Les ennemis jumeaux de notre bonheur : la crainte et le souci

J’écrivais chaque jour mes ennuis et mes soucis ; quelques années plus tard, lorsque je relus ces pages, je le fis en souriant et non en pleurant.
Le souci est la forme la plus populaire du suicide.
Les dieux que nous servons gravent leur nom sur nos visages.

Débarrassez-vous d’abord de votre crainte

Il y avait une fois un magicien qui éprouva une telle compassion pour une souris vivant dans une crainte perpétuelle du chat, qu’il la changea en chat. Mais ce chat commença à avoir peur du chien, et le magicien le changea en chien. Le chien à son tour eut peur du tigre, et le magicien le changea en tigre.

Mais ses ennuis ne finirent pas là, car le tigre se mit à craindre constamment le chasseur. Dégoûté, le magicien finit par le transformer de nouveau en souris, en lui disant : “Puisque tu n’as que les nerfs d’une souris, il m’est impossible de t’aider en te faisant revêtir la forme d’un plus noble animal.”

Beaucoup de personnes ne semblent pas capables de débarrasser leur esprit de la crainte. Quand elles sont pauvres, elles s’imaginent que la fortune et la santé les affranchiraient de toute crainte et de tout souci. Elles croient que si elles avaient ceci ou cela, si leur entourage était différent, elles pourraient être délivrées de l’inquiétude et de toute sa famille de vampires, mais quand elles ont obtenu ce qu’elles désiraient, le même vieil ennemi, quoique sous une forme différente, les poursuit encore.

Il n’y a pas de plus grands ennemis du bonheur que la crainte et le souci.

Partout et toujours, ils sont une malédiction. Rien ne peut nous atteindre, aucun désastre, aucun malheur, que nous ne puissions mieux supporter sans ces 2 destructeurs de la joie.

La crainte est vraiment un vieil, vieil ennemi, et le souci est son complice détesté. La crainte a toujours existé, mais le souci est la maladie de notre époque. Dans notre sagesse, à la fois nous avons pitié et nous nous moquons du barbare qui vivait dans une crainte mortelle de ses dieux cruels. Mais n’avons-nous pas aussi nos démons oppresseurs devant lesquels nos âmes tremblent et nos forces défaillent ?

Vous pouvez neutraliser ce grand destructeur de paix

Je connais un homme très estimable, dont la vie a été constamment entravée par la crainte. Il l’a combattue désespérément, mais ce n’est que récemment qu’il a compris qu’on pouvait la neutraliser par une suggestion mentale opposée. Il dit que la crainte a, dès son enfance, entravé l’épanouissement de son être et compromis tout ce qu’il a voulu entreprendre. Elle l’a empêché de mener à bien des choses dont il se sentait cependant parfaitement capable.

Depuis qu’il a appris comment il peut neutraliser ce grand destructeur de sa paix, de son bonheur et de ses succès, son attitude mentale a complètement changé. Il dit qu’il ne s’est jamais bien connu lui-même, et qu’il ne sut ce dont il était capable que lorsqu’il eut annihilé la crainte.

De la destruction de son ennemi est résulté un épanouissement considérable ; de faible, timide, indécis, craintif, qu’il était auparavant, il est devenu fort, vigoureux, confiant ; ses facultés latentes ont pu se développer, et son pouvoir mental s’est merveilleusement accru. Il peut accomplir maintenant, en un mois, et sans aucune peine, ce qu’il a mis autrefois une année à accomplir.

Ne soyez pas lâche

La crainte tue l’espoir ; le souci et l’inquiétude détruisent la confiance, la puissance de concentration, et paralysent l’initiative. La crainte est fatale à tout progrès. C’est l’empoisonneur du bonheur.

“Prenez un antidote contre l’impatience et le souci dès que vous percevez leur approche”, écrit un auteur.

Beaucoup de personnes craignent toujours quelque chose. Elles n’ont pas assez de courage pour jouir réellement de la vie. Elles ont peur de frayer avec ceux qui leur sont supérieurs par l’intelligence ou la fortune. De crainte que leur pauvreté d’esprit ou d’argent puisse être découverte, elles se privent des avantages et des plaisirs qu’elles retireraient d’une vie plus sociable. Ce sont des lâches, et les lâches ne sont jamais heureux.

