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L’idée qui meut les vaisseaux sanguins

la reussite est en moiL’autosuggestion agissant sur les nerfs vasodilatateurs peut produire la rougeur de la peau. Elle explique les stigmatisations des saints et des mystiques sous l’action de l’émotion religieuse. Les grands stigmatisés de l’église : St-François, Ste-Claire. Ste-Catherine, Ste-Thérèse, Ste-Véronique…

Les stigmatisés mystiques : Catherine Emmerick et Louise Lateau. Les discussions à leur sujet : Dieu, le diable ou l’idée ? Qui marqua leur peau des clous du christ ? Observations intéressantes du P. Coconnier, de Ch. Richet, de Goubeyre, de du Prel, de Duchâtel et Warcollier, de Liébault.

Comment reproduire par suggestion les stigmatisations chez un sujet endormi ou non. Comment faire pâlir ou rougir par suggestion ? La suggestion pour réchauffer la peau froide ; expériences faciles à faire.

L’action vasoconstrictrice exercée par l’idée mise en évidence par la guérison des verrues par l’idée : procédés de sorciers, procédés scientifiques.

L’émotion religieuse mystique a été la grande productrice des réactions autosuggestives circulatoires

Il est depuis longtemps connu que, chez les gens à synthèse mentale faible, l’autosuggestion peut créer sur les vaisseaux capillaires de violents phénomènes de vasodilatation qui peuvent produire, soit la simple rubéfaction sur une partie du corps, soit de véritables exsudations plus ou moins sanguines.

On a même relaté des cas sur lesquels il semble qu’il faille faire des réserves, où l’action autosuggestive aurait provoqué de véritables plaies (?)

L’émotion religieuse mystique, a été, à travers l’histoire, la grande productrice des réactions autosuggestives circulatoires. C’est elle qui a fait reproduire sur les fanatiques les stigmates du Christ.

Citons quelques cas parmi les plus connus :

Saint-François d’Assise vit, disent les textes religieux, apparaître sur lui, au mont Alverne, des plaies analogues à celles qui fixèrent le Christ à la croix. Frère Elie écrit à ce sujet : « On n’a jamais vu miracle pareil qu’en la personne du Fils de Dieu… Notre frère nous est apparu crucifié, portant sur son corps les 5 plaies qui sont réellement les stigmates du Christ. »

François fut canonisé par Grégoire IX en 1228, à cause de sa stigmatisation, et le 5 avril 1237, le même pape écrivait à toute la chrétienté pour certifier le miracle des stigmates, et il lui attribua une origine divine.

Parmi les autres stigmatisations reconnues d’origine divine par l’église, il y a lieu de citer celles de Sainte Claire de Montefalco, de Sainte Catherine de Sienne, de Sainte Thérèse, de Sainte Véronique Giuliani.

Maurice de Fleury relate que Mgr de Ségur, qui fut un très pieux et très digne prélat, considérait la stigmatisation comme une preuve de l’intervention du diable sur la terre.

Il écrivit, à l’appui de sa thèse, un petit ouvrage « destiné à propager l’horreur et l’effroi du Malin, en racontant d’une manière saisissante ses plus récentes incursions sur terre. » Il y est, notamment, question d’un jeune homme « qui reçut, une nuit, la visite du diable. » Le lendemain, il portait à l’épaule une tache brunâtre, « trace évidente d’un attouchement infernal. »

L’imagination est capable de produire des exsudations sanguines de la peau

À côté des stigmatisés divins et des stigmatisés diaboliques, il y a lieu de citer les stigmatisés profanes, qu’ont surtout étudiés les médecins : tels sont le cas de Louise Lateau et de Catherine Emmerich.

Louise Lateau, jeune fille hystérique, atteinte d’attaques d’extase religieuse, fut pour la première fois stigmatisée le 24 avril 1868. Si ces stigmatisations sont réelles, c’est-à-dire si elles ne sont pas le résultat d’une automutilation volontaire ou inconsciente, elles sont intéressantes.

