Pourquoi il faut lire

  1. Nécessité de la Lecture.

Vous entendrez souvent les ignorants médire de la connaissance qui s’obtient par les livres et la traiter de « livresque ». Certes, elle ne supplée pas à celle qui s’obtient par la vie. Mais l’expérience de la vie que chacun de nous peut acquérir est nécessairement fragmentaire et limitée. Il faut donc l’accroître de l’expérience d’autrui, qui a été consignée dans les livres. Eux aussi nous font vivre. Par eux, nous supprimons l’espace et le temps et nous obtenons des aperçus sur l’avenir. L’homme ne diffère de l’animal que par l’intérêt qu’il porte à ce qui dépasse ses besoins immédiats. La culture humaine repose en très grande partie sur l’existence des livres, qui étendent toujours davantage notre horizon intellectuel et mettent à la disposition de tous les observations et les découvertes de chacun. C’est grâce au livre que la pensée individuelle devient un bien commun à toute l’humanité.

Dédaigner la lecture, c’est se priver de la richesse intellectuelle accumulée par des générations passées. Il serait ridicule de ne pas vouloir profiter de ce trésor. Bien mieux, ce serait maladroit. L’étude désintéressée, faisant mieux connaître le nature te les hommes, est l’utilitarisme le plus sûr. Par la lecture, vous vous cultiverez ; plus vous serez cultivé, plus vous travaillerez vite et avec un rendement supérieur.

La culture de l’esprit est le meilleur moyen de développer et d’affermir sa propre personnalité. C’est ce que nous avons déjà exposé dans notre Leçon IX ; ici, nous devons à nos Etudiants de leurs expliquer les procédés pratiques les plus efficaces et les plus rapides d’utilisation de la lecture.

  1. Comment Tirer Parti des Livres ?

Faute de conseils expérimentés et de méthode, la plupart des hommes ignorent comment constituer et utiliser une documentation conforme à un certain but. A-t-on besoin d’un groupe de faits pour un discours ou un rapport, on ne sait ou les prendre ; doit-on consulter quelques livres à la hâte, on ne pas se servir des tables et des index ; désire-ton connaître les ouvrages qui font autorité sur un sujet, on ne sait ni où ni à qui s’adresser et on se trouve perdu comme des marins sans cartes ni boussole. Et si, pour le travail en cours, on veut consigner certains faits nécessaires, on ne sait comment résumer les textes qu’on a lus, parce qu’on ignore l’art de prendre des notes.

Il existe une technique spéciale pour l’emploi rapide et rationnel des livres, des revues, des journaux, bref de tous les documents imprimés ou manuscrits. On l’enseigne dans les cours de licence et de doctorat, à l’école des Chartes et à l’Ecole pratique des Hautes-Etudes, etc., mais plutôt dans un but strictement scientifique qu’en vue de l’usage courant. Aucun savant, aucun professeur ne pourrait cultiver sa science ou faire ses cours sans posséder à fond le maniement de sa documentation. Celle-ci doit être considérée comme l’outillage fondamental du travail intellectuel, exactement comparable à l’outillage nécessaire au travail manuel dans l’atelier et à l’usine.

Dans les deux cas, il faut s’astreindre à un certain apprentissage. Or, il ne viendrait à l’idée de personne de vouloir conduire une machine à fileter ou un métier à tisser sans l’avoir appris. Mais trop de personnes s’imaginent qu’il suffit de lire pour savoir et pour retenir, et se lancent dans toutes sortes de lecture sans but ni méthode.

C’est donc un grand tort, que de distinguer entre « Manuels » et « Intellectuels » ; ils ne diffèrent que par l’objet auquel ils appliquent la méthode et par la nature de l’outillage, lequel varie selon la matière et le but, mais non pas essentiellement, par la méthode elle-même. On peut être à la fois un excellent « Manuel »et un excellent « Intellectuel ». C’est ce qu’avait fort bien compris Rousseau, qui écrivait son traité d’éducation l’Emile, pour réagir contre cette distinction arbitraire et superficielle. Malheureusement, son enseignement n’a pas été compris ; aussi tenons-nous à insister fortement ici sur la possibilité qui se présente à tous les « Manuels » d’être aussi des « Intellectuels ». Et réciproquement.

