Air frais et soleil

Dr Wiley, anciennement à la tête du Bureau de Chimie, au Département de l’Agriculture, déclare :

« C’est un crime pour l’enfant de quiconque d’attraper froid. Un homme, dont tous les enfants avaient attrapé un rhume, vint me voir me demandant un remède pour la toux qui ne contenait pas d’alcool. Je lui dis que je pouvais lui faire part d’un remède qui ne contenait pas d’alcool, et c’était de retourner chez lui et d’ouvrir toutes les fenêtres de ses chambres à coucher. Les gens ne prennent pas froid au Pôle Nord, mais lorsqu’ils retournent à la civilisation, alors ils s’enrhument. Nous n’attraperions jamais froid si nous ne respirions un air pollué. »

Notre vie, notre vitalité est dans l’air que nous respirons ; et s’il est insuffisant ou vicié, nous souffrirons conformément. Il est aussi néfaste de respirer un air vicié que de boire de l’eau stagnante. Tous deux favorisent une fermentation dangereuse. C’est dans l’air dévitalisé que les infections sont les plus actives.

La plupart de nos bâtiments publics, de nos églises, de nos salles de conférence, de nos théâtres, et même de nos maisons sont des pièges mortels dus à une ventilation incorrecte ou insuffisante.

La vie est dans l’oxygène de l’air, et peu d’entre nous réalisent avec quelle rapidité un nombre considérable de personnes confinés dans un lieu rendent cet air vicié, même en ce qui concerne de grands espaces.

La Commission de l’Éducation réalise l’importance de ce fait, et les lois dans la plupart des états concernant les écoles, ne requièrent pas simplement un certain nombre de mètres cubes d’air pour chaque élève, mais aussi demandent que cet air soit continuellement renouvelé par l’air frais provenant de l’extérieur.

Un jour proche viendra où le gouvernement rendra obligatoire l’inspection de bureaux d’usines, de maisons, et imposera des lois concernant la circulation de l’air frais. Les gens ne seront plus toujours autorisés à dégrader leur santé de la sorte, et à écourter leur vie, par manque de ce qui est un don gratuit pour tous, … l’air frais.

Aucun être humain ne devrait vivre dans une maison envahie d’une chaleur vaporeuse ou d’une chaleur de fournaise, avec peu or pas de ventilation extérieure. Il devrait y avoir une libre circulation d’air à l’intérieur de nos maisons, jour et nuit, car à partir du moment où nous confinons l’air dans une maison ou une pièce sans ventilations adéquates, celui-ci commence à s’altérer, à absorber toutes sortes de poisons exhalés par le corps. L’oxygène qui donne la vie s’échappe très rapidement de cet air en question, à moins qu’il ne soit constamment régénéré par un courant d’air provenant de l’extérieur.

La Vitalité provient d’un air pur, et de vigoureux exercices de plein air. Les gens qui vivent dans des maisons, cloîtrés, qui dorment dans des chambres closes, se retrouvent rapidement souffrant d’une santé et d’une vitalité affaiblie. Le quota immunitaire est réduit, de sorte qu’ils sont plus susceptibles de contracter des maladies, en particulier les affections des voies respiratoires, comme la pneumonie, l’angine, ou la tuberculose. Chaque maison devrait avoir des chambres à coucher en plein air.

Il y a des gens qui craignent de prendre froid s’ils ouvrent leurs fenêtres, ou s’ils sortent par jour de grand froid ; alors qu’en vérité, un pur froid sec est extrêmement stimulant, et préventif de rhumes.

En dernière analyse, nous dépendons donc indubitablement de l’air. Nous pouvons survivre sans nourrir l’estomac pendant 30 ou 40 jours, peut-être plus, mais nous ne pourrions survivre plus de 2 minutes sans aérer nos poumons. De là l’importance fondamentale de leur procurer la qualité d’air frais la plus pure.

La mauvaise habitude de s’affaler sur son siège, de se voûter, contracté par la majorité de ceux qui travaillent sur leur bureau ou dans une position inconfortable, réduit à tel point la capacité de leurs poumons que leur respiration ordinaire n’est pas assez profonde, n’est pas assez complète, pour absorber suffisamment l’oxygène qui emplit intégralement l’énorme surface pulmonaire, et qui aère radicalement le sang.

