L’art de la Concentration

Définition du terme

Dans la conversation ordinaire, nous utilisons fréquemment le mot « Concentration, » dans le sens de « resserrement, » de « réunion », de « consolidation » ou pour indiquer une « diminution de volume en même temps qu’un accroissement d’intensité » etc.

Pour donner un sens plus précis à l’opération que j’ai en vue, je retiendrai la définition du mot « concentrer » qui est « rapporter à un centre » ou « focaliser. » Je vous demande donc de garder à l’esprit cette définition précise.

Le sens exotérique et ésotérique

Lorsqu’il est utilisé en rapport avec l’exercice des pouvoirs de l’esprit, le mot « concentrer » est susceptible de 2 sens : l’un exotérique ou général et commun, et l’autre, ésotérique ou cachée.

L’idée exotérique est la concentration de l’esprit sur une pensée ou action déterminée, à l’exclusion de toutes les pensées ou impressions extérieures.

L’idée ésotérique est la concentration de l’esprit sur le « Moi » intérieur, la personnalité intime, les régions les plus élevées de l’Âme, – le JE SUIS –, à l’exclusion de toutes les pensées liées au corps ou à l’individualité matérielle.

Une forme de concentration précieuse

La première forme de la concentration est particulièrement précieuse pour l’homme dans sa vie quotidienne ; la seconde forme est plus spécialement utile à ceux qui voudraient mieux connaître leur moi profond, et que les questions de la destinée humaine passionnent et troublent.

Dans cette leçon je m’attacherai exclusivement à l’aspect pratique ou exotérique de la concentration, car c’est le but de cet ouvrage. J’ai, cependant, fourni au lecteur quelques indications sur l’aspect ésotérique pour qu’il sache comment procéder si ce dernier l’attire.

La faculté de concentrer toute son intelligence et toute sa volonté sur une pensée ou une action déterminée est l’une des plus précieuses que l’homme puisse posséder. C’est ce qu’on exprime communément en disant « que l’on se donne corps et âme à un travail » ou encore que l’on ne veut « faire qu’une chose à la fois pour bien la faire », etc.

Nous sommes tous familiers avec l’exemple du peintre qui n’a réussi son tableau que parce qu’il y a mis « une partie de lui-même », ou du mineur qui n’est arrivé au bout de son filon que parce qu’il s’était attaché lui-même « au bout de son pic ».

La pensée associée à l’action

Nous savons que la tâche la plus simple est bien plus aisée à réaliser si nous associons une pensée concentrée à l’action. Les travailleurs se distinguent les uns des autres en fonction de la force de pensée concentrée investie dans leur tâche.

L’homme qui prend un intérêt dans son travail et qui trouve un plaisir véritable dans sa tâche quotidienne est celui qui produit le plus et qui vit le plus heureux.

L’homme qui a les yeux sans cesse rivés sur la pendule ou qui « suspend son pic dans l’attente du sifflet » n’est qu’une machine qui ne parviendra guère à grand-chose, à moins de changer son attitude à l’égard du travail.

L’homme d’intelligence active et de conscience éclairée est très demandé. Il est un article rare et précieux et beaucoup d’employeurs le sollicitent. Quand nos jeunes prendront-ils conscience de ce fait ?

Mais la concentration peut-elle jouer véritablement un rôle à cet égard ? Assurément. Car elle n’est en réalité que l’intérêt de l’intelligence ramassé sur un point déterminé, le résultat d’exercices de concentration quotidiens.

Comment « arriver »

L’homme qui se livre chaque jour aux exercices de concentration se dégage de plus en plus de la vie extérieure, des mille distractions qui sollicitent son esprit, et donne par là le meilleur de lui-même à son travail, qu’il soit ouvrier manuel, architecte, employé, vendeur, poète, peintre ou banquier.

Tous les hommes qui ont réussi, qui sont « arrivés » ont développé, consciemment ou inconsciemment leur faculté de concentration. Ceci veut dire que tout individu qui développe sa faculté de concentration réussira, « arrivera ». Faites-en l’expérience et vous serez convaincu. Le résultat est inévitable.

Si vous vous concentrez sur un point et que vous persistez sans vous laisser distraire, vous accomplirez invariablement le meilleur travail possible, et si vous effectuez le meilleur travail le succès sera votre récompense, à condition que vous gardiez le bon sens que vous avez reçu à votre naissance, et que vous ne vous laissiez pas hypnotiser par la croyance que vous êtes un ver de terre, ou un paillasson humain.

Si vous faites un excellent travail, vous trouverez toujours un marché pour vos services ; si votre employeur ne vous apprécie pas, il y en a plein d’autres qui le feront. Mais vous ne pouvez faire le travail que vous-même – n’oubliez pas cela.