Laissons la parole au Dr Imbert Goubeyre, qui a longuement étudié Louise, et qui a publié sur elle une étude intitulée Les Stigmatisées. « Le vendredi 1er mai, le sang s’échappa du côté et par la face dorsale des 2 pieds… Le Dr Gonne enleva la pellicule des ampoules et ordonna des médicaments… M. le curé estime à 1 litre la quantité de sang répandue chaque vendredi…

Le vendredi suivant, la stigmatisation se complétait par l’apparition de la couronne sanglante : on remarqua au front 4 petites tâches de sang comme provenant de 4 piqûres d’épingles. Plus tard, cette hémorragie a pris un grand développement… »

Quand le Dr Goubeyre examina Louise, il lui trouva : un stigmate au dos de la main gauche, elliptiforme, couvert d’un feu de sang…. Une large tâche rose circulaire de la grandeur d’une pièce de 10 centimes à la paume gauche. Un stigmate au dos de la main droite ayant même forme et même aspect que le correspondant de la main gauche. Un stigmate palmaire droit de même forme qu’à gauche.

C’est une ampoule circulaire soulevée par le liquide sous-jacent. Les stigmates des pieds sont constitués par des ampoules. Le stigmate du côté gauche de la poitrine est grand comme la paume de la main… »

Le Dr Lefebvre, professeur à Louvain, a publié sur Louise un important travail : (L. Lat. de Bois d’Haine, sa vie, ses extases, ses stigmates, par le Dr Lefebvre, Louvain, Picters VIII).

Nous extrayons sa conclusion :

« Une jeune fille soumise à notre observation présente 2 phénomènes importants : le premier consiste dans un écoulement de sang qui se produit tous les vendredis… qui se montre sur des points toujours les mêmes, aux 2 faces des pieds et des mains, au côté gauche de la poitrine, au front et au pourtour de la tête. – Le second phénomène est une extase…

« J’ai suivi ces phénomènes pendant près de 2 ans. Des milliers de témoins, parmi lesquels une centaine de médecins et plus de 200 théologiens, les ont vus comme moi. »

« Leur existence est donc démontrée de la manière la plus certaine… »

À l’encontre du Dr Lefebvre qui juge les stigmates comme un évènement surnaturel, et qui croit démontrer que « les saignements périodiques de Louise Lateau n’appartiennent à aucune des espèces hémorragiques admises dans les cadres réguliers de la science », et que « les lois de la physiologie pathologique ne permettent pas d’expliquer leur genèse », se place l’opinion du père Coconnier.

Les stigmates sont dus à l’ardeur de l’imagination

Le P. Coconnier, religieux de St. Dominique, qui a publié en 1897, un livre intitulé l’Hypnotisme franc, s’élève avec raison contre l’origine divine des stigmates : « l’imagination, dit-il, est capable, à elle seule, de produire, en certains sujets, des exsudations sanguines de la peau », et il cite entre autres les exemples suivants :

Une femme voit un enfant sur le point d’avoir le pied écrasé par une porte en fer. Elle est prise d’une douleur intense au même pied. Elle croît l’enfant blessé. Par suite, rougeur et enflure autour de la cheville, ce qui l’oblige à rester au lit quelques jours.

Second fait : une cuisinière de Bordeaux, voyant saigner sa maîtresse, est tellement saisie au moment où le chirurgien enfonce sa lancette qu’elle ressent au pli du coude une sensation de piqûre, et bientôt apparaît une ecchymose en ce point.

Troisième fait : un matelot, dans l’effroi d’une horrible tempête, a peur d’être englouti dans les flots. Une sueur sanguinolente apparaît sur son visage et les parties supérieures de son corps.

Déjà au XVIè siècle, Pierre Pomponace avait soutenu que les stigmates de Saint François d’Assise étaient dus à l’ardeur de son imagination. Cornelius Agrippa et Giordano Bruno avaient soutenu la même thèse.

Le prof. Ch. Richet a récemment cité le cas suivant :

« Une jeune mère est occupée à ranger, dans une armoire, des porcelaines dont elle a les mains pleines. Son petit enfant joue, à terre, à l’autre extrémité de la chambre, près du foyer sans feu.

À force de toucher la crémaillère, le rideau de la cheminée menace de tomber sur le cou de l’enfant, qui se trouve à genoux et dans la position du guillotiné, le rideau de la cheminée jouant le rôle du couperet.

