’enfoncer un pieu de 40 pieds de longueur jusqu’à la roche solide et de poser alors du fer et du ciment jusqu’à ce qu’on obtienne une fondation sur laquelle il est possible de construire quelque chose de solide.

Mais beaucoup de femmes foncent la tête la première, sans examen préliminaire, et se demandent ensuite ce qui leur arrive quand les murs autour d’elles commencent à se fissurer et à s’effondrer dans un fracas épouvantable.

Les cas pareils me font toujours penser à Jack Carter, dont le père est décédé il y a quelques années laissant à Jack 10 millions de dollars, et me désignant comme tuteur et administrateur des 2 jusqu’à son 25ème anniversaire.

Je n’appréciais pas particulièrement cette mission, parce que Jack était comme une de ces charlottes russes, tout en crème chantilly, mousseline et extraits d’arôme coûteux, sans rien de consistant à l’intérieur.

Il n’y avait rien de vraiment mauvais en lui, mais rien de particulièrement bon non plus, et j’ai toujours estimé qu’il y avait plus d’espoir pour un gars carrément exécrable que pour celui qui est composé de maintes petites futilités. Jack était toujours très élégant et toutes les filles disaient qu’il était l’homme rêvé, mais moi je n’ai jamais été de ceux qui pouvaient se satisfaire de rêves.

Il est extrêmement rare que j’accepte de défiler en public, mais l’hiver après avoir hérité de Jack – il avait alors 23 ans – ta mère avait tellement insisté que j’ai finalement enfilé mon harnais de parade et l’ai laissé me sortir au trot à une soirée chez les Ralstons.

Bien sûr, j’étais dans la catégorie du Percheron, et je me tenais donc là avec plein d’autres vieux chevaux de gros trait, qui auraient du plutôt rester se reposer dans leurs stalles et observer les poulains de 3 ans batifoler et caracoler dans l’arène.

Jack en faisait partie, naturellement : il dansait avec la fille cadette de Churchill en la serrant un peu plus, me semblait-il, qu’il n’était nécessaire pour l’empêcher de tomber.

Il faisait travailler les 2 jambes en même temps, ne manquait jamais un coup de talons et produisait un courant régulier de paroles avec sa bouche. Et pendant tout ce temps il fixait cette jeune fille d’un regard aussi intense et avide qu’un terrier écossais un trou de rat.

À ce moment là, je m’étais justement trouvé coincé dans un angle de la pièce avec Edith Curzon, une magnifique grande brune dont je savais que Jack s’était entiché, et la petite Mabel Moore, une jolie blonde rondouillette, et il ne m’a pas fallu beaucoup de temps pour m’apercevoir qu’elles observaient toutes les 2 Jack d’un air qui ne laissait présager rien de bon.

En fait, il me sembla que la jeune fripouille était bien plus populaire que ce que je savais de lui ne justifiait.

Je me suis échappé tôt, mais le lendemain soir, alors que j’étais assis dans mon petit fumoir, Jack déboula dans la pièce, et sans aucun préavis s’exclama : “Elle est canon, n’est-ce pas M. Graham ?” J’ai du admettre que Mlle Curzon était en effet une superbe créature.

“Mlle Curzon, certes,” renifla-t-il “n’est pas mal dans le genre grande brune, mais je parle de Mlle Churchill”et il se mit à agiter les bras à la recherche d’adjectifs adéquats. “Mais comment pouvais-je me douter que vous pensiez à Mlle Churchill ?” répondis-je.

“Il y a à peine 15 jours, vous m’aviez dit que Mlle Curzon était une déesse, et qu’elle allait régner su votre vie et en en faire un paradis, ou quelque chose dans le genre. J’ai oublié les mots exacts que vous avez utilisés, mais vos pensées étaient très belles et vous faisaient honneur.”

“Ne me rappelez pas ça,” gémit Jack “ça me rend malade chaque fois que je pense quel idiot j’ai été”.

J’avoue que j’ai senti un léger malaise moi aussi, mais je lui ai dit que cette fois, au moins, il faisait preuve d’un certain bon sens ; que Mlle Churchill était une très jolie jeune fille et assez riche pour que ses sentiments pour lui ne prouvent rien de plus grave que son manque de discernement ; et que le mieux qu’il puisse faire était d’arrêter avec ses bêtises, de la demander en mariage, et de danser du talon, de l’orteil, et d’1, de 2, de 3 avec elle pour le restant de ses jours.

Jack hésita un peu, puis finalement décida d’ouvrir son coeur : “Là est bien l’ennui”, dit-il “je suis dans un pétrin incroyable – elle est la seule femme au monde pour moi – la seule que j’ai vraiment aimé, et que j’ai demandé en mariage – je veux dire, que je demanderai en mariage, mais je suis secrètement fiancé à Edith Curzon.”

“Je crois alors que vous l’épouserez,” lui dis-je ; “parce qu’elle ne me fait pas l’impression d’une jeune femme qui accepterait de laisser filer 10 millions de dollars sans dommages et intérêts”.

“Et ce n’est pas encore le pire,” poursuivit Jack.

“Pas le pire ! Qu’est-ce que cela signifie ? Vous ne l’avez pas secrètement épousée j’espère ?”

“Non, mais il y a Mabel Moore, vous savez.”

“Je ne le savais pas, mais je l’avais deviné. Vous n’avez quand même pas été un double idiot au point de lui accorder à elle aussi des droits sur vous ?”

“Non, non ; mais je lui ai dit des choses qu’elle aurait pu mal interprété, si elle a un tant soit peu tendance à prendre les choses au premier degré.”

“Vous pouvez parier que c’est le cas,” j’ai répondu. “Je n’ai jamais vu de gentille, jeune blonde potelée qui prendrait une offre de 10 millions de dollars pour une mauvaise plaisanterie. Qu’est-ce que vous lui avez dit au juste ? Je t’aime, chérie, ou quelque chose d’aussi malin et évasif ?”