Obtenir le meilleur rendement

Votre employeur ne sera assez idiot pour vous payer pour ce que vous ne faites pas. Ah, non, ce n’est pas son genre, et il ne serait pas « arrivé » si ça l’était. Mais il ne vous laissera pas non plus le quitter pour son rival, si vous faites un excellent travail, et vous le ferez si vous retroussez les manches et si vous vous concentrez.

Si vous avez été découragé par le manque apparent de succès dans votre métier, apprenez juste à vous concentrer ; crachez dans vos mains, agrippez la corde et tirez le plus fort que vous pouvez. Et ayez la certitude que quelque chose vous viendra de l’autre bout de la corde.

Ne perdez pas votre temps en plaintes contre « l’oppression du Capital » et ce genre de choses. Si vous êtes « concentré », le Capital se mettra bientôt en quatre pour s’assurer vos services, ou pour acheter vos produits. Ne pouvez-vous donc pas le voir ? Bien sûr que oui, vous le pouvez.

Ne soyez pas un « paillasson » humain

Alors, cessez de tergiverser et mettez-vous sérieusement au travail. Allez de l’avant sans perdre de temps. Si vous refusez d’accepter les moyens du salut financier qui vous sont offerts, eh bien restez à la traîne, un paillasson humain toute votre vie ; tant pis pour vous ! Si un homme est trop paresseux pour être sauvé, eh bien, laissez-le à son sort. Il n’a que ce qu’il mérite.

Certains d’entre vous ont besoin que quelqu’un soit toujours à leurs côtés avec un bâton et la consigne de vous administrer un bon coup chaque fois que vous vous laissez aller et que vous vous abandonnez à des rêveries sans but. Arrêtez de « gémir » et mettez-vous au travail.

Le ciel n’est pas un lieu de flânerie

Certains passent leur vie à rêver de l’après-vie, où ils comptent passer leur temps à « flâner autour du trône ». Eh bien, ils peuvent être sûrs de se tromper.

La Nature est en perpétuel mouvement, et Dieu travaille dur chaque jour. Je suis convaincu que lorsque vous atteindrez l’autre rive vous tomberez sur un panneau avec l’inscription « FLÂNERIE INTERDITE »

Si vous prenez de l’intérêt à votre travail, vous lui enlèverez tout côté effrayant ou pénible. Lancez-vous et sauvez vous vous-même de la pauvreté et du malheur. Faites-le MAINTENANT.

Remède pour les « coup de blues » et les déprimes

L’homme qui sait se concentrer dispose d’un remède sûr pour les « coups de blues », les déprimes et le découragement. Comment ? Simplement en chassant les pensées désagréables et en se concentrant sur un sujet plus gai.

Ne dites donc pas que vous ne pouvez pas le faire. Vous pouvez, si vous acquérez le « tour de main ». Des milliers de personnes ont déjà bénéficié de cette méthode particulièrement efficace pour les déprimes, le découragement, les soucis, les peurs etc.

Essayez et vous verrez bientôt que la vie vous semblera entièrement différente. Essayez et vous vous sentirez si bien dans votre peau que vous n’aurez rien à envier aux plus grands de ce monde. Essayez, et vous sentirez la flamme de la vie en vous et vous remercierez Dieu d’être vivant, au lieu de maudire le jour où vous êtes né.

Vous serez plus productif ; vous serez plus épanoui ; vous serez meilleur. Cela ne vaut-il pas la peine d’essayer ?

Une expérience simple

Vous pensez peut-être que la concentration est une chose simple et naturelle. Allons voir si c’est vrai.

Prenez un crayon, par exemple, et entreprenez de le tailler correctement. Prenez votre temps pour le faire, et faites le bien. Vérifiez si vous pouvez vous concentrer sur la tâche en cours, à l’exclusion de toute autre pensée. Imaginez que votre seul but dans la vie, pour le moment, est d’obtenir une pointe très fine. Quelle sensation avez-vous eue ? C’est plutôt difficile, n’est-ce pas ? C’est bien ce que je pensais. Vous avez besoin de pratique.

Reprenez les exercices indiqués dans cette leçon, et répétez-les jusqu’à ce que vous parveniez à faire quelque chose, n’importe quoi, sans avoir l’esprit ailleurs.

Plus de vains efforts ou de mouvements perdus

N’importe qui peut se concentrer sur une tâche agréable, mais pour peu qu’elle soit ingrate ou monotone vous constaterez que les pensées du sujet s’égarent au loin malgré lui ; jusqu’à ce qu’il apprenne à appliquer sa volonté à se concentrer.