C’est à ce moment, précédant immédiatement la chute du rideau métallique, que la mère se retourne subitement. Elle entrevoit le danger que court son petit enfant.

Sous l’influence du saisissement « son sang », selon l’expression consacrée, « ne fait qu’un tour ». Comme cette femme est très impressionnable et nerveuse, il se forme, paraît-il, sur-le-champ, un cercle érythémateux et saillant autour du cou, dans le point même où l’enfant allait être frappé. Un médecin, venu quelques heures après, put encore le constater. »

La sueur du sang

Rosinus Lentilius rapporte qu’un jeune enfant fut mené devant l’échafaud où l’on pendait 2 de ses frères, et qu’il sua du sang par tout le corps pendant l’exécution.

Fagon raconte qu’une religieuse tombée aux mains de soldats effrénés dans une ville prise d’assaut, mourut d’une sueur de sang.

Alliot de Mussey, docteur-régent de la Faculté de Paris, fit de nombreuses recherches sur les sueurs de sang. C’est d’après les matériaux qu’il recueillit que Dom Calmet écrivit sa dissertation sur la sueur du sang du Christ. Il conclut à la possibilité des sueurs sanguines.

Goubeyre (L’Hypnotisme et la stigmatisation, p. 33), dit que Suarez explique la sueur du Christ par la tristesse et l’agonie durant la prière.

L’idée de la mère peut marquer le corps de son enfant

Le Dr Baron Carl du Prel croit pouvoir affirmer qu’une émotion vive ressentie par la mère peut créer un stigmate sur la partie correspondante du fœtus. Nous estimons l’affirmation très osée.

D’ailleurs, même si les faits étaient certains, il n’est pas établi que le mécanisme de production de ces stigmates soit le même que celui qu’on constate chez les vrais stigmatisés.

Avec toute la prudence et la réserve désirables, citons, pour documentation, quelques faits relatés par du Prel :

Une femme ayant été effrayée par les mains bleues d’un tein­turier, donna le jour à un garçon dont les 2 mains étaient bleues (?)

Une femme enceinte se réfugie, pendant un orage, dans les gerbes d’un champ. Elle sent tout à coup une souris lui grimper sur le ventre. Affolée, elle frappe la bête et la tue sur elle. Elle donne naissance à une fille qui portait sur le ventre l’image d’une souris et des raies d’un rouge sang (?)

Le sage Montaigne avait déjà relaté un cas analogue.

Duchatel et Warcollier, dans « Les miracles de la Volonté« , rappellent que Van Swieten voulut un jour enlever une chenille du cou d’une belle jeune personne qui la pria, en riant, de la laisser tranquille. Elle la portait, dit-elle, de tout temps.

Un examen plus attentif permit au savant de voir distinctement les vives couleurs et les poils hérissés de la chenille. La mère de la jeune fille, sur ce, raconta qu’étant grosse de cette enfant, il lui était tombé sur la nuque une chenille qu’elle n’avait pu enlever qu’avec peine (?)

Liébault parle d’une jeune fille dont la peau était tachetée de petites marques couvertes de poils bruns rappelant la fourrure du tigre. Sa mère enceinte avait eu peur à la vue d’un tigre (?)

Le même Liébault cite le cas d’un vigneron qui ressemblait d’étonnante façon à la statue du saint patron de son village qui se trouvait à l’église. Pendant sa grossesse, la mère avait eu l’idée fixe que son enfant ressemblerait à ce saint.

Si le cas de Liébault nous semble quelque peu exorbitant, nous voulons cependant bien admettre que l’idée de la mère puisse marquer le corps de son enfant.

Si la femme enceinte a l’idée fixe de donner le jour à un enfant intelligent, fort et beau, il est logique qu’elle galvanise en elle des énergies qui peuvent construire le petit être autrement que si elle pensait de façon inverse.

Si les derniers faits cités ont besoin d’être constatés à nouveau et bien étudiés pour faire partie du domaine de la science, il n’en est pas moins acquis que la stigmatisation est désormais un phénomène incontestable. Il est d’ailleurs relativement facile de la reproduire expérimentalement.