“Pas ça – non, pas du tout ; mais il se peut qu’elle puisse induire cette signification de mes propos.

En entendant cela, je lui ai passé un savon mémorable, bien que je voyais qu’il pensait que ce n’était pas délicat de ma part. D’ailleurs, il n’a jamais caché qu’il me prenait pour un vieil ours mal léché, et son visage me montrait maintenant que je choquais sa nature sensible.

“Je suppose que j’ai été indiscret” dit-il, “mais je dois avouer que je m’attendais à une réaction différente de votre part après m’être dévoilé et avoué ce que j’ai fait. Bien entendu, si vous ne tenez pas à m’aider…”

Là, je le coupai net.

“Je suis dans l’obligation de vous aider. Mais je veux que vous me disiez la vérité. Comment avez-vous réussi à faire garder à Mlle Curzon le secret de vos fiançailles ?”

“Eh bien,” et il y avait maintenant un sourire craintif sur le visage de Jack, “je lui ai dit qu’en tant qu’administrateur de mes biens selon le testament de mon père, vous disposiez, malheureusement, complètement de mon argent – en fait, que la majeure partie en reviendrait à ma soeur si je me mariais contre votre volonté, et que vous ne l’appréciiez pas particulièrement, et qu’elle devait faire des efforts pour entrer dans vos bonnes grâces avant que nous puissions envisager d’annoncer officiellement nos fiançailles.”

J’ai tout de suite compris qu’il a du dire la même chose à Mabel Moore, et que c’était la raison pour laquelle ces 2 jeunes filles avaient été excessivement polies avec moi à la soirée de la veille. Aussi je décidai de ne pas y aller par 4 chemins.

“Vous êtes fiancé à cette Mlle Moore, aussi, n’est-ce pas ?”

“Je le crains bien.”

“Pourquoi n’avez-vous pas été honnête avec moi dès le début ?”

“Je ne pouvais pas, M. Graham. D’une certaine façon, c’était comme si tout s’était accumulé et vous avez une attitude si froide et insensible concernant ces choses.”

“Peut-être bien ; en effet. Jusqu’où vous êtes-vous engagé avec Mlle Churchill ?” Jack a soudain retrouvé sa bonne humeur.

“Là au moins, je suis clair. Elle n’a pas répondu.”

“Donc, vous l’avez demandé en mariage ?”

“Eh bien oui, du moins elle peut le prendre comme une sorte de demande en mariage. Mais là-dessus je ne me fais pas de soucis, parce que je désire l’épouser ; je ne peux pas vivre sans elle ; elle est l’unique…”

J’ai vu qu’il allait de nouveau déborder, alors j’ai arrêté le flot en fermant directement le robinet. Je lui ai dit de se préserver pour après la cérémonie de mariage.

Je l’ai installé à mon bureau, et lui ai dicté 2 lettres, l’une à Edith Curzon et l’autre à Mabel Moore, que je lui ai fait signer et sceller sur le champ. Il se tortillait dans tous les sens et essayait désespérément de se décrocher de l’hameçon, mais je ne lâchais pas prise.

Je lui ai fait cracher tout le morceau et dire qu’il n’était encore qu’un gamin immature ; qu’il s’était trompé ; et que tout était fini entre eux, mais j’y ai mis la forme. J’ai parsemé le tout de quelques mots élaborés et d’expressions recherchées.

Figure-toi que j’en étais venu à penser que la meilleure option dans cette déplorable affaire était la fille Churchill, mais je lui ai déconseillé des fiançailles tant que je n’aurai pas fini de déblayer le terrain.

Ensuite, j’ai prévu de rendre officielles leurs fiançailles en les annonçant moi-même tout en me tenant derrière Jack avec un fusil de chasse pour m’assurer qu’il ne fera plus n’importe quoi. Ils étaient tous 2 si étourdis, légers et volages qu’ils me paraissaient être faits l’un pour l’autre.

Jack saisit les lettres dès qu’elles ont été adressées et il s’apprêtait à les mettre dans sa poche, mais je fus plus rapide. Je pense qu’il avait prévu qu’il leur arrive quelque chose sur le chemin de la poste ; mais rien ne pouvait leur arriver, parce que j’ai fait venir le maître d’hôtel que j’ai chargé d’aller les envoyer sur le champ.

J’avais expédié les lettres de mon adresse, et j’ai gardé Jack chez moi pour cette nuit. Je m’étais dit que ça serait tout aussi bien de l’avoir sous la main pour les 1 ou 2 jours prochains.

Il est apparu au petit déjeuner avec la tête d’un veau allant à l’abattoir, et je pouvais voir que son esprit était entièrement occupé à suivre le facteur qui devait distribuer ses lettres. J’ai essayé de le distraire un peu en lui lisant quelques extraits du journal du matin concernant les problèmes d’autres personnes, mais il ne semblait pas s’y intéresser.

“Elles viennent sûrement de les recevoir”, gémit-il finalement dans sa tasse de café. “Pourquoi les ai-je envoyées ! Qu’est-ce que ces filles vont penser de moi ! Elles me mépriseront – elles ne voudront plus jamais m’adresser la parole.”

Le maître d’hôtel est revenu avant que j’eusse le temps de lui dire que c’était ce que nous avions prévu qu’elles fassent, et il s’adressa à Jack : “Veuillez m’excuser, monsieur, mais une dame vous demande au téléphone”.

“Une dame !” s’écria Jack. “Dites-lui que je ne suis pas là.” Parler à une de ces filles, même à distance ! Surtout pas. Il est devenu aussi pâle qu’un porc gelé rien que d’y penser.

“Je suis désolé, monsieur,” dit l’homme, “mais j’ai déjà dit que vous preniez votre petit déjeuner ici. Elle a dit que c’était très important.”