Nous avons été créés pour dominer notre environnement, et non pour être souffletés par les accidents ou la malchance. Nos plus grands ennemis vivent dans notre propre cerveau, dans notre imagination, dans les idées fausses que nous avons sur la vie. Nous devrions être des conquérants au lieu d’être des esclaves, et il n’y a pas de plus grand esclavage que celui de la superstition.

La superstition et l’ignorance ruinent le bonheur d’une multitude de gens. On s’imagine que la superstition n’est pas nuisible, mais tout est nuisible de ce qui fait croire à un homme qu’il est le jouet des circonstances, qu’il est à la merci de signes et de symboles, qu’il y a dans le monde une puissance en opposition avec l’Omnipotent ; quelque chose qui travaille, et essaye de faire du mal aux êtres mortels.

La crainte n’est qu’un fantôme de l’imagination

On a estimé qu’il y a plus de 5000 différentes formes de crainte. Pour une multitude de personnes, la crainte de quelque malheur suspendu au-dessus de leur tête est toujours présente. Elle les hante, même dans leurs meilleurs moments. Leur joie en est empoisonnée, si bien qu’elles ne prennent aucun plaisir réel en quoi que ce soit. Le “squelette dans le buffet” est le fantôme qui les hante constamment.

La crainte de la maladie détruit aussi le bonheur d’une multitude d’autres personnes. Elles se représentent les symptômes de quelque terrible maladie dont elles se croient atteintes, et cette crainte continuelle nuit à leur nutrition, affaiblit leur force de résistance, et tend à encourager ou à développer toute tendance à la maladie, ou toute tare héréditaire qui pourrait sommeiller dans leur corps.

La crainte agit sur la circulation du sang et dilue toutes les sécrétions. Elle paralyse le système nerveux, blanchit les cheveux, ride le visage et ôte l’élasticité de la démarche.

D’autre part, tout ce qui nous rend heureux, tout ce qui nous procure une émotion joyeuse, relâche les vaisseaux capillaires et favorise la circulation du sang.

Les enfants qui vivent dans une atmosphère de crainte souffrent dans leur développement ; ils ne croissent pas naturellement ; leurs corps ne se développent pas normalement ; leurs vaisseaux sanguins sont plus petits, leur circulation est plus lente, leur cœur plus faible. La crainte tarit la source même de la vie, tandis que l’amour, qui bannit la crainte produit l’effet opposé.

Il est étrange qu’après tant de siècles d’expérience et d’enrichissement, la race humaine n’ait pas encore appris que la crainte n’est qu’un fantôme de l’imagination, et n’ait pas positivement refusé d’être torturée par cet ennemi de son bonheur.

Il semble que la race humaine aurait dû s’affranchir depuis longtemps de ces souffrances inutiles, mais nous nous laissons encore effrayer par les mêmes fantômes que ceux qui hantaient nos ancêtres, et qui pourraient être facilement détruits ou neutralisés par le changement de la pensée, de l’attitude mentale.

Regardez en arrière, vous qui touchez au terme de votre vie, et vous découvrirez que la crainte qui vous a vieilli prématurément, qui a ridé votre visage, détruit l’élasticité de votre démarche, l’éclat de vos joues, et vous a dérobé votre joie, était la crainte de choses qui ne sont jamais arrivées.

La crainte de la mort

Il est étrange que ce qui n’a aucune base réelle, comme la crainte, ait pu tourmenter l’humanité dès le commencement de son histoire jusqu’à maintenant. Nous savons que le Créateur n’a jamais mis, dans l’homme créé à son image, quoi que ce soit qui pût lui causer une telle détresse, et détruire son repos d’esprit et son bonheur en lui enlevant son énergie.

Un médecin a dit dernièrement que la crainte est aussi normale chez l’homme que le courage. On pourrait tout aussi bien affirmer que la discorde est de l’harmonie, que de dire que la crainte est normale.

La théologie et les credos sont trop imprégnés de terreur et de crainte, ils renferment trop d’ombre et trop peu de joie, trop de nuages et trop peu de soleil, trop de préoccupation de l’au-delà et pas assez du présent. C’est du Christ, et non pas de credos, que l’humanité a besoin.

Pendant des siècles, l’Église a propagé une si fausse idée de la mort qu’elle a aidé à en développer l’horreur. Cependant, elle est aussi naturelle que la naissance. Elle consiste simplement à franchir une des portes du chemin de la vie, à entrer dans un autre état d’existence consciente.