  1. Le Pouvoir d’une Idée.

Un bon livre dont vous assimilez les enseignements peut marquer une époque dans votre vie. Une belle idée pénétrant en vous, vous imprégnant, peut transformer votre existence. On a dit souvent que « les pensées sont des choses ». Elles le sont, puisqu’elles deviennent ces invisibles réalités qui empoisonnent les sources vives de notre être ou qui nous poussent en avant et nous dirigent vers des fins plus belles. Savoir apprécier à leur juste valeur les pensées épanouies dans la littérature, c’est posséder une faculté qui nous fera profiter des meilleures réflexions des générations antérieures dans leur juste perspective, et nous affranchira des erreurs du passé et du présent. Car, ainsi que l’a si bien dit Descartes, la lecture judicieuse « de tous les bons livres est comme une conversation avec les plus honnêtes gens des siècles passés qui en ont été les auteurs, et même une conversation étudiée, en laquelle ils ne nous découvrent que les meilleures de leurs pensées » (Discours de la Méthode.)

Il y a aussi des pensées qui sont des attitudes de l’homme à l’égard des choses. Ainsi. Tandis que la géographie, l’histoire, les sciences physiques et naturelles décrivent des êtres et des objets, le roman, la poésie, la religion, la philosophie expriment des attitudes humaines.

Comme l’humanité vit dans la nature, ces deux éléments de la culture, la description et l’interprétation, sont inséparables. C’est dans les livres qu’on les trouve systématiquement combinés.

Dans nos précédentes Leçons nous avons à plusieurs reprises insisté sur l’importance de l’observation directe en tant que gymnastique mentale. Ici, nous devons ajouter qu’à elle seule l’observation ne suffit pas. Chacun doit tirer un enseignement de ses expériences sensorielles, c’est-à-dire les interpréter par la comparaison avec les expériences d’autrui.

Ces expériences sont consignées dans les livres et c’est pourquoi leur lecture est nécessaire à qui veut connaître à la fois soi-même et l’univers.

  1. L’Etendue des Connaissances Humaines.

Un fait qui effraie d’abord beaucoup de personnes, c’est l’étendue des connaissances humaines. Analyser un sujet, apercevoir, en consultant le catalogue d’une bibliothèque, ses innombrables ramifications, désespère l’Etudiant, qui se dit: « Jamais je ne saurai cela ». Rassurez-vous. Sans doute, le champ des connaissances est si vaste qu’il s’étend au-delà de toute conception et que nous sommes obligés de nous spécialiser dans une section relativement circonscrite. Mais la signification de sphères entières de connaissances peut être saisie en partie, bien que la masse des détails puisse nous échapper.

En outre, tout se tient, et avant de se perdre dans cette masse de détails, il est toujours possible de considérer d’abord le rapport entre certaines sphères de connaissances et d’autres. Ainsi l’histoire de l’antiquité se relie à al connaissance de la géographie actuelle des régions méditerranéennes ; l’économie politique se rattache à al botanique par l’étude des plantes cultivées. Le classement rationnel des diverses sciences constitue un fil d’Ariane qui permet de se guider dans le labyrinthe des faits de détail. « Il n’y a de science que du général » a-t-on dit. Cela signifie qu’en comparant des faits de détail de même ordre, on obtient une première donnée générale. En comparant ensuite plusieurs données générales du premier degré, on obtient une généralisation du deuxième degré.

Et ainsi de suite. La généralisation est donc une opération nécessaire, à laquelle on s’entraîne aussi bien qu’à la spécialisation. Renan avait d’ailleurs fait remarquer avec raison que la généralisation est une spécialité comme une autre, qui a ses règles propres, et que tout le monde peut acquérir, plus ou moins.

Grâce à elle, l’étendue et la multiplicité des connaissances humaines se réduisent à des formules relativement simples et assimilables par tous. S’instruire consiste donc à passer alternativement du particulier au général et du général au particulier.