La capacité de se concentrer sur une tâche ingrate, sans attrait, monotone, est le meilleur test de concentration. Quand vous aurez surmonté ce problème, vous saurez que vous en avez fini avec les vains efforts et les mouvements en perte.

Les avantages de la concentration

Par la concentration vous pouvez focaliser votre attention, votre esprit et votre énergie sur une chose donnée, obtenant ainsi les meilleurs résultats possibles. Lorsque les rayons du soleil se focalisent sur un objet à travers un morceau de verre, la chaleur produite est beaucoup plus forte que lorsque les rayons atteignent directement l’objet.

Il en est de même avec l’attention. Dispersez-la et vous n’obtiendrez que des résultats médiocres ; mais focalisez-la sur la tâche en cours, et vous génèrerez une quantité d’énergie prodigieuse. L’homme qui se concentre focalise son attention et la force de son esprit sur un point précis et le résultat est que chacune de ses actions, volontaires et involontaires, se dirige vers l’accomplissement du but visé.

Comme je l’ai déjà dit dans une leçon précédente, chacun peut avoir tout ce qu’il désire si seulement son désir est assez fort. S’il concentre toutes ses énergies sur une chose, à l’exclusion de tout autre, la force qu’il génère produit nécessairement le résultat.

La morale de tout ceci est que « quoi que vous fassiez, faites-le du mieux que vous pouvez » et « faites une chose à la fois, et bien. »

Pour obtenir les meilleurs résultats du contrôle mental, tel qu’il a été expliqué dans la leçon précédente, vous devez acquérir l’art de la concentration. En focalisant votre pensée, vous la fortifiez, comme dans l’exemple des rayons du soleil.

Les exercices qui vont suivre devraient être effectués parallèlement aux exercices de concentration. Ils sont plus ou moins pénibles et monotones, mais vous devez les continuez jusqu’à ce que vous les réussissiez parfaitement. Vous serez largement récompensé de vos efforts par l’accroissement, visibles dès le début, de vos pouvoirs de concentration.

Un remède précieux pour l’épuisement mental et physique

Il me reste encore un point à développer avant de passer aux exercices, et c’est celui de la concentration comme moyen d’atteindre le repos mental et physique. Si c’était le seul bienfait des exercices, il mériterait que vous lui consacriez votre temps.

Supposez que vous soyez complètement épuisé par un effort prolongé ou un labeur physique ou mental excessif et que vous ayez terriblement besoin de repos. Si vous vous asseyez ou allongez, la pensée qui occupait votre esprit, retournera vous hanter et vous empêchera d’obtenir le repos si nécessaire.

Or, la science nous dit que chaque pensée affecte une cellule ou un groupes de cellules de notre cerveau – les autres étant au repos en attendant. Il est donc évident que lorsqu’une cellule cérébrale est exténuée par un travail prolongé et intense, sa seule chance de se reposer complètement est que le sujet se concentre sur une pensée entièrement différente, immobilisant la cellule fatiguée et agitée qui vibre toujours sous l’effet de la forte impulsion qui lui a été imprimée.

En vous concentrant sur un nouvel ordre d’idées, vous relevez les anciennes cellules de leur fonction et vous leur procurez le repos si nécessaire. Ces cellules habituées au travail peuvent avoir tendance à poursuivre leur activité malgré vous, mais si vous avez développé la capacité de concentration vous n’aurez aucune peine à les retenir et maîtriser.

C’est exactement ce qui se passe lorsque après une longue journée d’efforts et de soucis, vous prenez, pour vous distraire, un roman intéressant. Vous êtes tellement absorbé dans votre roman que les cellules de votre cerveau qui ont été sollicitées toute la journée se reposent et se détendent pendant que vous lisez, et quand vous avez terminé la lecture vous vous sentez complètement régénéré. En même temps, d’autres cellules ont fonctionné et votre cerveau n’a pas été complètement inactif et oisif.

Autant pour la théorie. Maintenant, il vous faut la mettre en pratique, et vous n’aurez plus aucune raison de vous plaindre du surmenage mental. Vous serez capable de mettre et d’enlever des pensées comme un manteau, les changeant chaque fois que cela vous convient.

Je vous indiquerai maintenant quelques exercices qui vous permettront de développer votre pouvoir de concentration.

Les conditions nécessaires à la concentration

Rappelons encore une fois que le principe fondamental de la concentration est de rassembler toute l’attention sur une pensée ou une action déterminée.

Tout ce qui peut renforcer la faculté d’exclure, volontairement, les pensées non essentielles au but visé, vous sera utile. Les exercices décrits dans cet ouvrage ne sont que des idées et suggestions pour d’autres.