Le changement qu’apporte la mort est aussi naturel que le changement de la chenille en chrysalide, de la chrysalide en papillon. Elle est un nouveau stade de développement.

“La mort n’est que le pont couvert qui conduit à une plus grande lumière.”

Beaucoup de personnes ont une telle crainte de la mort, elles sont si terrifiées à sa seule pensée, qu’elles ne jouissent pas du présent, et n’en tirent pas tout le parti possible.

Certaines gens semblent toujours se préparer à la mort. Cette attitude mentale, cette vie dominée par l’ombre de la mort est démoralisante. C’est un squelette qui vient troubler toutes les fêtes. On ne jouit de rien avec cette crainte perpétuelle de la mort.

Arrêtez d’élever vos enfants dans une atmosphère de crainte perpétuelle de la mort

Je connais plusieurs personnes qui, depuis qu’elles ont dépassé le milieu de la vie, se préparent constamment à la fin, mettant en ordre leurs affaires, faisant leur testament, décidant comment leurs affaires devront être conduites après leur mort. Elles parlent constamment de la mort, la faisant sans cesse miroiter devant leur famille comme un perpétuel spectacle cinématographique.

Pensez quel mal cela peut faire à un enfant d’être élevé dans cette atmosphère de crainte perpétuelle de la mort, au point qu’il a peur d’aller se coucher, le soir ! Qu’est-ce que l’enfant sait de la mort ? Il n’en peut comprendre la signification, et n’en retient que l’horreur.

Je crois que l’image de la mort, imprimée dans les jeunes intelligences pendant leurs années de croissance (alors que l’imagination est si active), par les parents et par l’Église, est responsable d’une quantité de souffrances, et qu’elle a éloigné une grande multitude de gens de leur Créateur.

N’y a-t-il pas quelque chose d’incompatible entre l’idée du tendre amour de Dieu, que nous essayons d’inculquer à nos enfants, et l’horrible idée de la mort, qu’on leur inculque aussi comme venant de Dieu ?

Les 2 choses ne peuvent aller ensemble, et l’enfant ne peut éprouver, pour un Être responsable d’une mort aussi révoltante, le même amour que pour un Père tout aimant.

Ayez un sentiment d’absolue sécurité

Pendant des siècles, des multitudes de chrétiens ont vécu comme “des condamnés à mort dans un délai plus ou moins long”. La crainte constante de la mort leur enlevait toute joie.

L’âme confiante et calme jouit du plus noble bonheur, et éprouve un sentiment d’absolue sécurité dans toutes les circonstances. Lorsque quelqu’un croit qu’il est victime d’une destinée qu’il ne peut maîtriser, qu’il s’attend à tout instant à voir ses plans déjoués, son programme renversé, son espoir frustré sans avertissement. En d’autres termes, quand il n’a aucune certitude pour le résultat futur de ses efforts, il ne peut avoir cette solidité de caractère, cette force patiente, endurante, qui sont à la base de toute noble vie.

Il nous faut avoir la conviction qu’il y a en nous quelque chose de divin qui nous soutient en toutes circonstances, qu’un sage Créateur nous protège, pour que nous puissions développer en nous un caractère endurant.

Nous devons avoir un sentiment d’absolue sécurité, jusqu’à ce que nous ayons pu atteindre cet équilibre du caractère qui constitue la vraie virilité, chez l’homme comme chez la femme.

Aussi longtemps que, dans notre esprit, subsistera le moindre doute que nous fassions partie intégrante de l’éternel principe, du grand plan infini qui ne peut être détruit, et qui est au-dessus de l’atteinte du besoin, de la chance ou du malheur, notre caractère sera défectueux. Il manquera de cette force d’endurance qui est la caractéristique de toutes les nobles existences.

Tous les grands caractères ont eu cette foi invincible dans la réalité de l’amour divin et dans le but suprême de la vie, une confiance complète en Dieu, qui n’est pas le dieu de la mort, mais celui de la vie.

D’où vient cette crainte ?

La crainte provient de la conscience que nous avons d’être séparés du grand principe de l’Amour, de la Vérité et du Pouvoir omnipotent.