  1. Connaissance Quantitative et Connaissance Qualitative.

Celui qui déclare superficiellement la connaissance du général commet une méprise. Le général, s’il ne se réduit pas à de vains mots, révèle le fond, l’essence des choses. Des observations très simples peuvent être très importantes et il peut y avoir grand mérite à s’en aviser, si l’on sait les rattacher à la catégorie générale à laquelle elles appartiennent. Ce qui est superficiel, c’est l’attitude qui consiste à ne pas chercher les causes des faits ou à prendre pour des causes n’importe quoi, au hasard, sans avoir, au préalable, soumis les phénomènes observés à une analyse critique.

Etre superficiel consiste ainsi à changer de sujet d’études sans méthode. Aussi l’Etudiant doit-il éviter ce défaut ; il doit élaborer d’abord un plan général par rapport auquel il classera au fur et à mesure ses acquisitions nouvelles.

A ce point de vue, il est intéressant de rappeler l’observation suivante d’Herbert Spencer: « Ma connaissance des choses, dit-il, aurait pu être appelée superficielle, si on l’avait mesurée par le nombre des faits qui me sont connus ; mais on l’aurait peut-être trouvée profonde, si on l’avait mesurée par la qualité de ces faits.

Un de mes amis, qui avait étudié à fond la botanique, m’affirma, un jour, que si j’avais connu autant de détails sur la structure des végétaux qu’un botaniste de profession, je n’aurais jamais pu parvenir aux idées générales que j’ai formulée sur la morphologie des plantes ». (Autobiography, p.335).

  1. La Difficile Question du Temps.

On entend dire souvent que « le temps, c’est de l’argent »: mais, somme toute, l’argent n’achète pas le temps. Le temps est un de nos biens les plus précieux, et à mesure que la vie devient plus complexe, il est plus difficile d’en trouver suffisamment pour exécuter tout ce qu’on a à faire et tout ce qu’on voudrait faire.

Très souvent il arrive que si on a si peu de temps disponible en dehors des heures de travail, c’est qu’on a mal organisé à la fois son travail et ses loisirs. Il existe toujours un moyen de répartir logiquement les efforts et de faire en moins de temps une même quantité de travail utile. Naturellement, le résultat dépend en majeure partie de la profession ou du métier. Mais le principe fondamental est partout le même: il faut travailler en série, c’est-à-dire classer par catégories.

Si, par exemple, un médecin a à faire beaucoup de visites dans sa matinée, il gagnera du temps en les faisant d’après le quartier s’il s’agit d’une ville, et d’après la répartition géographique des localités à visiter s’il s’agit de la campagne ; faute de quoi il perdra beaucoup de temps en allées et venues inutiles.

De même la correspondance d’affaires, les rapports à rédiger, les ordonnances pharmaceutiques à exécuter peuvent toujours être répartis en série de manière qu’on fasse à la suite les opérations mentales et manuelles qui sont de même type.

Nous conseillons donc d’étudier avec soin ce qu’on nomme « l’emploi du temps ». On peut découvrir alors qu’un emploi du temps dont on s’est servi durant quelques mois est défectueux, soit qu’il accorde plus de place qu’il ne devrait aux sujets d’importance secondaire, soit qu’une circonstance nouvelle en démontre les inconvénients. Si occupé que vous soyez, ne dites pas que vous manquez de temps. Apprenez plutôt à bien tirer parti de vos moindres moments de liberté. Une malle peut contenir beaucoup plus de linge et de vêtements si on les range méthodiquement, que si on les empile pêle-mêle. L’ordre fait gagner de la place ; il fait aussi bien gagner du temps. Le temps ainsi gagné, employez-le à travailler au développement de votre esprit.

