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La puissance motrice des idées subconscientes

Même nos pensées ignorées de notre moi conscient sont des puissances motrices. Le subconscient des médiums les fait agir à leur insu. L’écriture automatique et les mouvements de table des spirites sont dus au pouvoir moteur de pensées subconscientes. Expériences à l’appui de cette thèse. Comment obtenir l’écriture automatique. Le cas de Mme Piher. Celui de Mme Raynaud.

Les gens les plus normaux peuvent traduire en actes leurs pensées subconscientes. Nous sommes tous un peu médiums. Marcher dans la rue en lisant son journal est un phénomène médiumnique. Notre pensée subconsciente burine nos traits, fabrique notre attitude et nos gestes.

Une forme curieuse du pouvoir moteur de l’idée : son pouvoir inhibiteur. Comment, par suggestion, vous pouvez empêcher quelqu’un de séparer ses mains. Les paralysies par autosuggestion. Le cas de Mme Kin. : comment nous l’avons guéri. Les augmentations imaginaires de poids par suggestion. Com­ment on les réalise.

L’action puissante qu’exerce notre pensée, même à notre insu, sur nous-mêmes, peut être aisément mise en évidence expérimentalement.

L’idée, même ignorée de notre conscient, peut se traduire par des actes

J’installe à une table, a écrit l’un de nous (Dr G. D., Journal du Magnétisme), un de mes nerveux à synthèse psychologique faible. Je le prie de tenir dans la main droite un crayon appuyé sur un papier blanc, dans la position où d’ordinaire on écrit.

Je lui recommande de ne pas se soucier le moins du monde de sa main droite et du crayon, et je fixe toute son attention volontaire sur un livre un peu aride dont je lui impose la lecture à haute voix.

Pendant que mon sujet est bien occupé à lire, je prends sa main, et je fais tracer à celle-ci sur le papier des boucles toutes pareilles. Le sujet sent sa main remuer.

Il me demande ce que je lui fais et ce que je veux de lui : « Rien, dis-je, ne vous souciez pas de moi ; lisez attentivement ». Je continue à faire dessiner des boucles à la main armée du crayon, puis, insensiblement, pendant que le sujet lit toujours, je lâche la main.

Alors, à l’insu de son intelligence pensante, la main de mon sujet continue à tracer des boucles. Je reproduis l’expérience chaque jour. Au bout d’un temps, je peux faire écrire des mots, voire même une courte phrase sans que le sujet en ait le moins du monde conscience.

Par exemple, je prononce machinalement, toujours pendant que le sujet lit, et je répète sur un ton monotone : « maman est bonne, maman est bonne… » Cette phrase s’incruste dans le subconscient. Là, elle subit le sort commun à toute idée entrée dans la mentalité : elle « ressort par les muscles ». Le sujet écrit : « Maman est bonne ». Je lui montre alors ce qu’il a écrit ; il s’en étonne.

Un auteur, Binet, a attiré, longtemps avant nous, l’attention du monde savant sur de comparables expériences qui prouvent que l’idée, même ignorée de la conscience pensante, peut se traduire par des actes.

C’est en vertu de ce même pouvoir moteur des idées subconscientes que combien de médiums poussent à leur insu la table devant laquelle ils expérimentent avec la meilleure foi du monde. Ils font dire à celle-ci, par des coups frappés, ce qu’il y a dans leur propre subconscient.

Le cerveau humain contient des connaissances que le conscient ignore

Une de nos malades s’était ainsi retracée, en des « communications » qu’elle attribuait à l’au-delà, une foule de détails de sa vie passée que sa conscience pensante avait totalement oubliés.

Elle tombait toute seule en une sorte d’état somnambulique. Dans cet état, elle prenait une plume ou un crayon et écrivait de nombreuses pages. Quand elle revenait à l’état de veille, elle trouvait sur sa table les feuillets qu’elle n’aurait pas reconnus pour être écrits par elle-même, si elle n’avait été obligée d’y reconnaître ses signes graphologiques personnels.