Peut-il y avoir quelque chose de plus rassurant, quelque chose qui prouve mieux notre unité avec la Divinité que cette parole si réconfortante du Christ : “Voici, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde !”

Il semble que les écrivains de la Bible, le Psalmiste tout spécialement, ont pris soin de nous fournir des remèdes pour tous les maux humains.

Toute crainte repose sur le fait que celui qui l’éprouve a la conscience d’être séparé de la Force infinie, du Secours permanent, et quand il en vient à comprendre qu’il peut être un avec le Pouvoir qui l’a créé et qui le soutient, quand il trouve la paix qui surpasse toute connaissance, alors il se sent heureux, et en repos.

Ayant touché pour ainsi dire ce Pouvoir, et en ayant goûté les bénédictions infinies, il n’aura plus jamais aucune crainte, ni aucun souci, et ne pourra plus se contenter “des potées de viande de l’Égypte”.

La crainte que nous éprouvons est toujours en proportion du sentiment de notre faiblesse, ou de notre incapacité à nous protéger nous-mêmes contre ce qui la cause.

Comment chasser la crainte ?

Le professeur Shaler, de l’Université de Harward, a dit que la plus grande découverte du siècle dernier est l’unité de toutes choses dans l’univers, la source unique de toute vie.

La vie aura pour nous une autre signification quand nous réaliserons notre communion avec le grand Principe qui a créé et soutient l’univers.

L’idée qu’il n’y a qu’un principe qui gouverne tout, une vie, une vérité, une réalité, que ce pouvoir est divin et bienfaisant, et que nous sommes dans un grand courant qui se dirige vers Dieu, vers le ciel, est une des croyances les plus inspiratrices, les plus encourageantes et des plus propres à bannir la crainte de l’esprit humain.

Le fait que, par notre être intérieur, nous faisons actuellement et nécessairement partie de ce grand et divin Principe, que nous ne pouvons pas plus être annihilés que les lois mathématiques, que nous avons part à toutes les qualités qui appartiennent à notre Créateur, que nous devons être parfaits et immortels parce que nous avons été créés par la Perfection, résout tous les grands mystères de la vie, et nous donne une merveilleuse sensation de sécurité et de contentement que rien d’autre ne pourrait nous offrir.

Donc, en proportion de ce que nous réalisons cette communion avec la Divinité, cette conformité avec notre Créateur, nos vies deviennent calmes, confiantes, productives.

Nos craintes, nos soucis, nos inquiétudes indiquent que nous avons perdu la conscience de notre filiation divine, que nous avons quitté la maison paternelle, que nous ne sommes plus à l’unisson avec l’Infini, et que nous sommes séparés du divin Principe.

Quand on sent sa main serrée par la main omnipotente, on est trop près de Dieu pour douter ou craindre, on sait qu’aucun mal ne provient de cette divine source, et tout sentiment de crainte s’évanouit. La conscience qu’actuellement “c’est en Dieu que nous avons la vie, le mouvement et l’être”, révolutionnera nos vies, et quand “l’esprit qui est en nous est le même que celui qui était en Christ”, nous ne connaissons plus la crainte.

Soyez capable de gouverner votre propre royaume mental

Chacun de nous devrait être capable de dominer sa propre mentalité, d’être le maître de son esprit en tout temps. Il est pitoyable de voir un homme fort être la victime de pensées torturantes qu’il pourrait étouffer en un instant.

L’esprit de beaucoup d’hommes est si affecté par une crainte et une inquiétude chronique, si troublé par des pressentiments, qu’on ne peut se fier à leur jugement. Quand la crainte domine, le bon sens, le jugement disparaît.

Un homme devrait être capable de gouverner son propre royaume mental. Il devrait pouvoir juger de la qualité des pensées auxquelles il donne accès ; il devrait avoir le pouvoir de leur ouvrir ou de leur fermer les portes de son intelligence. Mais quand nous regardons à notre vie passée, et constatons quels ravages la crainte et les soucis ont produits sur nos digestions, nos fonctions corporelles et nos nerfs, et le tort qu’ils nous ont fait dans nos relations de la vie journalière, nous sommes effrayés de leur pouvoir.

