LES 4 FONCTIONS DU SOMMEIL

Le sommeil correspond à la déconnexion du cerveau central avec le système végétatif. Cette déconnexion concerne la vie de relation (langage, réflexion, sensations, motricité), et permet à d’autres fonctions vitales de se mettre en œuvre durant le sommeil afin de se préparer à vivre une nouvelle journée.

Parmi ces fonctions:

. Le repos – la relaxation – la récupération

. La protection – la restauration (cellulaire) – la régulation

– L’épuration, la recharge en énergie vitale

– L’apprentissage, la mémorisation et l’oubli.

1ère fonction, LA RELAXATION.

Le sommeil est un vestige archaïque du temps où les hommes devaient rester au calme, le système nerveux mettait cerveau et organisme au repos. Le système cardiovasculaire bénéficie de ce repos. Mais, le sommeil est bien plus que du repos. Si vous restez allongé sans dormir toute une nuit, vous serez obligé d’admettre que vous n’êtes pas aussi bien reposé que si vous aviez dormi ! A la fin de la journée, nous sommes fatigués, après une bonne nuit, nous avons récupéré. Tout l’organisme bénéficie de cette récupération. La fatigue physique et mentale entraîne une réponse homéostasique, le sommeil restaure un équilibre dans le système nerveux central. Durant le sommeil lent profond, nous sommes dans une phase de relaxation qui nous permet de récupérer. D’ailleurs, la privation du sommeil lent profond provoque des troubles tels que l’inattention, la lenteur, des attitudes inadaptées.

La baisse d’adénosine observée durant le sommeil et son accumulation durant la journée a inspiré la théorie protectrice. Celle-ci affirme que le sommeil servirait à limiter le temps de l’action et à protéger de la fatigue et que l’éveil protégerait l’homme de l’inaction, avec ses dangers.

« Nous dormons pour protéger l’organisme des inconvénients de l’éveil prolongé». (Pieron- Pavlov).

2ème fonction, L’EPURATION.

L’épuration, la recharge en énergie vitale qui vont permettre à l’organisme, de se re-préparer au cours de ce sommeil, à vivre une nouvelle journée.

Cette fonction d’épuration consiste à un nettoyage de tout l’organisme durant la nuit ; en naturopathie, on la nomme phase de désintoxication. Cette épuration est 2 fois plus efficace la nuit que le jour, et c’est au cours des 3-4 heures avant minuit qu’intervient cette phase émonctorielle. Celle-ci faisant suite à la digestion.

Le foie, les reins, la peau épurent les liquides (sang, lymphe etc.) ; les tissus surchargés sont aussi nettoyés    . Lorsque nous constatons lors de la 1ière miction du matin, que nos urines sont foncées, cela signifie que l’épuration durant la nuit a été correcte. D’où la nécessité de ne pas trop surcharger les repas du soir, ce qui pourrait déranger ce travail d’épuration.

Sur le plan mental, l’épuration intervient au cours des rêves périodiques (toutes les 1h30).

3éme fonction, LA RESTAURATION CELLULAIRE.

Le sommeil est hautement qualifié également, pour régénérer les tissus du corps ; pour cicatriser les blessures. Au cours du premier sommeil surtout, il y a en particulier la sécrétion d’une hormone importante, dont le rôle est de favoriser la reconstitution des cellules usées, c’est important pour la croissance, et pour les personnes qui connaissent des désordres sur le plan cellulaire. Il conviendra donc d’avoir un endormissement profond au moment où cette sécrétion hormonale est optimale. Le sommeil avant minuit est plus régénérateur que le sommeil après minuit. Passé minuit, le sommeil s’allège.

4ème fonction, LA RECHARGE en énergie vitale

Dans la mesure où le sommeil a été suffisamment profond et réparateur, va servir à alimenter en influx nerveux la substance blanche sous-corticale et les plexus nerveux et servir à la “recharge” des glandes endocrines dont les hormones jouent un rôle fondamental dans le maintien de la vie et de la santé. Quand le sommeil a été efficace, c’est à dire si l’épuration somato-psychique a été correctement effectuée, le matin on se réveille en pleine forme, plein d’énergie, et l’organisme étant bien reposé, la pensée du matin est beaucoup plus claire que celle du soir.

Durant le sommeil, il y a aussi réduction des dépenses énergétiques et reconstitution des stocks d énergie métabolique (glycogène contenu dans le foie).

En résumé, au cours du sommeil, le corps physique comble ses pertes minérales, et remplace les cellules mortes, le psychisme s’épure par les rêves et enfin le corps se recharge en énergie.

Ces 4 phases sont celles du sommeil naturel réparateur. Aucun traitement ou méthode médicale ne peut y suppléer, il faut donc apprendre ou plus exactement réapprendre à dormir selon des méthodes physiologiques fondées sur une hygiène alimentaire, nerveuse et mentale.