Je pouvais voir que la curiosité de Jack l’emportait déjà sur sa panique. Après tout, lança-t-il en me testant, il serait mieux d’entendre ce qu’elle a à me dire. Je le pensais aussi, et il saisit l’appareil et lança “Bonjour !” d’une voix qui se voulait forte et courageuse, mais qui chevrotait quand même. J’ai appris ce qui était dit à l’autre bout du fil quand la conversation fut terminée.

“Bonjour ! Est-ce bien vous, Jack ?” avait gazouillé la fille Curzon.

“Oui. Qui est-ce ?”

“Edith,” dit-elle. “J’ai votre lettre, mais je n’arrive pas à comprendre de quoi il s’agit. Venez cet après-midi et vous m’expliquerez tout ça, parce que nous sommes encore de bons amis, n’est-ce pas Jack ?”

“Oui – bien sûr,” bégaya Jack.

“Et vous viendrez ?”

“Euh, oui” répondit-il, et il raccrocha.

À peine s’est-il remis du choc qu’un coursier apporta un message, adressé d’une écriture de femme.

“Maintenant, c’est l’autre,” dit-il, après avoir ouvert et lu le message :

“Cher Jack : votre horrible lettre ne dit ni n’explique rien. Venez cet après-midi pour me dire ce que tout ça signifie. MABEL.”

“Et, rebelotte,” s’écria Jack, mais il n’arrivait pas à cacher son plaisir.

“Qu’est-ce que vous en pensez, M. Graham ?”

“Je n’en pense rien qui vaille.”

“Vous croyez qu’elles ont l’intention de me couper en morceaux ?” demanda-t-il.

“Comme une machine à saucisses ; et pourtant je ne vois pas comment elles pourraient vous supporter après ces lettres.”

“Alors, j’y vais ?”

“Oui, en fait je crois que vous devez y aller ; mais Jack, soyez un homme. Dites-leur clairement et franchement que vous ne les aimez pas comme vous devriez pour les épouser ; dites leur que vous avez revu votre ancienne petite amie il y a quelques jours et que vous avez réalisé que vous l’aimiez toujours, ou quelque chose dans ce genre, et restez-en à cette version. Encaissez ce que vous méritez. Si elles persistent à revenir à la charge, la seule chose qui vous reste à faire est de leur proposer de les emmener toutes chez les Mormons à Utah, et de les laisser vous partager entre elles à parts égales. Cela devrait régler l’affaire. Soyez ferme.”

“Comme un roc, monsieur.”

J’ai invité Jack à déjeuner avec moi en ville, mais quand je lui ai annoncé, vers les 2 heures, que nous devions partir, il m’a tellement fait penser au chat qui monte furtivement l’escalier de service sachant qu’en haut il y a un petit canari comestible – effrayé, mais heureux – que je lui ai de nouveau dit :

“Soyez ferme maintenant, Jack.”

“Ferme est le mot, monsieur,” répondit-il résolument.

“Et imperturbable.”

“Comme un soldat de garde.” Et Jack sortit en bombant le torse jusqu’à ce qu’il ait gonflé comme un pigeon sur le toit d’une grange, et il descendit la rue d’un pas ferme, paraissant, vu de dos, un homme viril, fort et honnête.

Je n’ai jamais su tous les détails de ce qui s’est passé par la suite, mais j’ai pu reconstituer les événements. Il y avait un fleuriste au coin de la rue.

Jack est entré dans la boutique et a fait expédier un bouquet de roses à Mlle Curzon, pour amorcer la conversation quand il arrivera chez elle. 2 blocs plus loin, il passa à côté d’un autre fleuriste, et envoya quelques lis à Mlle Moore, pour qu’elle ne pense pas qu’il l’avait oubliée pendant l’heure ou plus qu’il lui faudrait pour arriver chez elle.

Ensuite il chercha un peu et trouva un 3ème fleuriste, et il commanda quelques violettes pour Mlle Churchill, pour lui rappeler qu’elle lui avait promis la première danse au Blairs’ cette nuit là.

Ta mère m’avait dit que Jack avait l’instinct pour ces mêmes attentions que les femmes apprécient, et qu’il prenait grand soin à faire le bon choix de fleurs pour chacune d’elles.

D’après mon expérience, une créature qui a des instincts au lieu de l’intelligence a plutôt sa place dans les buissons avec les petits oiseaux.

Personne n’a jamais appris ce qui est arrivé au juste à Jack pendant les 3 heures qui ont suivi. Il s’est montré à son club vers les 5 heures avec la mâchoire figée dans une expression d’immense autosatisfaction, mais elle est soudainement retombée comme si un ressort s’était cassé quand il a vu que je l’attendais dans la salle de lecture.

“Vous ici ?” a-t-il demandé en se jetant dans un fauteuil.

“Certainement,” lui dis-je. “Je voulais savoir comment vous vous en êtes sorti. Vous avez entièrement réglé le problème, je suppose ?”, mais je voyais très bien qui il n’en était rien.

“Non – pas vraiment – je veux dire, pas entièrement ; mais j’ai fait un début très satisfaisant.”

“Tout repris comme avant, je suppose.” C’était si proche de la vérité que Jack sauta malgré lui, et explosa en se répandant en jurons. Je n’aurais pas été plus étonné si j’avais entendu ta mère jurer.

“Au diable, monsieur, je ne supporterai pas davantage vos maudites interventions. Ces lettres étaient d’une brutalité outrageuse. Je romps avec ces filles, mais je m’y prends d’une manière beaucoup plus aimable et, je l’espère, plus élégante.”

“Jack, je ne crois pas en ces sornettes. Vous êtes attaché à elles plus fortement et plus étroitement que jamais.” J’ai réalisé que j’avais touché en plein dans le mille, parce que Jack se mit à hurler, mais je le coupai court avec un “Allez au diable à votre façon,” et je sortis du club.

Je pense que Jack a du être très perturbé pendant toute une heure, mais un bon dîner lui fit oublier tous ses tracas. Il avait appris que Mlle Moore n’avait pas l’intention d’aller au Blairs’, et que Mlle Curzon avait prévu d’aller danser avec sa soeur à un autre endroit, ainsi il avait la voie libre pour tournoyer avec Mlle Churchill.