Vésications par suggestion sur la peau

Dès 1885, Focachon, pharmacien près de Nancy, produisait des vésications par suggestion sur la peau d’un somnambule.

Bourru et Burot (de Rochefort) reproduisaient, la même année, par la même méthode, chez un malade qu’ils présentèrent au Con­grès de Grenoble, un « dermographisme » allant même jusqu’à l’ex­travasation sanguine.

D’autres expérimentateurs les suivaient dans la même voie.

Pierre Janet a récemment cité un cas de dermographisme par suggestion, et notre frère, le Docteur Gaston Durville, en a étudié un très bel exemple sur son sujet hystérique Jane. Il suffisait de coller sur le bras de la malade un timbre-poste, en lui affirmant que celui-ci était un vésicatoire, pour voir apparaître, quand on retirait le petit papier, une boursouflure rouge comme n’en provoquent que les plus puissants révulsifs.

La simple affirmation avait créé, exactement à l’endroit choisi, une telle réaction vasodilatatrice que l’exsudation de sérum sanguin s’en était immédiatement suivie.

Hector Durville, dans son livre Le fantôme des vivants, relate comment, chez son sujet endormi magnétiquement, Mme Lambert, il obtint sans aucun contact, sur l’épaule de celle-ci, une large ecchymose ressemblant à celle que produirait un vésicatoire.

Charles Lancelin, dans sa Sorcellerie des Campagnes, publie la discussion critique de ce fait, discussion qui eut lieu à la Société Magnétique de France, entre Hector Durville et le Dr Gaston Durville, ce dernier regrettant que la constatation de l’ecchymose n’ait été faite que le lendemain de l’expérience, ce qui peut laisser soupçonner une fraude de la part du médium.

La pensée exerce une action puissante sur le système circulatoire

Les médecins spécialisés dans le traitement des maladies par l’action de l’idée savent quelle puissance considérable peuvent avoir sur la circulation sanguine la suggestion et l’autosuggestion.

Certes, nous ne pensons pas comme le Dr Imbert Goubeyre, qui estimait que « dire à un sujet endormi : ce soir, à 4 heures, tu saigneras de ce bras, et constater que l’hémorragie a lieu, est chose renversante au premier chef.

Nous sourions même quelque peu quand nous le voyons considérer le phénomène comme extra naturel, et soupçonner même celui-ci d’être diabolique (!)

Si les grands exemples de stigmatisation sont exceptionnels, ils sont légion les petits faits qui prouvent d’une façon incontestable l’action puissante qu’exerce la pensée sur le système circulatoire.

Nous nous sommes souvent amusé à provoquer, par une sugges­tion indirecte, une brusque action vasoconstrictrice sur le visage d’une personne émotive.

« Tiens, mais qu’est-ce que vous avez », disons-nous, en ajoutant l’appoint suggestif d’une attitude, d’un regard convaincus et inquiets, « comme vous êtes pâle ! » Même si elle se sentait très bien, instantanément la personne pâlit.

La suggestion a stimulé les nerfs vasoconstricteurs qui entourent les capillaires de la face et produit la pâleur.

Chez les grands sensibles, chez les gens amoindris par un choc moral quelconque, l’expérience peut prendre des proportions extraordinaires.

Un de nos sujets s’évanouissait (évanouissement avec syncope cardiaque) quand on lui donnait cette suggestion de la pâleur.

La puissance de la suggestion

Pendant la guerre, nous avons vu un courageux lieutenant de chasseur à pieds qui venait de recevoir une balle dans l’épaule, perdre tout à coup connaissance parce qu’un de nos brancardiers, particulièrement maladroit, venait de lui dire : « Mais, mon lieutenant, comme vous êtes pâle ! »

La douleur, l’inquiétude de la lésion produites par le projectile n’avaient pas ébranlé la sérénité de l’homme, mais il n’avait pu résister à la suggestion de pâleur.

Toujours dans le même ordre d’idée, nous disons à quelqu’un, avec toute l’assurance désirable : « Vous avez donc chaud ? Votre figure est rouge. » Si ce quelqu’un est émotif, il rougit. Il est presque toujours facile de constater ce rougissement en regardant les oreilles.

