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L’idée qui meut l’utérus

L’émotion peut frapper d’inertie un utérus prêt à accoucher. Peut-on retarder l’accouchement par suggestion ? La suggestion pour calmer les douleurs utérines.

L’émotion qui fait avorter et accoucher avant terme. L’idée de tétanisation utérine crispe l’utérus. Un bel exemple de clientèle où l’idée aida une femme infectée et mourante à expulser, sans intervention chirurgicale, son fœtus mort.

La suggestion pour arrêter les hémorragies de l’utérus : le muscle utérin étrangle les vaisseaux qui saignent. Comment nous avons arrêté l’hémorragie de la malade que le Dr A… nous amenait.

Un fibrome peut guérir par suggestion. Le cas étrange de Mme R…, qui accoucha, après suggestion, de son fibrome.

L’action que peut exercer la pensée sur l’utérus

La fibre musculaire de l’utérus est des plus sensibles à l’action de l’idée.

On a plusieurs fois accusé l’émotion de frapper tout à coup d’inertie un utérus qui allait expulser l’enfant qu’il contenait. Une femme est en voie d’accoucher, on lui apprend une impressionnante nouvelle, les douleurs cessent, l’utérus se refuse à se contracter. Il faut stimuler, masser manuellement l’organe pour le remettre en travail.

Hector Durville affirmait, dans ses leçons, qu’on peut faire accoucher une femme quelques jours avant le terme, en la « magnétisant ». Il affirmait, ce qui est plus grave et qui n’est pas admis des accoucheurs, qu’on peut retarder l’accouchement, en détendant l’utérus.

Sans vouloir discuter ici si la « magnétisation » à la Hector Durville, et si la suggestion telle que nous l’appliquons, peuvent reculer la date d’un accouchement, nous nous contenterons d’affir­mer qu’il est facile d’arrêter momentanément le travail d’expulsion utérine.

Voici une parturiente qui souffre et crie. Nous lui disons le plus gentiment possible, mais néanmoins avec l’autorité et la conviction nécessaires : « votre utérus se détend, la douleur cesse, vous êtes très bien ». Nous avons pris la précaution d’appuyer la représentation mentale de détente que nous suggérons en faisant sur l’abdomen, à nu, une légère friction tournante.

Nous ne tardons pas à voir la figure de la femme s’éclairer et sourire, la douleur abdominale a disparu, et la main qui a frictionné constate que le spasme de l’utérus n’est plus.

L’idée de tétanisation utérine tétanise l’utérus

Par le mécanisme de la suggestion, il est des femmes qu’on peut faire accoucher presque sans douleur. On dirige à son gré le travail d’expulsion. Hector Durville disait souvent à ses élèves que sa femme avait accouché de ses trois fils « sans s’en apercevoir », parce qu’il avait fait le nécessaire.

L’émotion, si elle détend parfois, crispe généralement l’utérus.

On a parfois reproché à l’émotion d’avoir mis le spasme à une matrice gravide au point de produire l’avortement.

Une femme que nous soignons est grosse de 3 mois. Elle assiste en spectatrice à un accident de chemin de fer, qui « lui fait beaucoup de mal dans le ventre ». 3 jours après, elle saigne et le lendemain elle expulse son fœtus.

Un fœtus solidement fixé dans un utérus très sain eût vraisemblablement résisté mieux à l’action compressive de l’idée, mais la femme en question était atteinte de métrite. Il n’est pas douteux, d’autre part, que le même fœtus fixé dans le même utérus infecté, serait resté accroché à son poste si l’émotivité de la femme avait été moindre.

Un facteur moral et un facteur physique s’ajoutent s’ils sont dans un même sens. Ils se contrarient s’ils sont de sens inverse.

Il est connu des accoucheurs qu’une émotion fait accoucher avant terme. Combien de femmes enceintes, chassées de leur foyer par l’invasion allemande, ont, avant le terme normal, accouché par émotion, les douleurs les ayant prises en voiture, en chemin de fer, pendant l’évacuation.

C’est parce que l’idée de tétanisation utérine tétanise l’utérus que l’accoucheur, la sage-femme aident réellement l’accouchement en encourageant la femme. Leur parole réconfortante dynamise les énergies chargées de vider l’utérus.

Fœtus expulsé par suggestion mentale

On nous appelle un jour d’urgence, avec le Professeur J…, auprès d’une femme Mme Carl…, depuis 17 jours en instance de fausse couche : grossesse d’environ 2 et demi, fœtus mort, malade infectée, ayant une température oscillant entre 38 et 40°.

Le professeur J… est d’avis de vider d’urgence par curettage l’utérus qui se refuse à se vider de lui-même. Nous obtenons du chirurgien qu’il attende au lendemain, confiant que nous sommes dans la possibilité d’une expulsion uniquement par l’action de l’idée.

Un de nos assistants, M. P…, envoyé immédiatement de notre clinique, pose les mains sur l’abdomen de Mme Carl… Il la fait se concentrer de toute sa pensée sur l’idée suivante : mon utérus se serre, se vide. M. P… aide la représentation mentale de la malade en redisant : votre utérus va se vider ; je veux qu’il se vide, et il décrit au-dessus du ventre, avec les mains, des gestes d’extraction.

Au bout de 45 minutes de cette séance, Mme Carl… est prise de violentes douleurs au bas-ventre. Elle pousse comme pour accou­cher. M. P… voit quelque chose apparaître à la vulve. Il tire, c’était le fœtus complet et tout le délivre, très malodorant.

