Exercices spéciaux pour l’éducation de l’esprit et l’entretien de la santé. 10

Avant de commencer un nouvel exercice, rappelez-vous les avantages de bons exercices correctement exécutés ; pensez surtout à ceux que nous avons énumérés dans la leçon IX. En voici d’autres: Ils entretiennent la santé de la plupart de nos organes, particulièrement du plus surmené de nos muscles: le coeur. Celui-ci se trouve en grande partie soulagé de son excès de travail par un judicieux exercice des extrémités. Lorsqu’on masse le corps, qu’on le frictionne, etc., les fonctions du foie s’accomplissent mieux, celles de l’estomac, des reins et des intestins sont stimulées, la peau (le plus grand de nos organes) s’en trouve mieux, le système nerveux tout entier en bénéficie, la colonne vertébrale, par laquelle passent tant de nerfs, devient de plus en plus forte. Enfin, le cerveau – l’organe de la pensée et du vouloir – recueille d’énormes avantages d’une culture physique avisée.

Notez bien que de bons exercices accroissent notre capacité pour gagner de l’argent. A valeur égale, les employés qui sont en bonne santé, et le paraissent, avancent plus rapidement ; on leur accorde plus volontiers des postes de confiance. Nous ne pouvons manquer de bien saisir la différence qui existe entre la bonne et la mauvaise santé, si nous comparons deux maisons de commerce, l’une composée de gens maladifs souvent absents, et l’autre n’ayant que des employés robustes et gais qui ne manquent jamais.

Au point de vue négatif, il y a l’avantage de l’économie. Les individus dont des exercices appropriés et un sage régime entretiennent la santé peuvent travailler plus longtemps que les autres, et n’ont pas un supplément de dépenses à faire pour les drogues et cette terrible dévoreuse d’argent: l’incompétence.

L’organisme, s’il est bien entretenu et fonctionne normalement, exige moins de nourriture et de « combustible » que s’il est faible, parce qu’il assimile mieux les éléments nutritifs. Ceci est d’une importance vitale. Il se contente aussi de choses simples, et les choses simples sont bon marché.

Un autre avantage de bons exercices, c’est qu’on emploie utilement des moments de loisir qu’on gaspillerait peut-être en soucis et pensées fâcheuses. La culture physique est une récréation qui rend à détourner l’attention des causes d’ennui.

Au lit.

Faites une inspiration aussi profonde que possible. Dilatez les poumons, en bas, avec le mouvement d’extension (abdominale) en avant que nous avons déjà décrit. Alors, tandis que vous êtes en train d’aspirer, augmentez le volume de la cage thoracique dans toutes les directions, sans oublier de garder les épaules abaissées et effacées. Retenez votre haleine et, pendant ce temps, contractez l’abdomen et les parois de la poitrine, de sorte que la plus grande partie de l’air aspiré monte au sommet des poumons. Ensuite, rejetez-le avec calme et lenteur.

Couché sur le dos, la tête à plat, élevez la jambe droite, pliée au genou, aussi haut que possible, les orteils en extension. Etendez alors la jambe devant vous tout en maintenant les orteils en extension et en veillant à ce que le pied ne touche pas le lit. Pendant que vous maintenez la jambe droite dans cette position, répétez le mouvement avec la gauche. Ne forcez pas et arrêtez-vous dès que vous vous sentez fatigué. C’est le genre d’exercice que certains bébés font instinctivement. Il développe merveilleusement un grand nombre de muscles importants du tronc, du dos et des jambes. Tandis que vous l’exécutez, tâchez de ne pas serrer ni contracter les mains. Maintenant, restez étendu dans votre lit, au repos, et refaites cet exercice en imagination, sans que vos muscles bougent.

Hors du lit.

Tenez-vous debout, bien en équilibre, sur les deux pieds, le corps légèrement incliné en avant, à partir des hanches, le menton rentré, les reins cambrés, les mains molles et libres. D’abord, penchez le tronc en avant aussi loin que possible, les mains pendant mollement devant vous. Renversez-vous alors en arrière, autant que vous le pourrez sans forcer.

Revenez ensuite à votre première position et penchez-vous d’un côté, puis de l’autre ; ensuite, à droite et en avant ; puis, à gauche et en avant ; enfin, en arrière et à gauche ; et en arrière et à droite. En dernier lieu, faites exécuter à votre corps un mouvement de rotation, la tête et les épaules toujours tournées en avant. Tournez le tronc en avant et à gauche, puis, en avant et à droite ; ensuite, en arrière et à droite ; puis en arrière et à gauche. Enfin, exécutez ces mouvements en sens inverse. Surtout ne forcez pas.

Debout sur la plante des pieds, mais pas sur les talons, le menton rentré et les reins cambrés, sautez devant vous pied gauche et retombé sur le pied droit: essayez de conserver votre équilibre. Retournez à votre première position. Pendant cet exercice, vous regardez devant vous, vos mains sont molles et libres, et vos pieds conservent le même angle. Vous continuez alors du pied gauche et vous étendez le pied droit devant vous et à droite ; puis, entièrement à votre droite ; puis, derrière vous, puis, derrière vous et à gauche (en passant derrière la jambe gauche): enfin, complètement à gauche (en passant devant la jambe gauche). Revenez chaque fois à la position normale sans perdre l’équilibre. Si vous le perdez, recouvrez-le aussi vite que possible. Surtout n’avancez pas la tête, et effacez les épaules. Répétez l’exercice en commençant parle pied droit et en étendant le pied gauche dans les diverses directions.