Fait qu’elle considérait comme inconcevable : les phrases lui révélaient des circonstances précises de son existence passée, avec dates et détails vérifiables à l’appui, circonstances précises qu’elle affirmait ignorer. Elle pouvait les ignorer, en effet, mais son subconscient les connaissait. Et c’est en lui qu’elle allait les chercher.

Un autre de nos malades, Grec d’origine (il était né à Athènes), et qui avait quitté la Grèce à l’âge de 4 ans pour vivre en Amérique, n’avait plus, jusqu’à l’âge de 38 ans, parlé que l’anglais et croyait avoir oublié sa langue maternelle…

Un jour, une voix lui parle à l’oreille. Mystère ! Ce n’est pas en anglais qu’elle lui parle, c’est en grec ! Et elle lui parle de si étrange façon qu’il ne comprend même pas tous les mots qu’elle lui dit. Il lui faut ouvrir son dictionnaire gréco-anglais pour comprendre tout ce que la voix exprime. Il avait commencé à croire à des hallucinations, mais comment continuer à admettre cette thèse, puisque la voix lui disait des mots qu’il ne connaissait pas.

De là à conclure qu’un « esprit » lui parlait, il n’y avait qu’un pas. Il fit ce pas, et, obéissant à l’ordre de l’au-delà, il quitta Chicago pour revenir en Grèce où il croyait trouver une camarade d’enfance pour se marier.

Quand il rejoignit, à Athènes, la promise, elle était mariée et mère de famille. Il conclut, non pas qu’il était dément, mais que « l’esprit qui l’incarnait » était un mauvais guide, dont Durville seul pouvait le débarrasser. C’est cette pensée qui le fit sans tarder s’embarquer pour la France, et qui nous l’amena.

N’est-elle pas puissamment étrange cette capacité qu’a le cerveau humain de contenir des connaissances que notre conscience pensante ignore. Connaissances enfouies qui peuvent déclencher des actes, bouleverser une existence.

Voilà un homme qui brise toute sa situation en Amérique, s’en va en Grèce, puis vient en France uniquement parce que des mots grecs qu’il a connus autrefois quand il avait 4 ans, tombés au fond de sa subconscience sous 34 années de vie américaine, reparaissent un jour à la surface de son moi conscient sous forme d’hallucinations verbales…

Phénomène de cérébration inconsciente

Nous avons publié (Dr G. D., Journal du Magnétisme, février 1912), un exemple curieux du pouvoir moteur des idées subconscientes. Nous en extrayons l’essentiel :

« Une dame Piher… vint nous consulter de Tunisie pour nous exposer ses curieux phénomènes spirites dont elle était l’objet ». Son fils, mort il y a quelque temps, « venait », dit-elle, chaque fois qu’elle s’installait devant une table médiumnique, « parler avec elle, et l’avertir de ce qu’il fallait faire ou ne pas faire. Il réglait les moindre actes de sa vie ».

C’était ce fils « désincarné » qui lui avait dit : « Prends de suite le paquebot et vas à Paris voir Durville ; il fera de toi le plus merveilleux des médiums » (sic).

Nous examinons cette femme. Elle était visiblement une névrosée, presque une démente. Nous résolûmes, néanmoins, de tenter avec elle quelques expériences. Dès la première séance, elle nous expliqua comment elle s’y prenait d’ordinaire pour « faire venir son fils ».

Nous nous empressâmes de réaliser les conditions expérimentales, d’ailleurs bien simples, qu’elle réclamait : elle s’installa devant une petite table à 4 pieds, légère et mobile. Elle y posa les mains, l’attente fut courte. Bientôt la table commença à s’agiter, et, par le langage conventionnel des coups frappés, elle se mit à dire et à répéter « maman, maman… ».

Un examen, même superficiel du « médium » prouvait indubitablement que c’était lui-même qui, consciemment ou non, faisait marcher la table. « Mon fils n’est pas disposé à parler dans la table, dit Mme Piher. Alors, il va certainement « écrire ». Et elle prit un crayon. Bientôt le crayon s’agitait, et écrivait encore « maman, maman, maman… »

–  » Est-ce tout ce que peut me dire votre fils ! disons-nous. Puisqu’il vous a envoyé à nous d’Afrique, c’est pour nous montrer mieux !… »

– « Attendez, ajouta-t-elle, mon fils va se manifester à une personne de votre entourage, et la faire écrire. Ce sera intéressant ».