Le soir même, il y avait une séance à la Société Magnétique de France. M. P… y apporta la pièce anatomique. Les collègues purent l’examiner à leur gré. Naturellement Mme Carl… entra rapidement en convalescence. Elle n’a jamais souffert de son ventre depuis.

Hémorragie utérine cessée grâce à une suggestion bien faite

La contraction du muscle utérin sous l’action de l’idée est encore bien mise en évidence par l’action magnifique qu’exerce une suggestion bien faite sur une hémorragie utérine.

Quand un utérus saigne, si l’endroit qui saigne est en pleine région musculaire de l’organe, il suffit de créer un spasme musculaire pour faire cesser très vite la perte de sang. Nous avons eu à intervenir de très nombreuses fois pour faire cesser, par la méthode psychique de graves hémorragies utérines.

Quelle qu’en fût la cause, mais à la condition que l’endroit saignant fût dans une zone musculaire, nous avons, on peut dire, toujours réussi.

Voici un exemple particulièrement instructif, publié par l’un de nous, en 1913 (Dr G. D., Journal du Magnétisme).

« Un de mes élèves, le Dr Al…, m’amène un jour en voiture et d’extrême urgence une de ses malades, en proie à la plus violente hémorragie utérine. La voiture était inondée de sang, malgré le tamponnement, et tous les vêtements étaient traversés.

La malade était décolorée, livide, défaillante. Je la fis étendre, et, sans prendre le temps de la déshabiller, car le temps pressait, je lui plaçai la main sur l’abdomen, et lui affirmai, avec toute la conviction nécessaire, « que l’utérus se serrait, que les vaisseaux se fermaient, que le sang ne coulait plus ».

Mon poing, crispé devant elle avec énergie, lui faisait comprendre le mécanisme physiologique que j’exigeais d’elle : « sentez votre organe se serrer comme se serre ma main… »

Un simple coup d’œil sur les voies génitales externes nous montra que du sang coulait encore. Je répétai. On examina à nouveau, il nous sembla que le flux diminuait. « Ça y est, disons-nous, ça diminue » Cette dernière affirmation fit pencher la balance.

La malade sentit son utérus se serrer douloureusement. L’hémorragie avait cessé. La séance n’avait pas duré un quart d’heure. Le Dr Al… remmena sa malade en voiture. La chaleur de la nuit détermina une petite récidive.

J’intervins le lendemain matin et la malade fut totalement débarrassée. Je pus alors l’examiner profondément et constatai que l’hémorragie était due à un petit fibrome ».

L’hémorragie due au fibrome est la plus facile à faire cesser. C’est très naturel, puisque le fibrome est, en réalité, un fibromyome, c’est-à-dire une tumeur essentiellement musculaire, donc susceptible de se contracter.

Soigner le fibrome par la méthode psychique

– Nous avons suivi pendant des mois la malade dont nous venons de parler. Ajoutons que nous l’avons guérie, toujours par la méthode psychique, non seulement de ses hémorragies, mais aussi de la cause qui les provoquait, le petit fibrome.

Le mécanisme de la crispation musculaire est-il celui qui explique la guérison d’un fibrome par l’idée ? C’est bien possible, à moins que la cause de cette guérison soit dans l’action vasoconstrictrice exercée par l’idée sur les vaisseaux qui alimentent le fibrome.

Nous avons soigné de très nombreux cas de fibromes par la méthode psychique. Dès 1913, l’un de nous écrivait : « dans 18 cas que j’ai soignés, j’ai arrêté les hémorragies et évité l’opération. 7 cas ont été totalement guéris, 8 plus ou moins améliorés. Chez les 3 autres, la masse fibreuse a gardé le même volume ».

Depuis 1913, plusieurs cas nous ont donné des résultats particulièrement impressionnants. Celui d’une Mme Lebl…, entre autres, soigné par nous en 1921.

En février 1921, au premier examen, fibrome énorme, complètement enclavé dans le bassin, immobile, déterminant des troubles de compression. Il est gros : en avant de l’utérus comme une belle pomme, en arrière de l’utérus comme une orange.

Traitement psychique tous les 3 jours environ. Le 7 avril, la tumeur est devenue mobile. Les troubles de compression ont disparu. Le volume total ne dépasse plus celui d’une pomme. Le 29 août le volume est celui d’une mandarine très petite. Plus aucun trouble.

Une malade a accouché de sa tumeur

Un cas particulièrement curieux de guérison d’un fibrome par l’action de l’idée est le suivant :

Une dame R… se présente à notre clinique pour que nous la soignions d’un fibrome qui saigne chaque mois avec abondance. À l’examen, nous trouvons un utérus dont le volume nous donne l’impression d’être celui d’une moyenne orange.

Première séance de magnétisation par application des mains sur l’abdomen, à travers les vêtements. Pas de résultat appréciable. 2è séance, 2 jours après, identique : pas davantage de résultat. 3è séance 2 jours après : la malade s’en va en disant que le ventre lui fait mal.

Elle arrive chez elle, elle souffre de plus en plus, comme si l’utérus expulsait un enfant, et, stupeur, elle constate qu’elle vient d’évacuer « une boule rouge ».

Le lendemain, la malade va bien, elle nous apporte la boule en question. Nous constatons qu’il s’agit d’un polype gros comme une pomme. À un endroit de la surface, nous trouvons un reste de pédicule.

Conclusion : notre malade était porteuse d’un polype pédiculé qui était à l’intérieur de l’utérus. Il était fixé par le pédicule quelque part dans l’utérus. La suggestion, en faisant contracter l’utérus, a pressé sur le corps étranger. La pression continuant, le pédicule s’est rompu, et la malade a accouché de sa tumeur. Nous avons présenté la pièce anatomique à la Société Magnétique de France.