Nous disons à notre sujet Marthe D… : « Il fait bien chaud ici ! » Marthe ne tarde pas à sentir son front et ses mains moites de chaleur. Si on insiste, la sueur perle sur le front et aux paumes des mains. Il n’est pas nécessaire que Marthe soit en hypnose pour que le phénomène se produise. On l’obtient aisément à l’état de veille.

S’autosuggérer pour avoir chaud

Ce que la suggestion peut sur autrui, l’autosuggestion peut le réaliser sur soi-même. Notre frère le Dr Gaston Durville relate, en 1911, l’expérience suivante, réalisée sur lui-même :

Il se refroidit les pieds en mettant ceux-ci dans l’eau très froide. Puis, il s’étend sur son lit et envoie, par un effort de concentration mentale, à un de ses pieds, un ordre de réchauffement. Au bout d’un temps très court (2, 3 minutes), le pied qui reçoit l’ordre de réchauffement est chaud et l’autre demeure froid.

Le Dr Coste de Lagrave a reproduit la même expérience. À cheval ou dans une salle non chauffée, s’il souffrait du froid aux pieds, il s’autosuggérait la sensation de chaleur, et ses pieds, dit-il, se réchauffaient en moins de 5 minutes.

Coste de Lagrave a remarqué que l’élévation de température se produisait plus facilement et plus rapidement du côté droit. Selon lui, la cause probable de cette différence vient de ce qu’étant droitier, il a mieux exercé ce côté et l’a rendu plus sensible aux excitations et aux émotions. L’explication est plausible.

Vouloir se réchauffer c’est créer une réaction vasodilatatrice qui amène du sang à l’endroit froid

À l’aube d’un glacial matin d’avril 1915, mouillé jusqu’aux os et couvert de pieds en tête de la boue des tranchées de Woëvre, nous venions d’achever le chargement de la dernière voiture de blessés.

Le véhicule était plus que complet. Pour parcourir les 7 km de route qui séparaient l’endroit du combat de l’ambulance, au pied des Hauts de Meuse, il nous fallut nous contenter d’une place debout hors de la voiture, en plein vent, un de nos pieds étant sur le marche-pied, et une main cramponnée au pare-brise.

Pas une couverture pour s’entortiller, toutes celles disponibles étant sur les blessés. Il est difficile d’imaginer condition physiologique pire : la boue, l’eau, le froid de 4 heures du matin en avril, et l’immobilité forcée sous le vent.

Est-ce la dynamisation physiologique créée par le combat, est-ce la formidable autosuggestion dont nous ne nous départîmes pas une minute pendant le parcours : « Tu vas bien, tu n’as pas froid, tu n’auras pas même un rhume ».

Toujours est-il qu’arrivé à l’ambulance, le déchargement des blessés étant opéré, il nous suffit d’une solide friction, d’un bon grog et d’un sommeil de 12 heures pour être aussi normal qu’avant le terrible coup de froid.

Nansen a insisté, il y a des années, sur l’effet salutaire qu’a le bon moral contre les engelures : vouloir se réchauffer, c’est créer une réaction vasodilatatrice qui amène du sang à l’endroit froid.

Guérir les verrues par des procédés magiques

Faut-il expliquer par le mécanisme de la suggestion vasoconstrictrice la guérison des verrues par des procédés magiques ?

Nous sommes tenté de le croire. Quoique les verrues soient de nature nettement infectieuse (puisqu’elles sont contagieuses, comme l’ont montré Variot et Jadassohn), il n’est pas douteux que leur développement est sous une certaine dépendance circulatoire.

Que la circulation sanguine diminue dans la verrue, celle-ci peut cesser de végéter. Elle peut même disparaître.

Dans certains villages d’Outre-Rhin, on recommande, pour guérir ces petites tumeurs, plusieurs procédés étranges. La complexité de la technique et son aspect « occulte » peuvent émouvoir assez une âme simple pour créer localement les étranglements vasculaires qui empêcheront la verrue de se nourrir.

