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L’action de la pensée, les muscles de nos organes (estomac, intestin, utérus)

« Puisque l’émotion, phénomène psychique inférieur, meut les fibres de l’estomac, de l’intestin, de l’utérus, pourquoi la pensée supérieure, volontaire, ne les ferait-elle pas aussi mouvoir ? »

L’idée qui remue l’estomac

La classification de nos muscles en striés ou volontaires d’une part, et en lisses ou involontaires d’autre part, est loin d’avoir la valeur qu’on lui attribue en physiologie.

L’énergie du sympathique, qui meut nos muscles lisses sans que nous le sachions, c’est de la volonté déchue, et qui s’ignore. Chez l’étoile de mer, les mouvements de l’estomac sont commandés par la volonté. Si nous exerçons notre volonté, elle peut descendre vers nos organes et en réharmoniser les fonctionnements.

Preuves de l’action de la pensée sur l’estomac : l’émotion qui pro­duit le spasme gastrique et le vomissement ; le cas du Dr C…, celui de Van Swieten, celui de notre grand’mère.

L’émotion qui décrispe l’estomac ; atonie émotionnelle ; guérison par suggestion de vomissements chez la femme enceinte, dans un cas d’hémorragie gastrique, dans la gastrite.

L’art de savoir digérer : on digère plus avec son cerveau qu’avec l’estomac. Comment vider de son contenu un estomac par suggestion. La cure suggestive pour les dyspeptiques.

Muscles volontaires et involontaires

La pensée n’est pas susceptible de faire mouvoir seulement nos muscles « dits volontaires ». Elle actionne aussi à des degrés différents ceux de nos organes les plus profonds « dits involontaires ».

Un mot d’explication s’impose à propos de ce que nous venons d’appeler muscles dits volontaires et dits involontaires.

La physiologie classique a, jusqu’à ce jour, enseigné que nous possédons 2 espèces de muscles. D’une part, ceux sur lesquels notre volonté a prise : ce sont tous les muscles qui nous permettent de remuer (muscles des membres, du dos, du thorax, de la paroi abdominale, etc.). On les groupe sous la dénomination générale de muscles de la vie de relation.

Ils sont anatomiquement caractérisés par la striation de leurs fibres. D’autre part, ceux sur lesquels notre volonté passe pour n’avoir pas de prise : ce sont tous les muscles de nos organes (estomac, intestin, cœur, etc.).

Ils assurent les mouvements de ces organes. Ils sont constitués de fibres lisses (sauf le cœur qui est constitué de fibres striées spéciales), et c’est le système nerveux sympathique (au lieu d’être le cerveau) qui leur envoie les ordres de fonctionnement.

Cette distinction classique et partout admise entre muscles volontaires et muscles involontaires, ou si l’on préfère entre muscles striés et lisses, ou encore entre muscles volontaires et sympathiques, a-t-elle la valeur qu’on lui attribue ? Nous ne le pensons pas.

La dissemblance anatomique entre la fibre striée et la fibre lisse n’implique pas nécessairement une dualité absolue de fonctionnement. D’ailleurs, les fibres striées spéciales du cœur sont rangées parmi les involontaires, ce qui prouve que le sympathique peut très bien envahir le domaine de la volonté.

Les muscles de notre estomac sont involontaires

Pour nous, volonté et sympathique ne s’opposent pas plus que ne s’opposent volonté et subconscience ou inconscience. L’énergie du sympathique, c’est de la volonté devenue inconsciente. (L’un de nous, Dr G. D., a développé dans son livre, La Cure Naturiste, cette conception de l’unité de la pensée, qu’elle soit consciente ou non).

L’étude de l’anatomie comparée montre que le cerveau et le sympathique peuvent souvent se suppléer. Alors que la volonté ne commande habituellement pas notre estomac, elle commande celui de l’étoile de mer.

L’étoile de mer a un tube digestif très simple. Il est réduit à la poche de l’estomac, et celle-ci n’a pas d’orifice de sortie. Il n’existe ni intestin, ni anus. Quand l’animal a fini de digérer ce que con­tenait son estomac, c’est consciemment et volontairement qu’il retourne l’envers cet organe, pour le vider de ses résidus.

Autrement dit, alors que les muscles de notre estomac sont involontaires, ceux de l’estomac de l’étoile de mer sont volontaires.

À mesure que les êtres évoluent et se perfectionnent, leur volonté cède progressivement la place à l’inconscience, c’est-à-dire au sympathique, dans des fonctions qui lui incombaient primitivement.

C’est pour cela que nous n’avons plus besoin de penser à digérer. Notre sympathique assure cette fonction pendant que nous travaillons, pendant que nous dormons, … Mais cela ne veut pas dire qu’il y ait opposition entre muscles volontaires et muscles dits involontaires. La preuve ?

Réparer les troubles de fonctionnement et les lésions par la pensée volontaire

Exerçons notre volonté, apprenons-la à redescendre dans nos organes. Elle reconquerra tout le domaine qu’elle a cédé au sympathique.