J’ai beaucoup étonné ta mère ce soir là en lui annonçant que j’irai moi-même au Blairs parce qu’il me semblait bien que la finale pourrait se jouer là-bas, et j’ai pensé qu’il serait utile que je sois dans les parages, parce que, tout en ne voyant pas comment je pourrais faire entendre raison à Jack, je me sentais dans l’obligation de faire mon possible au nom de mon amitié avec son père.

Quand je suis entré, Jack était en train de discuter avec Mlle Churchill, et il s’occupait avec un tel sérieux de son affaire qu’il ne m’a pas vu venir vers lui d’un bout de la salle, ni la soeur d’Edith Curzon, Mme Dick, une jeune femme très dégourdie, de l’autre côté, ni que Mlle Curzon, avec une de ses roses dans ses cheveux, l’observait de loin.

Il y a du y avoir un conseil de guerre entre les soeurs cet après-midi même, et un changement de plans consécutif pour la soirée.

Mme Dick m’a battu dans la course, mais j’étais juste derrière elle, très près de la première place. Il ne l’a vue que lorsqu’elle a été tout à fait à côté de lui et qu’elle lui a donné une petite tape sur le bras avec son éventail.

“Cher Jack,” dit-elle, tout sucre tout miel ; “cher Jack, je viens juste d’apprendre la nouvelle. Edith me l’a dit, bien que ça fait un moment que je me doute de quelque chose, coquin” et elle lui décocha une autre petite tape avec son éventail, comme un coup de patte d’un chaton.

Jack avait à peu près la même expression de visage qu’avait la vieille Mlle Curley, Présidente des Bons Templiers dans notre ville au Missouri, quand elle avait déjà à moitié englouti sa crème glacée à une fête quand elle a découvert qu’elle était assaisonnée de liqueur.

Mais il bégaya quelque chose et se dépêcha d’éloigner Mlle Churchill, cependant pas assez vite pour éviter qu’un gars qui passait par là ne l’arrêta et ne lui serra la main en disant, “Félicitations, mon pote. Je viens d’apprendre la nouvelle”.

La seule idée que Jack semblait avoir à ce moment là était de s’enfuir, et de s’enfuir vite et loin, et il traîna sa partenaire à l’autre bout de la salle, tandis que j’emboîtai le pas au groupe.

Nous étions presque arrivés au bout, quand Jack, qui ne regardait que droit devant soi, s’arrêta, hésitant, car là, à peine à 10 pieds de distance, se tenait Mlle Mabel Moore, portant ses lis, rougissant et souriant à quelque chose que le jeune Blakely lui disait. Je crois que Jack devina ce qu’était ce quelque chose, mais juste à ce moment là Blakely l’aperçut et se précipita vers lui.

“Toutes mes félicitations, Jack,” dit-il. “Mlle Moore est une jeune fille charmante”. Alors Mlle Churchill dégagea son bras de celui de Jack, se tourna vers lui et le regarda. Ses lèvres souriaient, mais il y avait quelque chose dans ses yeux qui poussa Jack à détourner son regard.

“Oh, Jack le chanceux dit-elle en riant. “doublement chanceux.” Jack eut l’air très embarrassé : “Il doit y avoir un fâcheux malentendu quelque part,” marmonna-t-il. Il fait horriblement chaud ici, je vais vous apporter un verre d’eau,” et il s’éloigna presque en courant. Il esquiva Mlle Moore, contourna Mlle Curzon et s’engouffra dans la porte de sortie. Il poursuivit sa route ; je le suivis.

Je devais me rendre à New York pour affaires le lendemain. Jack m’y avait précédé, il avait déjà acheté un billet pour l’Europe, et était en train d’arpenter le quai essayant de hâter le départ du navire.

Je descendis le saluer avant son départ, et il a avait l’air si malheureux que j’aurais presque eu pitié de lui si je ne l’avais pas vu sous un autre jour auparavant.

“Croyez-vous que tout le monde est au courant maintenant, Monsieur ?” me demanda-t-il humblement. “Ne pourriez vous pas étouffer l’affaire d’une façon ou d’une autre ?”

“L’étouffer ! Vous pourriez aussi bien dire ‘Stop’ ! à un train rapide et espérer qu’il s’arrêtera rien que pour vous.”

“M. Graham, toute cette histoire m’a brisé le coeur et je sais que je n’arriverai jamais à Liverpool. Je deviendrai fou pendant le trajet, et je me jetterai par-dessus bord. Je suis de nature trop sensible pour pouvoir supporter ce genre de situation.”

“Un scélérat sensible, oui : vous n’avez pas assez de courage pour ne pas le supporter,” dis-je. “Ressaisissez-vous et soyez un homme, et que ceci vous tienne de leçon. Au revoir.”

Jack me serra la main de façon mécanique et me regarda sans me voir, car son regard voilé de tristesse qui errait sur le port brilla soudain à la vue du joli petit minois de Mlle Fanny Fairfax.

Et tandis que je m’éloignais, il se penchait déjà vers elle, de la même vieille manière, plongeant son regard dans ses yeux bruns comme s’il y voyait un plat succulent

“Si j’avais pu imaginer que vous seriez à bord !” l’entendis-je dire. “Je suis l’homme le plus heureux du monde ; par Jupiter, je le suis !”

J’ai renoncé à Jack, et maintenant c’est une femme divorcée qui le fait marcher au pas. Je ne fais pas grand cas des divorcées, mais je dois admettre que celle-ci fait un très bon travail.

Elle a rendu Jack si docile qu’il lui mange dans la main, et il est si bien dressé qu’il ne permet pas à des inconnus de le toucher.

J’ai hérité d’un Jack – je ne pouvais rien y faire. Mais je n’ai pas envie de me réveiller et d’en découvrir un autre dans ma famille. Alors écris-moi tout en détail.