Voici un de ces procédés : se munir d’une poignée de cailloux, s’en aller la nuit, à minuit (naturellement), au moment de la pleine lune, auprès d’un puits sans eau et très profond… Tourner le dos au puits, lancer les cailloux dans celui-ci, par-dessus la tête ; s’enfuir alors à toutes jambes. Il faut ne pas entendre les cailloux tomber au fond… Alors, et si l’on a bien procédé, les verrues tombent dans la huitaine.

Voici un autre procédé également employé en Allemagne : on prend dans la main autant de petits pois qu’on a de verrues, et, sans prononcer une seule parole, on jette par-dessus l’épaule, dans un four allumé, chacun des pois.

Un cérémonial plus simple et moins mystique serait certes moins efficace, parce que frappant moins l’imagination. Certes, celui qui a la mentalité de se soumettre à de semblables expériences a tout ce qu’il faut en lui pour que puissent se produire au fond de lui-même les plus étranges réactions biologiques.

Le Dr Hœberlin dit avoir vu la femme d’un pasteur protestant guérie d’une grosse verrue qui la gênait beaucoup pour coudre, en allant 3 fois de suite, à minuit, dans le jardin, par la lune croissante ; là, elle touche 3 fois la verrue de l’index droit, et, en regardant fixement la lune, elle prononce 3 fois : « lune croissante, pendant que tu croîs, que ma verrue décroisse ». 3 semaines après, la verrue avait disparu.

Le même médecin raconte aussi que le fils d’un officier, las de voir que les ciseaux, caustiques, etc., ne guérissaient pas ses verrues, fait ce qui suit : pendant la pleine lune, à minuit, il touche la verrue avec un morceau de viande, en disant le Pater noster. Il enterre la viande sous la gouttière de sa maison, se couche et ne se lève que quand la viande est putréfiée. La verrue avait disparu.

Guérison de verrues par suggestion ou autosuggestion

Il est à retenir que les 2 dernières observations concernent des gens d’un certain niveau intellectuel : émotivité et intelligence sont, en effet, des facultés très différentes l’une de l’autre. Dans le second cas, le séjour au lit était bien fait pour donner au sujet le temps de réaliser son autosuggestion.

Farez a publié un cas de guérison de verrues par suggestion.

Notre frère le Dr Gaston Durville a, sur de nombreux sujets porteurs de verrues, essayé divers modes de suggestion : suggestion directe, suggestion indirecte (sous forme de technique plus ou moins étrange). Il déclare n’avoir jamais obtenu de succès que dans un seul cas. Celui-ci mérite d’être relaté :

Une dame Cohend., vient consulter le Dr G. Durville pour des troubles nerveux multiples dont la dominante est constituée par une douloureuse névrose d’angoisse. Débilité mentale avec émotivité, crédulité, suggestibilité extrêmes. Elle porte à la face dorsale de la première phalange de l’index droit, une verrue grosse comme un petit pois.

– Depuis quand avez-vous cette verrue ? demande le clinicien.

– Depuis des années. J’ai tout fait pour la faire disparaître : je l’ai brûlée jusqu’à la racine avec de l’acide une première fois ; elle a repoussé. Un mois après, je l’ai brûlée avec une aiguille rougie au feu, puis arrachée ; elle a repoussé encore.

– Mais, vous pourriez la guérir vous-même, sans aucun produit chimique : rien que votre force à vous suffirait… Mais êtes-vous capable de vouloir ?…

La dame s’enflamme, et :

– Docteur, s’écrie-t-elle, je ferai tout ce qu’il faut, dictez !

– C’est simple, pensez tous les jours, matin et soir : ma verrue meurt, ma verrue tombe. Dans 15 jours votre index doit être net.

– Eh bien c’est entendu, tous les matins et tous les soirs je vais « communiquer à la verrue du mauvais fluide qui empoisonnera la racine ». Faut-il aussi souffler dessus et projeter par la pensée comme du venin qui tue ?

– C’est cela, du souffle, beaucoup de souffle, du venin, beaucoup de venin.

Mme Cohend. s’en alla et revint 15 jours après. Il n’y avait plus de verrue sur l’index. Celle-ci, qui avait résisté à l’acide et à la cautérisation ignée, avait disparu sous le choc d’une autosuggestion et elle ne reparut jamais.