Le génome humain

Qu’est-ce que le génome exactement ?

En fait c’est le patrimoine génétique de chacun de nous, que nous héritons de nos parents, et que nous transmettons à nos enfants. Les êtres humains ne sont pas les seuls à posséder un patrimoine génétique : c’est le cas de n’importe quel organisme vivant.

Le corps est constitué de près de cent mille milliards de cellules. Dans chaque cellule, on trouve un noyau, et à l’intérieur de celui-ci on trouve des chromosomes. Chaque chromosome est constitué d’ADN, un long filament qui contient les gènes.

Chaque molécule d’ADN a une structure en double brins, chacun composé de nucléotides. Ces deux brins sont complémentaires l’un de l’autre. Cet ensemble de nucléotides constitue un très long message organisé en gènes. Les gènes sont au nombre de 23.000.

Ces gènes sont donc des fragments d’ADN et comprennent les instructions nécessaires à la production de protéines et parfois d’ARN. Les protéines jouent un rôle essentiel dans l’organisme : ce sont par exemple les anticorps, hormones et enzymes qui contrôlent toutes les réactions chimiques indispensables à notre vie.

Lorsqu’elle en a besoin, la cellule va déclencher le mécanisme de fabrication d’une protéine, à partir du message contenu dans le chromosome. Les ribosomes se mettent alors en place pour traduire les nucléotides en une chaîne d’acides aminés, en utilisant le code génétique. A chaque série de 3 nucléotides correspond un acide aminé.

Une fois décodés, les gènes sont conservés quelque part dans la cellule ou le corps humain.

Ainsi, le génome peut être comparé à un livre ou une encyclopédie qui contient toutes les recettes permettant à chaque cellule de produire les protéines.

Greffe d’organes vs régénération cellulaire

La greffe

Vous le savez la greffe consiste à remplacer un organe malade par un organe sain prélevé sur un donneur. Aujourd’hui, les organes les plus greffés sont le rein, le foie, le cœur et le poumon.

On parle d’autogreffe lorsqu’on utilise un greffon prélevé sur le receveur lui-même. Elle s’applique aux tissus et cellules.

Si la greffe d’organes se pratique beaucoup aujourd’hui et avec succès, elle a toutefois des limites : rejet, déficit du don d’organes.

La régénération

Une autre piste dans le traitement d’un organe défectueux consiste à le faire se régénérer grâce à des cellules neuves injectées dans l’organe. Le processus est le suivant :

  • On détruit l’ensemble des cellules de l’organe malade pour conserver uniquement la structure extracellulaire
  • On injecte ensuite des cellules neuves dans l’organe pour reconstruire un tissu sain
  • On replace ensuite l’organe dans la matrice.

Pour Henri Bismuth, chirurgien et l’un des pionniers de la chirurgie hépatobiliaire et de la transplantation du foie : « … La transplantation d’organe consiste à retirer l’organe d’un défunt pour l’introduire à la place d’un organe malade chez un autre individu. Lorsque j’ai commencé la transplantation, il faut reconnaître que je n’ai pas dit souvent cela, mais en fait c’est un acte terrible sur le plan biologique, car c’est un véritable viol de l’identité de l’individu. Tout notre organisme est vigilant contre ce qui est étranger. Il se défend. Or la transplantation d’organes est une attaque majeure puisque nous introduisons un organe étranger dans un organisme, et c’est pour ça que nous avons mis au point des traitement pour dominer les défenses immunitaires. Cet acte reste complètement anormal. Alors qu’avec l’organe auto-construit, on est plus dans l’acte naturel parce qu’on va prendre des cellules adultes, les faire se différencier pour qu’elles reviennent à l’état initial de leur différenciation et les faire redevenir des cellules adultes pour reconstruire l’organe de façon « naturelle » ».[1]

Les médecins travaillent depuis de très nombreuses années sur le foie qui possède la capacité de se reconstruire. L’objectif : mettre en culture des cellules hépatiques.

Il convient également de noter qu’en 2011, le professeur Emmanuel Martinod effectuait une transplantation de bronches dont les alvéoles se sont auto-construites.

On l’aura compris, il n’est pas question d’opposer une technique médicale à une autre. La transplantation d’organes permet de sauver régulièrement des vies. Mais la recherche et les nouvelles techniques permettent d’envisager sérieusement pour demain d’autres techniques et pratiques. Pour l’instant, nous n’y sommes pas encore, mais gageons que bientôt, très bientôt, on pourra transplanter un foie recellularisé.

La révolution est en marche !

[1] In : https://www.canalacademie.com/ida8017-Organes-auto-construits-l-homme-peut-il-se-regenerer-sans-limite.html