Gardez un idéal physique, mental ou moral très élevé

Des milliers de gens meurent chaque année de dépression mentale, d’espoirs trahis, d’ambitions avortées et d’affaiblissement prématuré. Nous n’avons pas encore appris à cultiver cette gaîté des grandes âmes bien équilibrées et bien confiantes dans la puissance que leur donne l’aide céleste, cette joie sublime qui est le plus grand remède préventif contre tous les maux terrestres.

Nous n’avons pas encore appris, en tant que peuples, que le chagrin, l’inquiétude et la crainte sont les grands ennemis de la vie humaine, et qu’on doit leur résister comme à la peste. Sans gaîté, il ne peut y avoir aucune action physique, mentale ou morale qui vaille, car la gaîté est l’atmosphère normale de notre être.

La grande chose est de garder son idéal physique, mental ou moral très élevé, de telle sorte que le souci, l’inquiétude et la crainte ne puissent pénétrer en nous. Notre force de résistance devrait être si grande que ces ennemis ne puissent s’introduire dans la place.

Dernièrement, je trouvai cette sentence qui me frappa : “Si vous ne pouvez être heureux quand vous êtes misérables, vous ne le serez jamais.”

Celui qui l’a écrite pensait sans doute que l’homme victime de son humeur, qui n’est pas maître de lui-même et de ses pensées, ne peut être le maître de son bonheur. Il ne peut dire s’il sera heureux ou non, parce qu’il ne sait pas ce qu’il éprouvera à tel ou tel moment.

Arrêtez de vous droguer

Bien des docteurs pourraient attester que l’usage croissant des narcotiques est dû à l’indulgence chronique témoignée à la crainte et à l’inquiétude. Il est regrettable qu’un grand nombre de remèdes, considérés comme des spécifiques pour toutes espèces de maux, puissent être obtenus si facilement dans les pharmacies.

Toutes les préparations qui contiennent de la morphine, de la cocaïne et de l’alcool, spécialement les remèdes contre les maux de tête, sont très dangereuses entre les mains de gens mal informés, et ont souvent de tragiques résultats. Il est si facile de se les procurer que les victimes de l’inquiétude sont tentées d’y chercher du soulagement.

L’habitude de se droguer est un des plus dangereux symptômes des temps modernes. Les remèdes sont si bien empaquetés, si faciles à porter dans la poche, si aisés à ingurgiter, que le danger d’en trop prendre est bien grand. L’usage si répandu des remèdes qui calment les nerfs indique quelle sorte de vie nous menons. La tendance à se droguer dépend de la tension anormale avec laquelle nous combattons pour gagner notre vie.

Nos nerfs sont continuellement surmenés ; nous ne savons plus trouver le temps de nous reposer ou de nous délasser. Il faut pourtant que nous arrivions à conserver notre capacité de jouir ; il faut que nous trouvions le bonheur à tout prix.

Aussi un grand nombre de personnes prennent-elles des stimulants ou des narcotiques afin de se procurer le bonheur physique. Elles recourent aux drogues pour échapper aux misères de la vie, et pour se procurer les jouissances que leurs esprits déprimés et leurs sens affaiblis peuvent encore trouver dans la vie.

Quand Frances Willard étudia, la première, les effets de l’intempérance sur les classes laborieuses de notre pays, elle dit : “Ils sont pauvres parce qu’ils boivent.” Mais avant peu, elle renversa les termes et dit : “Ils boivent parce qu’ils sont pauvres.”

Refusez que la vie fasse de vous des machines et des esclaves

Prenez le cas d’un ouvrier ordinaire, travaillant dans une grande usine ; il doit travailler comme un esclave toute la journée, et souvent même encore le soir ; il n’a que bien peu d’heures libres à sa disposition. Pouvons-nous le blâmer s’il cherche, pendant ces quelques heures, à se procurer des sensations qui coupent un peu la monotonie de sa vie journalière, et lui ouvrent le Nirvana où s’endorment ses nerfs et son corps fatigués ? S’il ne le faisait pas, il deviendrait fou, ou se tuerait. Telle est la loi de la nature.

Et comment un homme qui ne connaît que la fatigue du corps et de l’esprit, pourrait-il reconnaître et chercher pendant ses brèves heures de loisir le vrai bonheur de la vie ? Il croit qu’il n’y a qu’un moyen à sa portée de se procurer l’indispensable réaction ; une seule sorte de bonheur lui est offerte. Il pense qu’il doit boire jusqu’à ce qu’il soit assez ivre pour oublier son existence, et se procurer des sensations et des visions agréables.