Bien affectueusement, ton père, GRAHAM DE JOHN.

Spéculer en bourse est-il vraiment conseillé ?

Lettre d’un homme d’affaires à son fils pour réussir dans le vie.

De John Graham, Union Stock Yards, Chicago, à son fils Pierrepont, Auberge des Voyageurs, New Albany, Indiana. M. Pierrepont a pris un petit risque en vendant à découvert des côtes à la Bourse de porc et son père l’a appris tout à fait par hasard.

Chicago, 15 Juillet,

la reussite est en moiCher Pierrepont : J’ai déjeuné hier avec le jeune Horshey, de la société Horshey & Horter, courtiers en céréales et alimentation, et alors que nous discutions du faible marché des porcs, ton nom a été mentionné en passant, et il m’a félicité d’avoir un fils si futé.

Comme un vieil imbécile, j’ai reconnu que tu étais un garçon intelligent, bien que j’aurais mieux fait de me taire car il semble que chaque fois que je commence à vanter tes qualités, je doive terminer au rabais.

Horshey tenait tellement à montrer que tu étais un poids lourd – il veut gérer une partie de mes affaires à la Bourse – qu’il a réussi à prouver que tu n’étais qu’un poids plume.

Il m’a dit que tu lui avais donné l’instruction de vendre 100 000 côtes à découvert la semaine dernière, et qu’il te les avait achetés par télégraphe avec un profit pour toi de 4.600 dollars et des poussières.

J’étais terriblement en colère, tu peux aisément le deviner, d’apprendre que tu avais spéculé, mais j’ai dû avaler la couleuvre et admettre que tu étais un garçon bien futé.

J’ai dit à Horshey de fermer le compte et de m’envoyer le chèque de tes bénéfices et que je te le transmettrai, car je voulais te filer un tuyau sur le marché avant que tu fasses d’autres transactions.

Tu trouveras le chèque ci-joint. Je te prie de bien vouloir l’endosser à l’ordre du trésorier de La Maison pour les demi orphelins et me le retourner immédiatement. Je veillerai à ce qu’il le reçoive avec tes compliments.

Maintenant, je vais te donner ce tuyau sur le marché. Il y a plusieurs raisons pourquoi il est risqué de faire des opérations boursières en ce moment, mais la plus importante est que Graham et Cie te licenciera si tu le fais.

Chercher le gain facile, c’est comme patauger autour du bord d’un vieux bassin d’eau : au début, ça paraît sans danger et aisé, mais avant même qu’on s’en aperçoive on fait un pas par-dessus le bord dans l’eau profonde.

La bourse des blés est à seulement 30 pieds de l’autre côté, mais elle mène directement à l’Enfer. Et spéculer sur la marge signifie spéculer sur le bord ébréché du néant

Dans ce système, quand un homme achète, il achète quelque chose que l’autre ne possède pas. Quand un homme vend, il vend quelque chose qu’il ne possède pas. Et je sais d’expérience que le profite net sur rien est zéro.

Quand un spéculateur gagne, il ne s’arrête pas jusqu’à ce qu’il perde, et quand il perd, il ne peut pas s’arrêter jusqu’à ce qu’il gagne.

Tu es dans le métier depuis assez longtemps maintenant pour savoir qu’il ne faut que 30 secondes à un “taureau” (6) pour perdre sa peau ; et si tu veux bien me croire sur parole quand je te dis qu’on peut peler un “ours” (7) tout aussi vite à la Bourse, même la bourse de commerce indien n’utilisera ta peau comme couverture pendant les longs mois d’hiver.

Comme tu es fils de boucher, tu crois que tu en sais un peu un plus que d’autres sur le Porc en papier. C’est complètement faux. On sait que les hommes les plus pauvres sur terre sont cousins des millionnaires.

Quand je vends des futures sur la Bourse, c’est pour des porcs qui voyagent dans le sel à raison d’un par seconde, et si la demande augmente j’ai de la viande solide à livrer.

Mais, si tu perds, la seule partie du porc que tu peux livrer est son couinement.

Je n’insisterais pas tant sur ce sujet si l’argent était la seule chose qu’on risquait de perdre à la Bourse. Mais si un employé vend du porc, et que le marché baisse, il risque de gagner de fausses idées et de mauvaises habitudes comme petite monnaie de ses bénéfices.

Et si le marché monte, il est probable qu’il baisse le respect de soi pour récupérer son argent.

La plupart des hommes pensent qu’ils peuvent compter tous leurs actifs en dollars et cents, mais un négociant peut devoir 1.000.000 dollars et être solvable. Un homme doit perdre plus que de l’argent pour être ruiné.

Quand un gars est droit et clair, ses créanciers ne perdent pas leur sommeil en se faisant du souci pour son passif. Tu peux cacher ta fourberie à ton cerveau et à ta langue, mais tes yeux ne garderont pas le secret. Quand la langue ment, les yeux disent la vérité.

Je sais que tu penseras que ton vieux fait toute une montagne d’un petit risque inoffensif. Mais j’ai sauvé des garçons bien plus futés que toi de la prison de Joliet quand il leur a semblé tout aussi facile de nourrir la Bourse du porc de mon tiroir caisse, après qu’elle ait aspiré toute leur épargne en 2 coups de langue.

Tu dois apprendre à ne pas surmener un dollar plus que tu ne surmènerais un cheval de trait. 3 pour 100 est un fardeau léger pour lui ; 6, c’est sans encore sans danger ; quand il en tire 10 il est probablement épuisé et tu dois veiller à ce qu’il ne regimbe pas. Quand il en tire 20 tu as une créature soit exceptionnelle soit totalement insensée, et tu veux savoir avec certitude laquelle c’est des 2 ; mais s’il en tire 100 c’est qu’il participe aux courses ou à quelque chose de tout aussi impitoyable pour les chevaux et les dollars, et très rapidement il ne te restera même plus sa carcasse à transporter à l’usine de colle.