Étaient témoins Mme Raynaud, directrice de notre Maison de Santé, et son mari. « L’esprit » désigna Mme Raynaud.

Mme Raynaud, personne parfaitement équilibrée au moral et au physique, partageait visiblement notre scepticisme au sujet des soi-disant phénomènes spirites de Mme Piher. Elle prit, néanmoins, un crayon, du papier et se plaça dans l’attitude de quelqu’un qui écrit…

Nous la prions de ne pas regarder sa main et de penser à tout ce qu’elle voudrait, sauf à écrire. La main, néanmoins, commença bientôt à glisser sur le papier. Mme Raynaud, sentant sa main bouger, en fut très surprise et regarda le papier. La main alors s’arrêta. Elle recommença à penser à autre chose, la main recommença à griffonner.

Une signature termina la communication. Nous prenons alors le papier, et parmi les griffonnages, nous y lisons distinctement le mot maman.

Que signifie cette courte, mais curieuse communication ? Beaucoup de spirites seraient tentés de croire que c’est l’esprit du fils de Mme Piher… qui est venu manifester sa présence à Mme Raynaud.

Il s’est tout simplement passé chez cette dernière un phénomène de cérébration inconsciente qui s’est manifesté par un mouvement dans le bras. Mme Piher…, convaincue que l’esprit de son fils était là, avait fait, en la poussant, prononcer à la table de nombreuses fois, le mot « maman ».

Ce mot a été saisi par l’inconscient de Mme Raynaud. À l’insu de son intelligence pensante, il s’est incrusté dans cet inconscient. Puis, toujours à l’insu de l’intelligence, il a subi le sort commun à tant d’idées : il s’est traduit par des mouvements et s’est inscrit sur le papier.

Si Mme Piher… ne nous donna aucun des phénomènes dont elle se prétendait le siège, elle nous démontra une fois de plus que même les gens les plus normaux, comme la directrice de notre Maison de Santé, peuvent être mus par des pensées dont ils ne soupçonnent même pas l’existence en eux.

Nos pensées subconscientes sont très puissantes

Combien de fois, dans la vie courante, notre pensée subconsciente meut-elle nos muscles à notre insu ! « Quand on sort dans la rue, dit le Dr de Sermyn, avec l’intention de se rendre chez un ami ou ailleurs, il arrive des fois que l’on est distrait et que les jambes fonctionnent inconsciemment.

On contourne des rues, on évite des obstacles, et cela sans le moindre effort volontaire… On ne songe pas que ce phénomène d’automatisme ne diffère pas des phénomènes présentés par la plupart des médiums hypnotisés, ni de celui des tables tournantes ou de l’écriture automatique. »

Nos pensées subconscientes sont si puissantes en nous-mêmes qu’elles créent nos gestes, nos attitudes, nos expressions de physionomie :

« La force silencieuse de la pensée agissant constamment dans le même sens, dit Hector Durville (Magnétisme personnel), façonne notre corps, burine nos traits, dirige nos manières, assure nos gestes et règle notre démarche. En imprimant à tout notre être une série de mouvements correspondant à notre état mental, elle nous rend agréable, attractif et sympathique, ou désagréable, répulsif et antipathique. Les empreintes de nos qualités et défauts se voient sur notre physionomie, dans nos manières, dans notre contenance (2) ».

L’idée devient un acte positif ou elle devient un acte négatif

La pensée peut manifester son puissant pouvoir moteur non pas seulement d’une façon active, mais également d’une façon inverse, inhibitrice. Ainsi que le dit fort bien Lévy : « La transformation de l’idée en acte peut s’opérer suivant 2 voies différentes : ou bien l’idée devient un acte positif, ou bien elle devient un acte négatif, autrement dit elle neutralise l’acte ».