Ceci est un exemple extrême. Mais il sert à faire comprendre les tendances anormales de notre époque auxquelles tous nous sommes exposés dans une certaine mesure, en tant que la vie fait de nous des machines et des esclaves.

Nous craignons de perdre notre faculté de jouir de la vie ; nous craignons que le souci et la peine nous privent du bonheur. Et si nous ne sommes pas capables de remplacer la crainte et le souci par le vrai bonheur qu’on trouve dans une vie normale, nous recourons aux moyens extérieurs, tels que les drogues et les stimulants, pour nous procurer la contrefaçon pathologique du bonheur.

Autrefois on recourait peu à ces moyens factices de donner un coup de fouet aux nerfs fatigués et au cerveau affaibli ; on avait davantage recours aux moyens naturels. Maintenant, nous voyons les hommes recourir constamment aux boissons alcooliques ou à l’usage immodéré du tabac.

Cherchez en vous-même et non à l’extérieur comment trouver le bonheur

Les hommes d’affaires forcent constamment leur système nerveux et leur cerveau à fournir un travail intensif, et ils se servent de ces moyens artificiels jusqu’à ce qu’ils aient épuisé toutes leurs réserves ; puis, lorsque survient la maladie, ils n’ont plus aucune force de résistance.

Le souci et la crainte ont fait plus d’ivrognes que toute autre cause. Tout ce qui peut faire évanouir les soucis, délivrer de l’oppression que causent l’inquiétude et la crainte, tout ce qui peut procurer du repos à l’esprit déprimé, angoissé et anxieux, voilà ce que l’humanité recherche.

Les millions d’hommes qui se ruent constamment dans les cafés le font parce qu’ils croient que la boisson leur procurera un soulagement momentané à ce qui les trouble, et qu’ils seront alors dans de meilleures conditions pour faire leur travail. Bien peu d’entre eux se rendent compte où les conduira la constante stimulation des liqueurs, du tabac, du café et des drogues.

Ils ne réalisent pas que cette excitation sera suivie d’une réaction fatale. Ils ne savent pas que l’alcool paralyse momentanément les nerfs des parois des vaisseaux sanguins du cerveau, qui retiennent ainsi une plus grande quantité de sang, et que cette congestion temporaire, qui donne l’illusion d’une activité plus intense du cerveau, est toujours suivie d’une réaction déprimante.

Tout ceci renforce la constatation de notre besoin inné de bonheur, et la fatale influence de la crainte et du souci. Pourquoi la plupart d’entre nous, qui avons cependant une assez bonne position en ce monde, ne sommes-nous pas plus capables d’être heureux ?

C’est que nous cherchons en dehors de nous l’aide qui est en nous. Et, dès que l’homme dépend d’une aide extérieure, il se sépare de la source du pouvoir ; il rompt le câble divin. Il enlève le trolley et n’est plus en contact avec le courant divin. Il a en lui tout le mécanisme nécessaire pour faire mouvoir sa machine humaine ; mais pour recevoir l’énergie divine, il faut qu’il mette le trolley de la foi et de la vérité en contact avec le courant divin.

C’est votre devoir de chasser le souci et l’inquiétude

Si nous étions en contact avec la Puissance infinie, nous serions sereins et équilibrés. C’est autant notre devoir de chasser tout ennemi de notre santé et de notre bonheur, que de chasser les voleurs de notre maison. Le souci et l’inquiétude n’ont pas plus le droit d’assombrir nos vies que les bêtes sauvages n’ont le droit de vivre dans nos demeures.

L’harmonie est aussi normale, pour l’homme que Dieu a fait, que pour la musique.

“Prenez garde de ne pas vous faire du souci.” “Restez gai et ne vous tourmentez pas.” Ces injonctions que l’on entend fréquemment tomber de la bouche du docteur lorsqu’il accompagne ses patients, montrent que les médecins croient à l’influence fatale, pour la santé, des soucis et de la tristesse ; ils les considèrent comme des malédictions.

Le souci empoisonne le sang, nuit à la nutrition ; le sang empoisonné, empoisonne à son tour la pensée, et empêche tout progrès mental. “Un jour de souci est plus fatigant qu’une semaine de travail. Le souci désorganise tout notre être, le travail le maintient en bonne santé et en équilibre.”