J’insiste un peu sur le sujet de spéculation parce que tu habiteras à côté de la Bourse toute ta vie, et il vaut mieux en savoir plus sur les chiens du voisin avant d’essayer de les flatter.

Opérations Sûres, Bons Tuyaux et Véritables Occasions se précipiteront vers toi, remuant la queue, l’air innocent comme s’ils ne venaient pas tout juste d’égorger un agneau, mais ils te mordront. Le seul chemin sans risque à prendre dans la spéculation est de la fuir à toutes jambes.

Parler de choses sans risques me rappelle naturellement le cas de mon vieil ami du Missouri, le diacre Wiggleford. Le diacre était un homme très pieux, et il était bon selon ses propres critères, mais ces derniers étaient problématiques. Il passait la moitié du temps dans les réunions de prière à nous dire que nous étions tous de faibles navires et navigateurs.

Mais il était si occupé à exhorter les autres à donner de l’abondance que le Seigneur leur avait accordée qu’il en oubliait que le Seigneur l’avait gratifié lui-même d’environ 500.000 dollars qu’il avait placés, bien sûr, en investissements sécurisés.

Le diacre avait un frère à Chicago qu’il avait l’habitude de qualifier de plaie douloureuse. Le frère Bill était courtier à la Bourse, et, selon le diacre, il était non seulement impliqué dans une activité répréhensible, mais il était aussi piètre administrateur de ses gains coupables.

Il fumait des cigares à 4 sous et il portait un haut-de-forme. Il buvait un peu et jurait un peu et fréquentait l’église épiscopale, bien qu’il ait été élevé en méthodiste. Somme toute il semblait que Bill était une vraie tête de mule.

Un jour d’automne le diacre décida d’aller à Chicago pour acheter ses produits d’hiver et naturellement il décida de séjourner chez son frère, ce qui avait l’avantage d’être bien moins cher que l’hôtel Palmer House, même si, nous a-t-il dit à son retour, ça l’ait rendu malade de voir le gâchis.

Le diacre était impatient de dire à Frère Bill qu’à son avis, il ne valait pas mieux qu’un joueur de faro (8), parce qu’il avait coutume de se vanter qu’il ne laissait jamais rien le détourner de son devoir, ce qui signifiait se mêler des affaires des autres.

Je dois ajouter que pour la majorité des hommes le devoir signifie quelque chose de pénible que l’autre devrait faire. En réalité, le premier devoir d’un homme est de s’occuper de ses propres affaires.

D’après mon expérience, un homme doit accorder tout son temps et son énergie pour en maintenir un autre sur le droit chemin, et si on dépense 5 ou 6 heures par jour sur le caractère du voisin, on risque fort de bâcler la construction de sa propre personnalité.

Donc, dès le premier soir, quand Frère Bill est retourné à la maison de son travail, le diacre lui expliqua que chaque fois qu’il allumait son cigare il privait un Zoulou de 25 petites brochures utiles qui pourraient faire de lui un meilleur homme ; que les chevaux rapides étaient un piège et les chapeaux melon une ruse de l’Ennemi ; que la Bourse était le temple de Bélial et les courtiers ses fils et servants.

Frère Bill l’écouta patiemment, et quand le diacre sortit toute l’Écriture sainte qu’il avait en lui, et qu’il s’arrêta pour aspirer un peu d’air, il se glissa en quelque sorte furtivement, dans la conversation comme un jeune setter qui aurait été surpris avec des plumes sortant de ses babines.

“Frère Zeke” dit-il, “je réfléchirai avec le plus grand sérieux à ce que tu m’as dit. Je veux être un homme fort, sain et honnête, et honorer le contrat le jour de livraison. Peut-être, comme tu le dis, le mal est entrée en moi et le Contrôleur ne me laissera pas passer, et si j’arrive à voir les choses de cette manière, je règlerai mes affaires et je sortirai du marché pour de bon.”

Le diacre savait que Frère Bill avait amassé une fortune considérable et, comme il était célibataire, elle lui reviendrait de droit au cas où le courtier venait à disparaître par décret soudain de la Providence.

En réalité, il craignait que cet argent ne soit dilapidé dans un train de vie élevé et des opérations boursières. C’est pourquoi il avait tiré un coup de feu en plein dans la volée, espérant descendre ces 2 oiseaux.

Mais maintenant qu’il risquait d’exterminer tout le groupe, il voulut se protéger. “Est-ce que c’est risqué, William ?” demanda-t-il.

“Pas plus que l’école du dimanche” dit Bill, “si tu ne fais que du courtage et pas de la spéculation.”

“J’espère, William, que tu es conscient des responsabilités de ton intendance ?”

Bill poussa un gémissement. “Zeke” dit-il, “tu m’as mis au pied du mur et je suppose que je pourrais tout autant aller directement au bureau du Capitaine et régler l’affaire. Je n’ai pas acheté ou vendu un seul boisseau pour mon propre compte pendant un an jusqu’à la semaine dernière, quand j’ai reçu ta lettre annonçant ta venue. Alors j’ai vu ce qui me paraissait une opportunité sûre de boursicoter pour quelques cents par boisseau, et j’ai acheté 10.000 pour l’échéance de septembre, dans l’intention de te remettre les bénéfices en guise de petit cadeau, afin que tu puisses visiter la ville et prendre du bon temps sans que ça te coûte quoi que ce soit.”

Le Diacre crut que Bill s’est fait avoir et qu’il essayait de lui fourguer ses pertes, aussi adopta-t-il l’expression de visage qu’il prenait quand il assistait aux funérailles d’un individu insignifiant, et il riposta promptement et sèchement :

“Je suis étonné, William, que tu puisses croire que j’accepterais l’argent du jeu. Que ceci te serve de leçon. Combien as-tu perdu ?”