Le baron du Potet enfermait les gens dans un simple cercle tracé à terre à la craie, uniquement en leur affirmant qu’ils n’en pouvaient sortir.

Qui n’a vu des hypnotiseurs de foire river sur une chaise, par une seule phrase accompagnée d’un geste énergique et d’un regard de feu, une personne qu’on ne pouvait soupçonner de compérage ?

Vous voulez expérimenter ce pouvoir inhibiteur de l’idée ? Choisissez dans une société une personne impressionnable. Placez-la debout devant vous, face vers vous. Priez-la de joindre ses 2 mains devant elle, et encastrez les doigts de l’une entre les doigts de l’autre. Affirmez alors énergiquement que vous « collez les mains l’une à l’autre ». Dites, par exemple : « Je défends à vos mains de se séparer… ».

Ajoutez la suggestion du regard, du geste. Souvent le sujet improvisé est dans l’impossibilité de séparer ses mains.

Hak Tuke raconte qu’un monsieur découvrit, dans un verger, un garçon qui, étant grimpé sur un arbre, était sur le point d’y cueillir une pomme. Il le menaça de l’ensorceler sur place et s’en alla, croyant que l’enfant allait se sauver au plus vite.

Revenu cependant du service divin, il le retrouva dans la même position le bras levé et tendu vers la pomme. Il le désensorcela par une suggestion contraire et le laissa courir.

Nous sommes tous influençables à des degrés différents

Voici maintenant quelques exemples personnels.

On nous amène un jour une femme, Mme Kin… Elle était dans l’impossibilité absolue de se tenir sur les jambes depuis la veille, et son état nerveux était indescriptible. Son mari nous conta ce qui suit.

Un individu de leur connaissance avait demandé à Mme Kin… la permission de faire sur elle quelques expériences de suggestion. Celle-ci accepta. Lors des premières séances, tout allait bien.

Le « maître » était satisfait de son sujet. Mais, bientôt, il devint autoritaire et exigeant. Il se prétendit autorisé à être familier avec la dame. Un jour, il osa même lui suggérer l’ordre de devenir sa maîtresse. Celle-ci résista. Elle résista si bien que, comme il se permettait un geste risqué, elle s’éveilla brusquement.

Lui, avec des yeux furieux, chercha à fasciner sa victime. Mais celle-ci trouva assez d’énergie pour lui donner l’ordre de sortir. « C’est bien, s’écria le criminel en claquant la porte sur lui, dans 3 jours, à midi, vous tomberez paralysée ! Adieu ».

Un jour s’était passé déjà : Mme Kin… riait du « maléfice », et son mari aussi. Mais, le soir, de sourds engourdissements apparaissaient dans les membres… La suggestion s’exécutait. Le lendemain matin, les jambes étaient devenues atrocement lourdes… Décidément, la paralysie venait.

Vers midi, la marche devenait impossible. On porta la malade dans une voiture, et on nous la conduisit. Il était aisé de voir que l’entourage avait largement contribué à la réalisation du « sort ». Sous les aspects du plus grand calme, le moi était un impressionnable.

Il s’était affolé le premier, avait commenté, raisonné la malédiction, avait cité les exemples de succès dans des cas analogues et il s’était montré fort inquiet. « Ces gaillards-là sont si puissants ! » disait-il. Il avait rivé dans l’esprit de sa femme l’idée d’une réalisation possible : elle se réalisait.

On ne peut supposer le mal que nous eûmes pour réparer le dommage causé dans le cerveau de la pauvre malade, par le cri­minel suggestionneur. Nous essayâmes de produire le sommeil, mais en vain ! Elle sentait qu’ »il » ne voulait pas qu’elle s’endormît, qu’ »il » l’influençait encore à distance, et que nous aurions « bien du mal » pour la guérir. Les banales suggestions furent impuissantes.

Nous pensons alors qu’une inhibition de ce genre ne pouvait céder que devant une émotion égale à celle qui l’avait produite. Mais comment produire cette émotion ?

