Conseils pratiques pour acquérir plus de méthode

Douze Bons Conseils.

1. 1° Entraînez-vous à la méthode intellectuelle par l’ordre matériel : rangez vos documents, vos fiches, vos vêtements ; sachez la place chez vous des principaux objets d’utilité courante. Vous y gagnerez du temps, de la précision dans les gestes et les idées, de la sécurité morale, puisque vous serez certain de ne pas faire de gestes inutiles ;

2° Ayez un but précis. Sachez où vous allez. Ne dispersez pas vos efforts. Etablissez un plan de travail et même de vie à réaliser par étapes successives. Ce plan doit être, à la fois, assez vaste pour vous occuper sans cesse, et assez réduit pour éviter le surmenage ;

3° Ayez un emploi du temps réglé et détaillé. Soumettez-vous à un ensemble d’habitudes régulières. Contrôlez tous les soirs ce que vous avez fait dans votre journée et établissez par écrit le programme du lendemain. Vous évitez ainsi les fausses manoeuvres et la perte de temps d’une « mise en train » ;

4° Organisez vos heures de travail (et même de loisir) d’après le principe suivant : « à chaque chose son temps, tout son temps, rien que son temps ». Ne brouillez pas vos occupations ; perdez l’habitude de commencer plusieurs choses à la fois sans en achever aucune. Si les affaires qui vous occupent exigent que vous passiez très vite d’un sujet à un autre, entraînez-vous à fixer, pendant le délai très court que vous lui réservez votre attention complète sur chaque sujet Si vous êtes dérangé, notez mentalement ou sur un bloc-notes l’endroit précis où vous vous êtes arrêté. En vous remettant au travail, faites une rapide révision mentale du dernier point étudié.

Peu à peu, d’ailleurs, on se dresse à suivre, dans le subconscient, le travail en train et à ne pas être gêné par les interruptions (visites inattendues, ordre urgent à donner, machine à voir, travail à contrôler, téléphone) ;

5* Dans la mesure du possible, ne laissez jamais un travail inachevé, mais aboutissez. S’il s’agit d’un travail complexe et de longue haleine, divisez-le en plusieurs parties. Dans chaque séance vous devez mener à bonne fin au moins une partie déterminée de la tâche à exécuter ;

6° Ne remettez jamais à demain ce que vous pouvez faire aujourd’hui. Une besogne qui vous ennuie aujourd’hui vous sera odieuse demain. Beaucoup d’hommes d’affaires nous ont avoué qu’autrefois ils laissaient « traîner » leur correspondance, ce qui avait pour eux de nombreux inconvénients. Le remède à cet état de choses fut la résolution qu’ils prirent de répondre à toute lettre reçue aussitôt qu’elle leur parvenait ;

7° Quand vous vous trouvez en présence d’un problème à résoudre, formulez-le d’abord de la manière la plus précise et la plus simple. Puis limitez-le exactement ; enfin examinez-le dans toute son étendue, en en considérant attentivement tous les éléments ; n’en laissez aucun dans l’ombre ;

8° Evoquez alors ce que vous savez sur lé sujet. Faites appel à votre expérience, à vos connaissances précises, à ce que vous avez lu ;

9° Puis posez-vous toutes sortes de questions sur ce problème. En vous servant des principes Pelman de coordination mentale, découvrez des idées liées au problème par les rapports les plus divers. Notez-les et répartissez-les en tableau, afin de discerner si vous n’en oubliez pas. Plus tard vous laisserez également libre cours à votre imagination» en vous aidant des directives que vous trouverez dans les Leçons VII et IX. Votre intuition peut aussi vous aider, comme d’ailleurs les ressources diverses de votre esprit. Des questions différentes sont justiciables de méthodes différentes : à vous de découvrir lesquelles vous réussissent le mieux ;

10° Passez alors à la critique de vos propres idées : soumettez-vous à l’examen sévère de votre raison, de votre bon sens, de votre logique. Faites comme si vos idées étaient non pas les vôtres, mais celles d’un inconnu. Supposez qu’elles soient soumises à la critique d’un commerçant, d’un ingénieur, d’un avocat, de ceux de vos amis dont vous appréciez le jugement. Mettez au point, adaptez, précisez. La leçon III vous indiquera la bonne voie ;

11° Ayez un carnet spécial pour noter toutes les idées neuves que vous suggèrent vos expériences et vos conversations relativement à la conduite, la réforme et l’extension de votre affaire ou de votre service. Vous les utiliserez ensuite et les mettrez en pratique lors des possibilités. Notez de même les ordres importants que vous avez donnés et les résultats de leur exécution, ainsi que les décisions qui ont été prises par vous ou d’autres. Ce contrôle des instructions vous permettra de savoir toujours où en est exactement la marche de votre affaire.