Mais il ne suffit de bien organiser le temps consacré au travail. L’art d’utiliser ses loisirs présente une importance au moins égale. Les moments qui ne sont pas consacrés au travail professionnel, mais qui nous appartiennent en propre, sont notre bien le plus précieux. Au lieu de gaspiller cette richesse, faisons-la fructifier. Trop peu de personnes savent tirer parti de leurs loisirs. Tel dispose d’une heure ou deux dans la soirée ; un autre n’est libre que le matin ; quelques-uns ne savent jamais à quel moment de la journée ils seront inoccupés ; plus d’une femme mariée ignore quand elle aura une heure à elle. Il y a enfin l’homme qui n’a rien à faire, mais qui se dit pris par les « devoirs mondains »; et l’écolier qui prétend n’avoir jamais un moment à lui ! Comment tous ces individus vont-ils organiser leur vie de façon à conserver la santé, à être heureux et en même temps à utiliser de leur mieux les circonstances qui pourraient être utiles au développement de leur culture intellectuelle et sociale ? Simplement en ranimant leur emploi du temps et en l’adaptant au but poursuivi.

  1. La Fatigue.

Mais, direz-vous peut-être, à travailler sans cesse on est fatalement voué au surmenage. C’est une erreur. Se reposer ne consiste pas à ne rien faire, mais çà changer, sinon de travail proprement dit, du moins d’occupation. Le plus fatigant pour un individu normal et sain est l’oisiveté et la paresse, car elles empêchent l’élimination des toxines et permettent à la pensée de vagabonder sans but défini.

Rêvasser et flâner sont les ormes les plus dangereuses de l’oisiveté.

Pour résister à la tendance à la paresse, il faut varier ses occupations: lire, faire de la musique, s’occuper de jardinage, aller au théâtre ou au cinéma, faire une promenade avec un but défini (étude des monuments anciens, herborisation, recherches géologiques, etc.) Bref, il faut éviter autant que possible d’interrompre le jeu normal de l’activité musculaire et cérébrale.

Ici aussi un certain choix s’impose, et selon deux possibilités. Ou bien l’on s’occupera de quelque chose qui se rattache, par un côté ou un autre, à la profession ou au métier (un menuisier peut étudier l’histoire du meuble, un comptable l’histoire financière de l’Europe contemporaine, un chimiste la géologie ou la biologie végétale, etc.)

Ou bien on s’occupera avec méthode d’un sujet très différent de la spécialité professionnelle (un médecin s’intéressera à l’archéologie, un mathématicien à l’économie politique, un mécanicien à la nature, etc.).

Il va de soi que dans les deux cas, le but secondaire ne doit pas envahir ni dominer le but principal, mais être considéré comme une gymnastique quotidienne.

Ce qu’il faut, comme nous le disait un de nos Etudiants à qui ce procédé avait bien réussi, « adapter le travail récréatif au travail rémunérateur ».

Il arrive parfois qu’on se sente incapable d’exécuter exactement le programme qu’on s’était tracé pour la soirée. On est, par exemple, trop fatigué par une journée chargée de travail urgent. En pareil cas, le plus sage est de renoncer sans arrière-pensée ni scrupules inutiles. Un emploi du temps ne doit pas être trop rigide ; il ne doit pas devenir l’objet d’une superstition. Quand une réelle fatigue (non pas une simple répugnance) vous accable, sortez vous promener, faites une partie de billard ou jouez avec les enfants. Si, lorsque vous commencez votre travail de la soirée, vous commencez attiré par le sujet de votre liste au lieu du premier, cédez à votre désir ; car il faut savoir profiter. Votre travail n’en sera que plus agréable et moins pénible. Mais ceci à charge de revanche. Le lendemain, occupez-vous du sujet laissé de côté la veille.

  1. Equilibrez vos Lectures.

Il existe trois raisons fondamentales de lire: 1° par métier ; 2° pour s’instruire ; 3° par plaisir. C’est donc tantôt la volonté, tantôt l’intelligence, tantôt la sensibilité qui se trouvent intéressées. Notre équilibre mental, nous l’avons vu dans nos précédentes Leçons, exige une culture équivalente de chacun de ces trois éléments psychiques. Il s’agit donc d’équilibrer nos lectures de manière à ne pas subordonner deux d’entre eux au troisième ; par exemple, il faut éviter de ne consacrer ses loisirs qu’à la lecture des romans, car ce serait accorder au sentiment une prépondérance nuisible.