Songeant alors aux conditions psychiques qui régissent la suggestion, nous nous disons que le coupable lui-même était seul capable de détruire son œuvre. Le bon moyen était de le faire « apparaître » à la malade. Pour ce faire, il fallait l’halluciner. Nous dessinâmes dans ce but, sur le tapis, un cercle qui fut baptisé « miroir ».

– « Dans ce miroir l’individu va venir : je le veux… regardez… Il va venir retirer ce qu’il vous a dit, et vous serez guérie. Vous ren­trerez chez vous à pieds. D’ailleurs, je fais renvoyer la voiture qui vous attend… ».

– « Non, il ne vient pas… »

– « Il va venir, je le veux… ».

Il est difficile de s’imaginer la peine que nous eûmes pour convaincre la malheureuse qu’ »il » était là, qu’ »il » la regardait, et qu’ »il » retirait son sort. Enfin, la malade poussa de gros soupirs, pleura. Elle était guérie. La séance avait duré 3 grandes heures !

Une idée avait produit tout cela.

Nous avons suivi pendant fort longtemps Mme Kin… Ce n’est nullement une névropathe. C’est une personne fort bien équilibrée, et sans aucune tare appréciable.

Tous, on peut dire tous, nous sommes influençables à des degrés différents. Ah ! comme beaucoup s’illusionnent, qui se croient les maîtres d’eux-mêmes !

Le pouvoir inhibitoire d’une idée

Voici comment on démontre le pouvoir inhibitoire d’une idée.

Je fais prendre un poids de 5 kg à quelqu’un. Je dis à ce quelqu’un en accentuant comme il convient, et en m’aidant d’un regard impératif : « ce poids, parce que je le veux, pèse maintenant 10 kg. Vous allez vous en convaincre en le soulevant : il devient lourd, très lourd, et votre bras devient faible, très faible. Il s’engourdit. »

J’accompagne ma suggestion d’une sorte d’énergique friction sur le membre que je cherche à affaiblir. Cette friction n’a d’autre but que de renforcer l’image mentale que je crée dans le cerveau de mon patient. Je dis alors : « à présent, ça y est, le poids de 5 kg pèse 10 kg et votre bras est totalement affaibli. Soulevez ! ».

Certains sujets sont si influencés que le poids reste rivé à l’endroit où il repose et que le bras ressent une vive douleur. D’au­tres, moins sensibles, enlèvent le poids avec difficulté, mais accusent une fatigue nette dans le membre et une augmentation réelle du poids.

Enfin, presque tous les autres éprouvent, au moins pendant que je prononce ma suggestion, un engourdissement net dans le bras.

Chez quelques individus, le résultat affecte un aspect spécial : nul si je ne cherche qu’à doubler ou tripler le poids, il devient véritablement cataclysmique si je le décuple ou le centuple.

Ainsi, tel homme à l’aspect très vigoureux qui sourit quand je lui affirme que le poids de 5 kg en pèse 10 et l’enlève comme une plume, s’effondre à terre, littéralement sidéré, si je lui affirme brusquement que le poids pèse 100 kg.

Il suffit de savoir s’imposer pour pouvoir influencer

Retenons que les expériences d’augmentation imaginaire de poids réussissent, à des degrés différents, on peut dire sur tout le monde.

Elles réussissent toujours mieux quand l’assistance est nombreuse (les foules sont bien plus suggestibles que les individus). Elles réussissent mieux aussi si les premières personnes soumises à l’essai ont été fortement influencées.

Nous avons toujours constaté que les assemblées d’intellectuels et de savants sont aussi accessibles aux suggestions que les assemblées où le niveau intellectuel est moyen.

Dans une réunion composée surtout de médecins passablement sceptiques, à Nancy, l’un de nous (Dr G. D.), a réussi ces expériences d’une façon surprenante.

Tout l’art consiste à savoir s’imposer.

Pour parvenir à plus de précision dans les expériences, nous avons pensé à construire un appareil qui pût traduire par un chiffre l’influençabilité de chacun. C’est ainsi qu’est né le Suggestomètre.