“Chaque moment de souci affaiblit l’âme pour son combat journalier, écrit un prédicateur bien connu. Le souci est une infirmité, il ne renferme aucune vertu. Le souci est une myopie spirituelle, une mauvaise habitude de regarder aux petites choses, et d’en exagérer la valeur.”

“Le souci est une espèce de folie. Nous traiterions d’insensé un homme qui prendrait chaque jour une dose de poison pour fortifier sa santé. Celui qui désire arriver au bonheur, et qui conserve l’habitude de se faire du souci, n’est pas moins déséquilibré. C’est se diriger vers le nord pour trouver le sud, descendre à la cave pour contempler l’arc-en-ciel ; c’est paralyser la force qui nous aiderait à surmonter le mal.”

Prenez soin de votre précieux capital

Que penseriez-vous d’un homme, sur le point de faire faillite, qui irait à la banque chercher le dernier argent dont il peut disposer, et le jetterait par la fenêtre, ou le dépenserait follement ?

Comprenez-vous, vous qui vous faites constamment du souci, que vous agissez d’une façon tout aussi insensée ? Votre puissance cérébrale, votre énergie, vos capacités sont le capital avec lequel vous devez faire face à la vie, et cependant chaque nuit d’insomnie, chaque moment d’inquiétude, d’agitation et de tension nerveuse, draine votre précieux capital.

Vous vous rendez malheureux, ainsi que ceux qui sont autour de vous ; vous détruisez le bonheur de votre foyer ; vous abrégez votre vie pour des mois, peut-être même pour des années. Vous voulez toujours dépendre des choses extérieures pour vous assurer le repos d’esprit, le confort, le bonheur, le succès. Mais ces choses sont sujettes aux accidents et, en mettant en elles votre confiance, vous repoussez tout ce que la vie pourrait vous offrir.

L’homme a un droit inaliénable au succès et au bonheur. Les enfants de Dieu ne sont pas les victimes de la chance, les jouets d’une destinée cruelle. Le courage et la gaîté sont en notre pouvoir, ils sont notre sûreté et notre préservation.

Il n’y a pas de pire tyran que le démon du souci, mais il ne peut nous tourmenter que si nous le lui permettons.

Il y a, il est vrai, des événements qui fondent sur nous sans que nous nous y attendions, certains états psychiques que nous ne pouvons ni prévoir ni empêcher. Mais une fois que nous en sommes conscients, nous pouvons les maîtriser.

Nous pouvons transformer la plus pénible expérience en bonheur. Il n’y a pas de plus grande joie que de surmonter le chagrin et l’amertume. Dans une semblable victoire, nous trouvons un bonheur plus grand que tout ce que nous aurions pu rêver.

L’antidote de la crainte

Nous sommes invités aujourd’hui à surmonter le souci, et cela nous ramène à l’ancien combat contre la crainte. La crainte doit disparaître. Cependant, à travers nos longs conflits, nous n’avons pas encore pu enlever cette citadelle. Il continue à nous terroriser, ce vieil ennemi de la race, qui nous dérobe notre bonheur et notre énergie, qui fait de nous des lâches obsédés par le souci, l’inquiétude, la jalousie et le sentiment de notre déchéance.

Il est grand temps que nous réalisions que nous ne pouvons pas le vaincre seuls. Au lieu de l’attaquer en face, nous devons inviter un autre, inconnu de lui et plus fort que lui, à venir le combattre. De même que la crainte ravage notre imagination, ce nouveau venu absorbera toutes nos pensées et nos sentiments, jusqu’à ce qu’à la fin il accapare pour lui le pouvoir que nous avons si longtemps donné à la crainte ; il sera l’antidote de la crainte – et son nom est la Foi.

Quand nous aurons donné pleins pouvoirs à la Foi, nous verrons la Crainte tomber de son trône. Nous ne pouvons pas l’en déloger par la force, mais petit à petit nous pouvons la pousser de côté pour lui faire céder la place à un maître plus puissant qu’elle. Et quand la crainte n’existera plus, le souci nous quittera aussi, et nous serons délivrés de ces 2 ennemis jumeaux de notre bonheur.

L’homme trouvera dans cette foi sublime une sécurité, une liberté, une force qu’il ne peut concevoir ; il deviendra participant du pouvoir divin.

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