“C’est bien le pire – je n’ai pas perdu ; j’ai gagné 2.000 dollars,” et Bill poussa un autre soupir. “2.000 dollars !” dit en écho le diacre, et il transforma de nouveau l’expression de son visage en celle qu’il affichait quand il trouvait une fausse pièce dans sa caisse et qu’il ne pouvait pas se rappeler qui l’a lui avait refilée.

“Oui” poursuivit Bill, “et j’en ai honte maintenant, car tu m’as fait voir les choses sous un nouveau jour. Bien sûr, après ce que tu as dit, je sais que cela te serait un affront que d’accepter cet argent. Et je sens aussi maintenant qu’il ne serait pas juste que je le garde pour moi. La nuit portant conseil j’essaierai de trouver ce qu’il convient le mieux de faire.”

Je crois que le sommeil de Bill n’a pas été perturbé plus que ça, mais tu devines que le diacre a veillé tard le cadavre de ces 2.000 dollars. Le matin au petit déjeuner il demanda à Frère Bill de tout lui expliquer concernant ces affaires de spéculation, qu’est-ce qui faisait monter ou baisser le marché, et si le vrai maïs, blé ou porc, figuraient à aucune des étapes du processus.

Bill avait l’air triste et songeur, comme si sa conscience n’avait pas encore digéré les 2.000 dollars en question, mais il devait bien à Zeke cette explication.

Celui-ci avait changé l’expression de son visage en celle qu’il affichait quand il avait vendu à un client naïf des pois moulus et de la chicorée à la place du café, et de temps à autre il déglutissait comme s’il s’apprêtait à entonner un cantique.

Quand Bill raconta comment le bon et le mauvais temps influençaient le marché vers le haut et le bas, il hocha la tête et dit que cette partie de l’affaire était juste parce que le temps venait du Seigneur.

“Non, ce n’est pas le cas à la Bourse” rétorqua Bill ; “du moins, pas de façon claire ; ça vient du météorologue ou d’un menteur quelconque dans la région du maïs, et comme le météorologue se trompe souvent dans ses prévisions, je ne crois pas qu’il bénéficie d’une inspiration spéciale à ce sujet. Il s’agit de deviner ce qui se produira, pas ce qui s’est déjà produit, et quand le temps réel arrive tout le monde s’est trompé et a fait baisser le marché de 10 ou 20 cents.”

Cela fit tomber un peu les favoris du menton du diacre, mais il continua à l’interroger, et bientôt il découvrit que loin, très loin en arrière – environ une centaine de kilomètres en amont, mais c’était suffisamment près pour le Diacre – d’un marché à terme il y avait du vrai blé et des vrais porcs.

Il dit alors qu’il avait été mal informé et induit en erreur ; que la spéculation était une affaire légitime, impliquant de la compétence et de la sagacité ; que son dernier scrupule était enlevé, et qu’il accepterait volontiers les 2.000 dollars.

Sur ce, le visage de Bill s’éclaira immédiatement, il le remercia d’avoir exposé la chose de manière si claire et d’avoir dissipé les doutes qui le taraudaient. Il dit que dorénavant, il pourrait spéculer la conscience tranquille grâce au discours pertinent du diacre sur le sujet.

Il était seulement désolé de ne pas avoir eu l’occasion d’en parler avec lui avant le petit déjeuner, parce que ces 2.000 dollars avaient pesé si lourd sur sa conscience toute la nuit qu’il s’était levé très tôt et envoyé le chèque au pasteur du diacre en lui demandant de l’utiliser pour ses pauvres.

Zeke prit le train le soir même pour arriver chez lui à temps afin d’essayer de soutirer le chèque au pasteur, mais le vieux Doc. Hoover était un marcheur rapide et il avait dépensé les 2.000 dollars dès réception en provisions de charbon de chauffage pour les pauvres

Je mentionne le diacre juste en passant comme exemple qu’il est facile pour un homme qui se croit honnête de s’écarter du droit chemin quand il voit 2.000 dollars traîner au bord de la route, mais quand il se baisse pour ramasser l’argent celui-ci est en général accroché à un fil et il y a, caché derrière les buissons, un petit garnement qui le tire d’un coup sec. L’argent facile n’apporte jamais des intérêts ; l’argent facilement emprunté paye l’usure.

Naturellement, la Bourse ainsi que tout autre échange commercial, ont leurs usages légitimes, mais tout ce que tu dois savoir pour le moment, c’est que la spéculation sur le porc quand on n’en possède pas plus que ce qu’on voit dans son assiette au petit déjeuner, n’en fait pas partie.

Quand tu deviendras boucher, tu pourras aller à la Bourse en tant que négociant ; jusque-là tu ne peux y aller que comme pigeon.

Bien affectueusement, ton père, JOHN GRAHAM

Changer votre vie. Changer votre esprit

la reussite est en moiVous rêvez d’être le patron heureux d’une grosse entreprise? Vous voulez acheter la maison dont vous rêvez depuis de nombreuses années? Quel est exactement votre idée du succès?

Le succès est de concrétiser ce que vous déterminez et ce que vous entreprenez!

Vous déterminez vous-même ce que le succès est pour vous. Le succès n’est pas basé sur une idée qui n’est pas la vôtre. Il ne dépend pas de mesures matérialiste. Pour certains, le succès est le voyage, lui-même.

Le succès peut être quelque chose de matériel comme de l’argent ou une nouvelle maison. Il peut être quelque chose d’égoïste comme la puissance ou la gloire qui viennent avec une position de chef ou de leader. Elle peut être émotionnelle comme trouver l’amour et s’engager. Le succès peut aussi être généreux et altruiste, comme voir les enfants dans les pays du tiers monde en bonne santé et en sécurité. Le succès n’a pas de nom ou d’identité spécifique. Il n’est pas possible de décrire ce qu’est le succès au-delà de la définition ci-dessus. Le succès signifie quelque chose de différent pour chaque individu.

Cependant, tous ceux qui réussissent ont une chose en commun: la détermination! Pour réussir, vous devez d’abord être déterminé à réussir. Bien qu’elle ne soit pas toujours une décision consciente, la ‘graine’ qui conduit à l’action est la détermination.