Beaucoup de personnes ne sont, selon l’expression, « qu’à moitié en vie, » car elles ne savent pas comment respirer correctement.

En vérité, elles n’inhalent pas suffisamment cet oxygène qui procure cette vie abondante, et qui appartient à l’homme tout à fait vitalisé en chaque atome de son être.

Parmi les gens qui vivent beaucoup en plein air, particulièrement dans les régions montagneuses où la population est rare, où l’air est exceptionnellement pur, nous remarquons que quasiment toutes les filles et les jeunes femmes affichent de fraîches et superbes joues bien roses.

Nous savons tous avec quelle rapidité cela disparaît, lorsqu’elles arrivent de la campagne pour vivre dans nos taudis urbains, et avec quelle promptitude la tuberculose et autres affections les revendiquent aussitôt comme victimes.

Dans la respiration ordinaire, beaucoup d’entre nous ne sollicitent uniquement qu’une petite partie des poumons ; la pointe de ces poumons, elle, n’est pas emplie d’air. La conséquence est que, spécialement chez les citadins, ces cellules obstruées et non sollicitées seront emplies de poussière de houille ou autres particules irritantes, et qu’une inflammation chronique prendra place, en particulier lorsqu’il y a prédisposition à la phtisie.

La médication de toutes les pharmacies, de tous les sanatoriums, et tous les médecins du monde, ne pourraient jamais réaliser les merveilles qui sont accomplies par la nature, parmi les millions de citadins qui accourent à la campagne chaque année pour se refaire à neuf.

Quelle transformation est réalisée parmi la population de nos villes, entre les mois de juin et d’octobre.

Des hommes et des femmes surexcités, pâles, émaciés, nerveux, usés par le chagrin ou le souci, sont transformés comme par magie.

Des joues rougeâtres ou bronzées, dissipent le teint pâle ; les yeux ternes retrouvent leur lustre ; le pas traînant et faible se revigore et s’assouplit ; les formes courbées se redressent : les regards d’anxiété et de découragement cèdent le pas aux expressions sereines et pleines d’espoir, optimisme et gaieté chassent tristesse et amertume ; les désabusés retournent à leurs travail avec un courage renouvelé, et les émaciés aux muscles flasques, avec une chair ferme et saine et des muscles durcis.

Dans des exercices de plein air vigoureux, nous sommes obligés de prendre de plus profondes et de plus longues respirations, et nous savons tous à quel point nous sommes revigorés par ces exercices.

À la suite de l’air frais, comme excellent promoteur de santé, vient le rayonnement solaire. Un proverbe italien nous dit, « où il n’y a pas de rayonnement solaire, il y a le médecin. »

Beaucoup de gens ne vivent que partiellement, en matière d’intensité, car ils n’obtiennent pas suffisamment de ce grand vivificateur. Ils vivent dans des maisons, des pièces, ou des appartements, où la lumière du soleil pénètre très rarement, et quelquefois jamais. Nous pouvons être assurés qu’ils ne profitent absolument pas du bien-être que prodigue la santé, lorsque nous nous souvenons que l’air privé de soleil est vicié.

S’il n’y avait ce déferlement de rayonnements solaires durant la journée, l’air nocturne deviendrait à lui seul rapidement trop vicié pour que la vie se maintienne.

Si les gens pouvaient réaliser que le soleil est la source de toute vie, de toute énergie, de toute intelligence, de tout pouvoir, de tout potentiel musculaire, de toute capacité, et de toute santé, ils ne se contenteraient pas, s’il était possible de faire autrement, de vivre et de travailler dans des caves, des sous-sols, ou tout autre endroit où le soleil pénètre rarement, ou même jamais.

Les peuples de l’Antiquité semblaient apprécier bien plus que nous, le pouvoir bénéfique du rayonnement solaire. À Rome, pratiquement tout le monde prenait des bains de soleil.

Les médecins font de remarquables éloges sur leurs pouvoirs de guérison.

La lumière et la chaleur du soleil développent force, énergie, ambition, et courage. Les capacités naturelles d’un homme sont décuplées au contact du soleil et de l’air pur.

Si nous voulons être forts, mentalement et physiquement, et dans la meilleure condition qui puisse être, nous devrons alors nous soumettre à beaucoup d’exercices, à beaucoup d’air frais, et à beaucoup de soleil.