Certes, on ne saurait formuler ici une règle absolue. Après un travail très fatigant, une lecture même difficile peut constituer un excellent repos. Beaucoup d’ouvriers, de commerçants, de fonctionnaires, etc., consacrent leurs loisirs à la T.S.F. et lisent dans ce but tout ce qui concerne ces progrès ; en sorte que cette lecture technique est pour eux un délassement. Au contraire, l’écrivain ou le professeur qui a fourni pendant sa journée un travail cérébral intense, se reposera mieux en cultivant un petit jardin, en faisant de la menuiserie ou de la mécanique, en allant au cinéma ou au théâtre. Dans la plupart des métiers et des professions, on est obligé par surcroît de se tenir au courant des revues spéciales ou même des publications générales qui touchent de près ou de loin au gagne-pain.

L’important est alors de compléter la culture technique acquise et développée par la profession au moyen de lectures qui en sont éloignées et donnent des aperçus sur d’autres domaines intellectuels.

Nous insistons beaucoup sur la nécessité de ce complément ; il constitue en fait la base de la culture générale. Surtout en matière de lectures, il ne faut pas se spécialiser trop tôt, ni trop strictement, sinon on perd le contact avec le mouvement universel des idées et des arts et l’on en arrive bientôt à se sentir isolé, sinon même inférieur.

Sans prétendre que les proportions que nous indiquons ci-dessous soient valables dans tous les cas et pour tous les individus, nous conseillons de répartir les loisirs réservés à la lecture de la manière suivante en prenant pour base de temps un mois entier:

Lectures techniques: 3/10 ;

Lectures de culture générale: 3/10 ;

Lectures agréables (romans, etc.): 4/10.

Il faut considérer, d’ailleurs, que certains romans dits documentaires, par exemple les romans régionalistes qui décrivent les moeurs de nos provinces, servent en même temps à la culture générale ; on pourrait aussi classer dans cette section les biographies et les récits de voyages.

  1. La Méthode des Lacunes.

Pour conclure ce chapitre, nous citerons quelques passages d’une lettre d’un de nos Etudiants qui a réussi à acquérir une culture générale suffisante grâce à un procédé qu’il nomme la « méthode des lacunes »:

« J’ai toujours été avide de savoir et n’ai pas eu d’autres moyens d’apprendre que la lecture (je suis un ouvrier, un « primaire »). Les moments dont je disposais pour lire étaient mes heures de loisirs ; je préférais naturellement que cette lecture soit pour moi un délassement et comme beaucoup sont dans mon cas, on s’explique par là la vogue des livres de vulgarisation. On peut d’ailleurs apprendre bien des choses et à juger assez juste avec ces livres, si l’on sait garder l’esprit critique.

« A ce sujet, j’ai employé un « procédé » mental qui, utilisé méthodiquement, peut rendre bien des services.

« Chaque fois qu’au cours de mes lectures je rencontrais un point que mon savoir antérieur ne me permettait pas de comprendre. Je comptais sur le hasard d’une lecture ultérieure pour combler cette lacune. Au bout de plusieurs mois, voire des années, s’il arrivait que je puisse élucider le point obscur avec satisfaction, je « raccordais » dans mon esprit les divers éléments du problème resté en suspens et, de cette façon, ces connaissances nouvelles étaient gravées dans mon souvenir.

« On pourrait appeler ce procédé la méthode des lacunes sans paradoxe car, pour un esprit curieux, un « vide » dans le savoir laisse une impression vive. De cette façon, je suis arrivé à me donner une certaine érudition, dont je ne suis pas trop mécontent. »

Nous ne recommandons pourtant pas que l’on reste des années ni même plusieurs mois sans élucider le « point obscur », particulièrement lorsqu’on peut le faire plus tôt avec un petit effort. Mais il faut se garder d’être obsédé par le désir de tout savoir en un temps relativement restreint. Il faut se cultiver sans hâte anxieuse et là, comme partout, savoir avancer avec patience.

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