L’histoire de Diane, est un excellent exemple de volonté de l’esprit conscient et d’une façon d’agir inconsciemment comme une détermination.

L’amour de l’écriture a commencé lorsque Diane était à l’école, lorsque ses amis écrivaient de courtes histoires et des poèmes à propos de leurs idoles de musique préférée. Diane essaya d’en faire autant. Ce qu’elle écrivait est devenu si populaire qu’elle commença à écrire des articles. Chaque fois, ses amis attendaient impatiemment le suivant. De là, elle commença à écrire différentes sortes de choses, de la poésie, de la philosophie et parfois seulement ses opinions. Il remporta quelques concours de rédaction à l’école, mais la plupart de ses écrits étaient pour elle. C’était son passe-temps favori. Quelque chose qu’elle faisait pour passer le temps ou un moyen de mettre ses idées sur le papier. Une fois entrée à la faculté, elle n’a plus écrit sur ses idées. Elle obtint un double diplôme en psychologie et en gestion d’entreprise. Diane travailla dans une entreprise plusieurs années puis ensuite, elle fit de l’écriture sa profession.

Elle pensait que c’était un hasard, mais en fait, dans tous les postes qu’elle occupait, ses responsabilités avaient un rapport avec l’écriture; en premier lieu, des activités d’édition de rapports et de livres, ensuite rédiger des bulletins mensuels d’information de l’entreprise. Puis elle commença à travailler comme secrétaire après avoir déménagé dans un autre État. Étant habituée à une lourde charge de travail, on lui donna un travail plus facile à faire pour son rédacteur technique qui écrivait un « manuel de l’employé d’entreprise ». Dans ses fonctions, Diane avait écrit un guide similaire dans un emploi précédent, elle remplit les lacunes, elle passa en revue le contenu de son manuel pour le compléter et donna l’esquisse à son rédacteur technique pour la révision. Sa tâche était seulement de présenter ce qu’elle avait écrit. Étant satisfait de son travail, on lui proposa un emploi de rédacteur et peu après, un emploi de coordinateur de documentation technique où elle écrivait des manuels techniques sur mesure. Bien qu’il semble que Diane « soit tombé » dans la rédaction professionnelle, elle l’avait « déterminé » des années auparavant en écrivant des articles à l’école. Aujourd’hui, elle écrit professionnellement depuis plus de 20 ans, y compris des livres et des romans. Quand je lui ai demandé pourquoi ne pas avoir été dans une école de journalisme, elle répondit qu’elle ne s’est jamais posé la question. Sa passion était la psychologie. Elle ne s’était jamais considéré comme une écrivain et avait toujours penser que son niveau pour écrire était limité. Elle a toujours écrit en professionnelle sans s’en rendre compte.

Alors quel fut le problème de Diane? Dans son subconscient, elle avait « déterminé » d’être écrivain. Pourquoi lui a-t-il fallu si longtemps? Parce qu’elle n’avait pas d’objectifs clairs en lequel elle croyait!

Le succès est un processus en deux parties – la détermination et la conviction! Les deux commencent dans l’esprit. Diane eut la chance que sa détermination de l’écriture devienne sa carrière. Elle commença à réfléchir, parce que la détermination créé des possibilités – ses supérieurs ont aimés son écriture et lui ont donné plus, les enseignants du collège lui avaient fait des éloges. Un homme avait même pleuré après avoir lu un de ses poèmes. C’est là qu’elle a commencé à croire en ses capacités à écrire. Elle a commencé à croire qu’elle avait du talent – si elle n’en n’avait pas, elle ne serait pas écrivain aujourd’hui. Cela a été suffisant pour transmettre l’impulsion de la profession de son désir. Elle aurait pu atteindre son succès beaucoup plus tôt s’il avait travaillé consciemment dans ce sens.

Il est important d’être concentré sur votre chemin vers le succès et tout aussi important de préparer votre corps et votre esprit à la réussite que vous recherchez. Il ne suffit pas d’être un membre anonyme de la société dans laquelle vous vivez et laisser les autres décider de votre sort, de permettez à la vie de vous guider, de créer des conflits, des ressentiments et des occasions perdues. Ne pas avoir une idée claire dans la façon de mener votre vie signifie que:

  • Vous terminez dans des situations qui ne vous plaisent pas. Pourquoi? Parce que si vous n’avez pas une idée claire de ce que vous voulez dans la vie, vous obtenez ce qui est erroné, provoquant des conflits parce que vous n’avez pas ce que vous voulez, mais que vous n’avez jamais déterminé, des mauvaises relations les unes après les autres, des mauvais emplois les uns après les autres et ainsi de suite.
  • Vous n’aimez pas votre vie et vous n’aimez personne. Votre vie n’est pas celle que vous aviez imaginée! En fait, si vous aviez pris le temps de vraiment imaginer quelque chose pour vous-même et aller au-delà du rêve et du désir avec détermination et foi, aujourd’hui vous ne seriez pas en train de lire ce livre.
  • Vous manquez des opportunités qui pourraient vous aider à atteindre plus rapidement votre objectif. Vous ne prenez pas de risque – vous jouez la sécurité. Pourquoi? Parce que vous ne reconnaissez pas les opportunités comme telles, quand elles se présentent.

Les chapitres qui suivent montrent les étapes que vous devez prendre pour changer votre vie MAINTENANT! Ils vous enseignent comment être conscient de votre chemin de vie. Il n’est jamais trop tard pour commencer.
Les principes qui suivent sont utilisés pour tout type de succès recherché.

Préparez-vous à ouvrir de nouvelles opportunités pour vous-mêmes et réussir dans quelque soit le domaine que vous désirez – cela peut être n’importe quoi à n’importe quel moment et n’importe où. Il suffit d’ouvrir votre esprit aux possibilités, alors …

     Changez Votre Esprit – Changez Votre Vie!