Défectuosités de l’influence personnelle

Ce sujet important comporte un si grand nombre de défauts déplorables qu’il est difficile, lorsqu’on commence l’étude de cette matière, de s’engager dans de trop longs détails.

Le fait de ne point connaître l’être intime des personnes qui nous entourent, la maladresse à comprendre leurs motifs d’agir, leurs caractéristiques et leurs désirs, ou l’ignorance des lois de la suggestion par laquelle elles pourraient être influencées, ainsi que l’absence totale de cette puissance subtile qui exerce sur autrui un pouvoir supérieur, sont les défauts principaux sur lesquels j’attire votre attention.

Si le lecteur me demandait un exemple, il me serait peu aisé de faire une sélection parmi tous ceux qui se présentent.

Il existe dans les bureaux, les fabriques ou les fermes, quantités de personnes qui méritent mieux que les besognes qu’elles accomplissent. Elles travaillent pour obtenir une situation meilleure et elles y ont droit ; cependant, c’est par le manque de compréhension de leur pouvoir intime qu’elles sont destinées à vivre dans leur médiocrité initiale, parce qu’elles n’ont pas cultivé cet indéfinissable « quelque chose » qui tire l’homme de la pauvreté et l’élève à la fortune et à la renommée.

Quoique les indications données ci-dessus n’aient pas la prétention d’être complètes, elles seront cependant suffisantes pour faciliter à l’élève la pratique de l’autoanalyse. Celle-ci constitue une sorte d’inventaire personnel et l’élève devra donc se poser des questions appropriées à la nature de ses défauts.

Vous ne pouvez nier qu’il y a des jours où vous avez des absences de mémoire, où vous ne vous sentez pas bien, où vous avez l’intention de dire « Non » et où, cependant, vous dites « Oui « , sans même vous rendre compte des motifs qui vous font changer de détermination.

Il y a des moments où vous cherchez un mot, où vous l’avez, comme on dit, sur le bout de la langue et, malgré cela, vous n’arrivez pas à le prononcer. Il vous arrive aussi de rencontrer un ami dont vous reconnaissez les traits et dont cependant vous ne pouvez citer le nom. Vous commettez des erreurs grossières dans votre profession, vos affaires ou votre vie privée, et à tout cela vous ne pouvez alléguer que de pauvres excuses.

Tout ce qui précède ne peut-il s’appliquer à vous ? Êtes-vous toujours sincère ? N’êtes-vous pas l’esclave de votre intempérance ? Posez-vous ces questions, répondez-y en toute franchise.

Vous pourrez changer la face de votre vie si vous vous pénétrez de cette idée que le succès ou la non réussite en dépendent en grande partie.