Selon d’autres théories, le sommeil paradoxal jouerait un rôle important, soit dans la mémorisation, soit dans l’oubli.

Les théories psycho dynamiques considèrent le sommeil paradoxal (ou le rêve) selon la théorie freudienne. Le rêve serait l’expression d’une « libération des pulsions instinctives » bloquée normalement par le préconscient en même temps qu’il serait le gardien du sommeil.

Fonction de mémorisation qui se différentie selon les phases, la mémoire des faits rationnels se fait pendant le sommeil lent profond, le triage et l’intégration des données émotionnelles et créatives pendant le sommeil paradoxal moment aussi, selon certains, d’évacuation des informations inutiles pour éviter la surcharge mentale.

Des travaux récents suggèrent que le sommeil permet de maintenir les connexions entre les neurones (synapses), consolidant ainsi la mémoire innée (comme celle du chant de l’oiseau) et la mémoire acquise (comme celle

des leçons). Pour bien se souvenir de ce que nous avons appris pendant la journée, il faut dormir. Le sommeil favorise donc le stockage et l’organisation de nouvelles connaissances. Ces processus nécessiteraient que le cerveau soit coupé des stimulations extérieures

Le lien entre sommeil, apprentissage et mémorisation, très étudié lui aussi, n’en demeure pas moins ambigu. Le sommeil a d’une part une importance certaine pour l’acquisition optimale de nouvelles tâches. Plusieurs études suggèrent par exemple que lorsqu’on perturbe le sommeil paradoxal de sujets, certains apprentissages se font plus lentement. Le sommeil paradoxal semble particulièrement important pour l’acquisition de capacités visuelles et motrices. Quand un sportif apprend une nouvelle séquence de mouvements, par exemple un service au tennis, la durée du sommeil paradoxal augmente notablement pendant la nuit suivante. Si on le réveille systématiquement pendant son sommeil paradoxal, on empêche le stockage du nouveau savoir-faire de façon beaucoup plus efficace que lorsqu’on  perturbe seulement les phases de sommeil lent en dehors des phases de sommeil paradoxal.

D’autre part, il est clair que l’on peut apprendre et réussir à mémoriser sans sommeil paradoxal. Un argument de taille va ici à l’encontre du rôle prédominant des phases de sommeil paradoxal dans la formation des souvenirs: les personnes qui ont pris pendant des années des médicaments supprimant le sommeil paradoxal n’ont pas vu leur capacité de mémorisation perturbée

Un autre débat sur le rôle du sommeil dans l’apprentissage concerne le type de sommeil, lent ou paradoxal, qui y participerait. Car si certaines tâches semblent être consolidées davantage par le sommeil paradoxal chez l’humain, d’autres, comme l’orientation spatiale, semblent être davantage consolidées par le sommeil lent.

Plusieurs pensent donc que les deux types de sommeil pourraient contribuer à la mémoire de façon complémentaire et que c’est leur enchaînement au cours d’une nuit de sommeil qui permet de trier correctement les informations accumulées durant la journée.

Les longues périodes de sommeil lent en début de nuit pourraient par exemple produire une amplification de la trace mnésique, alors que les épisodes plus bref mais intenses de sommeil paradoxal pourraient déclencher l’expression de gènes nécessaires au stockage de ce qui a été traité durant le sommeil lent.

L’abondance de théories concernant le rôle du sommeil suggère donc qu’il pourrait avoir plusieurs fonctions mutuellement non exclusives. Le sommeil pourrait également servir différentes fonctions selon les différents âges de la vie. Chez l’enfant qui rêve beaucoup, l’hypothèse de la mise en place des circuits neuronaux semble assez plausible. Chez l’adulte, le sommeil pourrait contribuer par la suite à la sélection et la mise en mémoire à long terme de l’information pertinente apprise durant la journée. Finalement, on ne peut exclure un rôle du sommeil dans une fonction cellulaire encore inconnue et qui serait à la base à la fois des processus de maturation chez le jeune, de régulation de température ou de fonctions cognitives supérieures comme la mémoire chez l’adulte.

FONCTION DE MATURATION DU SYSTEME NERVEUX

L’idée que le sommeil, et plus spécifiquement le sommeil paradoxal, pourrait contribuer à la maturation du système nerveux est aussi très répandue. Cette idée est bien supportée par la forte corrélation entre le temps de sommeil paradoxal et l’immaturité des individus d’une espèce à leur naissance. L’intense activité nerveuse du sommeil paradoxal jouerait un rôle déterminant dans la maturation du système nerveux central à une période où le cerveau manque de stimulations externes. Cette thèse n’explique cependant pas pourquoi le sommeil paradoxal persiste chez l’adulte.

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