C’est en vertu de la loi du moindre effort fonctionnel, en vertu du perfectionnement organique auquel nous sommes parvenus, que notre volonté n’a plus à intervenir dans nos fonctionnements profonds.

Mais ce perfectionnement lui-même devient une cause de maladies parce que le sympathique, n’étant qu’un automate, un second, moins intelligent, peut se laisser aller à des accoutumances morbides, créatrices de troubles maladifs.

De ce bref exposé doit logiquement découler une méthode nouvelle de traitement des maladies de nos organes profonds, sur laquelle nous reviendrons plus loin.

Cette méthode enseigne à faire redescendre la volonté vers les organes, pour en réparer les troubles de fonctionnement et les lésions même graves. Autrement dit, elle enseigne la rééducation du sympathique par la pensée volontaire.

Tout ce que peut la pensée sur les fibres lisses du tube digestif de l’estomac

Mais revenons aux fibres lisses du tube digestif de l’estomac, et montrons tout ce que peut la pensée sur elles.

L’idée, avons-nous dit, peut arrêter la digestion gastrique, arrêter des contractions antipéristaltiques de vomissements.

Il est des émotions qui immobilisent le bol alimentaire dans un estomac rendu tout à coup inerte.

Combien de fois avons-nous, par suggestion, fait cesser des vomissements, chez des femmes enceintes, par exemple. Il suffit toujours d’affirmer à la femme que son estomac se décrispe pour qu’il le fasse, et le spasme du diaphragme cède en même temps. La friction sur l’estomac augmente l’effet, soit qu’elle agisse par voie calmante réflexe, soit qu’elle renforce l’image mentale de décrispation. Les 2 mécanismes doivent, croyons-nous, s’aider mutuellement.

Une femme, Mme Colo…, vomit sans arrêt du sang, atteinte qu’elle est d’hémorragie gastrique. Nous détendons son spasme diaphragmatique par suggestion douce : « votre estomac se détend… il est décrispé… ». Les vomissements cessent alors.

Bernheim (La Suggestion, p. 225), avait déjà écrit : « J’ai, par suggestion, inhibé des vomissements liés à une gastrite catarrhale ou cancéreuse. »

Penser à manger quand on est à table est un bon moyen de digérer mieux

Se mettre à table sans plaisir, c’est se condamner à mal digérer. C’est pour cela qu’un beau repas en belle compagnie peut parfois être un remède utile dans certains cas de dyspepsie atone.

Le mangeur de nouilles impénitent condamne souvent son estomac à l’inertie. S’il est indispensable à la santé d’avoir un sain régime alimentaire, il faut aussi savoir de temps à autre sortir de son régime et faire ce que   l’un de nous (Dr G. D., l’Art de vivre longtemps), a appelé une escapade alimentaire.

Se mettre à table avec des préoccupations d’affaires, ou bien lire pendant le repas, c’est dériver vers le cerveau des forces qui seraient mieux à leur place dans les centres digestifs. C’est s’imposer une digestion laborieuse.

Penser à manger quand on est à table, est un bon moyen de digérer mieux car, ainsi que l’a dit avec raison Lemoine, « on digère beaucoup plus avec son cerveau qu’avec son estomac ».

L’estomac peut se vider sous l’action de l’idée

Nous avons plusieurs fois constaté qu’une émotion (occasionnée, soit par un évènement extérieur, soit par une suggestion donnée par nous) est susceptible de hâter les mouvements péristaltiques de l’estomac au point d’évacuer tout le contenu de l’organe en quelques minutes.

L’estomac inerte d’un de nos nerveux clapote bruyamment, preuve qu’il contient des aliments. Nous faisons la suggestion que l’estomac se vide. Nous ne tardons pas à voir les contractions de l’organe se dessiner à travers la paroi abdominale, et nous entendons le contenu s’évacuer.

Nous palpons et secouons à nouveau l’organe, comme tout à l’heure, il ne clapote plus. Il s’est vidé sous l’action de l’idée.

C’est par le même mécanisme suggestif que de grandes fringales succèdent parfois à des chocs émotionnels.

Affirmer à un dyspeptique que son estomac se contractera mieux, qu’il se contracte mieux déjà, c’est canaliser vers l’organe malade des flux de forces qui n’étaient pas disposés à y aller.

Il n’est pas de dyspeptique qui ne bénéficie d’une cure suggestive.

L’action de la volonté sur l’estomac

On peut souvent se prouver à soi-même l’action de la volonté sur l’estomac de la façon suivante :

Choisir un moment où l’on sent l’organe distendu de gaz, à travers la paroi. Se coucher sur le dos et poser, à nu, une main plat sur le ventre, au-dessus de l’ombilic. Penser alors avec énergie : j’envoie à mon estomac des ordres de contraction.

Se représenter mentalement la cornemuse gastrique et des ondes musculaires par­tant dans la région du cardia vers le pylore, c’est-à-dire de gauche droite. On sent souvent les contractions se faire sous la main.