12° Enfin, rappelez-vous ces règles de méthode qui sont dues à Descartes et dont la valeur reste entière :

(a) Ne vous fiez qu’à celles de vos idées qui sont parfaitement claires. Evitez le trouble et l’obscur ;

(b) Sachez décomposer les questions complexes en questions simples;

(c) Quand vous travaillez une question, allez toujours du connu à l’inconnu, du simple au compliqué ;

(d) Enfin habituez-vous à exprimer vos jugements -même mentalement -en termes clairs, précis, bien appropriés. Ayez des vues d’ensemble sur les problèmes à résoudre.

Comment Diriger.

2. C’est une question que nous posent de nombreux Etudiants qui s’imaginent qu’il s’agit d’un don personnel, alors que ce n’est au fond qu’une technique et une méthode.

Diriger n’est pas seulement donner des ordres ; il ne faut pas confondre diriger et commander. La qualité fondamentale de celui qui dirige est une personnalité riche et souple ; il doit connaître à fond son métier ou sa profession, de façon à pouvoir non seulement critiquer mais rectifier et même « mettre la main à la pâte » pour montrer aux subordonnés comment les ordres doivent être exécutés. Cette connaissance du métier lui évitera d’ordonner des impossibilités.

Une autre qualité, tout aussi nécessaire, est une exacte évaluation des qualités à la fois morales, intellectuelles et professionnelles des subordonnés ; on doit varier la forme de l’ordre avec les individus, car ceux-ci aussi possèdent leur personnalité, qu’il s’agit de ne pas heurter, mais de se rendre favorable. Ainsi s’obtient un esprit d’usine, qui facilite le travail à tous, y compris le directeur. L’affaire sera alors une machine bien huilée, qui fonctionnera sans à-coups ni ratés.

Bref : supériorité intellectuelle, méthode de travail parfaite, jugement net et pondéré, maîtrise de soi, sympathie humaine, telles sont les qualités d’un bon directeur.

Dans la pratique, il y a deux manières de diriger une maison : du dedans et du dehors.

Le premier système était partout en usage autrefois : la plupart des chefs de maison l’avaient fondée eux-mêmes et tenaient à en connaître les moindres rouages, à surveiller le moindre travail et à être les seuls à prendre des décisions, donner des ordres, imaginer et adopter des réformes.

De nos jours, à l’exemple de Carnegie, on préfère souvent l’autre système, qui consiste à se considérer par rapport à l’usine ou à la maison qu’on dirige comme un « homme de l’extérieur ». Les détails d’exécution sont distribués entre les employés ; ceux-ci en supportent la responsabilité, et le chef ne contrôle que les résultats. Il garde mieux ainsi une vue précise et claire des défauts à éliminer, des réformes à instituer, car il n’est plus assommé par la multiplicité des détails.

Les deux systèmes ont leurs avantages et leurs inconvénients, selon la nature de l’affaire et la personnalité des dirigeants et des employés. Etudiez votre propre affaire sous ces deux aspects opposés et voyez par vous-même quel système correspond le mieux à vos intérêts et à ceux de votre affaire.

Douze Questions Importantes.

3. Demandez-vous :

1° Si vous savez pousser jusqu’au bout vos idées et les exécuter, non pas à moitié ou aux deux tiers, mais totalement :

2° Si vous faites votre tâche à votre goût ou selon les besoins de votre chef ;

3° Si, dans la discussion d’une affaire, vous comprenez vraiment les arguments ou les besoins de votre interlocuteur, au lieu de rester figé dans vos propres conceptions ;

4° Si vous n’évitez pas de résoudre les problèmes qui vous paraissent simples, uniquement parce qu’ils vous paraissent tels ;

5° Si, ayant terminé, ou fait terminer, un travail, vous en tirez tout le parti possible ;

6° Si, étant chargé d’une tâche, vous n’en exagérez pas mentalement les difficultés, afin d’excuser ainsi par avance votre paresse ;

7° Si vous acceptez les contrôles et les observations « sportivement », c’est-à-dire en vue du bien de votre « équipe » ;

8° Si vous connaissez bien le rythme de votre travail personnel, c’est-à-dire la durée exacte de votre pouvoir de concentration et de votre résistance à la fatigue ;

9° Si vous avancez dans votre besogne régulièrement ou par à-

coups ;

10° Si, dans votre usine, votre magasin, vos bureaux, vous pourriez économiser des allées et venues, de la manutention -bref, si vous savez combiner le travail et l’espace ;

11° Si, sous prétexte de réorganisation ou de réforme, vous ne troublez pas le cours méthodique et judicieux de votre affaire, oubliant le proverbe : « le mieux est quelque fois l’ennemi du bien ; »

12° Si vous n’êtes l’esclave, ni de la routine, ni de la manie du nouveau, mais le maître de votre jugement et de vos décisions.

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